Bubble mag n°17 sep/oct 2010
Bubble mag n°17 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : zoom sur les nouveaux créateurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 50 - 51  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
50 51
Conciliabulle interview people « Wall Street » marque votre grand retour sur les écrans. On raconte que, ces dernières années, vous vous seriez sacrif ié pour vos enfants ? Si s’occuper de ses enfants est un « sacrifice », alors je me suis sacrifié. Mais je l’ai fait sciemment. Et avec grand plaisir. On peut même dire, pour rester dans le vocabulaire boursier, que j’ai capitalisé tout mon amour en eux ! Vous savez, j’ai passé l’âge de sauter sur tous les scénarios que l’on me propose. Et, croyez-moi, il y en a pas mal. Pour me faire sortir de chez moi et m’éloigner de mes enfants, il faut vraiment que cela en vaille la peine ! Entre Catherine Zeta-Jones, votre épouse, et vous, qui est le plus autoritaire des deux lorsqu’il s’agit de gérer les enfants ? Moi ! Mais ce n’est pas évident. Quand je les sanctionne, mes enfants me disent qu’ils vont tout raconter à leur maman. Et lorsque Catherine revient à la maison, elle a les bras chargés de cadeaux. Comment voulez-vous, après ça, que mon éducation à la dure porte ses fruits (rire) ! Catherine les pourrit ! Qui prépare le petit déjeuner des enfants, à la maison ? C’est à tour de rôle. Carys et Dylan préfèrent cependant que ça soit moi. La dernière fois qu’elle a voulu faire cuire des pancakes, Catherine a failli mettre le feu à la cuisine. Je vous rassure : depuis, elle a pris des cours. Tout comme moi. La première fois que je l’ai rencontrée, elle savait à peine faire bouillir de l’eau. Et encore… ! Cela ne vous pas empêché de la demander en mariage... cela fera dix ans en novembre ! Non ! Une femme, fort heureusement, ne se résume pas à ses talents de cuisinière. Le jour où j’ai flashé sur Catherine, je ne me suis pas avancé vers elle en lui disant : « Savez-vous faire la tarte Tatin ? » Quels furent vos premiers mots, alors ? « Je voudrais être le père de vos enfants ! » On pouvait difficilement être plus clair ! Vous souvenez-vous de la toute première fois que vous avez découvert votre père, l’illustrissime Kirk Douglas, sur grand écran ? propos recueillis à New York par Frank Rousseau Michael Douglas ç À 66 ans, le fils de Kirk Douglas revient, avec le personnage de Gordon Gekko, qui lui avait valu l’Oscar du meilleur acteur, en 1987. Si l’acteur a su entretenir son capital… sympathie auprès du public, il avoue cependant ne pas avoir été toujours un père à la hauteur. Pour ne pas reproduire les mêmes erreurs (son fils aîné, Cameron, est aujourd’hui en prison pour trafic de drogue), M. Catherine Zeta-Jones a décidé faire une « OPA » (opération papa attentionné) sur les deux jeunes enfants, Dylan et Carys, qu’il a eus avec l’actrice galloise. 50 Et comment ! J’en ai même un souvenir très précis. C’était à l’occasion de la projection de 20 000 Lieues sous les mers. Deux scènes m’avaient particulièrement impressionné : celle où mon père combattait une pieuvre géante, armé d’un simple harpon – je me revois demander la même pour ma chambre ! –, et celle où il embrassait un phoque – ce qui était encore plus courageux que de se mesurer à cette sacrée pieuvre, car je ne sais pas si vous avez déjà essayé d’embrasser un phoque, mais je peux vous dire que c’est loin de sentir la rose ! Je me souviens également avoir vu mon père embrasser Lana Turner dans une scène des Ensorcelés. J’avais huit ans, et beaucoup de mal à comprendre que c’était pour de faux ! Comme le jour où vous l’avez vu se découper l’oreille, dans Van Gogh ? Là aussi, ce fut quelque chose ! C’est d’ailleurs grâce à ce film que j’ai compris que mon père était un acteur bigger than life. Papa était tellement entré dans la peau de ce peintre que, très vite, nous oubliâmes, mon frère et moi, qu’il s’agissait de notre père. C’est alors que nous vîmes Kirk « Van Gogh » s’approcher d’un miroir et se trancher l’oreille, et là, j’ai entendu
mon frère crier : « Papa ! » Une expérience finalement très traumatisante. Est-il vrai que c’est votre père qui vous aurait poussé à devenir acteur ? Non ! C’est MON manque d’imagination (rire) ! Lorsque j’étais ado, j’étais plutôt hippy. Je vivais au jour le jour, et mes projets se bornaient à attendre le lendemain avec la même béatitude consternante. Jusqu’à ma troisième année d’université, à Yale (Connecticut), je passais mon temps à regarder les pin-up californiennes en bikini, sur les dépliants touristiques. Ça me rendait fou. Du coup, j’ai opté pour l’université de Santa Barbara et les fumées « marijuanesques » du « peace and love ». Entre deux parties de jambes en l’air, je jetais des seaux d’hémoglobine au Gorilla Theater (le cinéma du campus) pour dénoncer l’horreur de la guerre du Vietnam. Et puis, allez savoir pourquoi, j’ai décidé de me ressaisir. On cherchait des gars pour faire de la scène. Je me suis inscrit, sans trop de motivation. Cela aurait pu être le chant, l’apprentissage