Bubble mag n°6 avr/mai 2008
Bubble mag n°6 avr/mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de avr/mai 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 5,6 Mo

  • Dans ce numéro : l'école autrement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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*ConciLiabulle INTERVIEW PEOPLE 14 Victoria Abril Ses parents envisageaient pour elle un avenir de secrétaire ; elle se rêvait danseuse classique. Finalement, un certain mois d’avril, elle tourne son premier film et tombe amoureuse du cinéma. Elle fait de ce mois déterminant son nom : Abril*. La belle et pétillante actrice espagnole est depuis peu chanteuse et sera en tournée dans toute la France à partir du mois de juin. Elle est également la marraine engagée et dévouée d’Orphelinats d’Afrique. Avec la fougue qu’on lui connaît, Victoria Abril nous dit tout sur cette association qui œuvre à rendre plus belle la vie des enfants au Ghana. Comment avez-vous connu l’association Orphelinats d’Afrique ? Je l’ai connu dès sa naissance, parce que Lisa Lovatt-Smith, la fondatrice, est une amie de trente ans. En 2001, elle est partie avec sa fille au Ghana pour donner un coup de main à des orphelinats. À la fin de l’été, elle avait 40 enfants dont les orphelinats ne voulaient pas. Elle a tout vendu, tout quitté, et est repartie au Ghana pour s’occuper de ces enfants. Elle m’a appelée en me disant : « J’ai besoin d’aide, je vais créer une ONG pour améliorer les conditions de vie déplorables dans lesquelles les enfants sont confinés jusqu’à 16 ans. » Lisa est arrivée en pleine Afrique noire : quand on est une femme blanche, ce n’est pas forcément facile ! Vous avez donc accepté de l’aider ; que faites-vous exactement ? Je suis marraine, c’est donc à travers moi, en France et en Espagne (il y a aussi un bureau en Italie, en Allemagne, en Suisse et en Californie), que l’on essaye de faire connaître Orphelinats d’Afrique. Mon rôle est d’informer, de montrer qu’on est sérieux et de dire qu’on est passé de 40 enfants en 2001 à 2 000 enfants aujourd’hui ! On s’est très vite rendu compte qu’en aidant un enfant on aide juste un individu, alors qu’en aidant les mères on lève © Marraine d’OA « Mon rôle est d’informer, de montrer qu’on est sérieux et de dire qu’on est passé de 40 enfants en 2001 à 2 000 enfants aujourd’hui ! » une nation et on stoppe le fléau des orphelinats : près de 60 % des enfants des orphelinats ne sont pas orphelins, mais tout simplement très pauvres ! Les mères – qui, à l’âge de 30 ans, ont jusqu’à 10 enfants – les y envoient, espérant qu’ils aient des soins médicaux et un minimum d’éducation. Ce qui n’est absolument pas le cas ! par Anne Ganichaud Vous avez donc créé un premier village d’enfants... Oui, on a créé un premier petit orphelinat à nous (!), pour 40 enfants, à une trentaine de kilomètres d’Accra, la capitale. Ce n’est pas un endroit carré, confiné, dont on ne sort pas, mais un véritable village, construit avec la collaboration d’Architectes Sans Frontières. Tout est fait avec des matériaux locaux, bon marché et durables. Y vivent aussi bien les enfants véritablement orphelins que des mères. Les mamans s’occupent ainsi de leurs propres enfants et des orphelins. C’est en quelque sorte du regroupement familial. On aide financièrement la mère, en lui donnant un endroit pour vivre. Il y a aussi des animaux et des cultures sur place, pour qu’ils puissent se suffire à eux-mêmes : élevage de poules, de lapins, apiculture – bientôt il y aura des poissons. Chaque village est autonome. Les enfants vont à l’école et font du sport. On a installé l’eau, l’électricité (à l’énergie solaire). Un centre médical accueille les enfants et les mères. Qui encadre les enfants et les mères du village ? Notre but est de donner les moyens de s’autogérer, de former le personnel, et de disparaître ! On fait tout ce qu’on peut pour aider intelligemment : nous ne donnons pas de poissons ; nous apprenons à pêcher ! C’est pourquoi 100 % du personnel est ghanéen. Il s’agit de professionnels (médecins, professeurs, infirmières, kinésithérapeutes) qui travaillent au Ghana et qui sont bénévoles au village. Ils tiennent à s’investir personnellement dans le développement de leur pays, dans l’avenir de leurs enfants – principalement dans l’éducation et la santé –, et nous complétons leur formation.
