CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-1 de jun à sep

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : la Russie, puissance économique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
forum1. créativité et contrôle Thomas Held, directeur d’Avenir Suisse : La crise qui mène à plus de productivité et de croissance dans le monde de l’entreprise ne déclenche pas impérativement des réformes libérales dans le domaine politique. Depuis le 1 er janvier 2001, Thomas Held, 58 ans, est directeur d’Avenir Suisse, Think Tank for Economic and Social Development. La génération précédente a vu une grande partie du monde occidental confrontée au diagnostic de stagflation. En Angleterre, Margaret Thatcher avait engagé un tournant pour plus de marché et de compétition qui a amorcé la plus longue période de croissance des temps modernes. Un commentaire du « Frankfurter Allgemeine Zeitung » intitulé « Angela Thatcher » le rappelait récemment. En dépit de leur expérience, beaucoup placent leurs espoirs dans les « policy angels » pour les sortir du blocage des réformes soumises aux défis du bouleversement démographique et de la mondialisation. Depuis le 10 décembre 2003, la Suisse ellemême espère ces « nouveaux politiciens ». En collaboration avec Avenir Suisse, l’économiste Thomas Straubhaar a récemment décrit dans son ouvrage « L’économie de la réforme » (Ökonomik der Reform) les exigences envers ces nouveaux politiciens qui doivent tout d’abord briser le « corset du consensus » au début du processus de réforme. Ils doivent (1) créer les conditionscadres pour ouvrir une brèche donnant à chacun plus de liberté d’action et de responsabilité, (2) rechercher un bénéfice politique dans les innovations plutôt que dans le maintien des structures établies, (3) remettre leur propre position en jeu pour imposer ces réformes et générer ainsi la crédibilité vis-à-vis du public. 06 ceo/forum Les politiciens de cette trempe n’ont jamais été légion. Et le système suisse de concordance et d’égalisation est conçu justement pour empêcher ce type d’élan créateur. Quoi qu’il en soit, les processus créatifs de la politique et de l’économie ne peuvent être comparés que dans une certaine mesure. Dans le monde de l’entreprise, le processus de « destruction créatrice » génère de nouvelles créations d’entreprises, tandis que d’autres acteurs du marché disparaissent. Richesse et emploi sont perdus. Mais seule cette joute impitoyable permet de créer de nouvelles richesses et des emplois à plus long terme. La créativité d’entreprise crée ce que les contrôles nationaux n’obtiendront jamais par la protection, l’intervention et la subvention. Ce qui est une énorme chance pour le gagnant est une catastrophe pour le perdant – mais seulement dans l’intervalle considéré. La prochaine fois, tout sera différent. Cependant, cette « destruction créatrice » ne doit pas se propager à l’Etat : celui-ci ne peut ni ne doit disparaître. Au pire, il glisse dans la crise ou se fige. Quand bien même l’obstacle aux réformes semble extrêmement élevé, les intérêts privés triomphent sur l’intérêt économique commun à la compétition. Les instances nationales n’ont aucun intérêt à s’amputer elles-mêmes. Il en résulte une augmentation permanente des tâches et des dépenses de l’Etat et – en cas de stagnation de la croissance – une part plus importante de contribution fiscale au produit intérieur brut. La crise menant à une « destruction créatrice » dans le monde de l’entreprise, à des bonds de la productivité et à une croissance plus élevée ne déclenche donc pas automatiquement des réformes libérales dans le domaine politique. Malgré les exemples de réussite en Angleterre, en Finlande, au Danemark, en Suède notamment, les réactions tendent aujourd’hui, dans les principaux pays européens et surtout en Suisse, à un renouveau de contrôle portant des titres avantageux tels que « primauté de la politique » ou « service public ». La forme la plus dangereuse de ce contrôle est le protectionnisme. Mais il convient de ne pas sous-évaluer non plus l’intervention, petite sœur du protectionnisme : dès qu’un « problème » surgit, on exige l’intervention de l’Etat et, si possible, on demande une loi. L’illusion de plus de sécurité par une meilleure réglementation ne s’harmonise pas avec l’idée fondamentale de la « destruction créatrice ». Le souhait illusoire de toujours tout contrôler conduit non seulement à des coûts inacceptables mais limite surtout de plus en plus la créativité sociale et politique. Actuellement, dans le contexte mondial, les indicateurs oscillent plutôt en faveur du contrôle que de la créativité. On peut difficilement modifier cette tendance. Mais c’est justement la raison pour laquelle nous devons veiller à ce que, dans le domaine politique, facile à influencer, et surtout en politique économique, la réglementation – et l’excès d’autoréglementation ! – ne soit pas jugulée, de sorte que le potentiel de créativité déjà menacé ne soit pas davantage réduit. Photo : Mathias Braschler



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :