CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
CEO Suisse n°2004-1 jun à sep
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2004-1 de jun à sep

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : PricewaterhouseCoopers

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : la Russie, puissance économique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les ateliers de broderie et de bonneterie ultramodernes de Münchwilen. En dépit du parc de machines high-tech, de nouveaux emplois ont pu être créés. Texte : Bernhard Raos Photos : Roth & Schmid C’est un rien d’étoffe arachnéenne, douce et agréable au toucher. Peter Eschler en est légitimement fier : « Ces dernières années, ces fonds à broder sont, en quelque sorte, devenus notre nouvelle économie textile », dit, en faisant glisser un tube de tissu très fin entre ses doigts, le copropriétaire et responsable du marketing de Christian Eschler AG, dont le siège social se trouve à Bühler. C’est avec des fonds à broder made by Eschler que des marques de lingerie tendance comme Chantelle, La Perla et Triumph confectionnent leurs luxueux tangas, strings, soutiens-gorge et bodies. Luxueux égale onéreux, et une part de ce rentable gâteau revient donc aussi au fabricant de tissus. Mais quelle recette se cache derrière un tel article de grande diffusion pour qu’il soit encore produit en Suisse, pays où les coûts sont au plus haut ? Un pays où les entreprises textiles doivent fermer les unes après les autres (voir l’encadré en page 18) ? La réponse de Peter Eschler est simple : « Il faut 16 ceo/eschler innover et, sur ce marché de niche, avoir un volume de production suffisant pour s’y retrouver. » L’innovation, dans les fonds à broder, c’est la technologie de production. Alors que les machines à broder sont de plus en plus rapides, sollicitant donc davantage l’étoffe, la mode exige des matériaux toujours plus fins et plus légers. Il faut donc des tissus à la fois vaporeux et résistants. Les techniciens d’Eschler produisent le fil approprié, et font ainsi partie des trois fabricants qui dominent le marché mondial des fonds à broder. Pour l’instant. En effet, la concurrence a elle aussi découvert ce marché lucratif. La chaîne italienne Intimissimi et la maison allemande de VPC Tchibo diffusent par exemple des dessous brodés à des prix très bas. Pour Eschler, cela se traduit par une pression accrue sur les marges. Répondre aux besoins du marché On a réagi, entre autres, en créant une coentreprise en Thaïlande, où des fonds à broder sont produits à Petchburi depuis deux ans. 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et pour des salaires horaires plus de dix fois en dessous du niveau helvétique. Cette délocalisation partielle – on continue aussi à produire des fonds à broder en Suisse – n’a pas seulement été motivée par une maind’œuvre moins chère. « Si nous ne voulons pas perdre le marché, nous devons être proches de nos clients », déclare Peter Eschler. Ces dernières années, les grandes entreprises de broderie ont presque toutes délocalisé leurs sites de production en Extrême-Orient. Ceux qui n’ont pas suivi sont depuis longtemps devenus sous-traitants. Et l’usine thaïlandaise contribue à la préservation des emplois en Suisse. Ces deux dernières années, Eschler a créé environ 30 nouveaux postes sur ses sites de Bühler et de Münchwilen. Pour Eschler, flexibilité et haut degré d’intégration verticale constituent un avantage sur la concurrence. La firme produit de très petites quantités dans les plus courts délais et ne se contente pas de tricoter et de broder des tissus, mais elle teinte et apprête. Eschler peut ainsi être présente dans les collections et les premières séries des grandes maisons de lingerie, telle l’américaine Victoria’s Secret. Généralement, le mélange de matériaux reste inchangé par la suite et la firme d’Appenzell est donc bien placée pour emporter alors le marché. Elle fixe les
« Il faut se précipiter sur chaque ouverture du marché. » tendances tout en étant, comme le dit Peter Eschler en plaisantant, le « pharmacien du secteur », faisant ainsi allusion aux petites quantités, comparativement produites à doses homéopathiques. La raison : « Il faut se précipiter sur chaque ouverture du marché. » Prévoir les besoins Les fonds à broder, qui représentent environ 40% du chiffre d’affaires total de 46 millions de francs (2003), sont toujours l’un des piliers de l’activité de Eschler AG. Le sportswear, premier support d’image, représente également un volume important. Lorsque, à chaque printemps, revient la fièvre du VTT, la plupart de ceux qui pédalent à travers champs pour garder la forme sont assis sur une protection Eschler. Sous la marque Swisspad, Peter Eschler fournit à Descente, Gonso ou Nike les différents modèles de garniture pour fond de cuissard, véritables objets précieux avec leur structure à nervures longitudinales sur la surface de contact, leur système de circulation d’air à quatre canaux ou leur dispositif d’absorption des chocs spécifique : « Une garniture de cuissard doit être confortable, solide et respirante, tout en ne retenant pas la transpiration. » Cela requiert des compétences dans différentes disciplines, notamment médicales : coureurs cyclistes et vététistes de sexe masculin imposent en effet beaucoup à la partie la plus sensible de leur anatomie. Non seulement des chocs, mais aussi un fort échauffement. Au-delà d’une certaine température, les spermatozoïdes humains capitulent, entraînant une stérilité momentanée. Cela peut être évité grâce à Coolpad, une garniture de cuissard à micro-capsules intégrées renfermant de la paraffine, laquelle se liquéfie à haute température et absorbe la chaleur, produisant ainsi un effet réfrigérant. C’est largement plus qu’un gag de marketing bien trouvé, comme l’a confirmé une étude médicale de l’Institut des sciences sportives de l’Université de Bayreuth. Miser sur les mailles rapides Lance Armstrong et des athlètes comme Marion Jones ou Cathy Freeman portaient déjà, lors de leurs victoires, des tenues recouvrant tout le corps, fabriquées dans des tissus Eschler. Mais ce sont leurs « mailles rapides » qui ont rendu mondialement célèbres les « bricoleurs » de génie d’Appenzell : depuis bientôt 30 ans, Eschler fournit le tissu pour les tenues de compétition des skieurs suisses. Les tissus Hightex sont taillés directement sur le corps chez Descente, au Japon. A partir de la saison prochaine, quand les champions autrichiens se glisseront eux aussi dans des « peaux de compétition » Eschler, l’entreprise suisse occupera de facto une position de monopole. Environ 10 000 tenues de compétition en tissu stratifié multicouches sont actuellement confectionnées chaque année. C’est surtout l’aérodynamique superficielle qui fait l’objet de tous les soins. Des tests en soufflerie ont ainsi révélé que des tenues structurées sont plus rapides jusqu’à 70 km/h, tandis qu’audelà de cette limite, des matériaux lisses autorisent une vitesse supérieure. Mais être leader n’est pas de tout repos dans le monde ultrasensible du sport de haut niveau. Si les skieurs suisses, la saison passée, sont la plupart du temps arrivés derrière la concurrence, il devait bien y avoir des raisons. En recherchant les causes de ces contre-performances, les spécialistes de la descente, conduits par Didier Cuche, ceo/eschler 17



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