Campus Mag n°67 déc 09/jan 2010
Campus Mag n°67 déc 09/jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de déc 09/jan 2010

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : CampusMag

  • Format : (160 x 240) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : [REC ]2

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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muse douch @campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be Focus Bad lieutenant Never cry another tear (Cooperative music (V2) Alors qu’on s’est fait à l’idée du split de New Order, la nouvelle d’un nouveau groupe créé par Bernard Sumner a de quoi réjouir. D’autant que le bonhomme avait déjà réussi une très belle échappée dans les années 90 aux côtés de Johnny Marr au sein du mythique Electronic. Mais c’était une autre époque, un autre siècle. Or donc voici que déboule Bad Lieutenant. Bonne nouvelle, les fans de New Order ne devraient pas être trop perturbés : la ligne claire soutenue par la voix identifiable entre mille de Sumner fait toujours son effet. Bien sûr, la basse de Peter Hook n’y est plus mais elle est compensée par une abondance de grattes, de nombreuses bonnes idées et quelques belles références. Sumner continue à faire de la pop comme au siècle dernier en mariant guitares et synthés, et cela lui réussit plutôt bien. Divers Warp 20 Chosen Recreated (Roughtrade) Warp est devenu en 20 ans une institution dans le monde de l’electro : né en plein boom acid house à la fin des années’80, le label anglais a réussi sa mue en désertant rapidement les dancefloors pour tenter une approche expérimentale symbolisée par ses meilleurs poulains tels qu’Aphex Twin, Autechre, LFO, Nightmares on Wax ou Boards of Canada. Des noms légendaires qui forment l’ossature de cette double compilation parue pour fêter la double décennie du label. Double compile donc puisque la première (« Chosen », 2 CD) regroupe les morceaux favoris des fans (sur la première galette) et du boss SteveBeckett (sur la seconde), tandis que la seconde (« Recreated », 2 CD) propose des relectures décalées de titres du catalogue par des artistes-maisons. On y saluera particulièrement les prestations de Leila, Grizzly Bear et Mira Calix. Un régal. Jamie T Kings & queens (Emi) Révélé en 2007 avec « Panic prevention », jouissive chro- nique de l’Angleterre version Blair, Jamie T réussit avec « Kings & Queens » une confirmation de haut vol. Enregistré dans les studios de Damon Albarn(Gorillaz, Blur), ce disque malin et gouailleur épate par sa variété – de la drum’n’bass aux rythmes africains – mais aussi et surtout par les bonnes vibes émanant de la voix de Jamie T, en frangin frondeur de Mike Skinner de The Streets. Si ce dernier a eu du mal à confirmer le succès de son premier essai, Jamie T n’a pas de souci à se faire : son second disque est supérieur au premier. Basement Jaxx Scars (V2) Basement Jaxx ou comment assister au crash d’un des groupes dance les plus U2 The Unforgettable fire (Universal) Qu’on les appelle « deluxe » ou « remastered », ces rééditions de qualité qui déterrent des classiques du rock ont un côté aussi jouissif que désagréable. Jouissif parce qu’elles dépoussièrent, souvent avec moult inédits, des disques auxquels on est très attaché. Désagréable parce qu’elles nous rappellent que le temps passe, qu’il s’envole et donc qu’on prend un coup de vieux. Prenez ce « The Unforgettable fire ». 1984. 25 ans déjà ! Album clé dans la discographie de la bande à Bono, ce disque énorme prépare le terrain du chef d’œuvre « The Joshua Tree » à paraître un an plus tard, comme « Music for the masses » le fit pour le « Violator » de Depeche Mode ou « New gold dream » pour le « Sparkle in the rain » de Simple Minds. Certains fans, dont votre serviteur, préfèrent d’ailleurs « The unforgettable fire » parce qu’il présente quelques aspérités le rendant plus accessible mais surtout parce qu’il comporte quelques moments épiques comme « Pride », « Bad » et surtout la chanson-titre qu’on peut considérer sans peine comme la meilleure du répertoire du groupe. Enfin, après la trilogie « Boy/October/War » produite par SteveLillywhite, ce « The unforgettable fire » ouvre une ère nouvelle, celle de la production américaine du tandem Brian Eno/Daniel Lanois. Celle du succès américain. Celle du raz de marée mondial. 25 ans plus tard, l’album n’a rien perdu de sa pertinence. Et comme les gens d’Universal savent y faire en matière de rééditions, cette édition remasterisée est une petite pépite dont le deuxième CD regorge de versions inédites, d’extraits live (dont « Sunday bloody Sunday » enregistré au Live aid) et surtout de « Yoshino blossom » et « Disapearring act », deux morceaux totalement inédits retrouvés cet été par Bono et The Edge. Une bonne pioche. 42 I déc 09 67
