Bubble mag n°9 nov/déc 2008
Bubble mag n°9 nov/déc 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de nov/déc 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : Angelina Jolie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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*ConciLiabulle INTERVIEW PEOPLE Angelina Jolie par Hugo Garance C'est probablement l'actrice la plus « covertisée » au monde. La plus pourchassée par les paparazzi, également. Mère de six enfants, Angelina Jolie est de retour sur grand écran dans L’Échange – un film de Clint Eastwood, qui ne laisse pas indifférent. C'est la première fois dans votre carrière que la maternité joue un rôle central. Pensez-vous que vous auriez pu jouer un tel drame familial si vous n’aviez pas été une maman ? Non ! Il est clair que le fait d'être mère m’a permis de faire surgir des émotions que je n'aurais jamais pu exprimer autrement. Quand je jouais, je songeais à Maddox. Je me disais : « Mais comment réagirais-je si demain on me l'enlevait ? » Du coup, j'ai fini par faire une sorte de transfert. À me foutre le moral en l'air (rire) ! Combien de fois, en rentrant de chez moi, me suis-je mise à pleurer ! Il est vrai aussi que, quelques mois avant le tournage de ce film, j'ai perdu ma mère d'un cancer foudroyant. J'étais donc particulièrement à fleur de peau. Pour incarner mon personnage, je me suis beaucoup inspirée de ma mère. Comme elle, c'était une femme à la fois douce et très intériorisée. Peut-on survivre à l'enlèvement, puis à la mort de son enfant ? Je pense que toutes les mères vous diront que l'on ne se remet jamais de la mort d’un enfant. Dans le film – inspiré d'une histoire vraie –, Christine est une femme qui travaille dur et qui, un soir en rentrant, découvre que son fils a disparu. Elle devra faire face à l’attitude révoltante de la police de Los Angeles, totalement corrompue – nous sommes en pleine prohibition –, qui l'oblige à reconnaître un enfant qui n'est pas le sien. La police, ne supportant pas d'être traitée d'« incompétente », va tout mettre en œuvre pour la faire passer pour folle. Accusée d'être délirante et irresponsable, Christine finira donc par être internée ! Mais le plus insupportable, c'est que l'on ne retrouvera jamais le corps de son fils. Durant des décennies, cette maman va poursuivre les recherches, sans jamais pouvoir faire le deuil de son enfant. Personnellement, si un tel drame m'arrivait, je n'y survivrais pas ! Pourquoi avoir choisi la France pour élever votre tribu ? Déjà, parce que ma mère, qui était 18 canadienne francophone, adorait votre pays et votre langue. C’est une façon de lui rendre hommage. Ensuite, parce que vous avez dans votre pays un système scolaire qui, d'après moi, n'a aucun équivalent dans le monde. Ajoutez à cela une culture, des paysages à couper le souffle et une gastronomie extraordinaire. Lorsque mes enfants mangent vos fruits, ils les trouvent goûteux et juteux, ce qui n’est pas toujours le cas aux États-Unis. Ce n’est pas pour autant que nous rejetons l'Amérique et le reste du monde. Nous continuons à parcourir la planète en famille. Et quand vous parcourez le monde, vos enfants ont-ils un doudou avec eux ? Zizi (Zahara) se trimballe avec sa petite couverture rose. Shiloh possède plusieurs petites poules en peluche. Pax, lui, ce sont des singes tout doux. Pour l'heure, Knox et Viv n'ont pas jeté leur dévolu sur un « doudou », mais cela ne saurait tarder. Quant à Madd, il a passé l'âge ! Son truc, c’est de collectionner des petits soldats en plastique et des avions militaires. C'est le guerrier de la famille. Il veut toujours être habillé en kaki. Il passe sa vie à dessiner des machines infernales, et à chaque fois que nous nous rendons dans un pays, il nous pose toujours la même question : « Et dans ce pays, les militaires, ils sont forts ? » ou alors « Quel est le pays qui a les plus gros bombardiers ? » (rire). Gamine, vous aviez l’habitude, dit-on, de vous taillader la peau avec un couteau. La passion des armes serait donc… génétique ! C'est du passé ! Le couteau, je l’ai toujours, mais je m'en sers uniquement pour ouvrir le courrier ! Mais c'est vrai : les couteaux, je les ai longtemps collectionnés. J'étais aussi très captivée par les histoires d'épée magique. Lorsque j'étais enfant, je rêvassais surtout devant les vitrines des pompes funèbres. La mort m'a toujours fascinée. C'est une amie rassurante, car, par contraste, elle permet d'aimer la vie ! Cela vous fait quel effet de voir votre tête, chaque semaine, dans les tabloïds ? Pas la moindre idée : je ne les lis pas ! Ce que je sais, par contre, c'est que je ne prête aucune attention à ce qui est écrit sur moi. Quand j'ai du temps, je préfère lire The Times, The Economist – qui, bizarrement, n'a jamais parlé de moi (rire) ! – , The Herald Tribune, ou regarder les « news » sur CNN ou la BBC, lorsque ce n’est pas les programmes pour les gosses ! Grosso modo, vous mettez combien de temps pour faire vos courses au supermarché ? C'est très rapide (rire) ! Je n'ai pas le temps de comparer les produits ou de sentir les melons ! Il faut que je vous dise que Zahara déteste être prise en photo par les paparazzi. Ils lui font peur. Ce que je n'ai jamais compris avec ce genre d'individus, c'est qu'ils n'ont aucun scrupule à « mitrailler » mes enfants, jusque dans leur poussette. Du coup, ceux-ci se prennent des salves de flash dans les yeux et sont aveuglés. Parfois, j’ai un peu le sentiment qu’ils font de la provocation et qu’ils cherchent vraiment la confrontation !
