Cadences n°331 février 2020
Cadences n°331 février 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°331 de février 2020

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Concerts Parisiens

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : compositeur & direction George Benjamin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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III les concerts du portrait mois 8 cadences février 2020 George Benjamin Présence festive Matthew Lloyd Pour sa 30 e édition, le Festival Présences de Radio France invite le compositeur et chef d’orchestre britannique George Benjamin qui fête son 60 e anniversaire. Son œuvre majeure sera mise en regard avec celle de ses proches disciples, de ses maîtres et de ses amis musiciens. Disciple d’Olivier Messiaen au Conservatoire National de Musique de Paris dans les années 70, George Benjamin entretient une relation privilégiée avec notre pays, parle et écrit le français à la perfection. Il n’est pas surprenant que ce musicien cultivé, curieux et ouvert aux différents courants et à la distinction sans apprêt puisse être l’objet, la soixantaine venue, d’une particulière attention de la part du Festival Présences. Son œuvre aujourd’hui est considérée comme l’une des plus renommées sur le plan international, entre autres ses trois opéras  : Into the Little Hill en 2006 et surtout Written on Skin au Festival d’Aix-en-Provence en 2012, puis Lessons in Love and Violence créé à Covent Garden en 2018. En ce mois de février, les organisateurs du Festival Présences ont décidé de mettre l’accent sur une produc- Du 7 au 16 février – Maison de la Radio et Philharmonie Festival Présences 2020 Programme détaillé sur www.maisondelaradio.fr/festivalpresences-2020 du tac au tac Votre principal trait de caractère ? Exigeant, hélas. Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ? Loyauté et humour. Quel serait votre plus grand malheur ? Vivre sans ceux que j’aime le plus. Vos auteurs préférés ? Conrad, William Golding, Nabokov, Penelope Fitzgerald, Kapuscinski, Sebald, Marilynne Robinson. Vos héros dans l’histoire ? Einstein. Le don de la nature que vous voudriez avoir en plus de celui de compositeur ? La capacité à se souvenir des noms. Le pays où vous désireriez vivre ? Chez moi – ou Kerala (Inde). tion d’une richesse et d’une variété foisonnantes  : « Je suis profondément touché, honoré et ravi d’avoir reçu cette invitation de France Musique et j’attends avec impatience le début du Festival. Je suis également heureux d’être associé à des solistes et ensembles avec lesquels je vais d’ailleurs travailler directement. J’aurai le privilège à cette occasion de diriger les deux orchestres de Radio France, l’un pour le concert d’ouverture à la Maison de la Radio avec le National et les pianistes Vanessa Benelli Mosell et Alexandre Tharaud, l’autre à la Philharmonie de Paris avec le Philhar pour mon opéra Written on skin – ce fut Barbara Hannigan qui créa rôle d’Agnès. » En fait, la Maison de la Radio ne représente pas pour lui une terra incognita car il y fit ses premiers pas alors qu’il était encore étudiant  : « La Maison de Radio me laisse des souvenirs extrêmement précieux. Mon premier engagement «professionnel» – la première de ma Sonate pour piano, alors que je n’avais que dix-huit ans – a eu lieu dans ce bâtiment. Je me souviens que mon jeu de piano énergique et enthousiaste à l’époque avait provoqué la rupture de plusieurs cordes sur le Steinway pendant son exécution. Mon ami et collègue au Conservatoire, Thomas Daniel Schlee (organiste et compositeur autrichien), a tourné les pages et mes maîtres Olivier Messiaen et Yvonne Loriod étaient dans le public. Ce fut un grand moment pour moi ! » Une ouverture aux autres D’une exigence scrupuleuse, Benjamin a à son actif une quarantaine d’opus dans des domaines qui touchent tout autant l’orchestre, la musique de chambre, le piano et de plus en plus dans ces dernières années l’opéra dans lesquels les organisateurs de la manifestation parisienne ont puisé leur miel  : « Outre mon œuvre orchestrale la plus ancienne inspirée par un paysage de Turner – At First Light – créée
