Bubble mag n°8 sep/oct 2008
Bubble mag n°8 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de sep/oct 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : petits génies de l'informatique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Gwyneth Paltrow Cela faisait trois ans que la plus « British » des actrices américaines était restée discrète. Nous l'avons rencontrée à New York, au Waldorf Astoria, et en avons profité pour prendre des nouvelles de sa petite famille… Iron Man a marqué récemment votre grand retour au cinéma, et ce après une quasi-disparition du grand écran. Ce désir de mettre entre parenthèses votre métier d'actrice, est-ce une forme de lassitude vis-à-vis du septième art ou plutôt l'envie de vous occuper d’Apple (quatre ans) et de Moses (deux ans) ? Il n'y avait aucune lassitude dans ma démarche, mais tout simplement des responsabilités à assumer en tant que mère. En me consacrant à mes enfants et à ma vie de couple, je n'étais pas pour autant en « léthargie » professionnelle. J'ai en effet tourné quelques petits films indépendants qui n'exigeaient qu'une ou deux journées de travail et qui d'ailleurs ne m'ont rien rapporté financièrement parlant. Pour être franche, je n'ai même rien gagné depuis 2002. Il était donc plus que temps que je reprenne le chemin des studios et que je me refasse une santé financière (rire) ! Eh puis… il n'y avait pas de raison que mon mari (Ndlr : Chris Martin, le chanteur du groupe Coldplay) soit le seul à faire bouillir la marmite (rire) ! L'invitation de Jon Favreau (Ndlr : le réalisateur de Iron Man) est arrivée alors que mon fils avait six mois. C'est à ce moment-là que le désir de retravailler m'est revenu. Jusque-là, j'ignorais si j'éprouverais de nouveau cette envie. Vous confirmez donc reprendre le chemin des studios… C'est un retour progressif. Je cherche pour l'instant à trouver le bon équilibre qui me permettra d'être épanouie. Il n'est pas question pour autant de retrouver le rythme de travail que j'avais il y a dix ans ! Et puisque l'on parle « boulot », vous me verrez bientôt dans une romance de James Gray, intitulée Two Lovers (Ndlr : sortie prévue en France le 26 novembre 2008). Vous avez souvent déclaré que si vos enfants en manifestaient le désir, vous n'hésiteriez pas à définitivement arrêter 18 Nous avons rencontré l'actrice à New York, dans les couloirs du Waldorf Astoria. le cinéma. Elle vous vient de qui, cette capacité à vous « sacrifier » pour votre progéniture ? Je n'aime pas trop le mot « sacrifice », car il sous-entend l'idée de souffrance et de frustration. J'utiliserais donc plutôt le mot « dévotion ». Je pense avoir été à bonne école avec ma mère (Ndlr : l'actrice Blythe Danner). Elle était au top de sa carrière et n'a pas hésité à tout plaquer pour nous par Hugo Garance Hugo Garance élever, mon frère et moi. Et ce, à un moment où on lui proposait des rôles qui auraient pu faire d'elle une mégastar. C'est pour ça que je dis souvent de ma mère qu'elle est un ange (rire) ! Parlez-nous un peu de l'éducation que vous avez reçue… Avec mon frère, Jack – aujourd'hui réalisateur –, nous avons grandi avec la soif d'ap-
prendre. Il ne se passait pas une semaine sans que notre mère ne nous pousse à lire un livre, à assister à tel ou tel spectacle. Elle adorait aussi nous traîner à l'opéra ou dans des lieux beaucoup moins conventionnels, comme des églises du Village (à New York) dans lesquelles se produisaient des troupes théâtrales avant-gardistes. Au début, nous ne comprenions pas trop pourquoi elle nous gavait ainsi de « nourriture » intellectuelle. Aujourd'hui, je lui dis « merci » ! Vous avez reçu votre première ovation à l'âge de deux ans, en traversant, toute nue, le décor de théâtre où votre maman jouait La Mouette, de Tchekhov. À cinq ans, vous annonciez à vos parents : « Quand je serai grande, je ferai actrice de télévision. » Votre fille, Apple, a-t-elle les mêmes prédispositions ? Pour l'instant, Apple est très douée pour courir après les insectes et faire des pirouettes sur le gazon ! C’est une vraie gymnaste. Elle n'a pas son pareil aussi pour faire des châteaux de sable. Qui sait ? Elle sera peut-être une architecte gymnaste (rire) ! Il y a quelques mois, j'ai commencé