Cadences n°226 septembre 2009
Cadences n°226 septembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°226 de septembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Concerts Parisiens

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : La Flûte Enchantée de Mozart.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La Flûte enchantée Wolgang Amadeus Mozart 4 DOSSIER La Flûte enchantée mise en scène par Jean-Paul Scarpitta DR LES HASARDS DES CALENDRIERS À PARIS ET EN ILE-DE-FRANCE FAVORISENT SOUVENT DES CROISEMENTS DANS LE RÉPERTOIRE QUI PEUVENT ÊTRE AMUSANTS. S’AGISSANT D’UN OUVRAGE AUSSI FAMEUX ET APPRÉCIÉ DU GRAND PUBLIC COMME DES CONNAISSEURS QUE « LA FLÛTE ENCHANTÉE » DE MOZART, IL NE FAUT CEPENDANT GUÈRE S’EN ÉTONNER. LE THÉÂTRE DU CHÂTELET ET LA SALLE PLEYEL À PARIS PARTAGENT DONC « LA FLÛTE » AVEC PLUSIEURS SCÈNES D’ILE-DE-FRANCE AVEC DES MOYENS ÉVIDEMMENT DIFFÉRENTS. DE QUOI PROUVER QUE L’OPÉRA DE MOZART RÉSISTE À TOUS LES TRAITEMENTS ET ADMET BIEN DES EXÉGÈSES. cadences septembre 2009 Plus encore que Don Giovanni ou Le Nozze di Figaro, pourtant universellement admirés, La Flûte enchantée incarne toute l’allégresse vitale de Wolfgang Amadeus Mozart. Nombreux sont ceux qui, sans même avoir la moindre idée de ce qu’est réellement cette partition, connaissent ce titre, ne serait-ce que par la grâce d’une Reine de la Nuit devenue le symbole de la virtuosité vocale. Le cinéma a aussi contribué à cette renommée avec le film mythique (certes en suédois) d’Ingmar Bergman réalisé en 1975, un chef-d’œuvre qui sert magnifiquement Mozart. Et pourtant, même dans ce monde magique a priori sans nuage musicologique, les thèses n’ont pas cessé de se multiplier, suivies aussitôt de leur contestation, sur à peu près tous les aspects de l’opéra. Ainsi, d’aucuns se sont demandés si Schikaneder avait véritablement signé le livret, d’autres se sont demandés si Mozart avait, lui, signé toute la musique, tous disséquant pieusement la partition pour en extraire les éléments franc-maçonniques plus ou moins souterrains. Ce n’est certes pas le lieu, ici, d’exposer tous les arguments qui ont fleuri depuis deux siècles, nous nous contenterons de survoler les faits essentiels. La genèse de La Flûte est fortement liée aux relations personnelles entre Emanuel Schikaneder, le librettiste de l’ouvrage, et Mozart, les deux hommes s’étant rencontrés à Salzbourg 11 ans avant la première de l’opéra. Schikaneder était tout autant un acteur, un chanteur et un librettiste qu’un imprésario qui fit l’acquisition, en 1789, de la franchise lui ouvrant les portes du Wiedner Theater situé dans les faubourgs de Vienne. Schikaneder ouvrit sa première saison par un spectacle comique en allemand dans lequel, certes, la musique se voyait attribuer la portion congrue face au théâtre. Les choses se mirent à changer substantiellement. Le théâtre donna ainsi en septembre 1790 La Pierre philosophale, ouvrage collectif d’après le Dschinnisstan de Wieland, auquel Mozart avait apporté une contribution toutefois modeste. Cette Pierre, opéra également magique, servit clairement de répétitions à La Flûte et bénéficia d’une distribution de chanteurs quasiidentique à celle de l’opéra à naître. Il faut ici souligner le rôle primordial du compositeur et ténor Benedikt Schack qui fut l’auteur de plusieurs passages de la Pierre, devint progressivement un proche de Mozart et créa finalement le rôle de Tamino, le chantant plus d’une centaine de fois selon une source. Plus tard, Schack épousa Elisabeth Weinhold qui créa le rôle de la Troisième Dame. Au printemps 1790, Schikaneder proposa à Mozart la composition d’un opéra magique, genre alors très en vogue, la correspondance de Mozart laissant entendre que le compositeur
