Cadences n°227 octobre 2009
Cadences n°227 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°227 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Concerts Parisiens

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Daniele Gatti dirige Gustav Mahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER contact des Arcadiens, ces réformateurs dans le cercle desquels il est admis, composant des cantates à leur image, qu’il devra renier ce style foisonnant, cosmopolite que les continentaux, une fois qu’il sera insulaire, jugeront archaïque ? C’est en faisant du neuf avec du vieux, pourtant, que Händel a su être plus moderne qu’eux, c’est-àdire moins de son temps que du nôtre. Mais pour l’heure, il lui faut séduire Londres. Tonnerre, éclairs, illuminations et feux d’artifice, du merveilleux en somme. À l’heure où nos réformateurs renient l’illusionnisme baroque, se réclamant de Corneille et Racine, le « caro Sassone » convoque l’apparat de la tragédie lyrique. Rinaldo (1711), c’est bien sûr la Jérusalem délivrée du Tasse, qui a donc pour Paris 19 octobre 2009 Théâtre des Champs-Élysées Israel in Egypt Pierre Cao (direction), Katharine Fuge (soprano), Julia Doyle (soprano), Robin Blaze (alto), James Oxley (ténor), Peter Harvey (basse), Stephan MacLeod (basse), Concerto Köln, Chœur Arsys Bourgogne. DR (F. 4 avril 1739 : ce n’est pas un drame, c’est une fresque. Succédant au déjà monumental Saul, Israel in Egypt tient une place à part parmi les oratorios de Händel, ne serait-ce que parce que le chœur y monopolise absolument la scène, reléguant les solistes au rang d’utilités. Débarrassé des contraintes de l’opéra, le compositeur peut enfin tout donner à entendre à l’œil, les dix plaies d’Égypte se révélant un modèle pétrifiant. En dix ans, Pierre Cao a su hisser Arsys Bourgogne parmi les meilleurs chœurs européens. Cet oratorio est fait pour lui. 6 cadences octobre 2009 modèle, ignoré sans doute, l’Armide de Lully : de l’opéra italien dans le goût français. Triomphe. Il Pastor fido (1712), qui, lui, est pleinement dans le goût arcadien, tombe. Retour à la France donc, avec Teseo (1713), dont le livret est, jusqu’au respect du découpage en cinq actes, une adaptation aussi littérale que possible pour demeurer italien de celui écrit par Philippe Quinault et mis en musique par Lully, toujours lui. Malgré ses trois actes, Amadigi (1715) reprend une dernière fois la même recette, se prévalant d’Amadis de Grèce d’Antoine Houdar de la Motte, mis en musique par André Destouches. Avec Acis and Galatea (1718) et Haman and Mordecai (1720), futur Esther, Händel s’essaie, dans le cadre privé de la Paris 20 octobre 2009 Salle Pleyel Susanna William Christie (direction), Sophie Karthäuser (Susanna), Max Emanuel Cencic (Joacim), Marteen Koningsberger (Chelsias), William Burden (First Elder), Alan Ewing (Second Elder), Emmanuelle de Negri (An Attendent), David DQ Lee (Daniel), Ludovic Provost (A Judge), Les Arts Florissants. Sylvain Mignot 10 février 1749 : précédant immédiatement les chants du cygne que sont Theodora et Jephtha, et pour cette raison même demeurée dans leur ombre, Susanna est la dernière partition riante de Händel. Le compositeur âgé de soixante-trois ans y prend congé de sa veine humoristique avec une telle légèreté, une telle souplesse, une telle jeunesse même que les plaintes ferventes du chœur y paraissent incongrues. Plus qu’une réhabilitation, l’interprétation offerte à l’Abbatiale d’Ambronay par des Arts Florissants à l’élan retrouvé et une distribution idéale fut une consécration le mois dernier. Les voici à Paris. demeure du comte de Carnavon, futur duc de Chandos, au genre typiquement anglais, quoiqu’héritier du ballet de cour français, du masque, profane comme sacré. Mais le temps n’est pas encore venu de lui donner de l’ampleur. Car Händel a encore tout à dire en italien. Grâce à la Royal Academy of Music, dont il est le directeur artistique, il devient pour ainsi dire maître de son théâtre. Avec une poignée de chanteurs illustres, dont la fidélité et la docilité connaîtront des hauts et des bas, il expérimente, délace autant que faire se peut le corset du modèle réformé. Le