Cadences n°227 octobre 2009
Cadences n°227 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°227 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Concerts Parisiens

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Daniele Gatti dirige Gustav Mahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 David Ignaszewski PORTRAIT cadences octobre 2009 I Daniele Gatti Servir Mahler QUI L’EÛT CRU ? ALORS QU’IL Y A ENCORE UNE TRENTAINE D’ANNÉES, LA MUSIQUE DE GUSTAV MAHLER SOULEVAIT QUELQUES SUSPICIONS, LE « REVIVAL » AMORCÉ DEPUIS A PRIS DES ALLURES DE LAME DE FOND. APRÈS LE CYCLE DU PHILHARMONIQUE DE RADIO FRANCE AVEC MYUNG-WHUN CHUNG, ALORS QUE CHRISTOPH ESCHENBACH BOUCLE CELUI ENTREPRIS AVEC L’ORCHESTRE DE PARIS, C’EST AU TOUR DE DANIELE GATTI D’ENTREPRENDRE CETTE VASTE ÉPOPÉE AU THÉÂTRE DU CHÂTELET. LE « PLUS ALLEMAND DES CHEFS ITALIENS » PEUT COMPTER SUR SON ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE, DONT IL EST LE DIRECTEUR MUSICAL DEPUIS 2008. La lune de miel entre Daniele Gatti et l’Orchestre National de France a commencé bien avant la prise de fonction du directeur musical et semble vouloir durer un bon moment. Fort de cette euphorie, le chef italien escalade donc l’Himalaya mahlérien, mais avec la sagesse d’un guide de hautes montagnes, tant les dimensions proprement cyclopéennes des partitions concernées en imposent : « Faire ce cycle en une seule saison est trop lourd. La grande chance que nous avons, c’est que nous aurons un double anniversaire Mahler : le 150e anniversaire de sa naissance en 2010 puis le 200e anniversaire de sa mort en 2011, puisqu’il est né en 1860 et est mort en 1911. Ce double anniversaire nous permet de travailler sur trois saisons correspondant à trois périodes de la vie de Mahler : une période que j’appellerais celle des années Wunderhorn, une seconde qui tourne autour des années à Vienne, et enfin une troisième qui est celle de l’Abschied (l’adieu), des années de souffrance et de la mort. Cela nous donne l’occasion de présenter toute la production de Mahler ». Daniele Gatti s’affirme particulièrement attaché à la vérité d’un compositeur dont il tente de percer les brumes géniales depuis l’âge de 14 ans : « Avec des compositeurs comme Mozart, Beethoven, Schubert ou Brahms, nous avons une codification stylistique précise dans l’interprétation de leurs œuvres. Les chefs d’orchestre doivent y être, plus ou moins, attentifs. À l’inverse, si vous prenez toutes les versions des symphonies de Mahler qui existent à l’heure actuelle, vous constatez qu’il n’y aucun style particulier, aucune codification. Il s’agit peut-être du compositeur le plus personnel pour un chef. Claudio Abbado, Giuseppe Sinopoli, Bruno Walter ou Rafael Kubelik, chaque chef imprime une personnalité très marquée. Mais Mahler est très précis dans ses indications sur la partition, même s’il nous donne parfois la chance d’avoir un peu de liberté. Dans tel ralentendo, dans tel accelerando ou encore dans les moments où Mahler demande une lecture plus rhapsodique, il peut revenir au goût du chef de conduire l’auditoire vers un climax. Mais si le compositeur demande un precipitando, on ne peut pas faire tout le contraire, ce serait trahir l’indication de Mahler. Je suis très attentif à l’indication, que je cherche à bien digérer pour livrer ensuite mon interprétation mais sous l’égide de Mahler et non d’après une idée personnelle. Mahler nous dit ce qu’il désire comme mouvement dans sa musique. De ce fait, je me sens plus proche des lectures de chefs tels que Bruno Walter ou Rafael Kubelik, moins rhapsodiques, un peu plus classiques, mais aussi plus précises sur l’architecture formelle de Mahler ». Un immense chef actuel affirmait, dans un entretien, éprouver quelque réticence à suivre les méandres psychologiques d’un compositeur qui « parlait
