CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2005-1 de mar à jun

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier biotech.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Texte : Corinne Amacher Quel gag ! Début novembre, alors que la température douce permettait encore de se promener en décapotable, deux offroaders se firent remarquer aux environs de Zurich et de Bâle. Ces véhicules, munis de plaques minéralogiques grisonnes, semblant sillonner les routes au hasard, étaient recouverts d’une épaisse couche de neige. Les capots étaient givrés et des stalactites de glace pendaient aux rétroviseurs. Ahuris, les passants s’arrêtaient, puis souriaient en lisant sur les portières : « Flims Laax Falera ». Dans les plaines, la neige artificielle ressemblait à s’y méprendre à de la vraie neige. En montagne, la saison d’hiver avait commencé. Attirer un public jeune « Avec nous, les publicitaires peuvent encore faire des folies », dit Reto Gurtner, patron de Weisse Arena AG, qui englobe les domaines skiables de Flims, Laax et Falera. Qu’il s’agisse d’une petite opération publicitaire ou d’un grand projet de construction, R. Gurtner lutte partout contre l’absence de profil. Force motrice de son groupe, il a permis à celui-ci de connaître un essor prodigieux ces dernières années. Avec un chiffre d’affaires de CHF 65 millions et un million de clients chaque année, Weisse Arena AG est le plus grand exploitant de domaines skiables de Suisse et, en outre, l’un des plus rentables. Par rapport à d’autres stations renommées telles que Lenzerheide ou St-Moritz, elle jouit d’une image de marque audacieuse et enviable. Les jeunes affluent sur les pentes douces de la Surselva plus que dans aucune autre région de sports d’hiver. R. Gurtner a fait de ce site un consortium alpin, qui réunit les principales attractions touristiques. Le Grison quinquagénaire est actionnaire principal de Weisse Arena AG, président et délégué du conseil d’administration et CEO en union personnelle. R. Gurtner commente laconiquement cette concentration de pouvoirs : « L’organisation me permet de prendre des décisions rapidement et de réaliser mes projets tranquillement. » 24 ceo/weisse arena Avec ses 100 kilomètres carrés, Flims Laax Falera est l’un des grands domaines skiables du monde. Le groupe Weisse Arena connaît un essor prodigieux depuis quelques années. Avec un chiffre d’affaires de CHF 65 millions et un million de visiteurs par an, c’est un véritable consortium qui réunit les principales offres touristiques. Au commencement était la montagne, le Crap Sogn Gion, dont la douce inclinaison invitait au ski et au snowboard. Dans les années 60, le père de Reto, Walter Gurtner, boucher en gros et maire de la commune de Flims, avait commencé par de petits remonte-pentes et ambitionnait d’exploiter le glacier Vorab pour offrir à ses clients de la neige toute l’année. Il désirait relier Flims avec le Vorab par le plus court chemin en passant par Nagens, à l’aide de deux téléphériques à grandes cabines, mais les hôteliers de Flims s’y opposèrent. Il transféra donc son projet à Laax, où il fut accueilli à bras ouverts. Personne n’y croyait ; pourtant, avec son propre argent, W. Gurtner fit jaillir du sol un téléphérique, le plus grand du monde à cette époque… et bientôt le glacier fut ouvert au tourisme. Proposer une nouvelle expérience en montagne Il n’était pas prévu que Reto, l’aîné de ses trois enfants, prenne part à l’entreprise. Reto, qui avait étudié la gestion d’entreprise à St-Gall et le droit à Berne, envisageait d’abord une carrière d’avocat. Toutefois, son père l’admit, encore étudiant, au sein du conseil d’administration de l’entreprise familiale, où il essaya d’appliquer la théorie qu’il venait d’apprendre à l’université, à savoir la réorganisation des coûts. Parfois, ils se rendaient tous deux dans les Alpes françaises pour s’inspirer d’Emile Allais, créateur des grandes destinations françaises. Au décès de son père en 1983, Reto était prédestiné à lui succéder. C’était à son tour de réaliser le plus grand rêve de Walter : faire fusionner les remontées mécaniques de Laax et de Flims pour former un vaste domaine skiable. Ce n’est qu’en 1996, après avoir surmonté nombre d’obstacles, qu’il obtint la fusion des deux régions rivales, créant ainsi la Weisse Arena. Avec 220 kilomètres de pistes, il s’agit aujourd’hui d’un des grands domaines skiables du monde. Mais, dans la compétition des sites de sports d’hiver, un bon moyen de transport ne suffit pas pour se démarquer. « Les gens ne viennent pas pour prendre les remontées mécaniques », explique R. Gurtner, « mais pour passer d’agréables vacances à la montagne. » En conséquence : « Il fallait mettre en scène une histoire pour leur faire vivre une nouvelle expérience. » Créer un rendez-vous pour les snowboarders Ainsi, Reto Gurtner se considère comme l’administrateur d’un théâtre naturel, « dans les plus belles coulisses qui soient, car elles changent constamment au gré du temps et des saisons ». Pour le choix de ses acteurs, il réalisa une étude de marché, puis scruta le paysage. Tandis que les stations traditionnelles étaient en perte de vitesse, une scène subversive et alternative, qui plaisait à Gurtner et stimulait son instinct d’homme d’affaires, apparut aux Etats-Unis d’abord, puis en Europe. Les adolescents qui sévissaient sur les pistes, avec leurs planches extralarges et leurs polaires XXL, étaient exactement la cible qu’il visait : jeunes, sportifs, actifs, communicatifs… et portés à la consommation. Pour s’assurer les bonnes grâces des snowboarders, le patron déploya toute son énergie et sa créativité. Il acheta un Pipe Dragon aux USA, machine à neige hightech permettant de former de parfaits halfpipes. Il engagea le Dance Label Ministry of Sound et d’autres personnalités de la scène, se procurant ainsi chez MTV une propagande précieuse et gratuite. Il organisa des manifestations de snowboard, parfaites campagnes de publicité. Enfin, il offrit à la communauté de fans le « Boarderhotel Riders Palace ».
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