Bubble mag n°24 jun/jui/aoû 2012
Bubble mag n°24 jun/jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de jun/jui/aoû 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 10,0 Mo

  • Dans ce numéro : bricolage et cuisine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Turbullence psychologie par Anne-Laure Troublé L’obstétrique des années 50 à nos jours : ce qui a changé entre nos mères et nous… Interview d’Agnès Grison, chef d’orchestre de J’attends un enfant. ç À l’époque, en 1956, y avait-il d’autres livres sur la puériculture que J’attends un enfant ? Non, c’était en France le 1 er livre sur la grossesse, et pendant près de 20 ans il est resté tout seul sur le marché, ce qui paraît extraordinaire aujourd’hui. Ce n’est qu’au début des années 70 que Mercure de France a édité En attendant bébé, de Fanchon Pagès, journaliste comme Laurence Pernoud. Cela a d’ailleurs été le point de départ de tous les autres titres. Pourquoi une telle offre d’ouvrages aujourd’hui ? Les mamans se posent-elles plus de questions de nos jours ? À l’époque, il n’y avait pas cette habitude de trouver des réponses dans un livre (ou sur Internet, plus récemment). L’information était dispensée par le corps médical, essentiellement composé d’hommes. Une sorte de prise d’otage du savoir, savoir que Laurence Pernoud a voulu rendre aux femmes. C’est-à-dire... ? Elle a voulu que les femmes se réapproprient la parole médicale. Avant, c’était un peu « accouche et tais-toi ». Les médecins laurence pernoud année année chaque chaque jour jour MIS À MIS À J’élève 2012 2012 édition édition 2013 2013 mon enfant laurence pernoud année année chaque chaque jour jour MIS À MIS À 2012 2012 édition édition 2013 2013 J’attends étaient tout-puissants, mais peu loquaces, et répondaient a minima aux questions posées. Laurence Pernoud a souhaité donner, avec J’attends un enfant, un maximum de réponses aux nombreuses interrogations des futures mamans. C’était d’ailleurs au même moment les prémices de l’accouchement sans douleur. Vous voulez dire la péridurale ? Non, pas du tout ! La péridurale est arrivée bien après, dans les années 80. L’accouchement sans douleur, c’était de dire : si vous êtes informée de ce qui se passe, vous aurez moins peur. C’était le fait de préparer son accouchement d’un point de vue physique et psychologique, au travers d’exercices, comme on le fait maintenant en allant à des séances avec des sagesfemmes. Si l’on devait ne retenir qu’un seul fait, lequel a été selon vous le plus marquant depuis le milieu des années 50 ? D’un point de vue obstétrical, la péridurale a été, avec l’échographie, une sorte de révolution. Mais il faut savoir qu’au début ce n’était pas pour toutes les femmes. Les anesthésistes n’étaient pas tous formés, ni un un enfant La première édition de J’attends un enfant remonte à… 1956 ! Depuis, plus de deux générations de mamans se sont succédé. Remis à jour chaque année, cet ouvrage référence est le fruit d’une équipe pluridisciplinaire de spécialistes. Après avoir été le bras droit de Laurence Pernoud, Agnès Grison dirige le titre depuis la disparition de cette dernière. Elle revient sur les grands bouleversements qui, en un demi-siècle, ont changé le quotidien des femmes enceintes. 38 en nombre suffisant, pour la poser. Il fallait avoir la chance d’accoucher dans une maternité où elle était pratiquée. On disait que c’était une anesthésie de confort… Aujourd’hui, c’est un peu l’extrême inverse : on veut tout savoir sur tout… C’est vrai que maintenant on a l’impression que tout est étalé sur la place publique. Un peu trop peut-être, mais on revient de loin. Cela peut vous paraître étonnant, mais il n’y a pas si longtemps les femmes étaient tenues dans l’ignorance la plus complète de ce qui se passait à l’intérieur de leur corps. Comment le bébé se développait, comment allait se passer l’accouchement… Cette quête d’informations, d’expériences vécues ne risque-t-elle pas parfois d’avoir des conséquences malheureuses ? Oui, comme Laurence Pernoud l’a écrit dès la première édition, il ne faut pas écouter tout ce que l’on vous dit. Quand on commence à raconter que l’on est enceinte, il y a toujours plein de monde pour expliquer avec force détails ce qui s’est mal passé. Un phénomène encore plus
