Cadences n°226 septembre 2009
Cadences n°226 septembre 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°226 de septembre 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Les Concerts Parisiens

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : La Flûte Enchantée de Mozart.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 LYRIQUE cadences septembre 2009 I Nicolas Joel ouvre sa première saison à l’Opéra de Paris en mettant en scène un ouvrage emblématique du répertoire lyrique français : Mireille de Gounod. Fred Toulet-Opéra de Paris ➜ Du 14 septembre au 14 octobre - Opéra Garnier Orchestre & Chœurs de l'Opéra de Paris Marc Minkowski (direction), Nicolas Joel (mise en scène) Mireille de Gounod Un hymne d’amour à la Provence POUR METTRE EN MUSIQUE LE CHEF D’ŒUVRE DE FRÉDÉRIC MISTRAL, GOUNOD TROUVA UN TON À LA FOIS SIMPLE, SUBTIL ET COLORÉ, ÀLA MANIÈRE DU POÈME. AVEC MIREILLE, L’OPÉRA FRANÇAIS PUT PRENDRE CONGÉ DU GRAND STYLE DE MEYERBEER ET DE L’ITALIANISME DE ROSSINI. PAR SON NATURALISME ET SON SENS DE LA COULEUR LOCALE, GOUNOD ANTICIPE SUR LE RÉALISME DE BRUNEAU ET CHARPENTIER. BIEN AVANT MILHAUD, IL A SU CHANTER TOUT LE CHARME ET TOUTE LA CLARTÉ DU CIEL PROVENÇAL. Dans le sillage de Berlioz et de Félicien David, Ambroise Thomas, Ernest Reyer et Charles Gounod ont su défendre les positions françaises en matière d’art lyrique contre les rudes assauts menés par l’opéra allemand (Wagner) et par l’opéra italien (Verdi). Grâce à leur ténacité, il fut épargné à la musique française de connaître un « Sedan musical ». Gounod avait pris la relève, et montré qu’une musique claire et lumineuse, dans la lignée du meilleur Mendelssohn (allemand certes, mais fort imprégné de clarté et de mesure françaises), correspondait peut-être davantage à « l’esprit français ». Les meilleurs ouvrages de Gounod, qui assurèrent la transition entre le règne de Meyerbeer et le renouveau de la Société Nationale de Musique au lendemain de la défaite, sont antérieurs à 1870 : Le Médecin malgré lui (1858), Faust (1859), Mireille (1864) et Roméo et Juliette (1867). Ils présentent incontestablement un renouvellement par rapport aux stéréotypes ayant acquis droit de cité sur les scènes lyriques parisiennes : une véritable rupture par rapport au bel canto de la tradition rossinienne, un effort vers la clarté et la simplicité au lendemain des fastes de Meyerbeer qu’il admirait à juste titre beaucoup. C’est alors que le musicien s’éprit de l’épopée populaire de Frédéric Mistral, sur laquelle un article célèbre de Lamartine avait braqué le projecteur. Le chef-d’œuvre du futur prix Nobel avait paru en 1859 en traduction française (de la main de l’auteur). Afin de se pénétrer de l’atmosphère du poème, il fit un séjour à Maillane chez Mistral,puis à Saint-Rémy ; « il écrivit sa partition dans cet Eden méridional dont le souvenir resta radieux toute son existence » (Combarieu). Le roman en vers de Mistral contenait les ingrédients d’un succès immédiat auprès du grand public : amour contrarié par les contraintes sociales, jalousie, despotisme des parents sur leurs enfants (il n’y avait que 20 ans que l’amour de Clara Wieck et Robert Schumannavait eu raison des préventions autocratique du « Père Wieck »), mort d’amour… De plus, en une époque de retour aux particularismes provinciaux (Brizeux en Bretagne, Mistral et Roumanille en Provence, Erckman- Chatrian en Alsace), une belle histoire d’amour ancrée dans le terroir, naturaliste avant la lettre (elle mettait en scène non pas des héros de l’Histoire ou de la légende comme les drames de Meyerbeer, Wagner ou Berlioz, mais des gens et des faits de la vie de tous les jours), devait permettre au musicien de rejeter définitivement la tutelle du « grand opéra historique ». Cette histoire d’amour est passée à la postérité : Mireille, fille d’un riche fermier, et Vincent, fils d’un pauvre vannier, se vouent un amour réciproque. Comme une vieille diseuse de