emballants de la décennie ? Fast rewind : les années 2000 débutent et en deux albums (« Remedy », « Rooty »), Simon Ratcliffe et Felix Burton assomment les clubbers de tout poil. Basement Jaxx est alors une machine à danser qui n’oublie pas les hits (souvenez-vous du raz de marée de « Red Alert », « Rendez Vu » ou « Romeo »). Depuis ces éclairs de génie, le duo se vautre dans des exercices de plus en plus affligeants dont le point culminant semble être ce « Scars », spectaculaire retour de manivelle sans âme, ni idée, où les nombreux featurings (Kelis, Santigold, Yoko Ono, Lighstspeed champion) semblent cachetonner. Navrant et sans relief. Archive Controlling crowds part IV (Warner) Au printemps dernier, Archive sortait son 6ème album studio en forme de bouclage d’inventaire puisqu’il faisait se côtoyer les derniers chanteurs en date (Pollard Berrier et Dave Pen) avec le rappeur des premières heures, Rosko John. Très bonne surprise, ce disque s’est bien vendu chez nous et a débouché sur un concert sold out aux Halles de Schaerbeeck en septembre dernier. Dès sa sortie, le groupe avait annoncé qu’il serait complété d’une suite. Voilà donc « Controlling crowds part IV » puisque le muse douch @campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be www.campus.be Air Love 2 (Emi) A force de chercher la perfection, Air a fini par lasser. L’incroyable duo créateur des premières heures s’est imperceptiblement transformé au fil des albums en expérimentateurs froids et précieux produisant des chansons qu’on entend mais qu’on écoute plus. Avec ses instruments traditionnels japonais et sa solennité, « Pocket symphony » donnait l’impression de se regarder le nombril, comme une trop belle pièce d’art qui ne s’ouvre pas à son public. On pouvait donc craindre de lâcher prise avec ce « Love 2 ». Au final, le sentiment est plus nuancé. Si Dunckel et Godain n’évitent pas toujours l’exercice de style creux ou involontairement décalé, ils réchauffent l’atmosphère et font preuve de culot comme lorsqu’ils osent le retour du saxo sur fond de claviers très sevendisque sorti il y a six mois comportait trois parties. Il complète efficacement le diptyque sur le thème du totalitarisme larvé qui gagne nos sociétés modernes. Inquiétant souvent, apaisant parfois, ce nouvel opus confirme le regain de forme d’un groupe passionnant qui finira bien par mettre le monde d’accord sur son immense talent. Richard Hawley Truelove’s gutter (Emi) Si je ne devais garder qu’un seul album en 2008, ce serait le » Seldom seen kid » d’Elbow. En 2009, ce serait ce « Truelove’s gutter » de Richard Hawley. Le lien est évident puisque la plus belle chanson du disque d’Elbow, « The fix », était enregistrée en duo avec Richard Hawley. Alors, imaginez un albumentier bercé par la voix de crooner de cet artiste immense et sous-estimé. Les mélodies cristallines et très entêtantes cocoonent des paroles superbes et souvent caustiques interprétées avec une immense émotion. Et c’est là que je me rends compte des limites d’une chronique musicale : comment rendre compte avec des mots de la grâce d’une musique ? Comment parler d’un chef d’œuvre comme celui-ci ? Comment lui rendre hommage ? Je n’ai pas la réponse mais vous savez ce qu’il vous reste à faire pour découvrir cette pépite. Jean Louis Murat Le cours ordinaire des choses (Universal) Réalisé à Nashville avec des musiciens du cru, le nouveau Murat a de quoi déstabiliser : qu’est-ce que l’Auvergnat a bien pu vouloir prouver en allant enregistrer dans la patrie de la country music ? Ce qui sur papier peut donc surprendre, s’avère à l’écoute un magnifique essai à classer en très bonne place dans la production pléthorique du chanteur. Il y a de l’espace, de la poésie, de la contemplation mais aussi une maîtrise technique sans faille, que ce soit dans les rythmes soutenus (« M Maudit ») ou les longues plages mid (« Comme un incendie ») et down (« La mésange bleue ») tempo. A présent que Bashung a rejoint Gainsbourg, qui d’autre que Murat ? Lady & Bird Keren Ann& Bardi Johansson La ballade of Lady & Bird (Emi) C’est en juin 2008 que Keren Annet Bardi Johansson ont réalisé l’enregistrement en public de « La ballade of Ladybird », soit quatre ans après leur premier disque en duo. Réalisé avec l’Orchestre Symphonique Islandais à Reykjavik -Bardi évolue donc à domicile-, cette collection de treize morceaux mélange inédits, chansons du premier album ainsi que travaux des deux protagonistes en solo. Le résultat s’avère somptueux, sans conteste la plus douce caresse musicale de l’année discographique. 67 déc 09 I 43



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