se jeta dans cette tâche dès le mois d’avril. Schikaneder maintint en directeur avisé une certaine pression sur son musicien mais eut cependant à « souffrir » une interruption car Mozart dut s’atteler à La Clemenza di Tito pour le couronnement de Léopold II, opéra qui fut créé le 6 septembre 1791. Mais à cette date, La Flûte était déjà fort avancée. On sait que Mozart écrivit l’Ouverture de son opéra et la Marche des Prêtres le 28 septembre, l’œuvre étant créée deux jours plus tard au Wiedner Theater. Outre Schack, les autres chanteurs étaient Schikaneder (Papageno), Maria Anna Gottlieb (Pamina) et Josepha Hofer, née Weber, la belle-sœur de Mozart 09% (Reine de la Nuit). Le succès fut immédiat. En novembre 1792, La Flûte connaissait sa centième représentation, chiffre exceptionnel, mais Mozart n’était plus là pour s’en émerveiller. Au total, l’œuvre connut plusieurs centaines de représentations. Peut-être le succès vint-il de la source littéraire de l’opéra, Le Dschinnisstan, recueil de contes orientaux traduits par Christoph Martin Wieland (1733- 1813), surnommé le « Voltaire allemand » pour la vivacité d’esprit qu’il insuffla dans ses écrits d’une abondance considérable. Wieland sut sortir la littérature allemande de ses obsessions nationales, fervent admirateur et habile traducteur qu’il était des.0% auteurs français et anglais. Ce n’est pas un hasard si CarlMaria von Weber, grand admirateur de Mozart, se tourna vers la nouvelle Huon de Bordeaux de Wieland pour son propre Obéron (1826). D’autres influences participèrent bien sûr de cette naissance. Schikaneder puisa aussi dans la tradition du « Hanswurst », ou « Hans Wurst », archétype comique du théâtre allemand du XVII e siècle, qui l’avait déjà inspiré dans une pièce comme Der dumme Anton (Anton le stupide) donné au Wiedner Theater. Par sa maladresse et son impuissance face aux événements auxquels il est confronté, c’est l’oiseleur Papageno qui répond aux canons de cet impératif TROIS PRODUCTIONS DE LA FLÛTE ENCHANTÉE PENDANT LA SAISON 2009-2010 Paris 1 er, 3, 4 octobre 2009 Théâtre du Châtelet Lawrence Foster (direction), Jean-Paul Scarpitta (mise en scène), Frédéric Antoun (Tamino), Sandrine Piau (Pamina), Detlef Roth (Papageno), Uran Urtnasan Cozzoli (Reine de la Nuit), Malin Christensson (Papagena), Chœur de l’Opéra national de Montpellier, Orchestre national de Montpellier-Languedoc-Roussillon. DR Cette Flûte bénéficie de la mise en scène féérique et pourtant profonde de Jean-Paul Scarpitta, découverte à l’Opéra de Montpellier en septembre 2007 avec, dans la fosse, Le Concert Spirituel d’Hervé Niquet. Ce sont cette fois les instruments modernes de l’Orchestre National de Montpellier- Languedoc-Roussillon et Lawrence Foster qui officient. Le formidable québécois Frédéric Antoun remplace Cyril Auvity, Sandrine Piau prend la relève de Laura Hynes Smith et Detlef Roth celle de Christian Senn. La Reine de la Nuit demeure Uran Urtnasan Cozzoli. Paris 22 novembre 2009 Salle Pleyel Version concert René Jacobs (direction), Daniel Behle (Tamino), Lydia Teuscher (Pamina), Marcos Fink (Sarastro), Anna-Kristiina Kaapola (Reine de la Nuit), Sunhae Im (Papagena), RIAS Kammerchor, Akademie für Alte Musik Berlin. Alvaro Yanez La révolution Jacobs a abordé cet opéra en avril 2005 au Théâtre de La Monnaie de Bruxelles : des tempi trépidants, une avancée théâtrale revue de fond en comble et un chant mozartien rendu au vif-argent d’origine. Il vient à Paris en version de concert avec ses fidèles complices du RIAS Kammerchor et de l’Akademie für Alte Musik Berlin. Sans vouloir dévaloriser les très estimables Lydia Teuscher et Daniel Behle, on aurait aimé entendre le couple de héros bruxellois, à savoir Sophie Karthaüser et Topi Lehtipuu. Un événement cependant à ne pas manquer. Île-de-France% ee 12 février 2010, Le Chesnay 16 mars 2010, Coignières 20, 21, 23, 24 mars 2010, Massy 28 mars, Garges-les-Gonesses Dominique Trottein (direction), Joël Suhubiette (direction, Coignères), Eric Perez (mise en scène), Raphaël Bremard (Tamino), Marion Tassou (Pamina), Christophe Gay (Papageno), Burcu Uyar (Reine de la Nuit), Patrick Schramm (Sarastro), Sarah Laulan (Papagena), Orchestre Opéra éclaté. DR DOSSIER Avant de venir enchanter les Franciliens, cette Flûte enchantée aura été créée au Festival de Saint- Céré en août 2009. Gageons que les recettes habituelles appliquées par Olivier Desbordes (qui laisse la mise en scène à Eric Perez, un pilier du festival) fonctionneront avec la même efficacité que de coutume : effectifs instrumentaux légers, troupes de chanteurs-acteurs d’une cohésion sans faille pour une production intelligente. cadences septembre 2009 5



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