CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-1 de jun à sep

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : la Russie, puissance économique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« Le marché des capitaux va se développer et j’ai parfois l’impression que la croissance y progresse plus rapidement que dans l’économie elle-même. » Oleg Kiselev opérations de troc, une sorte d’échange en nature : marchandise contre marchandise ou marchandise contre prestation de service, et où l’on négociait des titres douteux. Bien entendu, cette situation était intenable. A vrai dire, c’est l’une des principales raisons qui ont conduit à la crise de 1998. Avec la crise du rouble, tout a changé. Aujourd’hui, la situation s’est nettement améliorée. Quelques problèmes vont subsister. Lesquels ? Dans le secteur bancaire orienté vers les consommateurs, nous avons encore quelques problèmes. Le premier concerne la banque d’Etat Sberbank et son monopole, que nous espérons abolir. Toutes les banques doivent bénéficier des mêmes droits. En second lieu, sur ce marché, les lois sont très insuffisantes en matière d’insolvabilité. Il y a eu des cas où des banques qui étaient déjà en faillite depuis longtemps étaient encore autorisées à effectuer des opérations. Enfin et surtout, nous devons aussi augmenter le capital social dont une banque a besoin pour être agréée. Heureusement, les décisions prises par les spécialistes de la banque centrale semblent aller dans la bonne direction, même si elles ne sont pas aussi énergiques que le souhaiterait le monde des affaires. Qu’avez-vous déjà obtenu ? Beaucoup de paperasses inutiles, de dispositions et de rapports bureaucratiques régissant les relations entre la banque centrale et les banques privées ont été supprimés. Des discussions visant à mettre un terme aux garanties accordées par le gouvernement à la Sberbank sont en cours. Le relèvement du capital social pourrait inciter les petites banques à se rapprocher. Actuellement, des négociations sont en cours pour savoir comment simplifier de tels rapprochements ou le démarchage de banques. Que peut-on attendre de telles avancées, en particulier pour un investisseur étranger ? Tous les changements dans le secteur bancaire vont s’effectuer lentement. Aux investisseurs et aux banquiers étrangers qui souhaitent investir, je conseille la chose suivante : je ne crois pas que les investissements commerciaux dans le secteur bancaire soient rentables, si l’on compare avec le secteur industriel. La marge bénéficiaire est très réduite. La rentabilité des banques russes ne peut pas être comparée à celle du secteur industriel. Cependant, à l’avenir, peut-être dans cinq ou sept ans, le secteur bancaire pourrait devenir très intéressant. C’est pourquoi je conseille aux banques occidentales de s’y préparer. Que pensez-vous du climat pour les investissements en Russie ? Je suis optimiste : nos prévisions font état de stabilité. C’est pourquoi, pour les investissements, le climat s’améliore de plus en plus. Il est vrai qu’avant l’affaire Ioukos, j’étais encore plus optimiste. Cependant, je n’en suis pas devenu pessimiste pour autant. 44 ceo/russie Interview « Je pense que nous sommes sur la bonne voie. » Alexander Abramov 1 parle des forces et des faiblesses de l’économie russe – et de son plus gros potentiel : les hommes. ceo : La Russie a-t-elle désormais devant elle un avenir plus stable ? Alexander Abramov : Absolument. Nous avons des matières premières, ce qui est un gros avantage. Par ailleurs, nous disposons d’une main-d’œuvre très qualifiée dans l’industrie sidérurgique. Au cours des cinq dernières années, les instances dirigeantes des entreprises privées ont toutes été remplacées. Notre plus grand défi consiste maintenant à attirer des individus nouveaux et à instaurer une nouvelle mentalité, y compris dans les entreprises d’Etat. EvrazHolding existe depuis 1992. A l’époque, vous êtes entré dans le secteur sidérurgique et vous avez commencé à moderniser des entreprises. Quels ont été vos principaux problèmes ? La plupart des entreprises sidérurgiques que nous avons prospectées étaient dans une très mauvaise situation financière. Nous avons introduit la gestion individuelle de l’entreprise, élaboré des standards industriels et financiers et consacré beaucoup de temps à créer chez nos employés une motivation appropriée. Après seulement, nous avons investi massivement. Le plus gros défi consistait à tout mettre en ordre
