CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2005-1 de mar à jun

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier biotech.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Texte : Kaspar Meuli Photos : Noe Flum En sept ans, Gerhard Schmitt estime avoir reçu environ 11000 personnes dans son bureau. Un chiffre étonnant mais qui, cependant, doit être exact – après tout G. Schmitt est professeur d’architecture… et, qui plus est, manager de l’école. C’est en sa qualité de membre de la direction de l’EPF qu’il reçoit ce flux incessant de visiteurs. Tous les centres vitaux de l’Ecole polytechnique fédérale – établissement du budget, organisation fonctionnelle des locaux, projets de construction et plans d’avenir – sont négociés dans le bureau (avec vue sur les toits de Zurich) du viceprésident planification et logistique. L’EPF, a déclaré récemment « Das Magazin » dans un article consacré au thème du pouvoir et de l’influence à Zurich, est une « géante méconnue ». Cette université déploie des dimensions dignes d’un véritable consortium. Avec un budget de CHF 1,1 milliard, elle emploie environ 6000 collaborateurs – dont quelque 360 professeurs – et forme 12 500 étudiants. Peut-on vraiment comparer ce géant universitaire à une grande entreprise ? « Dans de nombreux domaines, oui », affirme Gerhard Schmitt. D’importantes similitudes existent, par exemple au niveau des dispositions stratégiques. « Il nous faut anticiper les développements de la recherche et investir en conséquence. Mais, ces développements étant imprévisibles, nous prenons les mêmes risques qu’une entreprise. » L’EPF de Zurich, explique-t-il, doit sans cesse mobiliser ses forces. Exemples de réorganisations récentes : aménagement complet du très vaste domaine de la biologie des systèmes et création d’un département de « Management, Technology and Economics ». Recherche et enseignement au niveau mondial L’objectif que poursuit l’EPF sur ce chantier permanent est clair : elle souhaite devenir l’une des premières écoles du monde dans le domaine de la recherche et de l’enseignement et proclame cette ambition d’une façon rien moins que suisse. « Que faut-il faire pour s’améliorer encore ? » s’est demandé le président de l’EPF, Olaf Kübler, dans le rapport annuel de 2003. « Notre présence sur la scène mondiale doit persister et s’accentuer. Discrète non seulement 42 ceo/leader dans le domaine scientifique et auprès des décideurs mais aussi dans la conscience du public. » L’EPF de Zurich, en effet, est convaincue que le paysage universitaire européen et la recherche scientifique subiront bientôt des modifications fondamentales, au terme desquelles ne subsistera plus qu’un petit groupe d’universités de classe internationale. La vénérable institution zurichoise, qui fête son 150 e anniversaire cette année, doit en faire partie. 21 prix Nobel jusqu’à aujourd’hui La véritable cible visée par cette entreprise du savoir, c’est « l’output scientifique », pour reprendre l’expression de Gerhard Schmitt. En clair : la qualité des publications scientifiques, des examens et des thèses. Là, explique le directeur planification de l’EPF de Zurich, il n’est pas possible de fixer des objectifs quantitatifs comme dans le monde de l’économie. Néanmoins, certains chiffres démontrent un accroissement considérable de la productivité : en dix ans, le nombre des publications scientifiques a augmenté de plus de 90%, et celui des doctorats de plus de la moitié… malgré une hausse des moyens financiers limitée à 10%. Mais l’école fait volontiers parade d’un autre chiffre : cette « grande université dans un petit pays » – ainsi se nomme l’EPF sur son site Web – a généré jusqu’à présent 21 prix Nobel. A quelques exceptions près, tous des chercheurs en physique ou chimie, comme Kurt Wüthrich, dernier prix Nobel de l’EPF en 2002. On comprend donc que l’EPF de Zurich aime à se parer de cette prestigieuse galerie de chercheurs. En effet, ce qui importe au vaisseau amiral des universités suisses est une grandeur fugitive : la renommée. Une réputation dans le monde économique, auprès des futurs employeurs de ses étudiants et la considération des hommes politiques qui lui accordent des moyens. Mais, avant tout, une renommée dans le monde académique. Car ce qui nourrit l’éclat de cette étoile des écoles polytechniques fédérales, c’est l’attraction qu’elle exerce sur les professeurs et les doctorants les plus brillants du monde. Quoi de plus naturel que le patron en personne se charge du recrutement des « Il nous faut anticiper les développements de la recherche et investir en conséquence. Ces développements étant imprévisibles, nous prenons les mêmes risques qu’une entreprise. » nouveaux professeurs. Les nouvelles embauches (une trentaine chaque année) constituent, d’ailleurs, la tâche principale d’Olaf Kübler. « Si une école parvient à débaucher les chercheurs éminents de ses concurrentes », dit le président de l’EPF, « elle leur inspire le respect, à la manière des clubs de football. » Toutefois, une différence notable distingue le campus d’un stade sportif : l’argent. Aucune star scientifique ne répond à l’appel de Zurich pour un traitement élevé. Les salaires ne sont pas négociés à l’EPF, ils font partie du règlement. Aucun professeur ne gagne plus de 250 000 francs par an. Sur ce point, les grandes universités américaines, qui, en tant qu’institutions privées, ne sont pas liées à des classes de salaire, se montrent beaucoup plus généreuses. Ce qui éveille l’intérêt d’un grand professeur lorsqu’il reçoit une offre de Zurich, c’est le milieu. L’environnement scientifique qui encadre sa discipline ou les disciplines voisines constitue sa principale motivation, mais aussi la qualité de vie urbaine, que les scientifiques européens déplorent amèrement en Amérique, en dépit des chances de promotion offertes là-bas. « Aux Etats-Unis, même les universités de province bénéficient d’aides financières considérables », explique Felicitas Pauss, directrice autrichienne de l’Institut de physique des particules à l’EPF, « mais personne ne souhaite passer le restant de ses jours dans un tel endroit. » Des conditions idéales pour les professeurs Pourtant, ce n’est pas pour le lac et les manifestations culturelles que l’on vient à Zurich mais pour les conditions de travail offertes à l’université : notamment l’équipement des laboratoires et la compétence des équipes de collaborateurs, dont dépend pour beaucoup le succès scientifique d’un grand chercheur. Dans ce domaine, l’EPF a d’excellents atouts en main. Les Zurichois ont de la place et des techniciens qui leur procurent des équipements sur mesure, dont ils rêveraient partout ailleurs. Mais le nombre de collaborateurs compte davantage encore. Ces derniers signent généralement un contrat à durée indéterminée, ce qui épargne à leurs supérieurs la recherche permanente de capitaux externes, pain quotidien des professeurs aux Etats-Unis. L’EPF de Zurich, estime Gerhard Schmitt, se trouve en concurrence directe avec trois grands groupes d’universités : San Francisco Bay Area, Boston et le pôle britannique
Felicitas Pauss travaille à l’Institut de physique des particules de l’EPF. L’Autrichienne a été nommée directrice de l’institut en 1997 et professeur titulaire en 2000. La physicienne expérimentale a reçu des offres séduisantes d’autres universités, mais elle est restée fidèle à l’EPF. Ses arguments en faveur de Zurich : un « environnement scientifique stimulant », la « renommée mondiale de l’EPF en général et dans les divers domaines de la physique » et notamment l’excellente qualité de vie. « Une université au top niveau dans une ville culturellement attrayante et parfaitement reliée à l’étranger, cela ne se retrouve pas si facilement. » cornell yale toronto columbia cambridge stanford harvarducla MIT icstm oxford princeton tokyo chicago David Basin, auparavant enseignant à l’Université de Fribourg-en-Brisgau, est professeur titulaire de sécurité de l’information depuis 2003. Quelles étaient ses motivations ? « D’abord, l’EPF est considérée comme l’une des plus grandes universités du monde. Son département d’informatique jouit également d’une excellente renommée. La discipline qui m’occupe, la sécurité de l’information, est un sujet non seulement passionnant sur le plan théorique mais extraordinairement important dans la pratique. A l’EPF, j’ai pu collaborer avec des personnalités de l’économie et de l’administration. » Ainsi, David Basin, à peine arrivé à Zurich, a contribué à mettre sur pied le Zurich Information Security Center (ZISC). Ce projet commun de l’EPF et de diverses entreprises, qu’il dirige, coordonne la recherche et la formation dans le domaine de la sécurité de l’information. Pour ce professeur d’informatique, il s’agit d’un excellent exemple des fruits portés par les nombreuses années d’expérience de l’EPF dans la recherche appliquée. Vision de la Suisse du futur : un centre du savoir qui profite des synergies présentes entre la recherche et l’économie dans un réseau d’universités de premier ordre. ceo/leader 43



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