Cadences n°227 octobre 2009
Cadences n°227 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°227 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Concerts Parisiens

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Daniele Gatti dirige Gustav Mahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SYMPHONIQUE Le Philharmonia Orchestra est aux côtés du London Symphony Orchestra, l’une des deux formations symphoniques britanniques comptant parmi les plus célèbres du monde. DR Les 23 et 24 octobre - Théâtre des Champs-Elysées Johannes Brahms - Symphonies n°1 et 3 (le 23) et n°2 et 4 (le 24) Philharmonia Orchestra, Christoph von Dohnányi Les 4 symphonies de Brahms classicisme & nostalgie Àla célèbre question de Sagan, Poulenc répondait : « C’est un génie qui me laisse totalement indifférent. C’est trop lourd, et c’est trop long ! », Milhaud soulignait quant à lui que « Brahms lui échappait […] parce qu’il n’avait jamais réussi à retenir plus d’une note de ses symphonies ! » Des jugements moins 16 « AIMEZ-VOUS BRAHMS ? » CINQUANTE ANS APRÈS LE RETENTISSANT ROMAN DE FRANÇOISE SAGAN, LA PUBLICITÉ DE BRAHMS N’EST CERTES PLUS À FAIRE. SES SYMPHONIES RECÈLENT CEPENDANT DES ASPECTS NOVATEURS INSOUPÇONNÉS ET UN INTENSE SENTIMENT POÉTIQUE NORDIQUE PROCHE DE THÉODORE STORM. cadences octobre 2009 sectaires étaient cependant portés par Dukas ou D’Indy, qui accordaient au maître germanique le respect dû à sa perfection technique, tout en lui déniant toute espèce de génie. La somme de Claude Rostand et le livre intelligent de Bernard Delvaille, de concert avec une intense production discographique, achevèrent de restaurer l’image de Brahms au seuil des années 1960. Curieusement, alors que le génie du maître allemand s’affirme de manière plus originale dans sa musique de chambre et de piano et dans ses lieder, ce sont ses quatre symphonies qui ont le plus fait pour sa tardive gloire parisienne. Il est certain que ses symphonies dispensent une science savante, qu’elles constituent après Mozart et Beethoven une étape importante dans le développement de la forme symphonique et qu’à ce titre, elles peuvent encore utilement contribuer à former le goût et l’oreille des mélomanes (si souvent mis à mal de nos jours !). Elles sont certes très loin des sommets : du moins justifient-elles amplement le jugement perspicace d’un Dumesnil comparant leur auteur au remarquable dramaturge Casimir Delavigne (auteur des Vêpres siciliennes et prédécesseur de Sainte-Beuve à l’Académie française) pour la synthèse magistrale qu’il avait su opérer entre le romantisme de l’inspiration et le classicisme de la forme. Claude Rostand remarque lui aussi qu’il lui manquait d’avoir réellement éprouvé de grandes passions, et que la dimension « héroïque » conférée à la symphonie depuis Beethoven faisait cruellement défaut à ces symphonies : « Le sublime lui manque. Les sentiments qu’il voudra exprimer dans ses irrog 11 ; Christoph von Dohnányi a été le directeur musical du Philharmonia jusqu’en 2008 Terry O’Neill/Decca
symphonies, il ne les éprouve pas profondément ; il les comprend par sympathie, mais ils ne lui sont pas naturels, familiers, ce ne sont pour lui que des possibilités, non la réalité de tous les jours, non la trame de sa propre vie, son bonheur ou son malheur de tous les instants. » Le romantisme s’y fait abstrait, symbolique et comme décanté : l’émotion la plus habituelle de ces pages se ramène à la nostalgie, au regret, à la tristesse tempérée mais embuée de larmes d’une belle promenade d’Automne. L’Automne est la saison brahmsienne par excellence L’automne est la saison brahmsienne par excellence, les symphonies en distillent avec componction la saveur amère et le regret de ce qui n’a jamais été, mais aurait pu être : le formalisme de l’auteur sert d’ailleurs merveilleusement cette « philosophie du possible ». Et le sursaut héroïque du finale de la Symphonie n°1 tourne rapidement à la rhétorique (ce très beau thème n’est d’ailleurs pas un « plagiat » de l’Hymne à la joie comme le suggèrent quelques esprits chagrins, mais un motif d’origine populaire déjà utilisé par Mozart). C’est un sentiment voisin qui imprègne les nouvelles de Théodore Storm, le grand écrivain de l’Allemagne du Nord, et comment ne pas associer les mélancoliques paysages de la Frise septentrionale, avec leurs grèves battues par les vents (cadre habituel des nouvelles de