à l'initier aussi au yoga. Ma fille adore. Après sa séance, je lui fais des petits massages sur le corps. Le nirvana, pour elle, c'est lorsque je lui masse le cuir chevelu. Qu'est-ce que la naissance d'Apple et de Moses a changé en vous ? Je savais bien que la naissance d'Apple allait bouleverser ma carrière, mes priorités, mes habitudes, mais je ne pensais pas que ces changements concerneraient aussi ma perception de ce monde. Avant, lorsque je regardais les « news » à la télé, j'avais une vision des choses à court terme. Aujourd'hui, c'est différent : je songe aux implications que cela pourra avoir pour mes enfants dans quelques années. Après la naissance de votre deuxième enfant, est-il vrai que vous avez souffert de dépression post-partum ? C'est aussi l’une des raisons pour lesquelles j'ai eu du mal à reprendre le chemin des studios. Quand Moses est né, je me suis sentie comme « déconnectée ». Je n'avais plus goût à rien. Comment vous dire… « Avec mon frère, Jack, nous avons grandi avec la soif d'apprendre. Il ne se passait pas une semaine sans que notre mère ne nous pousse à lire un livre, à assister à tel ou tel spectacle. » j'avais le sentiment de ne plus être moi-même. Il m'a fallu du temps pour comprendre que ce brouillard dans lequel j'évoluais constamment était lié au « baby blues ». Mais ça, je l'ai compris seulement le jour où j'en suis sortie… Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez sentie « cette petite chose » grandir en vous ? Quand je suis tombée enceinte d’Apple, entre nous, j'ai eu beaucoup de mal à faire le distinguo entre mes classiques ballonnements d'estomac et la gestation d'un bébé (rire) ! Après quatre mois et demi de grossesse, j'ai définitivement percuté : il y avait bel et bien un petit être en train de squatter mon ventre ! À six mois, j'ai commencé à sentir sa petite main ou son coude et c'était vraiment fantastique. Ce premier « contact » avec « l'Alien » m'a d'ailleurs remplie d'émotions (rire) ! On chuchote que vous auriez continué de fumer durant la grossesse d’Apple… Encore une rumeur infondée ! Jusqu'à l'âge de 24 ans, je fumais en moyenne vingt cigarettes par jour. J'avais réussi à me désintoxiquer du tabac jusqu'à la mort prématurée de mon père (Ndlr : le producteur Bruce Paltrow, décédé d'une crise cardiaque foudroyante). Il était tout pour moi. Sa disparition m'a tellement bouleversée que je me suis mise à griller cigarette sur cigarette. Mais le temps est un baume qui cicatrise. J'ai réussi à nouveau à surmonter cette épreuve. Mes deux grossesses m'ont définitivement vaccinée contre ce vice ! La mort du père a donc été si douloureuse ? Vous savez, j'ai compris un truc important, à la mort de père : c'est que je n'avais pas su profiter suffisamment de lui lorsqu'il était en vie. Quand il est « parti », je venais juste de fêter mes trente ans. Professionnellement, je n'avais plus rien à prouver. Mais, dans un registre plus personnel, je faisais du surplace. Mon existence n'avait, au fond, aucun sens. La disparition de mon père m'a donc ouvert les yeux. Notamment sur le temps que j'avais perdu en futilités. J'ai alors voulu rattraper celui-ci, avec un homme désireux d'avoir des enfants et pas du tout attiré par les artifices du show-biz ! Apple et Moses aujourd'hui donnent vraiment un sens à ma vie. J'imagine que vous avez moins de temps pour arpenter les couloirs des maisons des grands couturiers ? La période « fashionista » est derrière moi. Cela ne veut pas dire pour autant que je me laisse aller. Maintenant, soyons franche : vous ne pouvez pas être à la fois mère de famille et toujours à la pointe de la mode. Le matin, quand je me réveille, mon premier réflexe, c'est de sortir les bols et le paquet de céréales. Je n'ai plus le temps de penser à ce que je vais mettre ou ne pas mettre pour faire une balade avec mes enfants. Je prends ce qui vient ! À plus ou moins long terme, envisagez-vous de mettre un troisième bébé en route ? J'aimerais bien mettre encore deux enfants en route avant de franchir le cap des quarante ans. D'un autre côté, il se pourrait aussi que nous adoptions. Avec Chris, nous n’avons pas encore pris notre décision (rire). 19



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