Cadences n°227 octobre 2009
Cadences n°227 octobre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°227 de octobre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Concerts Parisiens

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Daniele Gatti dirige Gustav Mahler.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Reprise de la mise en scène de Willy Decker dont les modernités foudroyantes scrutent les atmosphères énigmatiques de l’opéra de Korngold. On attend beaucoup d’une distribution prestigieuse. Fred Toulet-Opéra de Paris 12 LYRIQUE Du 3 au 27 octobre - Opéra Bastille Orchestre & Chœurs de l'Opéra de Paris Pinchas Steinberg (direction), Willy Decker (mise en scène) Avec Robert Dean Smith, Ricarda Merbeth, Stéphane Degout, Doris Lamprecht... Wolfgang-Erich Korngold La Ville morte PEU DE CHEFS-D’ŒUVRE SONT NÉS DE LA RENCONTRE DE DEUX GÉNIES AUSSI DIFFÉRENTS ET MÊME OPPOSÉS : LA VILLE MORTE TIRE SON ORIGINE DU ROMAN SOMBRE ET MYSTÉRIEUX DE GEORGES RODENBACH BRUGES-LA- MORTE. KORNGOLD L’A MIS EN MUSIQUE AVEC GÉNÉROSITÉ ET LYRISME. cadences octobre 2009 Bruges la Morte, le livre-culte de l’écrivain belge Rodenbach, est un ouvrage atmosphérique, dont l’étrange résonnance surnaturelle incarne le symbolisme et l’impressionnisme dans ce que ces deux esthétiques ont de plus décadent. Dans le sillage d’Edgar Poe, il se situe dans le voisinage des drames de Maeterlinck. Il s’agit d’un récit onirique dans lequel des images glauques associées à la décrépitude et à la mort sont prééminentes sur l’action – véritable poème en prose dédié à ce poème de pierre que constitue la ville de Bruges, avec ses façades gothiques rongées par les intempéries, ses rues désertes, ses canaux et ses quais silencieux, ses églises somnolentes, ses cloîtres et ses beffrois, et son béguinage dont les occupantes enchâssées dans leur robe noire (semblables à de « noires cloches » …). Le héros, Hugues, rend chaque matin hommage à sa défunte épouse dont les reliques (portrait, vêtements, etc.) sont conservées dans une pièce-musée de sa demeure – une tresse lumineuse de ses blonds cheveux est le plus sacré de ces fétiches. Lors d’une représentation de Robert le Diable de Meyerbeer, il est fasciné par la scène du ballet de la résurrection des nonnes : l’une des danseuses, Jane Scott, ressemble étonnamment à la chère morte. Une intrigue se noue, mais Jane est une coquette qui ne possède que l’apparence physique de la femme de Hugues et qui raille l’amour mystique qu’elle a éveillé chez le veuf. Alors que la procession du Saint Sang passe sous ses fenêtres, il sombre dans un état d’hallucination et perçoit le défilé comme des personnages menaçants sortis des tableaux de Memling et de Van Eyck. Jane se saisit alors des tresses sacrées pour le taquiner : devant une telle profanation, il étrangle l’impie à l’aide de la chevelure et s’effondre sur son corps. Et le héros, hébété, profère la formule donnant enfin la clé du roman : « Morte… morte… Bruges la Morte… ». Fortement marqué par Poe et lui aussi un incurable pessimiste obsédé par la mort et le caractère éphémère de toute chose, Debussy aurait été le musicien idéal pour Bruges la Morte. Korngold se situait à l’opposé, avec sa nature généreuse, essentiellement positive et son esthétique conforme au génie germanique mâtiné de tradition vériste italienne. De même que Schönberg dans les Gurrelieder, il tirait libre- Hoingold le film d'une vie 1.1")• 2•3 çieptire 13.h 14h30 La Ville Morte samedi'24 eaotre 19h : 2311 - en dIreet tr8 ri C Ein 1141.1.0:1