Chris Christodoulou sous la direction de Simon Rattle en 1982, il y aura différents exemples de mon catalogue couvrant toutes les décennies suivantes. À la Philharmonie le 14 février, avant la représentation en concert de Written on Skin, je participerai à une rencontre avec le public pour parler de mon œuvre. Sans aucun doute, le choix opéré donnera un aperçu généreux et large de mon travail, mais de nombreux autres compositeurs sont également de la partie, parmi lesquels certains de grande importance pour moi, y compris mes professeurs, mes amis, et même certains de mes élèves. Mes influences d’ailleurs viennent autant d’Allemagne, de France et de Russie que de Grande-Bretagne, mais je me sens également chanceux d’avoir vécu à une époque de vitalité créatrice dans la musique contemporaine britannique. » Une exigence de transmission CD & DVD Shadowlines G. Benjamin & P.L. Aimard (piano), A. Tamestit & T. Zimmermann(altos). 1 CD Nimbus records. Into the little hill Flight ; Dream of the Song. H. Plitmann, soprano ; S. Bickley, mezzo ; B. Mehta, contre-ténor ; M. Cox, flûte. London Sinfonietta, Orchestre du Concertgebouw, G. Benjamin (direction). 1 CD Nimbus records. 1CD Nimbus records. Written on skin Orchestra of the Royal Opera House Covent Garden, G. Benjamin (direction) ; K. Mitchell (mise en scène). AvecC. Purves, B. Hanningan, B. Mehta, G. Simmonds, A. Clayton. 1 DVD Opus Arte en couverture Ce musicien – protée – possède plusieurs cordes à son arc et multiplie les expériences les plus diverses  : « Composer nécessite du silence, de la solitude, une patience intense et une réflexion soutenue au fil des années. La direction d’orchestre exige une action spontanée immédiate et constitue à la fois une activité physique et sociale. Bien que je me sois toujours considéré avant tout comme un compositeur, j’ai été un musicien-interprète tout au long de ma jeunesse et je ne tiens pas à abandonner cette pratique. La direction est en plus l’antidote à la composition. Un compositeur peut apprendre beaucoup à la tête d’un orchestre comme les caractéristiques instrumentales et l’art de la combinaison sans parler de la notation. En outre, le contact le plus étroit avec d’autres musiques de son temps ne peut qu’être stimulant pour le travail créatif. J’ai dirigé un grand nombre de partitions contemporaines y compris des premières mondiales de Grisey, Murail, Rihm, Chin, Ligeti… De plus, j’ai été de 1997 à 1999 le conseiller artistique de la BBC pour leur ambitieux projet concernant la musique du xx e siècle. Cette entreprise comprenait environ cinq cents concerts, mais depuis je me suis davantage consacré à l’écriture de ma musique ; pour cela il faut que je sois seul à la maison et en paix. » Pédagogue né, la transmission joue un rôle important dans sa vie d’artiste-créateur pourtant si intense  : « Dans les années 80, j’ai participé à de nombreux projets éducatifs en Grande- Bretagne avec le London Sinfonietta auprès de personnes de tous âges et même de très jeunes enfants. Depuis, j’ai enseigné à Londres et au cours des dix-huit dernières années au King’s College où j’ai côtoyé des étudiants du monde entier très doués. Une véritable joie pour moi ! » Au Festival Présences, la venue de George Benjamin aura donc valeur d’événement au sein d’une programmation dense de 17 concerts qui couvrira autant le répertoire ancien (celui de Sweelink ou de Purcell que George Benjamin aime tant) que celui de notre temps (avec 25 créations mondiales dont 11 françaises). Une manière festive d’honorer avec panache l’une des personnalités musicales les plus attachantes de notre temps, déjà très présente dans nos salles de concerts mais qui connaît enfin une manière d’apothéose. Michel Le Naour février 2020 cadences 9



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