CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-2 de oct 04 à fév 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : le marché chinois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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groupe pour la Chine, à partir de Schaffhouse et des autres lieux d’implantation. GF emploie aujourd’hui plus de 1000 personnes en Chine dans 18 filiales, la 19 e étant en cours de construction. « Plusieurs clients de GF Automotive insistent depuis longtemps pour que nous les fournissions directement de Chine », explique Helmut Elben. La nouvelle usine de la division GF Automotive fabriquera donc à Suzhou, notamment des éléments complexes en métal léger pour systèmes de direction pour Thyssen KruppPresta – une commande de 200 millions de francs répartie sur plusieurs années. 42 ceo/chine Des décennies de demande croissante « En Chine, on assiste à un immense retard dans toutes nos activités de base », déclare Elben. Le marché comprend 1,3 milliard de personnes, dont beaucoup aspirent au niveau de vie des Occidentaux – une circonstance qui devrait profiter aux trois unités commerciales du groupe GF : le groupe GF Automotive en raison d’une augmentation de la demande de véhicules occidentaux, le groupe GF Piping Systems en tant que fournisseur du secteur du bâtiment, une branche en expansion, et GF Machine Tools (Groupe Agie Charmilles) en raison de la propension croissante des Chinois à consommer. Agie Charmilles produit des machines permettant de fabriquer des outils et des moules, lesquels permettent à leur tour la fabrication en série de biens de consommation tels que les brosses à dents, les boîtiers de téléphones portables et les bouteilles en PET – un marché en explosion : « Environ un Chinois sur cinq a aujourd’hui les moyens et la possibilité de s’acheter ces biens », dit Elben. « La demande continuera vraisemblablement d’augmenter pendant des décennies. » Responsable de la planification de l’entreprise, Elben se préoccupe actuellement des méthodes permettant de favoriser l’expansion de la Chine de façon plus systématique. « Notre défi consiste à exploiter les synergies entre les groupes », dit-il. Avec le slogan « Growing Great in China », un quartier général – une sorte de Corporate Center – sera établi dans les prochains mois pour décharger un peu les filiales du groupe GF. « Nos collègues de Chine se trouvent sur un marché en expansion ; il faut donc les délivrer des problèmes organisationnels et administratifs », dit H. Elben. Compétitivité à l’épreuve Douze années d’expérience en Chine sont extrêmement précieuses. On apprend, par exemple, à éviter les malentendus en consultant une personne de confiance impartiale, familiarisée avec les deux cultures. Ou encore que les atouts d’une coentreprise avec des partenaires chinois devraient être exploités davantage sur les marchés occidentaux. Et, enfin, que les cadres dirigeants chinois, même s’ils maîtrisent les règles de la gestion d’entreprise, ont des méthodes bien différentes des nôtres. La mentalité des Chinois est fondamentalement opposée à celle des Suisses : « Dans la vie professionnelle, nous sommes directs et visons la productivité ; les Chinois veillent davantage aux rapports entre les personnes. » Les Suisses et les Chinois pensent différemment en matière d’imitation. « Dans ce domaine, il n’y a pas de sens moral en Chine », d’après Elben. La meilleure façon de se protéger contre la propension des Chinois à copier est d’innover. La deuxième est de rester prudent. « Nous sélectionnons les produits que nous fabriquons là-bas », dit Elben. Les modèles de haut niveau d’Agie Charmilles sont fabriqués en Suisse et exportés en Chine. La filiale chinoise de GF fabrique uniquement des machines moins spécialisées. De cette manière, les Schaffhousois se trouvent en concurrence directe avec les fabricants chinois qui, de leur côté, progressent dans la chaîne de création de valeur. H. Elben explique son défi : « Nous devons prouver notre compétitivité en permanence. » Mais cette stratégie, qui consiste à doser de manière réfléchie le transfert du savoir-faire de la Suisse vers la Chine, n’est pas efficace à long terme. « Nous produirons de plus en plus en Chine », déclare H. Elben. « Tôt ou tard, nous ferons aussi de la recherche et du développement. » //Christoph Leemann, Union SA, et René Frei, Embrex SA : Concurrents directs en Suisse, partenaires d’un joint-venture en Chine Leurs clients construisaient des usines en Chine ; ces deux spécialistes de la broderie leur ont emboîté le pas. Texte : Iris Spogart « If you can dream it, we can make it » : c’est ainsi que Christoph Leemannfait de la publicité pour son entreprise. Copropriétaire et patron de l’usine de broderie Union SA, à Saint-Gall, et spécialisé dans les broderies pour sous-vêtements féminins, Ch. Leemannfournit des marques telles que Victoria’s Secret, Chantelle et Triumph. Il se rendit pour la première fois en Chine en 1992 avec l’intention d’installer une usine dans l’empire du Milieu. Cette idée n’était pas de lui mais de son principal client, Triumph, qui, à cette époque, avait transféré une partie de sa production en Extrême- Orient. En moins de deux semaines, Leemanndécida d’ouvrir une succursale dans la ville portuaire de Qingdao. Mais le coût salarial réduit n’était pas sa principale motivation : « J’ai décidé de construire une usine en Chine pour être près de mon client », explique-t-il. « De plus, contrairement à la Suisse, le marché local est très prometteur. » Tout est plus facile qu’en Suisse En Chine, Leemannapprend à connaître les inconvénients de son haut degré de spécialisation : « Il n’y a aucune usine d’apprêtage en mesure de nous offrir la qualité dont nous avons besoin. » En Suisse, les apprêteurs sont les personnages-clés de l’industrie de la broderie. Ils détiennent le savoirfaire en matière de teinture et connaissent les processus mécaniques et chimiques qui permettent d’assouplir ou de raidir les