livret de Giulio Cesare in Egitto (1724) est même suffisamment fidèle à l’original vénitien pour que le compositeur se déchaîne. Par son extraordinaire diversité de climats, son art de la transition, son ironie constante, parfois cruelle, cet opéra tient assurément de la tragi-comédie historico-pastorale, selon l’expression consacrée par Polonius dans Hamlet. Händel se révèle le plus grand psychologue de la scène lyrique depuis Monteverdi et avant Mozart Cela aurait suffi à n’importe quel autre musicien du temps, mais il fallait en plus que Händel se révèle le plus grand psychologue de la scène lyrique depuis Monteverdi et avant Mozart. Car là où les Italiens donnent tant de caractère à la mélodie, l’Allemand sculpte la chair et l’os. Écoutez, voyez Tamerlano (1 724), Rodelinda (1725), œuvres éperdument tragiques, obscures, trop modernes encore : les masques tombent, Bajazet meurt en scène, suicidé par la grâce de l’immense ténor de Borosini, qui fait réviser au compositeur tout son finale. Ce n’est plus de l’opéra, et peu importe la langue, c’est du pur théâtre, par une liberté formelle, un sens du tout dramatique inconcevable à l’époque. Mais avec l’arrivée de la Faustina, diva adulée, alors même que la Cuzzoni, qui l’avait précédée sur la même scène, l’occupait encore, le drame décline. Car de ces deux prime donne, aucune ne peut évidemment consentir à être seconda, même en
Le contre-ténor Max Emmanuel Cencic sera deux fois à l’affiche dans des œuvres de Händel en octobre : dans le rôle-titre de Faramondo sous la direction de Diego Fasolis et dans delui de Joacim de Susanna sous la direction de William Christie. DR alternance. Las des crêpages de chignons de ces Rival Queens, le public déserte, la faillite est inévitable. Le Roi est mort, vive le Roi ! La Second Academy voit le jour en moins de temps qu’il n’en faut pour recruter de nouveaux gosiers. La vive Partenope (1730) inspire davantage Händel que le Lotario (1 729) inaugural. Parce que le livret est de Stampiglia, réformateur de la première heure certes, mais jamais dogmatique, et donc encore léger, vénitien ? À l’opposé, les essais métastasiens ne convainquent guère, comme si les théâtres respectifs du musicien et du poète étaient incompatibles, jusqu’à l’incongruité – ah ! le finale d’Ezio (1732). Ce n’est que pour mieux rebondir avec la trilogie inspirée de l’Arioste. Orlando (1733) consacre le retour du merveilleux sur la scène londonienne. Ariodante (1735), opéra nocturne, angoissé, suicidaire, renoue avec la veine française par l’introduction de ballets et de chœurs. Alcina (1735) enfin, est une apothéose, dont la séduction mélodique égale la profondeur psychologique. Le « caro Sassone » ne fera pas mieux en italien, malgré Serse (1738), lui aussi si vénitien, qui jette ses derniers feux à travers la voix du phénoménal Caffarelli, sans succès d’ailleurs. Parce que les Napolitains sont venus le concurrencer sur son propre terrain, avec ses propres chanteurs, et Farinelli en étoile filante. Surtout, l’ogre a d’autres idées en tête, et en langue vernaculaire, édifices monumentaux dont les fondations sont chorales, drames austères, héros tourmentés jusqu’à la folie parricide. Les oratorios bibliques sont d’abord dramatiques, du théâtre sans scène, en concert, d’une puissance picturale jamais égalée, qui prophétisent en Händel, mort trois ans avant la révélation de l’Orfeo de Gluck à Vienne (1762), mais l’année de la création à Parme de la version italianisée en 1759 par Traetta d’Hyppolite et Aricie de Rameau, le premier réformateur d’un genre, l’opera seria, qu’il n’aura cessé de plier aux exigences, plus vastes, plus variées, plus modernes de son propre théâtre.• DOSSIER RÉALISÉ PAR MEHDI MAHDAVI aile Ple e 9. Cité de la musique. ► Musique de chambre Trios et quintettes 16h Trios op. 8, 87 et 101 11h Quintettes op. 88 et 115 16h Quintettes op. 34 et 111 coproduction Salle Pleyel, Céleste Productions-les Grands Solistes 01 42 56 13 13 www.sallepleyel.fr MAIRIE DE PARIS Ire DOSSIER SOCIETE GENERALE mécène principal cadences octobre 2009 7 photo : Marc Ribes/FLC_ADAGP



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