« Ce n’est un secret pour personne qu’en Russie des obstacles administratifs hérités du passé entravent la marche des affaires, situation qui doit naturellement changer complètement. » Alexander Abramov du point de vue de la gestion. Une fois ces étapes franchies, Evraz a investi plus d’un milliard de dollars au cours des cinq dernières années. Quel est l’état de l’industrie sidérurgique russe ? Il n’existe actuellement plus de grande différence entre les usines sidérurgiques américaines et leurs équivalents russes, bien que le mythe selon lequel les Russes disposent de piètres installations soit encore vivace. Ce n’est pas vrai, ce sont là des entreprises modernes du point de vue de la technologie et de la gestion. Et qui sont très rentables. Quelle est la particularité d’EvrazHolding ? A la différence de nos concurrents d’Extrême-Orient ou européens, nous occupons une position importante sur le marché des produits semi-finis. Ils représentent 60% de notre chiffre d’affaires. Ils ne sont pas soumis aux barrières protectionnistes des marchés étrangers, ce dont nous tirons profit. Notre avantage par rapport à la concurrence réside dans le fait que nous faisons partie des leaders mondiaux dans le secteur des produits semi-finis, tout en ayant des coûts de production réduits. En quoi consistent vos rapports avec PricewaterhouseCoopers ? A un moment donné, Evraz a décidé qu’il était temps de rationaliser davantage sa structure d’entreprise. La meilleure solution consistait à s’adresser à un conseiller étranger, et nous avons choisi PwC. La collaboration a été particulièrement poussée. PwC a préparé l’architecture de nos structures juridiques, organisationnelles et de gestion. Cette coopération a été très profitable aux deux parties et je voudrais ajouter que nous sommes très satisfaits du résultat. L’un des problèmes de l’économie russe est sa dépendance vis-à-vis de matières premières comme le pétrole ou le gaz. Que faut-il faire pour apporter de la diversification dans l’économie ? Nous avons choisi la meilleure solution, mais il faut du temps. Ce n’est un secret pour personne qu’en Russie des obstacles administratifs hérités du passé entravent la marche des affaires, situation qui doit naturellement changer complètement. Les finances publiques restent dépendantes des matières premières, mais il ne faut pas que cela dure éternellement. Il faut avant toute chose investir dans les hommes, non seulement du point de vue financier, mais aussi en termes de patience, de temps et dans la manière d’aborder les problèmes de façon positive. Après seulement, il faudra penser à investir dans la technologie. Le marché russe de la consommation est-il appelé à connaître la croissance dans les années à venir ? Je l’espère. Ces cinq dernières années, le pouvoir d’achat des consommateurs a augmenté. Mais pour la Russie, il est encore plus important que les hommes deviennent plus actifs du point de vue économique. Les industries nationales doivent se développer : les Russes dépensent trop d’argent pour importer des marchandises. Les industries satisfaisant les besoins nationaux disposent d’un fort potentiel de croissance. La situation s’améliore chaque année et je pense que nous sommes sur la bonne voie. Encore un mot sur la bureaucratie et la corruption. Et sur le climat pour les investissements. La bureaucratie prospère, mais la corruption a fortement reculé. Aujourd’hui, en Russie, nous vivons sur une autre planète, comparativement à la situation qui prévalait il y a huit ans. Concernant le climat pour les investissements, au cours des deux ou trois prochaines années, EvrazHolding va investir environ 600 millions de dollars, contre 150 seulement l’année dernière. Ces faits parlent d’eux-mêmes. 1 Alexander Abramov a débuté sa carrière en travaillant comme physicien et mathématicien à l’Académie des Sciences soviétique. Il est fondateur et membre du directoire de l’entreprise sidérurgique EvrazHolding qui, avec 125 000 employés, est l’une des plus importantes entreprises industrielles russes. Cet homme, élu « Meilleur manager de l’année 2000 » est également membre du conseil d’entrepreneurs du gouvernement de la Fédération de Russie. ceo/russie 45



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