Budo International n°308 15 mar 2016
Budo International n°308 15 mar 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°308 de 15 mar 2016

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Budo International Publishing Co.

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 192

  • Taille du fichier PDF : 51,4 Mo

  • Dans ce numéro : Japon et les Arts de la guerre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« L’homme inventa Dieu par peur, le problème n’est donc pas Dieu, mais la peur. » (U.P. Krishnamurti) Celui qui s’ajuste à sa nature a tendance à persister, celui qui agit contre son essence termine prématurément. Les êtres vivants affrontent un vent constant, une opposition permanente et soutenue dans notre cheminement dans la vie, c’est le vent de la vie. Castaneda l’appelait « la renversante » et affirmait que tous les êtres vivants étaient frappés de manière continue et indiscriminée par des boules de feu lancées contre nos bulles d’énergie. Quand elles trouvaient une fissure, la frappe, toujours persistante, insistait jusqu’à rompre la bulle. C’est ainsi que les voyants de sa lignée voyaient la mort. L’image, inquiétante, me paraît cependant très descriptive. Le vent de la vie, parfois rafale, parfois tempête, nous défie constamment en tant qu’individus, remettant en question notre vision de nous-mêmes, de nos désirs et de nos objectifs. Configurer notre structure face à ce vent, c’est prendre position face à la vie elle-même. Maintenir notre voilure déployée en pleine tourmente est aussi stupide que d’amener les voiles quand souffle un bon vent de poupe. Nous ne sommes pas tous le même type de voilier. Nos mats n’ont pas la même capacité ni la même force, notre quille n’a pas le même tirant d’eau, mais finalement nous pouvons tous décider quand déployer ou pas nos voiles, nous pouvons tous diriger consciemment le timon. C’est ça la liberté et pas autre chose. Quand nous, les êtres vivants, vivons en accord avec notre nature, nous adoptons et adaptons naturellement la meilleure des positions face aux vents de la vie. Quand nous nous obstinons artificiellement dans une autre structure ou une autre position, différente de celle qui nous est propre, la friction grandit à cause de l’obstruction créée face aux vents du devenir et nous conduit plus vite que nous le croyons à la calamité. La vaillante obstination prométhéenne de l’être humain l’a éloigné continuellement de sa nature animale. Manger le fruit de l’arbre du bien et du mal fut la première action en ce sens. Pourtant cette possibilité était dans notre nature. Classer le monde, le percevoir à travers l’analyse et enfin le soumettre à la vision de la raison. Nous poursuivons une voie impossible, poussés par les vents de la vie  : plus de conscience, plus de complexité. Vers l’avant, vers le haut, l’évolution l’imposa ainsi. Avant-hier, nous descendions de l’arbre, pour nous dresser sur deux pattes. Aujourd’hui, nous construisons une société de l’information. Très peu de temps a passé si nous le considérons depuis une perspective biologique. Les changements évolutifs dans la biologie exigent beaucoup plus de temps pour arriver à maturité. À partir du moment où l’Homo Sapiens apparaît, il n’existe pas de différences remarquables entre notre structure et celle de nos premiers ancêtres. Il semblerait que nous nous soyons simplement consacrés à explorer les possibilités d’une structure possédant un potentiel bien supérieur à ce que nous aurions imaginé  : le cerveau humain. Les grands changements postérieurs ont eu lieu bien plus au niveau de la culture que de la biologie. Toute culture est basée sur le tabou. Une fois défini ce qui est mauvais, par exclusion, il reste ce qui est bon. Le monde se divise alors en ombres et en lumières. Ce fut un grand outil pour nous aider à survivre et prospérer, mais son apparition commença très vite à créer des contradictions dans notre nature biologique et notre fonction individuelle. Pour l’essentiel, nous continuons d’être des mammifères, avec ce logiciel installé dans notre ordinateur central, mais faisant fonction d’autre chose. Voilà le fondement de la confusion, de la douleur et de la perplexité de l’être humain. Nous ne nous sommes jamais sentis à l’aise dans ce costume sur mesure, cadeau des exigences de l’évolution. Notre nouvelle condition de « civilisés » nous a doté de connexions synaptiques magnifiques et d’un tas de nouvelles possibilités, au détriment, bien sûr des autres. Comme nous adorons nous vanter, nous avons adoré le veau d’or avec un aveuglement entêté. Les pouces qui ont fait de nous ce que nous sommes servent maintenant à jouer à la Play Station. Entre-temps, nous cherchons sans la trouver une définition qui nous sorte du monde animal, qui reste mauvais et peu élégant. Une prétention qui n’est rien d’autre qu’un trait dans le sable du désert, un trait que le vent de la vie se charge d’effacer continuellement. Dans cette entreprise, nous sommes arrivés à diviser en séquence les gênes des espèces et à définir structurellement où se trouve la ligne de séparation, mais elle s’est avérée tellement minuscule que nous ne nous sommes pas encore remis du choc. Et du point de vue fonctionnel, nous ne sommes même pas parvenu à la faire cette séparation. Un scientifique japonais en a terminé, il y a quelques semaines, avec un autre des mythes humains, celui de « l’habile » Homo Sapiens, avec un test sur ordinateur où un groupe de jeunes universitaires perdirent largement face à un groupe de chimpanzés. Ces derniers en effet avaient une plus grande vitesse et une meilleure mémoire pour marquer des séries alphanumériques sur un écran. Un vrai fiasco ! Ni citius, ni altius, ni fortius ! Et en plus de cela, nous ne sommes même pas plus habiles ! Et comme si ça ne suffisait pas, actuellement pour survivre tout seul dans la nature, nous avons aujourd’hui moins de possibilités que Maradona jouant au basket-ball. Avonsnous gaspillé le capital génétique ? Le football est-il tout ce que nous pouvons nous attendre des milliers d’années d’évolution de la vie sur la Terre ? J’apprécie beaucoup le genre humain, pour paraphraser Groucho Marx, malgré le fait qu’il s’agisse d’un club où ont été admis des personnages comme moi, mais surtout, et bien sûr, précisément parce que j’y appartiens. Nous avons poussé comme des punaises et nous sommes devenus la véritable plaie de la planète, mais je ne cesse pas de m’étonner des réussites de certains de mes frères génétiques. Quelques-uns ont vraiment fait de grandes choses, malgré le fait que la majorité n’ait pas réussi à donner la taille ni à atteindre le minimum pour être réellement considérés comme des membres de ce club si exquis. Ainsi, lorsque nous regardons grosso modo l’histoire dans son ensemble, nous faisons peine à voir. Peu de lumières dans un panorama d’obscurité profonde. Nous



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