Campus Mag n°72 nov/déc 2010
Campus Mag n°72 nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°72 de nov/déc 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : CampusMag

  • Format : (160 x 240) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : sports d'hiver, où aller ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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muse douch @campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be LE cd EST MORT, VIVE LE cd ! D’années en années, de rapports inquiétants en résultats négatifs, les chiffres en pleine dégringolade confirment que le CD va finir par rendre l’âme face à l’Internet et ses téléchargements. C’est une question de mois ou d’années. D’abord, on s’y résoudra. Certains -ils ont déjà commencé- liquideront leur belle collection privée pour faire de la place. D’autres s’accrocheront, continuant à se procurer les nouveautés ou les rééditions. Le temps fera son œuvre. Puis, un jour, comme pour le bon vieux vinyl, on se rappellera combien il était agréable d’écouter un CD, d’en admirer l’artwork et d’en consulter le leaflet pour recouper des informations sur un musicien, un compositeur ou un producteur. Alors, certains s’y remettront timidement. Nostalgiquement. Et s’il y a de la demande, il y aura une offre. C’est le business. N’enterrons pas trop vite un support qui fait ses preuves depuis plus de 30 ans ! Mark Ronson Record collection (Sony Music) Producteur d’Amy Winehouse ou Lilly Allen, beau fils de Mick Jones (Foreigner) et DJ de renom, Mark Ronson n’a jamais eu froid aux yeux, fort d’une Baraka qui transforme en or tout ce qu’il touche. Après un album de reprises (« Version ») qui lui a valu un Brit Award en 2008, il propose un nouvel album de titres (très) originaux. Ouvert sur un tout bon rap soutenu par le légendaire Q Tip (A Tribe Called Quest), ce disque inclassable part dans d’improbables directions : mariage pop sixties avec le flow hip hop de Ghostface Killah (« Lose it »), dub au refrain fredonné par Boy George (« Somebody to love me ») ou synthéeighties à la Duran Duran au refrain d’ailleurs repris par Simon Le Bon (« Record collection »). Cet album est aussi original que généreux. 36 I nov/déc 10 72 John Lennon gimme some truth (EMI) Le 9 octobre dernier, John Lennon aurait eu 70 ans et, comme le dit Yoko Ono : « Il aurait fêté son anniversaire en famille et passerait sans doute un temps fou sur internet ». Mais Lennon n’aura jamais connu le net : il est mort abattu par Mark Chapman le 8 décembre 1980 et le grand village global s’est constitué sans lui et ses nombreux messages de paix. Pour commémorer les 30 ans de sa disparition, sa maison de disques propose de nombreuses rééditions - des albums originaux, un best of, un box 8 CD, une clé USB…- dont on a isolé un objet hybride et intéressant : « Gimme me some truth », un boîtier de 4 CD regroupant 72 chansons classées par thème (« Working class hero », « Woman », « Borrowed time » et les reprises rock’n’roll sur « Roots »). C’est beaucoup plus qu’un simple best of et cela regroupe la crème d’un artiste de génie inégalable. The Orb feat david gilmour Metallic Spheres (Sony Music) Généreux donateur à la cause « ambient », Alex Paterson a conduit son projet The Orb de main de maître depuis plus de 20 ans. Son nouvel album serait sans doute passé relativement inaperçu s’il n’avait reçu le lumineux support de David Gilmour. Le mythique guitariste de Pink Floyd pose ça et là ses riffs sur des morceaux fleuves - 28 minutes pour « Metallic side » enchaîné avec les 20 minutes de » Spheres side » -. Quoiqu’on puisse lire ou entendre dans les medias, ce disque demeure très éloigné des travaux du Floyd : il s’agit avant tout d’un album d’electro contemplative qui s’avère aussi passionnant qu’hermétique pour ceux que la musique « ambient » rebute. Les autres savent déjà comment remplir agréablement leur moment de détente. Katerine Philippe Katerine (Universal) Katerine est un grand malade, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est que suite au succès de « Robots après tout » (« Luxor, j’adore », « 100% VIP »), son nouvel album était très attendu. Jongler avec le succès peut vous changer un homme. Pas Philippe Katerine ! Plus libre et créatif que jamais, le bonhomme a pris le parti d’aller encore plus à fond dans la dérision et le surréalisme. Il réussit à faire une chanson avec les seules paroles « bla bla » ou se transforme en gros nounours le temps d’une comptine. Inimitable, minimaliste (voire carrément rachitique sur certains morceaux totalement dépouillés), Katerine est un OVNI qui horripilera les uns et sera adoubé par les autres. Et cela pour les mêmes raisons : une approche dilettante, foireuse et proche de la démo d’un art qui se transforme ici en franche pantalonnade rigolote.
