Bubble mag n°6 avr/mai 2008
Bubble mag n°6 avr/mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avr/mai 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'école autrement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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n__ P Turbullence PSYCHOLOGIE 40 Trois petites frimousses souriantes, voilà ce que ça donne, sur la photo. Au quotidien, c’est plutôt la version cris, disputes et jalousie. Ça vous fatigue ; ça vous attriste. Pourquoi se détestent-ils ainsi ? Devons-nous toujours intervenir ? « Dé-cul-pa-bi-li-sez ! » Non, vous n’avez engendré ni petites pestes, ni psychopathes. Vous avez seulement trois enfants. Qui se disputent, se cherchent, se tapent… comme tout enfant qui se respecte. Pour Sylvie Angel*, pédopsychiatre et thérapeute familiale, les disputes sont normales – presque incontournables. « Quand l’écart d’âge est inférieur à deux ans ou supérieur à six, les enfants se disputent généralement moins. » Dommage, ce n’est pas votre cas… Pourquoi toutes ces disputes ? Les frères et sœurs ressentent des sentiments agressifs et affectueux qui ressortent régulièrement. Mais, sans vous en rendre compte, vous faites davantage attention au côté agressif. Le moteur de ces disputes est la rivalité, la jalousie. Ne leur en voulez pas : on leur demande bien de partager l’amour de leurs parents ! Cette jalousie est souvent attisée par les adultes, sans qu’ils s’en rendent compte. Par exemple, une amie se pâme devant la ressemblance de votre aîné avec son père. Votre cadet risque de se sentir comme exclu de la famille parce qu’il n’a pas les traits familiaux. Ou alors vous-même vous extasiez régulièrement sur le brillant carnet de notes de votre fille. Même si vous ne la mettez pas en porte-à-faux avec votre fils, ce dernier a besoin de sentir que vous êtes également fière de lui. Encouragez-le donc dans ce qu’il fait de mieux – chef de bande, par exemple : « Je suis impressionnée par toutes ces activités que tu organises avec tes amis. » Eh oui, il n’y a pas que les résultats scolaires, dans la vie ! Tout doit se faire dans la subtilité, pour ne pas non plus leur coller une étiquette – « studieuse » ou « petit rigolo » –, qu’ils auront ensuite du mal à décoller. Quand ce ne sont pas les adultes qui les comparent, les enfants le font entre eux : La fratrie, à cor et à cri... di■ « À vous de jouer ! » * Consacrez du temps à chacun de vos enfants : un mercredi avec l’aîné, à la piscine ; le suivant avec le cadet, au cirque. Sans oublier un moment privilégié pour chacun au moment du coucher. * Organisez des activités avec toute la famille. Créer des souvenirs aide à générer une unité familiale. * Respectez l’appartenance des affaires de chacun : elle n’est pas obligée de prêter sa trottinette à sa sœur. par Solène de Lalande * Essayez l’humour, pour désamorcer une dispute. Elles veulent toutes les deux la trottinette ? « Nan, c’est moi qui la veux ! » Et vous l’enfourchez, avec le chat entre les jambes. * Changez-leur les idées dès le début de la dispute. Si le conflit commence dans la cuisine, proposez-leur de faire un gâteau pour ce soir. L’un s’occupe de casser les œufs ; l’autre, de graisser le plat.
