Bubble mag n°8 sep/oct 2008
Bubble mag n°8 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de sep/oct 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : petits génies de l'informatique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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40 Il y aurait 50 000 enfants nés par insémination artificielle, grâce au don de sperme ou d’ovocytes, en France. Seuls 10% de ces enfants seraient mis au courant de la manière dont ils ont été conçus. Le sujet reste tabou. L’association Maïa œuvre depuis 2001 à soutenir les couples infertiles. Sa présidente, Laure Camborieux, nous éclaire sur la manière de parler à nos enfants. À quel moment les parents doiventils réfléchir à la question de savoir s’ils parleront ou non à leur enfant de sa conception par insémination artificielle avec donneur (IAD) ? Ils doivent se la poser en même temps qu’ils envisagent le traitement. Cette question fait partie du processus de réflexion. Derrière elle se posent les questions suivantes : « Ai-je accepté mon infertilité ? » ; « Suis-je capable d’envisager une paternité ou une maternité sans lien génétique ? » Si les parents décident de ne pas en parler à leur enfant, ils ne doivent en parler à personne. Ils ne peuvent prendre le risque qu’une tierce personne fasse une gaffe un jour devant l’enfant. Dans ce cas, ils doivent cacher à leur entourage leur problème d’infertilité et leur recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP). C’est dur de ne pouvoir être soutenu par sa famille et ses amis dans ces moments de détresse. Il est également important que les deux parents aient le même avis sur la question, car c’est trop douloureux si l’un des deux souhaite parler mais que l’autre n’est pas d’accord. Pourquoi est-ce aussi difficile d’aborder cette question avec son enfant ? C’est très difficile, parce que ce sujet est double : il aborde, d’une part, la question de l’infertilité du couple – qui est une extrême souffrance – et, d’autre part, la question de la parentalité : « Suis-je réellement son père ou sa par Solène de Lalande « Maman, comment suis-je arrivé(e) dans ton ventre ? » mère alors qu’il ne porte pas mes gènes ? » Le parent non génétique ne peut s’empêcher de se demander si l’enfant va l’aimer L’insémination artificielle Cinq cent mille couples environ consultent chaque année afin être aidés pour concevoir un enfant – soit environ 1 couple sur 7. Dix pour cent d’entre eux suivront des traitements. Il faut différencier l’insémination artificielle intra couple (IAC) ou s’il considérera davantage le donneur comme son parent légitime. À cela s’ajoute une autre difficulté pour le couple : l’un des deux est parent génétique, mais l’autre, pas ! Celui qui ne l’est pas peut se sentir quelque peu exclu. C’est ainsi que certains couples préfèrent adopter que choisir cette option de don : ainsi, ils sont tous les deux parents affectifs et non génétiques. Est-ce plus complexe lorsqu’il s’agit d’un don de sperme ou bien d’un don d’ovocyte ? Ça dépend des personnalités. La femme a quand même l’avantage de porter son enfant : elle va se sentir devenir mère en même temps qu’elle sentira son enfant grandir dans son ventre. – qui signifie que l’ovocyte et le sperme du couple vont être mis en contact de manière médicale – et l’insémination artificielle avec donneur (IAD) – qui signifie que le couple a bénéficié d’un don de sperme ou d’ovocyte anonyme.
... pour les parents « Famille à tout prix » Comment parler aux enfants de la manière dont ils ont été conçus ? Comment se représenter l'apport des donneurs de gamètes ? Cette psychanalyste éclaire les nouveaux parents. r De Geneviève Delaisi de Parseval, éd. Le Seuil, 22 €. « Mon père, c'est mon père » Jean-Loup Clément, psychologue clinicien au CECOS de Lyon depuis 25 ans, travaille sur les questions de la stérilité masculine, de l’insémination artificielle avec donneur et du don de sperme. Il a rassemblé dans ce livre 21 récits d’adultes conçus par IAD qui ont accepté de témoigner. r De Jean-Loup Clément, éd. L’Harmattan, 22,50 €. Pourquoi est-ce essentiel que les parents parlent à leur enfant ? La question génétique fait souvent intrusion dans nos vies, sans que l’on s’en aperçoive : le médecin vous interroge sur les cas d’asthme dans la famille ; la voisine demande de qui il tient ce nez-là… Et un jour, c’est votre enfant lui-même qui vous demande comment on fait les bébés ! Quand il y a un secret là-dessus, ces questions sont mal perçues par les parents, qui risquent d’être gênés, voire agressifs. Cela peut être difficile ensuite de bâtir sa vie de famille autour d’un secret aussi lourd. Certains parents – notamment les pères – ont du mal à s’investir dans la relation avec leur enfant, car ils se sentent « illégitimes ». Il est important pour eux d’évacuer ce sentiment en brisant ce secret. Et cela passe par des discussions avec des personnes qui connaissent le sujet… et, bien entendu, avec leur enfant. Cependant, des hommes qui vivent cela sereinement – car ils ont investi leur paternité autrement que par la génétique – en parleront sans tabou. Dans ce cas, l’enfant recevra cette information sans traumatisme : si les parents sont à l’aise avec le sujet, l’enfant le sera également. À partir de quel âge les parents peuventils en parler à leur enfant ? Les parents peuvent commencer à en parler dès le plus jeune âge. Par exemple, en lui disant : « Je remercie le donneur qui nous a permis que tu sois là. » Plus l’enfant en aura entendu parler tôt et plus cela lui semblera naturel, comme faisant partie de son histoire. Vers 4 ans, il va questionner ses parents sur la manière dont se font les bébés. L’occasion est bonne pour en reparler : « Le papa donne une petite graine à la maman, qui va grandir dans son ventre et donner un bébé. Comme papa n’avait pas de petite graine, un gentil monsieur nous en a donné une. Et tu es arrivé pour notre grand plaisir ! » Il faut éviter que l’enfant l’apprenne alors qu’il est déjà ado ou adulte. C’est alors déstructurant pour lui : il comprend que sa vie s’est construite autour d’un secret et il ne parvient plus à faire confiance à ses parents. Une étude menée par Jean-Loup Clément, psychologue au CECOS*, montre que la paternité affective est plus importante pour ces enfants devenus adultes que la paternité biologique. Oui ! L’enfant est bien de celui qui l’a désiré, attendu puis chéri, et nullement de cette personne généreuse qui a fait un don. Les enfants en ont conscience. * CECOS : Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains. Livres.. pour les enfants « Dans notre histoire, il y a… une graine magique » et « Dans notre histoire, il y a… une fée » Deux livres pour expliquer aux enfants, avec des mots simples, l’histoire d’un couple qui attend un bébé conçu avec un don de gamètes. r Édités par l’association Maïa, 10 € ; www.maia-asso-org. « Le mystère des graines à bébé » Petit Paul n’a pas été conçu comme les autres enfants. Ses amis la chouette, l’éléphant, le lézard et le pingouin vont lui expliquer la manière dont ses parents se sont fait aider. r De Serge Tisseron, éd. Albin Michel Jeunesse, 10,50 €. 41



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