CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
CEO Suisse n°2004-2 oct 04 à fév 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-2 de oct 04 à fév 2005

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : le marché chinois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« Un texte manuscrit », dit Silvio Laurenti, directeur général de Caran d’Ache, « exprime vos émotions. » Le patron luimême préfère prendre son stylo à plume « Ivanhoe » plutôt qu’envoyer un e-mail. Texte : Kaspar Meuli Photos : Luca Zanetti Le lustre helvétique de plus d’un produit emblématique fait désormais partie du passé. Toblerone ? Il appartient à la multinationale américaine Philip Morris depuis plus de dix ans. Ovomaltine ? Reprise par Associated British Food. Sugus ? Fabriqué en France. Cependant, une icône suisse demeure : Caran d’Ache. Le fabricant des légendaires crayons de couleur et stylos à bille est resté résolument suisse et fabrique ses produits exclusivement en terre helvétique. Et le rayonnement de la traditionnelle marque Caran d’Ache est toujours aussi fort. L’année dernière, les consommateurs l’ont même consacrée marque suisse la plus réputée, reléguant Migros à la deuxième place. Pourquoi, justement, les crayons de couleur fabriqués à Thônex, près de Genève, sont-ils restés pleinement helvétiques : hasard, circonstances heureuses, clairvoyance ? Silvio Laurenti, l’énergique directeur générale de Caran d’Ache, répond sans hésiter : « Nous sommes indépendants 14 ceo/caran d’ache et non tributaires des banques. Comme nous avons toujours généré suffisamment de cash-flow, nous avons pu financer nousmêmes nos investissements. Pour cette raison, et pour avoir réussi à garder le savoir-faire à Genève, le conseil d’administration mérite d’être félicité. » Les stylos de luxe, vision d’avenir C’est surtout le président du conseil d’administration, actionnaire principal et de longue date à la tête de l’entreprise, Jacques Hübscher, qui mérite d’être applaudi. C’est un patron de la vieille école, fuyant les médias, qui a permis à Caran d’Ache de prospérer pendant des décennies tout en restant une des entreprises suisses les plus discrètes. Les résultats commerciaux sont toujours tenus secrets. La presse économique estime entre 80 et 100 millions de francs le chiffre d’affaires réalisé par les Genevois avec leurs quelque 300 employés et chaque année, la famille Hübscher figure en tête de la liste des personnes les plus riches. En 1999, J. Hübscher a engagé Silvio Laurenti comme directeur. Avec ce Tessinois, qui occupait auparavant des fonctions de direction dans la multinationale française de stylos à bille Bic, les choses ont changé : il s’est entouré d’une équipe dynamique et n’a pas craint de procéder à des licenciements. Mais il a surtout déterminé l’orientation future : « Je veux faire de Caran d’Ache l’un des leaders mondiaux des instruments d’écriture de luxe ! » En d’autres termes, l’avenir devait être assuré non seulement par la production traditionnelle de crayons à papier, de crayons de couleur et de feutres, mais aussi et surtout par celle de stylos de prestige et autres instruments d’écriture de luxe. Certes, avant son arrivée, la gamme Caran d’Ache comportait déjà des produits de luxe, dit S. Laurenti, mais malheureusement personne n’avait cru à leur succès. « Nous, en revanche, nous en sommes convaincus ! » La foi de la nouvelle équipe dirigeante dans le potentiel de sa marque sur le créneau des produits de luxe s’avère d’ores et déjà payante. Depuis 2001, les exportations d’instruments d’écriture augmentent de 10% par an malgré une situation économique difficile. Une production semi-automatisée facteur de réussite Une visite chez Caran d’Ache, à Thônex, vous replonge dans le monde de l’enfance. Dans les halls de production datant des années 1970, on donnerait volontiers soimême un petit coup de main, par exemple pour malaxer dans de grands chaudrons la pâte à mines, faite de pigments et de kaolin, avant de l’introduire dans une machine à filer d’où elle ressort sous la forme d’interminables spaghettis de couleur. Et comment fait-on les trous dans les crayons de couleur ? Renate Stern, la responsable de la communication, a deux réponses toutes prêtes à cette question. La poétique : « Nous élevons une armée de vers à bois, des gros et des minces, selon la taille des mines. » La réponse prosaïque est que les mines sont prises en sandwich entre deux planchettes de bois. C’est l’une des douzaines d’étapes de la production, qui vont du mélange de la pâte à mines à la vérification visuelle du remplissage des boîtes métalliques. Ce dernier contrôle qualité permet de s’assurer que chaque crayon quitte bien l’usine avec le marquage tourné vers le haut. Même si de nombreux processus de travail sont effectués par des machines ultramodernes, Caran d’Ache dépend, pour la fabrication, de douzaines de mains habiles.
Même si de nombreux processus de travail sont effectués par des machines ultramodernes, Caran d’Ache dépend beaucoup du travail manuel pour sa fabrication. La foi de la nouvelle équipe dirigeante dans le potentiel de sa marque sur le créneau des produits de luxe s’avère d’ores et déjà payante : depuis 2001, les exportations d’instruments d’écriture augmentent de 10% par an. ceo/caran d’ache 15



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