Pinchas Steinberg, un éminent spécialiste de la Ville morte DR ment parti de la couleur impressionniste lorsqu’elle servait son propos, comme dans le somptueux prélude de l’acte II. Korngold a été très réceptif à l’atmosphère de la Ville, dont il traduit avec vigueur et somptuosité les sombres nuances – il utilise, et avec quelle adresse, presque toutes les variétés de carillon musical existantes. Mais il privilégie les possibilités de caractérisation dramatique des personnages. Korngold a été très réceptif à l’atmosphère de la Ville Dans le roman, ils sont, comme ceux de Maeterlinck, des ombres entièrement soumises au destin. Korngold les revêt de chair, leur transfuse du sang, et ils acquièrent une véritable épaisseur humaine. Dans ce but, il bouleverse profondément l’intrigue. Hugues s’appelle désormais Paul. La morte est promue de la condition anonyme et muette d’une Rebecca (Daphné du Maurier) à celle d’un « fantôme (bien) en chair et en os » si l’on en juge par son opulente partie vocale ; elle s’appelle Marie, et la danseuse alter ego Marietta, ce qui suggère la préséance d’un personnage sur l’autre (confirmée par la musique plus légère de la danseuse, les deux personnages étant chantés par la même chanteuse). Surtout, les tribulations de Paul tombé sous l’emprise de Marietta deviennent un rêve : Paul s’endort à la fin de l’acte I, et les sombres visions urbaines nocturnes, la trahison de Marietta, la procession et le meurtre n’ont été qu’un songe. S’éveillant à la fin de l’acte III, Paul en tire les conclusions alors que Marietta revient, bien vivante, pour chercher le parapluie qu’elle a oublié : c’est sur de paradisiaques tintements du célesta que prend son essor le chant d’espoir et de résurrection sur lequel le compositeur viennois nous laisse, le cœur battant d’émotion et de tendresse. La mélodie coule de source, et avec quel naturel ! L’immense orchestre incluant orgue, célesta et piano rutile des mille feux d’un coucher de soleil hollywoodien. Depuis son éclatante exhumation en 1973 par Leinsdorf et Carol Neblett à New York et à Munich, La Ville Morte a fait le tour du monde. Il n’est que temps qu’elle s’inscrive, avec plus 20 ans de retard, au répertoire des scènes parisiennes.• MICHEL FLEURY SAGA PASSIONATA Salle Cortot 2009-2010 Jeudi 22 octobre 2011)9 20h30 el.uatiler Kef. h•u5 Simon Zaauilplerig, ▪ dv urirfiriir et ru.rriOn k de SCHUBERT. ulnbette le OLTAKOV RCH Mercredi 18 rievembre• 2009 à 20110e Lidija zIc 1r Sanja Ipianoij, 1* Eeldlanaitle, Clora Strauss [vloiancelle5], Vladimir Oulxil5 Ibn) Imagei d'Orient, Andante et riati'n1 de SCHUIAAN14, Rondo de O01'«. fiernIniscencei de >m'Inn. de LUT Dimanche 22 novembre 200.0 à 11h" Emmanuelle Geurne irecrtentel Véra Ts'eakov lplafOM ▪ dire Seer, Je pet:dell:Aunt a:, maligne de POULENC Dimanche 6 décembre 2009 à 11h** Emrraireualle Emme Irecrtarrke) d L Whreére "[OP PCbt LrelCim e d'apei-J Iee fréeéi Wenntedernuslque de FIAMANY1 Vendredi 18 décembre Mei 201130 Slietfri Ramsey ifricharil Rethel KÉbIly ba lgokiank. Kriatouna cladella Svedaria Lrfer {num Nicolas Krauze liche/dteith vitre I•. Orchestre de Chambre de le pisrpen uegoù paidutikii Nouvelle Europe Duuble.ciancerto pour ✓iolon de BACH, Stee mater de PERISOLHE Dimanche 2+I. Janvier 2010 à 11h" gain Cirre it.te'léclieri) ErrirnernielleGaurne (corné dl « rie) Ernrnaneilla Swidru (1212n0).r LM A irerkru reg trA Re ▪ pm cces Memelde5'musique de RACHMAINgleCei Jeudi 28 janvier 2010 à 20h3lr Niaurldo(Leglirkl [plane) Eliciirrimàre Chopin Eleoteusege 57. Prélude op. 45, 24 ÉtelIfS op. 10 & op. M die CI1011111 Mardi 16 lrevin ; er 2010 à.20h300'BalournI(olanal V-anlaticirks• ecralibrrir de RACHrtIll Z3 mgrs Mao à 20tair Nahuel Di Pierra (basse) ihrMaintl Arbet Llerlerebenclayeo 5CHLIIBERT. 5011. 11wirillri. 151:veve, longe mercredi DI OVril 2010 à 2.0h301 Jenny Lin Préludes etei_i.gum le MACH et de CFIC61"Alenart 11 Jeudi 20 mai 2010 à 2C1h 30 Madame Frarifflsede5 Nouveaum Nid licicnornii.. Reheom Chaikit Specude R Fierez,.0.101'iiste.et debye de cmcert ». Sonate ark 51rnineude LUIT PARIS Lia ignairinea la salaan sont prtaxneiss p.ar Emmanuelia Gaame. Risiauelœa ur giscik Ia sbrdrIr rieriSmeounkin nu Fn ! CFB512 6E36 2210_34eminl - eurw.hur_Lam TF 35 € -7105 € >Mirent Md, [Ume%.15rra, tep ans'camât Mures ! TV 106 - TH E CI-13 ansé Pies 5 immola r ! 75 Eualidedi pour lia ûrearta n Pada e Inkeral 1.2101:1 EgreamIriall Silennat : 761..rueui ri R 791:111 Park - Lfflegerirpraii.ùxn cadences octobre 2009 13



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