CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
CEO Suisse n°2005-1 mar à jun
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2005-1 de mar à jun

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier biotech.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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fréquentes. Elle est spécialisée dans ce que l’on appelle les facteurs de nécrose tumorale (FNT). Pour dire les choses plus simplement, il s’agit de trouver la bonne clé pour faire redémarrer le moteur cellulaire lorsque celui-ci est grippé, en cas de cancer par exemple. Apoxis développe des protéines qui constituent une sorte de médecine des cellules : après injection, la protéine reconnaît les cellules cancéreuses, y pénètre et les tue sans mettre en danger les autres types de cellules. Le mécanisme naturel est ainsi rétabli, sans intervention chirurgicale coûteuse ni chimiothérapie lourde. Pour l’instant, c’est encore un rêve d’avenir. Le contexte : l’apoptose est un processus important pour la survie. Ce suicide programmé établit un équilibre entre mort et développement de nouvelles cellules. Plus précisément, si parmi les cellules qui ont fait leur temps trop peu meurent, cela peut endommager le système immunitaire humain ou déclencher des maladies comme le diabète. Si trop de cellules disparaissent, il y a risque de délabrement, comme dans le cas des maladies d’Alzheimer ou de Parkinson. Et si les cellules se multiplient de façon anarchique, le cancer prolifère. Il y a donc là un vaste champ d’activités pour les chercheurs spécialisés dans les mécanismes cellulaires et les processus biologiques fondamentaux comme Jürg Tschopp, professeur à l’Université de Lausanne, et son collègue genevois Lars French, qui ont fondé Apoxis en 1999 avec un statut de spin-off. Aujourd’hui, tous deux sont administrateurs, apportant leur savoir scientifique et « laissant leurs responsabilités aux gestionnaires », comme le dit le PDG, J.-P. Rosat. J.-P. Rosat, lui-même fondateur de plusieurs entreprises, est un scientifique titulaire d’un doctorat en immunologie et d’un diplôme de « Master in Management of Technology » qui a besoin de cet espace de liberté. Il préfère être le patron d’une petite société que le numéro deux d’une grande entreprise. Cet homme d’abord facile plaisante sur sa situation : « C’est mon trip personnel. J’aime avoir des responsabilités et prendre des décisions. Ma mission consiste à placer les bonnes personnes aux bons postes. » 14 ceo/biotech En réalité, les officiels suisses croient eux aussi un peu à la jeune firme de Lausanne. En 2004, Apoxis a reçu le plus important prix technologique suisse : le Swiss Technology Award. En tout, 58 équipes avaient posé leur candidature. Apoxis a déjà vendu sous licence deux protéines de la famille FNT à l’entreprise biotechnologique américaine Biogen. Si ces préparations passent les différentes phases cliniques et donnent naissance à de nouveaux médicaments, Apoxis en profitera grâce aux contrats correspondants. Pendant ce temps, à Lausanne, on développe déjà d’autres molécules FNT. Premiers tests cliniques en 2005. En dépit des premiers succès et d’un marché mondial de l’oncologie dont le potentiel est évalué aujourd’hui à USD 20 milliards, Apoxis a du mal à trouver des fonds. Le PDG J.-P. Rosat n’est pas avare de critiques : « Le marché suisse de la biotechnologie est trop dispersé. Les aides publiques sont insignifiantes. Obtenir des autorisations pour les experts étrangers est chez nous une course d’obstacles harassante. » Pour l’instant, les principaux investisseurs d’Apoxis sont deux sociétés de capitaux, l’une suédoise et l’autre française. Dans notre pays, au lieu d’investir dans les nouvelles technologies, on préfère subventionner des structures dépassées comme l’agriculture, déclare J.-P. Rosat, agacé. De telles conditions de base lui pèsent plus que sa semaine de sept jours chez Apoxis. « C’est le fun », dit-il en riant. Il compense tous les soirs chez lui en cuisinant pour sa femme et ses deux enfants.//Apoxis SA, Lausanne Site Internet : www.apoxis.com Année de fondation : 1999 Nombre d’employés : 42 Principaux investisseurs/détenteurs du capital : HealthCap, Banexi Ventures Partner, total CHF 11,75 millions ; deuxième tour de table en cours. Pipeline : projets précliniques en oncologie, inflammations, maladies auto-immunes PDG : Jean-Pierre Rosat dossier biotech3. portrait d’entreprise : cytos Les spécialistes de l’immunitaire Vaccins contre l’addiction à la nicotine, la maladie d’Alzheimer, l’hypertension et le cancer de la peau : la société Cytos, à Schlieren ZH, place la barre haut. Les premiers tests cliniques ont été couronnés de succès.
Les chercheurs apprennent des souris : si, au cours d’une expérimentation animale, on prive des bébés souris de l’endorphine, l’hormone du bonheur, la séparation d’avec leur mère ne déclenche chez eux aucune réaction particulière. En revanche, sans sa mère, un petit normal plonge dans un état d’agitation manifeste : il veut téter car téter lui procure du plaisir. On observe le même effet chez les fumeurs. « Nous utilisons ce mécanisme pour nos vaccins », explique Wolfgang Renner (37 ans), patron et fondateur de l’entreprise Cytos, à Schlieren ZH. Sécurité et efficacité du vaccin « Immunodrug CYT002-NicQb » sont actuellement en cours de détermination sur 300 fumeurs à l’hôpital cantonal de St-Gall, dans le cadre d’un test clinique. W. Renner : « Le vaccin permet de fabriquer des anticorps neutralisant la nicotine. Car la nicotine ne fait effet que si elle trouve dans le corps une sorte de récepteur réagissant à cette drogue. » Wolfgang Renner (à droite), PDG de Cytos, et son directeur financier Jakob Schlapbach misent sur le succès des médicaments immunitaires. Mais « seuls 10% des produits qui ont réussi à atteindre la phase clinique arrivent sur le marché ». Plus de 1,2 milliard de personnes fument dans le monde. D’après les estimations, le tabac fait environ 5 millions de victimes par an et on évalue les coûts pour la santé publique à plusieurs milliards. Un vaccin efficace contre cette addiction se vendrait comme des petits pains. W. Renner et son équipe, qui est intéressée par le biais d’options, seraient alors à l’abri du besoin. Les actionnaires – Cytos est cotée en Bourse depuis 2002 – pourraient eux aussi se frotter les mains. Mais que se passera-t-il si CYT002-NicQb est un échec ? W. Renner, docteur en biologie moléculaire, et son responsable financier, Jakop Schlapbach, gardent les pieds sur terre : « Seuls 10% des produits qui ont réussi à atteindre la phase clinique arrivent sur le marché. » Cytos n’a pas non plus mis tous ses œufs dans le même panier. En tout, six médicaments immunitaires potentiels – tous sur la base de vaccins – sont en cours de développement clinique ou en passe de l’être. En expérimentation animale, ce sont surtout les vaccins contre l’arthrite, l’obésité et l’hypertension qui ont connu le succès. Apoxis a déjà obtenu une licence commerciale pour un médicament immunitaire contre la maladie d’Alzheimer et va engager son développement clinique. Voici comment fonctionne Cytos : la licence pour les médicaments destinés au marché de masse, aux frais de développement importants, est cédée à des firmes pharmaceutiques disposant de solides capitaux. En revanche, la société souhaite développer elle-même ses propres spécialités jusqu’à la ceo/biotech 15



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