CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-1 de jun à sep

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : la Russie, puissance économique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« Sans idées originales, nous aurions sans doute disparu depuis longtemps. » ont mis en cause les nouvelles tenues de compétition, certains préférant alors faire confiance aux mailles de la saison passée. Les Suisses ne sont pas allés plus vite pour autant. Entre-temps, Peter Eschler a pris ce psychodrame vestimentaire avec philosophie : « C’est un problème mental », estimet-il, car « compte tenu de leurs propriétés, les anciennes tenues ne peuvent pas être plus rapides que les nouvelles. » Un test objectif effectué dans les conditions de la compétition doit confirmer cette appréciation. Eschler réalise environ deux tiers de son chiffre d’affaires en sportswear avec les sports d’hiver, mode ski pour des marques comme Bogner, Belfe et Prada incluse. A vrai dire, à l’origine de cette importante contribution aux résultats, il y a une douloureuse expérience du responsable d’alors de l’entreprise, Kurt Eschler, au début des années 80. En faisant du ski de fond, il fut victime de coliques néphrétiques, et il en rendit responsable ses vêtements trempés. De là naquit la marque déposée Eschler- Ergonomic-Clothing-System EEC, une gamme de vêtements de sport respirants conçus pour aller les uns avec les autres selon le principe de l’oignon : une couche intérieure de sous-vêtements fonctionnels, absorbant la sueur, la répartissant sur une grande surface et transmettant le reste d’humidité à la couche intermédiaire. Cette couche tampon, la plupart du temps en laine polaire, constitue un vêtement chaud ou une isolation. La couche extérieure protège le sportif des intempéries et des influences mécaniques. 18 ceo/eschler La chaîne de production verticale Eschler prouve également son intérêt dans le sportswear. Selon leurs besoins, les clients choisissent les trois couches, ou ils achètent seulement, par exemple, la polaire. La position de Peter Eschler est claire : « Tant que, dans un secteur déterminé, nous faisons partie des fournisseurs les plus importants, nous avons une chance. Sinon, il vaut mieux arrêter. » Démultiplier les bons concepts Pour Peter Eschler, l’innovation consiste aussi à étendre la niche sportive aux vêtements de travail et d’entreprise (Corporate Wear). Avec environ 5% du chiffre d’affaires, ce secteur en est encore à ses balbutiements. Le personnel hospitalier constitue là un groupe-cible : comme, dans les salles d’opération, les peluches des vêtements en coton bouchent les climatiseurs, certains hôpitaux demandent à leurs chirurgiens de porter des sous-vêtements jetables, chose inacceptable tant pour des raisons de confort que d’écologie. Entre-temps, les retours d’un hôpital cantonal de Suisse orientale ont rendu Peter Eschler optimiste : depuis que des sous-vêtements en tissu Eschler y sont distribués, les nouvelles commandes pleuvent. Les médecins portent aussi ces vêtements en dehors de l’hôpital. Un projet de recherches, mené par Eschler en collaboration avec l’armée suisse et le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche LFEM de Saint-Gall, montre comment démultiplier un bon concept : des vêtements à quatre couches portant le nom évocateur de « Sweatmanagement » ont été testés avec succès à partir de 2002 au centre d’instruction de combat en montagne d’Andermatt. Eschler a obtenu pour son produit le label de qualité « approved by armasuisse ». A Bühler comme à Münchwilen, on espère maintenant que la comman- Saignée dans l’industrie suisse du textile L’industrie suisse du textile est en ses de broderie ont pu, dans une crise. Si, en 1992, le nombre total certaine mesure, sauver leur production, alors que pour les filatures, d’employés dans les industries du textile et de l’habillement s’élevait à elle a diminué de quatre cinquièmes 40 700, il n’était plus que de 18 100 fin en 20 ans. La mondialisation pousse 2003. En une décennie, le secteur a un secteur entier vers l’Extrêmeainsi vu disparaître plus de la moitié Orient, où aujourd’hui, en Chine, on de ses effectifs. Et la saignée continue. Début 2004, deux filatures cente- de 70 centimes, 30 fois moins cher produit, pour des salaires horaires naires, Streiff, à Aathal, et la filature qu’en Suisse. Seuls des entrepreneurs de l’Uznaberg, ont annoncé leur fermeture. 300 emplois supplémentaires rentables peuvent survivre en Suisse. innovants qui trouvent des niches vont disparaître. Seules les entrepri-
