CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-2 de oct 04 à fév 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : le marché chinois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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forum2. mondial/local Paola Ghillani, PDG de la fondation Max Havelaar Suisse : finalement, nous vivons tous sur la même planète. C’est pourquoi des règles du jeu équitables sont nécessaires partout. Paola Ghillani, 40 ans, est PDG de la fondation Max Havelaar Suisse depuis six ans. L’organisation présente au niveau mondial, et dont le label est la garantie d’un commerce équitable, réalise chaque année des taux de croissance de 30 à 40%. En Suisse, avec la fondation Max Havelaar, nous sommes un pont entre les consommateurs du Nord et les producteurs du Sud. Mais à l’avenir, cette situation devrait se rééquilibrer : les initiatives de commerce équitable viendront de plus en plus directement des marchés émergents. Le Mexique est maintenant membre de notre réseau international, le Brésil et d’autres Etats se montrent intéressés. Par ailleurs, il y a aussi une demande des paysans helvétiques qui aspirent au label Max Havelaar pour leurs produits. En Suisse, pour le commerce équitable, nous profitons d’une intéressante structure de distribution avec Coop et Migros, les deux leaders du secteur qui commercialisent entre 70 et 80% des produits portant le label Max Havelaar. L’an dernier, en Suisse, le chiffre d’affaires total a été de 156 millions de francs et les taux de croissance se situent depuis des années entre 30 et 40%. Ainsi, au niveau international, nous sommes le pays où la pénétration du marché est la plus forte. Cela n’est possible que parce que les consommateurs suisses considèrent l’aspect humanitaire et votent pour le commerce équitable par porte-monnaie interposé. Il est important pour eux que soient respectées des normes sociales et écologiques dont les travailleurs des pays du Tiers Monde profitent aussi directement. Par 08 ceo/forum rapport à la production traditionnelle, ces derniers gagnent en moyenne 30% de plus. L’évolution économique des dernières années, marquée par un fossé toujours plus large entre la rémunération des intermédiaires et celle des travailleurs, a contribué au succès de Max Havelaar. On veut prendre position et on achète des produits du commerce équitable par conviction. Et la demande existe. Le principe du commerce équitable est également transposable à d’autres secteurs comme les assurances, les fonds d’investissements ou le tourisme : il y a là un gigantesque champ d’action pour l’avenir. En tant qu’organisation accordant un label et ne faisant pas elle-même de commerce, nous pouvons rester neutres et crédibles. La croissance fulgurante de ces dernières années est pour nous un immense défi. Les processus internes doivent être adaptés en conséquence sans que la qualité en pâtisse. La confiance est notre capital et cela ne souffre aucun compromis. Nous ressentons la pression considérable des espérances mises en nous. Avec seulement 20 employés en Suisse, j’ai souvent l’impression que nos ressources sont fortement surestimées. Mon équipe regroupe des personnes de différentes nationalités dont beaucoup ont vécu dans les pays du Sud. Comprendre les besoins spécifiques des producteurs et des fournisseurs nécessite une ouverture culturelle. Je suis Suisse et Italienne, mais je me considère comme citoyenne du monde. C’était une condition importante pour être choisie comme directrice de Max Havelaar. Je voyage beaucoup. Pour moi, rencontrer des gens de culture, d’origine et de fonctions différentes a quelque chose de magique. Finalement, nous vivons tous sur la même planète. C’est pourquoi, dans la concurrence mondiale, des règles du jeu équitables sont nécessaires partout. La Suisse n’est pas un enfant modèle. Un exemple emprunté au sport l’illustre bien : celui qui recourt au dopage se fait prendre tôt ou tard et est exclu de la compétition. Dans le commerce mondial, nous en sommes encore loin. Le Nord s’isole derrière des milliards de subventions et des barrières douanières protectionnistes. On crée ainsi une surproduction et des produits agricoles subventionnés aux prix gonflés artificiellement inondent le marché. Chez Max Havelaar, nous revendiquons un système basé sur des règles équitables. Cela suppose un commerce mondial respectueux des exigences sociales et écologiques. Les pays du Nord ne sont pas les seuls concernés. Dans de nombreux pays du Tiers Monde, il faut aussi que les choses bougent au niveau national jusqu’à ce que tous puissent en profiter. Un peu plus de 1% seulement du commerce mondial répond aux critères du commerce équitable. Nous sommes donc loin de notre objectif à 99%. Il reste par conséquent encore beaucoup à faire pour que notre existence devienne inutile et que nos standards s’imposent. Je suis invitée à des conférences dans le monde entier et nous faisons même entendre notre voix au sein de l’OMC. Le commerce équitable est la concrétisation d’un rêve qui est aussi bien celui des petits paysans africains et sudaméricains que celui des cadres occupant des postes-clés dans les grands groupes. Nous avons largement prouvé que le commerce équitable est viable. Cela nous encourage. Photo : Martin Stollenwerk



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