Un processus d’apprentissage considérable : les associés Frei (à g.) et Leemann. tissus, de réduire le retrait ou d’augmenter la résistance à la déchirure. Aujourd’hui, Ch. Leemanna résolu ce problème. Depuis mai, l’apprêtage est effectué par Swiss Finishing Co. Ltd, une coentreprise entre Leemannet Fussenegger, usine d’apprêtage du Vorarlberg, ainsi que l’entreprise de broderie Embrex, à Au. Embrex est spécialisée elle aussi dans les broderies de grande qualité destinées aux marques renommées de sous-vêtements féminins telles que Marks & Spencer et Simone Pérèle. René Frei, cofondateur et président d’Embrex, avoue volontiers que cette aventure tentée en Chine avec Ch. Leemann, son concurrent direct, a impliqué un « processus d’apprentissage considérable ». Ses motifs étaient les mêmes que ceux qui ont poussé Leemann : « La plupart de nos gros clients construisent des usines en Chine », explique René Frei. « Nous avons dû nous délocaliser également pour des raisons logistiques et financières. » S’il s’est associé à Union, son concurrent, c’est surtout parce qu’ils étaient Peter Schmid, PricewaterhouseCoopers : « La Chine n’est pas un champ d’exercice » Le temps des pionniers est révolu. Pour réussir en Chine, une entreprise doit savoir qu’elle ne peut atteindre ses objectifs qu’en passant par une préparation solide et approfondie, puis par des mesures énergiques de mise en œuvre. Beaucoup de petites et moyennes entreprises ne sont pas en mesure de réaliser un tel tour de force en dehors de leurs affaires courantes : généralement, le savoir-faire, la main-d’œuvre et les équipes de direction leur manquent, car l’acquisition des données essentielles se révèle une entreprise longue et difficile. Pendant la préparation et la mise en œuvre, il importe donc d’avoir recours à des partenaires compétents, familiarisés de préférence avec la situation des deux pays. Sur ce point, Pricewaterhouse- Coopers, qui bénéficie d’excellents contacts dans le monde entier, se trouve dans une position très commode : avec onze bureaux et environ 6000 collaborateurs, PwC est le plus grand fournisseur de services professionnels en Chine et à Hongkong. Nous jouissons également d’un avantage considérable, qui est la coordination internationale du langage spécialisé. Pour que nous puissions, avec notre pensée occidentale, réaliser nos projets dans un milieu culturel différent du nôtre, nous avons besoin d’une base linguistique commune. Celle-ci nous permet de communiquer nos idées de façon que nos correspondants soient en mesure de les implémenter efficacement en Chine. Un grand nombre de nos partenaires chinois ont étudié en Europe et sont familiarisés avec ces deux mondes. Pour notre travail – et pour les objectifs de nos clients – il s’agit là d’un avantage inestimable. tous deux trop petits pour financer seuls une usine d’apprêtage en Chine et l’utiliser à pleine capacité. Le joint-venture a été scellé au printemps 2003, et l’usine d’apprêtage est entrée en service en mai 2004. « Les Chinois ont une façon impressionnante de traiter avec les investisseurs étrangers », dit Frei. Acheter un terrain, construire une usine, démarrer la production… sont des choses très simples en Chine, explique Leemannavec enthousiasme. Les deux associés sont d’accord : « Là-bas, tout est beaucoup plus facile qu’en Suisse ! » Confiants dans l’avenir Les autorités chinoises encouragent toute mesure susceptible de stimuler l’intérêt des Occidentaux. Dans les zones industrielles, les investisseurs étrangers sont reçus comme des VIP. On leur attribue un interlocuteur qui s’occupe de tout, de l’achat du terrain à l’approvisionnement en énergie. R. Frei et Ch. Leemannsont confiants dans l’avenir de Swiss Finishing. Le PDG de leur joint-venture est un jeune diplômé suisse en gestion des entreprises, marié à une Chinoise. Un maître teinturier du Vorarlberg se trouve à la tête de l’entreprise. Son rôle consiste notamment à transmettre ses connaissances aux équipes chinoises. Mais pas toutes : « Il reste encore une once de savoir impossible à copier dans le domaine de la teinture et de la fabrication des broderies de grande qualité, bien que la plupart des processus soient réalisés mécaniquement », dit Frei. « Il s’agit pour nous de profiter de cette avance. » //Peter Schmid est associé, Conseil juridique et fiscal, Saint-Gall, et directeur de PME Ambition Suisse. ceo/chine 43



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