Eschler est spécialisée dans des tissus répondant aux exigences les plus sévères, de la tenue de compétition aux dessous brodés les plus délicats. de de nouvelles tenues militaires ne sera pas annulée et qu’un fabricant s’approvisionnant chez Eschler obtiendra le marché. Susciter l’émotion Peter Eschler, 45 ans, ne manque pas d’idées : « L’innovation est notre moteur et, sans idées originales, nous aurions sans doute disparu depuis longtemps. » Il parle des chemises aux extraits d’Aloe Vera et de textiles techniques pour le bâtiment ainsi que des chiffons de nettoyage absorbant la poussière. Ou d’une série de tests avec le LFEM, qui doivent prouver l’effet positif des Les innovations font partie d’une tradition familiale vieille de 77 ans Depuis 1996, les deux frères Peter La deuxième génération n’a plus (45 ans) et Alex Eschler (42 ans), de la aucune responsabilité opérationnelle, troisième génération, dirigent l’entreprise Christian Eschler AG. Peter elle joue encore un rôle au CA. Trois mais avec Christian et Kurt Eschler, assure la direction commerciale, Alex autres membres, sans lien de parenté, est à la tête des deux entreprises participent au gouvernement d’entreprise. suisses de Bühler AR (teinturerie, apprêt, contrôle des produits finis L’entreprise a été fondée en 1927 par notamment) et Münchwilen TG (tricotage, bonneterie). Leur cousin originaire du sud de l’Allemagne, qui Christian Eschler, un passementier Matthias dirige l’usine Eschler de avait alors 23 ans. En remontant dans Balingen (Allemagne), qui produit des l’histoire de l’entreprise, qui vient de textiles techniques. Depuis 2002, fêter ses 77 ans, on trouve plusieurs une partie de la bonneterie est fabriquée en Thaïlande dans une jointtile, telles que rayonne mate, nylon innovations dans le domaine du texventure. Le directeur est un beaufrère d’origine malaise, donc aussi par chaîne pour draps de dessous, pour chemises, tissu élastique bouclé membre de la famille. Au total, sur tissus respirants pour vêtements de ses quatre sites, l’entreprise compte sport sur le principe de l’oignon et 230 employés. La succession a été premières tenues de compétition une réglée de manière à ce que l’entreprise ne soit pas morcelée. Russi et pièce des champions de ski suisses Colombin. vêtements sur l’analyse sensorielle tactile. Les tissus de « bien-être » promettent des marges confortables, en parfait accord avec la devise de la société : aucune réduction sur l’émotion. Alors que Peter Eschler est plutôt le visionnaire, démontrant aussi dans la conversation sa capacité à s’enthousiasmer rapidement, son frère Alex, de trois ans plus jeune, contrôleur de gestion et directeur pour la Suisse, est plus le garçon patient qui tient les rênes. Ils ne sont pas toujours du même avis, s’opposant sur certaines décisions. Mais tous deux affirment que leurs tempéraments et leurs méthodes de direction différents se complètent bien. Ils habitent tous deux à Teufen et sont attachés au canton d’Appenzell. Ainsi, il y a deux ans, ils n’ont pas réfléchi longtemps lorsque le ruisseau qui traverse le village de Bühler a inondé leur entreprise, causant pour 15 millions de francs de dommages. Avec le personnel, ils ont retroussé les manches, utilisant la somme versée par l’assurance pour rénover entièrement le bâtiment en y ajoutant un montant considérable d’investissement sur fonds propres. Aujourd’hui, en parcourant les halls de production de Bühler, vous découvrirez une entreprise « top ». A l’avenir, le taux d’investissement, qui représente 10% du chiffre d’affaires, sera également maintenu. Où sera Eschler dans cinq ans ? Toujours sur son site principal, en Suisse, avec la possibilité de produire en outre dans des pays stratégiquement importants, répondent, unanimes, les frères Eschler. Simultanément, il y a la volonté de renforcer prestations de service, service après-vente et intégration verticale. Et d’ici là, Eschler sera peut-être présente sur le marché sous sa propre marque. Une production peu polluante au standard Bluesign En matière de production durable, ces nuisibles et de recycler biologiquement et techniquement tous les avec notamment sa dernière collection de lingerie, Christian Eschler AG composants. Des organisations de se situe au premier rang du secteur. protection de l’environnement aussi Les qualités de cette lingerie et une critiques que Greenpeace et le WWF grande partie de la collection sport considèrent qu’avec Bluesign un pas sont conformes au standard industriel a été fait dans la bonne direction. Bluesign, qui préconise d’éviter le plus possible l’utilisation de substan- ceo/eschler 19



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