Storm), avec les bourrasques qui parcourent les symphonies (et tout particulièrement la n°4) de leurs rythmes syncopés et de leurs abruptes ruptures harmoniques. On pense aussi aux paysages maritimes de l’île de Rügen, dont la résonance douloureuse et méditative, sinon mystique, a été si génialement rendue par le peintre Caspar-David Friedrich. Friedrich, Storm : certainement, ces symphonies sont habitées par l’esprit nordique, et bien qu’elles soient fort éloignées de la musique à programme, elles possèdent souvent un caractère narratif implicite qui semble parfois suggérer les exploits légendaires de quelque héros médiéval. Mais Brahms a également vécu à Vienne : il sait se faire plus souriant, et accueillir les échos de valses et de ländler en renouvelant l’héritage de Schubert et en se perdant au détour des allées de la Forêt viennoise (Symphonie n°2). En bref, les quatre symphonies, une fois franchi leur abord sévère et formaliste, recèlent une profusion de sentiments, d’impressions et d’expériences glanées au quotidien, et c’est peut-être à cause de ce réalisme du quotidien qu’elles savent nous émouvoir. Avec des « petits riens », Brahms a su élever des temples majestueux, sanctuaires respectables et respectés de la beauté, du goût et du sentiment. Schönberg, qui sa vie durant voua un culte à son grand aîné, avait vu juste : « Brahms, le classique, le traditionaliste, a été un grand innovateur dans le royaume du langage musical, et, en fait, il a été un grand progressiste. » L’analyse révèle chez lui une imagination harmonique aussi féconde et novatrice que celle de notre Fauré (qui, symétriquement, mit longtemps à s’imposer outre-Rhin) : cette parenté concrétise la jonction entre musique française et musique germanique.• MICHEL FLEURY Programmes et informations données sous réserve de changements ou d’erreurs typographiques. Licence d’entrepreneur de spectacles : 2-1009249. Création graphique : Gilbert Layole. Ensemble orchestral de Paris PASS DÉCOUVERTE dès 2 concerts, * 30% de réduction ! DES RENDEZ-VOUS À NE PAS MANQUER AVEC L’ENSEMBLE ORCHESTRAL DE PARIS MARDI 17 NOVEMBRE 2009, 20 H - THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES Olari Elts, direction. accentus. Andrei Korobeinikov, Alexandre Paley, piano. CONCERT ENREGISTRÉ PAR FRANCE MUSIQUE. Brahms : Variations sur un thème de Haydn pour deux pianos. Haydn : Concerton o 11 en ré majeur pour piano et orchestre. Brahms : Liebeslieder Walzer pour chœur et orchestre. Symphonie n o 1 en ut mineur. MARDI 24 NOVEMBRE 2009, 20 H - THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES John Nelson, direction. Guillaume Paoletti, violoncelle. Mozart : La Flûte enchantée, ouverture. Elgar : Concerto en mi mineur pour violoncelle et orchestre. Sérénade en mi mineur pour cordes. Mozart : Symphonie n o 36 en ut majeur « Linz ». * Abonnement 2 concerts à partir de 24 € 0 800 42 67 57 www.ensemble-orchestral-paris.com PARIS Orchestres I en MM• MARDI 8 DÉCEMBRE 2009, 20 H - THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES Joseph Swensen, direction et violon. Deborah Nemtanu, violon. Michel Portal, clarinette. Bach/Bacri : Fantaisie et fugue en la mineur. Mozart : Concerto en la majeur pour clarinette et orchestre. Portal : Improvisations sur Bach. Bach : Concerto en ré mineur pour deux violons et orchestre. Mozart : Symphonie n o 35 en ré majeur « Haffner ». MARDI 12 JANVIER 2010, 20 H - THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES Pekka Kuusisto, direction et violon. Lise Berthaud, alto. François Leleux, hautbois. Bach : Partita n o 1 en si mineur pour violon seul (et variations au hautbois). Concerto pour violon, hautbois et orchestre. Bacri : Concerto tenebroson o 3 « L’Hiver » pour hautbois, alto et orchestre (création, commande de l’EoP). Haydn : Symphonie n o 88 en sol majeur. MARDI 2 FÉVRIER 2010, 20 H - THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES Joseph Swensen, direction. Alice Coote, alto. Éric Le Sage, piano. Chœur de l’Armée française - Aurore Tillac, direction de chœur. Brahms : Rhapsodie pour alto, chœur et orchestre. Schumann : Concerto en la mineur pour piano et orchestre.C. Schumann/Swensen : Romance pour vents et contrebasse. Brahms : Sérénade n o 1 en ré majeur. Vivez l’orchestre autrement ! si MAIRIE DE PARIS 4,1„,i ffl iia21. cadences octobre 2009 17



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