« Je suis plus fort que toi ! » « Oui, mais moi, j’ai les yeux bleus, comme maman ! » Le conseil de Sylvie Angel : « Séparez-les le plus souvent en leur faisant faire des activités différentes. Ils auront ainsi chacun leur centre d’intérêt et cela les aidera à se constituer des réseaux d’amis différents. Et, dès leur plus jeune âge, résistez à l’envie de leur donner la même chose. Ce n’est pas parce que vous venez de faire un câlin de 10 min à l’un que vous devez faire la même chose avec les autres. Plus tôt ils comprendront qu’ils sont uniques, avec des envies et des besoins spécifiques, plus vite ils accepteront l’autre dans sa différence. » Les enfants se disputent également quand il y a trop de différences de caractère. Imaginez deux sœurs : l’une belle et superficielle comme une fleur ; l’autre, brillante et intello. Elles ne font aucun effort pour se comprendre ou se tolérer, mais tout leur possible pour énerver l’autre, ce qui se termine inévitablement en dispute. À nous d’être plus malignes et d’apprendre à notre progéniture la tolérance et le respect de l’autre. Cela leur servira dans toutes leurs relations. Ils se titillent ou se haïssent ? Nous pouvons différencier trois degrés de dispute. Les ordinaires, celles qui permettent à chacun de marquer son territoire. Si nous les supportons, évitons de nous en mêler. Sauf chez les plus jeunes, qui ont parfois du mal à s’arrêter. Vous pouvez alors les envoyer chacun dans sa chambre, sans essayer de comprendre ce qui s’est passé. Punir un seul même enfant risque d’attiser encore plus les rancœurs. Si vous les logez au contraire à la même enseigne, en leur expliquant que leurs disputes ne vous regardent pas, cela les rapprochera. Ensuite, il y a les disputes qui éclatent à des périodes particulières, quand un événement chamboule la vie de famille. Ça peut être l’arrivée d’un nouvel enfant, le divorce des parents, etc. Ils ne vont pas vivre ce bouleversement de la même manière, et leur incompréhension va entraîner des disputes. Dans ce genre de crises temporelles, vous devez aborder ces sujets délicats avec eux. Percez l’abcès avec des mots. Enfin, il peut exister une mésentente pathologique entre frères et sœurs. « Je vois cela chez 10 % de mes patients. Il y a de la haine entre eux. Ces cas pathologiques prennent souvent l’allure d’un rejet pour le frère ou la sœur. L’un(e) ne supporte pas que l’autre s’asseye à côté de lui (d’elle) à table ou qu’il (elle) parle à ses amis. Cette situation est terrible pour les deux enfants : l’un(e) culpabilise de détester ainsi son frère ou sa sœur, et l’autre finit par perdre l’estime qu’il (elle) a de lui (d’elle)-même. C’est comme ça que j’ai parfois des petits patients qui atterrissent aux urgences, une fourchette plantée dans la main ! Il est alors impératif de consulter un pédopsychiatre », conclut Sylvie Angel. Si ces disputes sont usantes pour nous autres, elles sont en revanche enrichissantes pour eux. Elles vont leur apprendre à se défendre, à maîtriser leurs frustrations et leur permettre d’aiguiser leur répartie. Eh oui, rien que ça ! Repensezy en pleine crise d’hystérie collective : ça vous permettra peut-être de prendre la chose d’un meilleur côté ! * Des frères et des sœurs, de Sylvie Angel, éd. Marabout, 5,90 €. Livres pour adultes : « Relations frères-sœurs – Du conflit à la rencontre » Accompagner plusieurs enfants, faire face à leurs disputes ou répondre à leurs besoins parfois différents, voilà un vrai défi pour les parents ! Cette consultante familiale nous propose des conseils judicieux. r De Catherine Dumonteil- Kremer, éd. Jouvence, 9,50 €. ÉrrTri ilLicri « Frères et sœurs, complices et rivaux... » Ce livre présente les relations entre frères et sœurs dans leur complexité et leur diversité, pour aider les parents à se positionner de façon juste, sans empiéter sur « le territoire des enfants ». r De Régine Scelles, éd. Fleurus, 9 €. Livre pour enfants : « Un petit frère pour Nina » Nina fait chaque nuit des cauchemars sur l’arrivée de son petit frère. Va-t-il lui subtiliser ses parents ? Lui voler sa chambre ? Ses jouets ? Joli livre pour préparer un enfant à l’arrivée d’un nouvel enfant. r De Christine Naumann- Villemin et Marianne Barcilon, éd. L’École des loisirs, 5,50 €. . • 41



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