www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be Coup de cœur david Bowie Station to Station (EMI) On va tenter de faire court : quoiqu’en disent les experts, « Station to Station » est le meilleur album de Bowie ! Pour s’en convaincre, procurezvous d’urgence l’extraordinaire réédition proposée par EMI : elle comporte évidemment l’album original mais aussi l’intégralité sur deux CD du mythique concert de Nassau donné lors de la tournée’76 qui reprend notamment les morceaux clés de « Station to Station ». A vrai dire, le disque en question ne compte que 6 chansons mais elles sont toutes essentielles : des dix minutes épiques du titre éponyme à la clôture plaintive de la reprise de « Wild is the wind » en passant par la soul de « Golden year s » et le groove de « Stay », le meilleur titre jamais écrit par Bowie et soutenu par un duo de guitares (Carlos Alomar et EarlSlick) au sommet de son art. Fin d’une époque (« Young americans ») et début d’une nouvelle ère (le chapitre berlinois), cet album charnière est un chef d’œuvre réalisé par un époustouflant dilettante puisqu’à l’époque le Duke passait plus de temps sur les plateaux du film « The man who fell from earth » qu’en studio. Mais quand le talent est là ! Eliza doolittle (Emi) La pop, c’est comme les fringues. Ca fonctionne par mode. Et depuis 2 ou 3 ans, on est en pleine vague « girl power » avec les Kate Perry, Duffy, Lilly Allen et autres bubble-starlettes sans doute aussi éphémères que le succès qui les porte actuellement avant de les ignorer superbement une fois la page tournée. Dans la famille, on découvre aujourd’hui la petite sœur Eliza Doolittle dont le premier album s’avère plaisant et rafraîchissant. Avec une voix un peu pincée à la …Camélia Jordana, la petite issue de Camden enchaîne les ritournelles sans prétention, aussi positives que dispensables. A noter que deux titres sont produits par Jonny $, le regretté producteur du « Blue lines » de Massive Attack. Kings of Leon come around sundown (Sony Music) muse douch @campus.be Deux ans après le succès fulgurant de leur dernier CD, les Kings of Leon repassent à la case « album », le cinquième en sept ans. S’ils voulaient souffler après une tournée mondiale qui ne s’est pour ainsi dire jamais arrêtée depuis leurs débuts, c’est foutu. Car après « Come around sundown », les stades et festivals de la planète entière vont à nouveau les réclamer. Attendez-vous donc à une année 2011 Kings of Leon ! Alternant les passages assagis et mélancoliques (« Mary », « The face »), les tentatives pop (« Beach side », « The immortals ») et les morceaux plus costauds (« No money »), ce disque confirme la voie royale empruntée par les quatre frangins Followill : si U2 fait un break, que Radiohead refuse le rôle, que de The Killers n’a pas le potentiel et que Coldplay demeure décidément trop lisse, KOL pourrait occuper le poste de plus grand groupe de rock du moment. Syd Barret - The Madcap laughs, Barrett, Opel, an introduction to (Emi) Dans le genre météore, Syd Barrett fait figure de légende maudite dans le petit monde du rock. Compositeur et interprète des premières oeuvres de Pink Floyd, le bonhomme était promis à un avenir glorieux. Sauf que la folie est passée par là, l’obligeant à quitter le navire dès’68. Il s’est alors enfermé chez sa mère pour mener une vie cloîtrée jusqu’à sa mort il y a 4 ans. Il a toutefois réalisé deux albums solos exceptionnels en 1970 : « The madcap laughs » et « Barrett ». EMI les réédite aujourd’hui agrémentés d’un recueil d’inédits (« Opel ») déjà paru en 1988 et surtout d’un quatrième disque indispensable. « An Introduction to Syd Barrett », supervisé par Gilmour qui le remplaça au sein du groupe à l’époque, rassemble les premiers singles du Floyd (« See Emily play », « Arnold Layne ») ainsi que des morceaux des deux albums solos. Difficile de parler de best of pour quelqu’un qui n’a pas connu le succès et la gloire mais, quarante ans plus tard, ces rééditions indispensables prennent tout leur sens.• douch 72 nov/déc 10 I 37



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