Angelina Jolie est-elle une mère autoritaire ? Oui ! Je le suis. Un enfant à qui vous ne fixez pas de limites à dépasser sera, d'après moi, un futur adulte déboussolé. Je suis très à cheval sur les bonnes manières. Je suis aussi très concernée par leur ouverture d'esprit. Lorsqu'on parle de tel ou tel pays à Maddox, il sait à quoi il ressemble, et peut même le situer sur une carte. Pensez-vous avoir trouvé en la personne de Brad Pitt un papa idéal ? Et comment ! Au-delà de toutes mes espérances, même. Brad, c'est un père et un gosse à la fois. Lorsqu'il vient avec moi en Afrique, il faut voir comment il s'amuse avec les enfants locaux. Il peut jouer pendant des heures en tapant dans une balle ou même shooter dans des boîtes de conserve. Les enfants l'adorent. Il a un super contact avec eux. Et moi, je ne me lasse pas de le regarder redonner le sourire à ces gamins ! Envisagez-vous toujours d'adopter plus d'enfants ? Il m’arrive de faire un rêve récurrent. Dans ce rêve, je me vois adopter encore plus d’enfants venant d'horizons différents. Et puis, quand Brad a dit qu'il voulait constituer une équipe de foot, ce n'étaient pas des paroles en l'air (rire) ! Comment est née votre envie d'aider les plus démunis ? Avec le tournage de Lara Croft, je me suis retrouvée ainsi au Cambodge. C'est à ce moment-là que j'ai entendu parler des mines antipersonnel et des réfugiés qui étaient très souvent les victimes de ces engins barbares. Je me revois pleurer en regardant des photos de ces gamins estropiés, ces bouts de chou recouverts de bandages maculés de sang. J'ai commencé alors à me rapprocher de l’UNHCR. Je m'en suis surtout terriblement voulu de ne pas avoir pu agir avant. Mais j'étais dans l'ignorance totale. À ma décharge, il faut dire que, aux États-Unis, dans les manuels scolaires, on ne vous donne pas ce type d’informations. Quant aux médias, n'en parlons pas ! Rares sont ceux qui relaient ce qui se passe en dehors de nos frontières avec objectivité ! Comment a réagi l'UNHCR lorsque vous leur avez proposé vos services ? Pour être franche, j'étais un peu anxieuse. Je ne savais pas trop quel genre d'accueil on allait me réserver. Mettez-vous à leur place : à leurs yeux, j'étais une rebelle de Hollywood. Une fille pas très fréquentable. Une dévergondée. Une sauvage, quoi ! Vous a-t-on fait passer une sorte de « grand oral » ? Oui, en quelque sorte : je me suis rendue à Washington. J'étais assise devant les responsables de l'UNHCR. La première chose que je leur ai dite, c'est : « Ne me jugez pas avant de m'avoir laissée m'exprimer. Je sais que vous avez entendu beaucoup parler de moi. Et pas toujours en bien. Mais je sais que j'ai du cœur et que je peux vous être utile ! » Votre toute première mission sur le terrain, j'imagine qu’elle a dû vous ébranler à vie ? Ma première mission, je l'ai effectuée le 22 février 2001. Je me suis rendue en Sierra Leone, et là, j'ai eu un choc. Au cours de ce périple, j'ai pu me rendre dans un camp de personnes déplacées où se trouvaient des enfants victimes d’atrocités. C’était le pire camp que j’aie jamais vu. Cela a fait de moi quelqu’un de différent, en mieux. Avant, je m’intéressais surtout à ma propre personne, à ma carrière. Soudainement, je voyais ces gens qui souffraient et, là, je me suis rendu compte à quel point j'avais été protégée et gâtée. Cette prise de conscience a changé ma vie. Lorsque vous avez devant vous des enfants qui marchent comme des morts vivants, je peux vous garantir qu'il vous est difficile de déglutir ! t Sur place, ces enfants saventils à qui ils ont à faire ? La grande majorité n'a jamais vu un de mes films de leur vie. Ni d’autres, d'ailleurs. Mais tout ça, je m'en fous. Ce que je veux, c'est qu'ils sachent que je suis leur amie. Cela ne doit pas être évident, après avoir vécu l'enfer au Darfour, de donner des interviews dans des palaces… Je me souviens qu’un jour je venais de me rendre en Tanzanie et en Sierra Leone. J'avais parcouru des centaines de kilomètres et j'avais rencontré des gens d'une pauvreté dont on n'a même pas idée. J'étais recouverte de terre. Et je me sentais bien comme ça. Une dizaine d'heures plus tard, de retour à Los Angeles, j'étais assaillie par des journalistes qui me regardaient bizarrement parce que j'avais les cheveux dégueulasses, le teint poussiéreux et les vêtements qui vont avec. Je pense que mon apparence les a beaucoup déstabilisés et qu'ils n'ont pas compris qu'on pouvait être « all natural » dans la vie. Parfois, je ne vous le cache pas, j'en ai marre de ce cirque et de ce petit jeu qui consiste à savoir qui est la star la plus torride du moment… Vous envisagez de collaborer encore combien d'années pour l’UNHCR ? Jusqu'à la fin de ma vie ! Ce n'est pas un engagement à la légère, et encore moins une lubie d'actrice en quête de publicité Ne craignez-vous pas qu'on dise de vous, un jour : « Au fond, Angelina Jolie fait dans le social pour qu'on parle d'elle » ? Mais si on pouvait parler moins de moi, et même plus du tout, ça serait génial ! Croyez-moi, je ne recherche pas la publicité personnelle. Bien au contraire. Je la fuis à toutes jambes ! Je suis plus soucieuse de ce que pensent de moi les réfugiés que de la .. perception qu'ont de moi les pisse-vinaigre qui sévissent à Hollywood (rire) ! 19



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