bonne aventure (aux vagues relents de sorcière) leur prédit un malheur, ils se jurent de se rendre chacun de son côté au sanctuaire des Saintes-Marie-de-la-Mer au cas où leur amour serait en danger. Ce qui ne manque pas de se produire : le riche fermier préfère avoir pour gendre un éleveur de taureau, Ourrias. Dans le Val d’Enfer, Vincent et son rival Ourrias se battent : Vincent est blessé, mais Ourrias, tourmenté par sa conscience, trouve la mort en traversant le Rhône. Lorsque Mireille apprend la blessure de Vincent, elle se rend aux Saintes-Maries. Mais il lui faut d’abord traverser le désert de La Crau en pleine canicule : elle parvient au sanctuaire épuisée, et meurt dans les bras de son amoureux qui l’attendait comme
Marc Minkowski dirige l’orchestre de l’Opéra de Paris dans un répertoire pour lequel il a déjà quelque expérience. @Philippe Gontier - Naïve convenu, soigné par la « sorcière » du premier acte. Mireille est un opéra fait pour une grande vedette : le personnage central est sans équivoque celui du rôle titre. Comme plus tard Massenet, Gounod montre beaucoup d’intuition pour l’âme féminine et esquisse avec beaucoup de subtilité et de justesse psychologique le personnage de Mireille. Il trouve l’exact équivalent musical des différents stades de développement psychologique et même spirituel de son héroïne : à l’origine une jeune paysanne naïve, que le destin tragique mûrit ensuite peu à peu, pour devenir un personnage d’une stature tragique, capable d’affronter et d’accepter un sort contraire. Le personnage de Vincent est nettement plus effacé : c’est Mireille qui s’engage dans la lutte contre son père ; elle s’efforce par la suite d’aider son ami avec une abnégation et un désintéressement presque stoïciens. Le drame s’élève alors au niveau de la tragédie grecque, et dépasse largement les limites de l’opéra lyrique. Avant Darius Milhaud et Maurice Emmanuel, Gounod est le premier à chanter la nature provençale Les qualités musicales de Gounod représentent dans cette perspective un remarquable atout : sa musique sait conserver sa transparence et son naturel, sans céder à la tentation du remplissage et des excès de dramatisme. Mireille est un personnage profondément croyant, et c’est sa foi qui la conforte sur son chemin de croix. En ce sens, elle n’est pas sans traits communs avec Marguerite dans Faust. Gounod était lui-même très pieux, et a d’ailleurs laissé un héritage significatif en matière de musique religieuse. Il lui était d’autant plus aisé de transposer la scène finale sur un plan spirituel supérieur. Il y a beaucoup d’extase sacrée dans la mort de Mireille. En matière de couleur locale authentique, le tableau du Rhône, avec ses chœurs, contient les pages les plus colorées et les plus « provençales » de la partition. Avant Darius Milhaud et Maurice Emmanuel – mettant lui aussi notre grand Frédéric Mistral en musique dans son Poème du Rhône – Gounod est le premier à chanter la nature provençale. ● MICHEL FLEURY Cadences_sept09DEF:Mise en page 1 24/07/09 11:51 Page 1 Gustav Mahler par Emil Orlik DR ORCIIESTRE DE ROMS ME ZO n (LA RO Salle Pleyel• 20h Cycle Mahler par l’Orchestre de Paris Mercredi 16/Jeudi 17 septembre Mahler Symphonie n°3 Christoph Eschenbach direction Mihoko Fujimura mezzo-soprano Chœur de l’Orchestre de Paris Didier Bouture & Geoffroy Jourdain chefs de chœur Maîtrise de Paris• Patrick Marco chef de chœur En direct le 16 septembre sur Mercredi 7/Jeudi 8 octobre Mahler Symphonie n°7, « Chant de la nuit » Christoph Eschenbach, direction Mercredi 14 octobre Beethoven Concerto pour piano n°3 Mahler DasLied von der Erde (Le Chant de la terre) Christoph Eschenbach direction LangLangpiano Yvonne Naef mezzo soprano• Nikolaï Schukoff ténor Réservation : 01 42 56 13 13 www.orchestredeparis.com Salle Pleyel – 252, rue du FaubourgSaint-Honoré – 75008 Paris OÉ:d PARIS cadences septembre 2009 13



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