d’un instrument de musique ou le lancer de javelot. J’ai pris l’activité qui semblait me correspondre le mieux. Lorsque mon père m’a vu jouer, il a été soulagé : aucun risque de concurrence, j’étais trop mauvais ! Votre f ils aîné, Cameron (32 ans), vient d’écoper d’une peine de prison de cinq ans fermes pour traf ic de drogue. On imagine aisément que le père que vous êtes doit se sentir en partie responsable... Le problème, c’est que ne pouvez pas être constamment derrière vos enfants. Il arrive un moment où il faut leur faire confiance, les laisser voler de leurs propres ailes. Les drogues ont des ramifications partout : aucune profession, aucune couche de la société, aucune personne n’y échappe. La seule chose à faire, lorsque vous avez quelqu’un qui se drogue dans votre famille, s’est surtout de l’écouter. La sanction, les réprimandes, la morale, ce n’est pas ce qu’attendent les junkies. Ce qu’ils veulent, c’est une oreille attentive afin de pouvoir parler de leurs problèmes. Pour vriller à ce point, il faut remonter parfois à l’enfance. Avez-vous le sentiment d’avoir été un mauvais père ?... J’ai coutume de dire que, lorsqu’il s’agit d’éducation, on fait ce que l’on peut et non ce que l’on veut. Avec Cameron, je n’ai pas toujours été un père exemplaire. J’ai même été carrément au-dessous de tout. Ma carrière passait avant lui. Du coup, j’essayais de me faire pardonner en l’inondant de cadeaux somptueux – une façon de me donner bonne conscience. Hélas, il attendait autre chose de moi. Et cette chose, c’était du temps passé ensemble. Aujourd’hui, je n’ai nullement l’intention de reproduire les mêmes erreurs avec Carys et Dylan. La seule chose qui me motive, maintenant, c’est d’être un irréprochable Mister Mom. Je veux m’impliquer, mettre la main à la pâte et ne plus être qu’une parodie de père. « Avec Cameron, je n’ai pas toujours été un père exemplaire […]. Ma carrière passait avant lui. Du coup, j’essayais de me faire pardonner en l’inondant de cadeaux […]. Hélas, Cameron attendait autre chose de moi. Et cette chose, c’était du temps passé ensemble. » Finalement, vous avez reproduit avec votre f ils l’attitude distante de votre propre père à votre égard ? C’est vrai, il y a un parallèle à faire entre la relation que j’ai eue avec mon père et celle que j’ai entretenue avec Cameron. La carrière, d’abord. Durant mon enfance, je ne voyais mon père que très épisodiquement. Kirk était dévoré par le besoin de faire quelque chose de lui-même. Positivons, maintenant : comment se passe la cohabitation entre Dylan et sa petite sœur ? Il a fallu lui apprendre la définition du verbe « partager ». Avant la venue de Carys, Dylan avait l’habitude d’avoir son papa et sa maman en exclusivité. Je me rappelle encore du jour où j’avais demandé à Dylan Conciliabulle interview people ce qu’il pensait d’avoir une petite sœur ou un petit frère. Il me répondit, avec sa petite voix toute mignonne : « Dylan ne veut pas de petit frère ou de petite sœur ! » Et d’ajouter : « Non. Merci maman. Merci papa », parce que Catherine et moi lui avons appris à dire merci lorsqu’on lui propose quelque chose (rire). Pour lui faire accepter Carys, nous avons dû ruser : après l’accouchement, de retour à la maison, nous lui avons remis, de la part de sa petite sœur, un cadeau. Quand Dylan l’a déballé, il était aux anges. Il ne lui en fallait pas plus pour accepter sa sœur. Pour lui, elle était devenue soudainement vraiment cool ! La naissance de vos deux derniers enfants n’a-t-elle pas suscité une certaine folie médiatique, notamment chez les paparazzi… ? En effet, et si ces types veulent vraiment vous shooter avec leurs gros téléobjectifs, rien ne pourra les en empêcher. Dylan avait deux semaines, je l’avais installé à l’arrière de ma voiture quand on l’a volontairement tamponnée à coups de parechocs. Les paparazzi qui étaient derrière voulaient que je sorte de mon véhicule. Ces gars sont prêts à tout ! La notoriété n’est-elle pas une « valise » trop lourde à porter ? Entendons-nous bien : personne n’est préparé à la célébrité, personne ne peut se targuer d’être blindé face aux médias qui vous encensent un jour et vous crachent dessus le lendemain. Les gens célèbres ne sont pas des icônes inaccessibles. Comme tout le monde, nous passons par des périodes de crise et de joie. La seule différence, c’est que lorsque les mauvais jours arrivent et que vous voulez pleurer un bon coup, vous vous retrouvez avec un appareil photo sous le nez et un gros zoom qui se focalise sur vos yeux rougis. Le jour où votre f ils Dylan vous dira qu’il veut être acteur, que lui répondrez-vous ? Comme mon père l’a fait avec moi, je lui conseillerai de ne pas se lancer dans le monde du spectacle. Le pari est difficile, les chances de succès sont infimes. Vous voulez une définition de l’acteur ? Quelqu’un qui aime être rejeté ! Vous constaterez que je n’ai pas écouté mon père et que, globalement, je n’ai pas si mal réussi que ça. Espérons que l’histoire se répétera… ! ç 51



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :