CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-2 de oct 04 à fév 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : le marché chinois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Pour mieux commercialiser les ressources énergétiques de l’ouest chinois, comme le charbon et le gaz naturel, le gouvernement envisage de construire un pipeline long de 4200 kilomètres entre le Xinjiang, dans l’extrême ouest, et Shanghai. Il s’agit également de résoudre les problèmes d’alimentation en eau potable de centaines de millions de personnes : pour ce faire, trois canaux doivent, chaque année, détourner quelque 50 milliards de mètres cubes d’eau du Yangtseu-kiang vers les régions sèches du nord. Le projet hydraulique le plus onéreux du monde (80 milliards de francs) doit être achevé pour 2050. Des entreprises suisses participent à la construction de cette infrastructure, comme ABB qui fournit des transformateurs pour les réseaux électriques du sud de la Chine et le barrage des Trois Gorges. La Chine est devenue le plus grand marché du monde pour les téléphones portables. L’année dernière, les ventes de voitures ont augmenté de 70%. Pour les constructeurs 36 ceo/chine Shanghai, une métropole en plein boom : aucune ville du monde n’a grandi aussi vite. de voitures de luxe Maybach, Porsche et Ferrari, la Chine revêt aujourd’hui une importance stratégique. Lamborghini prévoit de nouvelles concessions à Guangzhou, Pékin et Shanghai. Pourtant, dans l’empire du Milieu, les voitures de luxe coûtent deux fois plus cher qu’en Occident. Dans les quartiers commerçants, les succursales de Versace, Prada et Armani ponctuent le paysage urbain. Les Chinois ne sont pas encore un peuple riche. Ils ont toutefois un retard à combler. Et ils ont économisé. Avec 24%, le taux d’épargne de la population urbaine fait partie des plus élevés du monde. Les Chinois sont désormais prêts à dépenser. Ville en plein boom qui comptait 20 millions d’habitants à la fin de l’année dernière, Shangai est en train de supplanter les aux anciennes places fortes asiatiques comme Singapour et Hongkong. Au mois de juin, le groupe automobile General Motors a annoncé qu’il allait transférer son quartier général asiatique à Shanghai. Chaque mois, le maire, Han Zheng, accueille de nouveaux groupes européens dans sa ville. « Les grandes entreprises sont désormais presque toutes présentes ici », dit Nicolas Musy, du Swiss Center Shanghai. Il y a quelques années encore, on pouvait compter les petites et moyennes entreprises suisses sur les doigts d’une main. Depuis, ce chiffre augmente constamment, avec plus de 20 nouvelles entreprises chaque année. En tout, plus de 580 entreprises suisses sont venues tenter leur chance en Chine. Il n’y a pas de solution brevetée pour pénétrer sur ce marché, mais un schéma qui se révèle le plus souvent profitable : « Pour une moyenne entreprise, la stratégie la plus sûre consiste à acheter des pièces pour l’exportation en Chine, ce qui permet de comprendre le marché tout en gagnant de l’argent. Produire sur place pour l’exportation ne devrait être que la deuxième étape, vendre en Chine vient la plupart du temps en troisième position », résume N. Musy. La croissance a également posé de nouveaux problèmes, par exemple pour l’alimentation en énergie. La capitale, Pékin, a menacé de couper le courant aux hôtels de luxe si la consommation ne baissait pas de 20%. Une grande partie des nouveaux logements construits dans les métropoles chinoises sont vides : la bulle immobilière pourrait éclater. La Chine connaît les risques d’un boom d’investissements susceptible de générer surcapacités et spéculation dans de nombreux secteurs économiques. Début mai, le premier ministre, Wen Jiabao, a annoncé des « mesures drastiques » pour refroidir la conjoncture et le monde a tremblé. Si la Chine manque son atterrissage, l’Asie pourrait basculer tout entière dans la crise. Mais quelques semaines plus tard, ces soucis semblent déjà oubliés. « Si on définit un atterrissage en douceur comme un léger ralentissement de la croissance économique, je crois que l’on peut atteindre cet objectif », affirme Ma Jun, économiste à la Deutsche Bank, à Hongkong. Ma Jun s’attend à un ralentissement de 2 à 3% de la croissance économique. « Ces dernières années, l’économie a déjà connu des surchauffes, situations très chaotiques associées à une forte inflation », affirme Wang Jianmao, de la China Europe International Business School. « Cette fois, la situation est différente car des surinvestissements ont eu lieu dans quelques secteurs économiques. » Les experts sont unanimes : le miracle économique chinois n’est pas encore terminé.//
Zhang Jun 1 du China Center for Economic Studies : « Nous nous sommes développés, mais nous n’avons guère changé sur le plan structurel. » L’économiste chinois parle du refroidissement de la croissance économique, des crédits douteux et des réformes en suspens. Et il explique en outre quelles sont les conséquences de la politique de l’enfant unique. Interview : Janis Vougioukas ceo : M. Zhang, avec le conglomérat d’investissements D’Long, c’est l’une des plus importantes entreprises privées chinoises qui vient de faire faillite. A votre avis, est-ce le début de la fin du miracle économique chinois ? Il semblerait que notre économie connaisse à nouveau des cycles conjoncturels que nous n’avions pas vécus depuis 1993. Mais la Chine a encore beaucoup de potentiel. La plus grande partie de notre population est encore sur la voie du développement. Nos résultats économiques par tête représentent tout juste 3% de ceux des Etats-Unis. 1 Zhang Jun a étudié les sciences économiques à Shanghai, Londres, dans le Sussex et à Washington. Depuis deux ans, il est directeur du China Center for Economic Studies, un institut gouvernemental de Shanghai chargé de l’analyse de l’économie nationale chinoise. Le potentiel de croissance existe, la question est de savoir si nous pouvons maintenir le rythme. Mais c’est justement le rythme de croissance de la Chine qui a jusqu’ici toujours suscité la fascination de l’Occident. Cela va-t-il continuer ? Les investissements génèrent presque la moitié du produit intérieur brut chinois. C’est une caractéristique typique de l’économie chinoise dans laquelle 62% des investissements sont contrôlés par le gouvernement. Lorsque notre économie a connu un boom, par exemple au début des années 90, cela était toujours dû aux investissements. Il s’agit en fait d’une croissance artificielle. Que doit faire le gouvernement pour éviter une surchauffe ? Le débat sur la surchauffe le laisse froid : Zhang Jun dans son bureau de Shanghai. Il est urgent de surveiller l’attribution des terrains. Presque tous les nouveaux investissements doivent se faire sur des terrains neufs. Et la terre appartient au gouvernement. La deuxième étape importante est la réduction des nouveaux crédits bancaires. Si vous désirez construire une aciérie en Chine, vous devez demander terrains et crédits au gouvernement : ce dernier doit donc se montrer plus prudent sur ce point. Qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises étrangères ? Une forte quantité de capitaux étrangers afflue encore en Chine et je crois que les conséquences d’un refroidissement de la croissance économique ne seront pas très importantes pour les investisseurs internationaux. Mais cela va aussi faire des victimes. Le secteur automobile, dont les chiffres de vente ont nettement chuté au mois de mai, en est un exemple. Les constructeurs automobiles occidentaux ont désormais engagé une guerre des prix. Les entreprises désireuses de vendre en Chine surtout pourraient être concernées. Au cours de sa longue histoire, la Chine n’a jamais été autant partie prenante de l’économie mondiale. Quelles seraient les conséquences d’un ralentissement de croissance pour le reste du monde ? Si l’économie chinoise se refroidit, les importations vont certainement baisser aussi..ce qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour de nombreuses économies asiatiques. La Corée, le Japon et de nombreux autres pays connaissent la croissance essentiellement grâce à l’augmentation des importations chinoises. Je considère que ce risque existe également. Pour de nombreuses économies asiatiques, le commerce avec la Chine est plus important que le commerce avec les Etats- Unis. Toutefois, pour l’Occident, je pense qu’il n’y a pas de gros risques. Peut-on déjà deviner la situation de la Chine à l’issue d’une période de refroidissement ? Le débat sur la surchauffe ne m’inquiète pas outre mesure. Je pense plutôt à d’autres questions. Les crédits chinois douteux ont causé de gros problèmes, mettant même le gouvernement en danger. Pékin accorde une grande attention à ce thème, mais n’a pas vraiment commencé à ceo/chine 37



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