trop de lui-même » dans ses œuvres. Daniele Gatti, lui, semble considérer que les excès de verbiage naissent plus des exégèses que des notes elles-mêmes : « A quelqu’un qui lui demandait s’il y avait un message derrière la Symphonie Héroïque de Beethoven, Toscanini répondit : « Pour moi, la Symphonie Héroïque, c’est Allegro con brio dans une tonalité de mi bémol majeur, un point c’est tout ». Il y a peut-être des indications autobiographiques derrière la musique de Mahler, mais le moyen de savoir exactement ce qu’il y avait dans sa tête ? Nous avons devant nous un amas de trésors dans lequel il faut chercher la vérité. Comment peut-on certifier totalement que dans tel ou tel passage, on sent la souffrance de Mahler parce qu’il a découvert sa maladie ? Comment le voir sous un accord diminué ou sous un trait de violon ? Je pense que la musique est intense parce qu’elle distille d’elle-même des contrastes et le génie d’un compositeur réside dans sa construction architectonique. Les autres considérations viennent après. Sans doute, oui, dans la Symphonie n°6, Mahler a dit qu’il avait inséré le thème qu’il dédiait à sa femme, Alma… Tout cela est vrai, mais au final, la lecture doit viser l’intention purement musicale, qui suffit à soutenir Discographie sélective Gustav Mahler, Symphonie n°5 The Royal Philharmonic Orchestra 1 cd Conifer Classics l’attention de tous les concerts ». Aux interrogations inquiètes sur la « globalisation des sonorités » des orchestres symphoniques, Daniele Gatti réplique par un appel au calme : « Aujourd’hui, trop souvent, on parle de « son » : tel orchestre a le son qu’il faut pour telle musique, tel autre orchestre a de son côté le son exact pour une autre. On ne parle plus d’interprétation. Les Beethoven de Toscanini avec le NBC Symphony Orchestra nous semblent extrêmement révolutionnaires alors que les sonorités ne sont pas forcément allemandes. Il en va de même de ceux de Klemperer avec le New Philharmonia Orchestra, une formation anglaise, qui sont absolument géniaux ». Lui, de son côté, est sûr des forces de son Orchestre National de France, notamment de ses solistes. Mais, au final, que souhaite-t-il, lui, défendre ou révéler dans ce Palais de Mille et une nuits qu’est la symphonie mahlérienne ? Rien qui soit dicté par l’orgueil ou l’ambition : « En réalité, je ne veux rien déclarer ni apprendre au public parisien, qui connaît bien la musique de Mahler. Je veux juste qu’il vienne écouter, prendre plaisir et vivre des émotions ».• YUTHA TEP Ce disque est un « import » qu’il est cependant aisé de se procurer. L’Adagietto fameux pêche peut-être par trop de suspension mais le reste vit d’une jeunesse farouche et d’un lyrisme incandescent (notamment le Final). Le Royal Philharmonic n’est pas tout à fait un rival du LSO ou du Philharmonia mais il dispense des qualités indiscutables, surtout sous la surveillance du maître Gatti. Gustav Mahler, Symphonie n°6 « Tragique » Orchestre national de France Decca-Universal, uniquement téléchargeable sur les plateformes Universal, Qobuz.com & Virginmega.fr Une marche au précipice sidérante de motricité tragique, dans des soubresauts tour à tour morbides ou sensuels. La « Tragique » est une symphonie qui convient particulièrement à Daniele Gatti. Le National y est d’une diversité de couleurs et d’une opulence sonore sans reproche, répondant sans hésiter aux changements de climats voulus par son directeur musical. DANIELE GATTI et l’Orchestre National de France INTÉGRALE MAHLER 1er acte-saison 2009-2010 Théâtre du Châtelet - Paris à 20h 01 40 28 28 40 JEUDI 29 OCTOBRE LIEDER EINES FAHRENDEN GESELLEN Blumine, Das klagende Lied Melanie Diener (soprano), Christianne Stotijn (mezzosoprano), Nikolai Schukoff (ténor), Markus Werba (baryton). Chœur de Radio France JEUDI 17 DÉCEMBRE SYMPHONIE N°1 « TITAN » Des Knaben Wunderhorn (extraits) Matthias Goerne (baryton) JEUDI 4 FÉVRIER SYMPHONIE N°2 « RÉSURRECTION » Camilla Tilling (soprano), Marie-Nicole Lemieux (contralto), Chœur de Radio France JEUDI 29 AVRIL SYMPHONIE N°3 Christianne Stotijn (mezzo-soprano) Chœur de femmes de Radio France Maîtrise de Radio France JEUDI 17 JUIN SYMPHONIE N°4 Des Knaben Wunderhorn (extraits) Christine Schäfer (soprano) Mahler son +eilrelTIS est venu 26 >'0 ce.c.bre - 1311 > 141130 e Ver, : a ri : Dumont ira na ; Ern Amin COUVERTURE Christophe Abramowitz musique 411 cadences octobre 2009 9



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