présent avec les forums et les blogs. Dans J’attends un enfant, nous préconisons de se méfier de cette information parfois brutale et violente, délivrée sans aucun filtre. Certaines femmes en sont vraiment désarçonnées. Votre courrier des lecteurs, très abondant, vous permet d’être au fait des préoccupations des futurs et jeunes parents. Quels sont les thèmes qui reviennent le plus souvent ? Les interrogations évoluent ; autrefois, beaucoup portaient sur la peur d’accoucher d’un enfant ayant des anomalies. Ce risque, devenu moindre aujourd’hui avec les progrès dans le suivi de la grossesse et les dépistages, suscite moins d’appréhension. En revanche, de nouvelles questions se posent, en lien avec l’évolution de la société. Un exemple : avec le développement du Wi-Fi, des téléphones portables, les parents sont inquiets de l’impact que peuvent avoir les ondes sur le développement du fœtus et du jeune enfant. Si aucun effet indésirable sur la grossesse n’a été mis en évidence, nous conseillons tout de même la précaution qui s’applique en situation d’incertitude : éviter les excès, et en particulier les longues conversations avec un téléphone mobile. C’est comme avec le Bisphénol A : on sait que c’est un « perturbateur endocrinien », qu’il peut avoir un effet néfaste et qu’il faut donc le supprimer, mais il va probablement être remplacé par autre chose, et cette « autre chose », on ne sait pas ce qu’elle va donner. Informer aujourd’hui sur les risques potentiels liés à l’environnement n’est pas facile, car il ne faut pas inquiéter inutilement, mais ne pas minimiser non plus les risques éventuels. En 1965, paraissait la 1 re édition de J’élève mon enfant, un ouvrage dans le prolongement de J’attends un enfant, qui va de la naissance à la fin de l’école maternelle. Refaisons le même exercice : quelles ont été pour vous les évolutions majeures de ces 50 dernières années ? Je dirais les découvertes dans les années 70 sur la sensibilité des nourrissons, pendant la grossesse, puis pendant les premiers mois de vie. C’est-à-dire l’idée que le bébé est une personne, avec tout ses sens en éveil, et qu’il doit être respecté en tant que tel. Dans les années 60, quand l’enfant naissait, on estimait qu’il ne ressentait rien, certains même n’hésitaient pas à le comparer à un tube digestif ! Aujourd’hui, nous insistons toujours sur cette considération due à l’enfant, quel que soit son âge. Quelles sont les interrogations des parents qui reviennent le plus souvent ? Je dirais le sommeil des bébés. Beaucoup de questions tournent autour du bébé qui ne fait pas encore ses nuits, alors que la maman doit reprendre son travail (NDLR : aujourd’hui, 81,2% des femmes en couple avec 1 enfant travaillent, 64,3% avec 2 enfants et 43,8% avec 3 enfants), ou de l’enfant plus grand qui se réveille la nuit et refuse de se rendormir seul. Les parents sont vite épuisés. Dans J’élève mon enfant, nous considérons qu’apprendre à l’enfant à faire ses nuits et à se rendormir seul fait partie de l’acquisition de l’autonomie, et grandir c’est justement cela. Une chose intéressante que l’on a remarquée parmi tous les témoignages que l’on reçoit : quand c’est le papa qui se lève, cela se passe beaucoup mieux ! Les enfants comprennent très vite comment leurs parents fonctionnent, que papa sera plus intransigeant et que, souvent, maman est beaucoup plus « attendrissable » … D’autres questionnements de la part des parents ? Turbullence psychologie Oui ! Ceux sur l’autorité. Aujourd’hui, de plus en plus de parents sont pressés, ils veulent que tout aille vite et par conséquent ils ne respectent pas toujours les stades de développement de l’enfant. À 15 mois, si l’enfant touche à tout, c’est normal, il découvre le monde ! C’est à son entourage de sécuriser son environnement et non à l’enfant d’apprendre à Portraits laurence pernoud C’est parce qu’elle attendait son premier enfant et qu’elle ne trouvait pas d’informations sur la grossesse et la naissance que Laurence Pernoud, journaliste, décida d’écrire J’attends un enfant. Le livre sort en 1956. Il rencontre un grand succès et est tout de suite réédité. La suite, J’élève mon enfant, paraît en 1965. À ce jour, 40 traductions ont paru, les plus récentes au Liban, en Chine, en Espagne, et la prochaine en Corée. agnès grison Après des études à Sciences-Po, Agnès Grison travaille dans des agences de communication. Sa rencontre avec Laurence Pernoud est déterminante. Au fil des années, Laurence Pernoud l’associe plus étroitement au travail des nouvelles éditions et lui donne une place prépondérante au sein de son équipe de collaborateurs. Aujourd’hui, entourée de spécialistes de différentes disciplines et conformément au souhait de Laurence Pernoud, Agnès Grison est responsable des mises à jour de J’attends un enfant et J’élève mon enfant. 39



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