Ce travail d’information sur la santé, l’hygiène, va-t-il au-delà du village d’enfants ? Oui, c’est indispensable, car la désinformation est totale dans le pays, notamment sur le sida. Nous subventionnons une émission de radio, animée par Tante Fati. Cette femme est séropositive ; elle peut donc répondre en connaissance de cause à beaucoup de questions que se posent les Ghanéens. La radio permet de rester anonyme et de parler librement ; de plus, elle est écoutée par tous. Tante Fati aide à changer les idées préconçues qui courent. Nous avons aussi un pick-up qui se déplace de village en village pour informer les familles, pour apporter des soins, donner des conseils en nutrition. C’est un grave problème, au Ghana : beaucoup d’enfants sont atteints de paralysie cérébrale, car ils sont malnutris. On apprend donc aux mamans à faire des massages thérapeutiques. Mieux que les médicaments, le toucher permet de re-sensibiliser les bébés, et c’est aussi une demi-heure de sourires et de rires assurés ! D’où viennent les fonds nécessaires au développement d’Orphelinats d’Afrique ? Ils viennent principalement des donateurs. On travaille aussi en partenariat avec l’UNICEF. C’est d’ailleurs grâce à eux qu’on a réussi à faire voter par le gouvernement ghanéen une loi sur les droits des orphelins. Ils n’en avaient aucun ! Sans loi, on ne pouvait ni agir, ni réagir. Cela a provoqué une avancée incroyable pour notre action. Vous êtes allée voir de vos propres yeux le travail accompli depuis 4 ans : comment cela s’est-il passé ? Ah ! là, là ! Quand tu as 200 enfants qui portent devant eux des pancartes disant « Victoria, you’re our victory ! », tu ne peux pas y être insensible. Tous ces enfants vont à l’école avec le bonheur qu’éprouveraient mes enfants si je les emmenais dans la plus belle discothè- © Marraine d’OA « Quand tu as 200 enfants qui portent devant eux des pancartes disant « Victoria, you’re our victory ! », tu ne peux pas y être insensible. » que du monde ! Ils y vont avec une telle passion… c’est magnifique ! C’est de la terre fertile : tout ce que l’on fait est multiplié par 1 000. Les remerciements, la reconnaissance dans chaque regard, dans chacune des mains qui te touche sont fabuleux ! Un peu comme la reconnaissance du public lors de vos concerts, en somme ? C’est très différent, mais c’est vrai que le contact avec le public est fantastique. Je pars en tournée en juin pour mon deuxième album : « Olala ! ». Je suis tellement impatiente ! La musique est un élément nécessaire comme l’air qu’on respire ; j’ai toujours rêvé d’en faire ! Quel a été le déclic ? C’est grâce au cinéma, comme d’habitude ! Pour le film Sans nouvelles de Dieu (2003), je jouais une chanteuse. J’ai demandé carte blanche au metteur en scène pour m’occuper de la musique. Quand j’ai vu que j’étais capable de créer quelque chose de Olala !, Pour son deuxième album, Victoria interprète des classiques de la chanson française (Bourvil, Barbara…), en les revisitant façon flamenco, ainsi qu’une chanson en espagnol en faveur de l’euthanasie. Retrouvez les dates de concert de Victoria Abril sur : www.victoria-abril.com ; Olala ! label RCA, 22 €. qualitativement « bueno », je me suis dit : « si tu peux faire une chanson, tu peux en faire 10 ». En 2004, j’ai donc eu le courage de m’y mettre vraiment : « tu ne vas pas crever sans faire ton album, quand même ! ». Ensuite, j’ai découvert la scène… Oh ! là, là ! Les concerts, la musique, le public, vous, moi… cassez-vous, tout le reste ! La fiction, les metteurs en scène, tout ça : dehors ! Les films, j’en ferai tant qu’il y aura des rôles, mais on appartient à l’imaginaire de quelqu’un ; on est juste un véhicule conduit par un autre. Alors qu’en chantant le contact avec le public est direct : je ne joue plus, je suis à la première personne, je suis dans l’univers que j’ai moi-même créé. Je choisis moi-même les histoires que je raconte à travers mes chansons : c’est le bonheur total ! * Abril : avril, en espagnol. Orphelinats d’Afrique (OrphanAid Africa) 222, rue La Fayette, 75010 Paris. Tél. : 01 46 07 60 32. www.oafrica.org * .. 15



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