Bubble mag n°16 jul/aoû 2010
Bubble mag n°16 jul/aoû 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de jul/aoû 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 7,0 Mo

  • Dans ce numéro : « Top-list » des romans pour enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Sarah Jessica Parker Propos recueillis à New York par Frank Rousseau À 45 ans, Sarah Jessica Parker nous revient avec Sex and the City 2, version ciné, où elle incarne le personnage de Carrie Bradshaw, qui n’envisage toujours pas de fonder une famille... Dans la réalité, l’actrice américaine, elle, ne se lasse pas de taper dans la balle avec son fils, James (7 ans et demi), et de talquer les fesses de ses jumelles, Tabitha et Loretta, nées en 2009 par l’entremise d’une mère porteuse. La famille Parker-Broderick s'est agrandie récemment, avec l'arrivée de deux charmantes jumelles. Parlez-nous un peu de Tabitha et de Loretta… Ce sont deux gamines très agréables et si différentes. L’une est plutôt introvertie. L’autre vous pompe toute votre énergie tant elle gigote. Il s’agit de Tabitha. Elle est d’ailleurs tellement désireuse de marcher qu’elle se cogne partout dans la maison ! Pour éviter les bobos, nous l’avons coiffée d’un épais bonnet en coton. Nous n’arrivions pas à trouver de casque à sa taille… Loretta, elle, ressemble à une petite poupée. Elle ne moufte pas et semble déjà attirée par tout ce qui brille. Une future « shopping addict », d’après moi ! Les habillez-vous de la même manière ? Quand on a des jumelles ou des jumeaux, il ne faut jamais oublier un truc essentiel : il est indispensable de les élever « individuellement ». Comme deux entités bien à part. Beaucoup de gens qui ont des « twins » partent du principe qu’il ne faut jamais séparer des jumeaux, qu’il faut toujours leur proposer les mêmes activités et les habiller aussi de la même façon. C’est une énorme erreur. Pour le développement psychosensoriel de ces enfants, il est important de ne jamais les « globaliser ». Et avec James, votre fils aîné, ça se passe comment ? Là aussi, je ne le compare jamais à ses sœurs. Je ne lui mets jamais non plus la pression. Du style : « Tu es l’aîné ! Tu dois montrer l’exemple », etc., ou bien : « Ce sont des filles, tu devras absolument les protéger quand elles seront plus grandes ! » Les responsabilités, c’est aux parents de les prendre, de les assumer, et non aux enfants les plus grands. Pour que des enfants s’épanouissent parfaitement, il ne faut jamais non plus les mettre en compétition. OK, nous le faisons toutes, mais je dis « halte au conditionnement ». Pour que la chair de notre chair puisse se construire, nous devons avoir une approche pragmatique et en aucun cas une démarche castratrice. 26 Pourquoi avoir choisi de passer par une mère porteuse ? C’est quelque chose de personnel. Une démarche qui ne regarde que mon mari et moi-même. La seule chose que je veux bien révéler, c’est que je ne m’attendais pas – mais alors vraiment pas ! – à avoir des jumelles ! Sur le coup, je me suis dit : Comment vais-je aimer trois enfants à la fois ? Jusqu’à ce que je comprenne que l’amour, ça ne se divise pas, ça se multiplie ! Les langues vipérines affirment que vous vouliez garder votre ligne. D’autres, que vous souhaitiez éviter une grossesse compliquée à cause de votre âge… Laissez-les dire ! Sachez que je ne lis rien de ce que l’on écrit sur moi. C’est stérile et contre-productif. Avez-vous dû recruter du personnel pour faire face à cette nouvelle situation familiale ? Lorsque nos emplois du temps, à Matthew et moi, entrent en conflit, oui. Mais il y a une partie de moi-même, une petite voix intérieure qui me dit : Tu peux te débrouiller toute seule, Jessica. Suis l'exemple de ta mère, qui a élevé huit garnements sans la moindre aide extérieure. Dans ma famille, nous étions toujours fauchés. C'est dur, quand vous avez 14-15 ans, de voir toutes vos copines se trémousser en Sassoon Jeans flambant neuf alors que vous, vous portez les jupes écossaises qui appartenaient jadis à vos sœurs aînées ! Pourtant, pour rien au monde, je ne renierais mon enfance... Quels étaient vos héros ou héroïnes lorsque vous aviez des couettes et portiez les jupes écossaises de vos sœurs aînées ? (Rire.) J'ai toujours été une grand fan de Michael Landon, et en particulier de La Petite Maison dans la prairie. Cette gentille série néoquaker, ponctuée de drames domestiques, de nostalgie champêtre, était pour moi l'idée même que je me faisais de la famille idéale. Du moins, quand j'avais une dizaine d'années… Lorsque Michael Landon est décédé d'un cancer, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer. D'autant qu'il laissait derrière lui neuf enfants inconsolables ! New York City, c’est loin d’être aussi champêtre que les paysages de La Petite Maison dans la prairie ! Comment ça se passe, l’éducation de trois enfants dans cette jungle urbaine que l'on surnomme « Big Apple » ? Si l’on met de côté les paparazzi qui nous harcèlent jusqu’au parc public et la pénurie de taxis à partir de 15h30, New York est une ville fascinante. Quand James était plus petit et que je le promenais dans sa poussette, le bruit des Klaxon ne le réveillait jamais. Je vais même vous dire un truc : il ouvrait généralement les yeux lorsqu’il n’y avait plus de bruit. Le silence, ça le perturbait ! James est un vrai citadin. Son univers, c’est le béton, les gratte-ciel, le trafic et, parfois, les cabines d’essayage avec maman dans les grands magasins de la 5 e Avenue… Il va falloir d’ailleurs que je demande à ce que l’on agrandisse les cabines d’essayage. Histoire que je puisse caser la double poussette des jumelles ! Lorsqu'on est maman de trois enfants, cela ne doit pas être évident non plus de s'occuper de son look… ? Ce n'est pas parce que je ne suis pas en représentation que je dois me fagoter comme l'as de pique. Maintenant, il y a une réalité : je suis maman. Est-ce qu'une maman doit être jolie et bien apprêtée quand elle sort ? Oui ! Tant qu'à faire ! C'est important pour un enfant d'admirer
sa maman. Je pense même que cela lui donne confiance. Doit-elle, pour autant, porter du Givenchy haute couture pour lancer un Frisbee à son fils dans un parc ou jouer à Spiderman en talons aiguilles dans le bac à sable, ça, je n'en suis pas convaincue. Ce que je recherche dans un vêtement, quand je suis avec James, c'est avant tout quelque chose de pratique. Un bon vieux jeans rendant l’âme, par exemple. Mais rien ne vous empêche de l’accessoiriser avec un petit haut plus chic si le cœur vous en dit ! Mon quotidien ne fonctionne pas comme celui de Carrie Bradshaw. Et si c'était le cas, croyezmoi, James me ferait très vite redescendre sur terre. Il déteste les extraterrestres, et encore plus si E.T. s’appelle maman (rire) ! Qu’est-ce qui vous faire dire ça ? Je vais vous donner un exemple. Un matin, on m’a livré une robe verte un peu flashy. James l’a vue et m’a dit : « C’est déjà Halloween, maman ! » (Rire.) Ce n’était qu’un début. Durant le tournage du premier opus de Sex and the City (le film), il m’est arrivé de passer 18 heures par jour en talons hauts. Mon fils, un matin, m’a demandé : « Pourquoi tu mets toujours des chaussures-escabeau ? C’est parce que tu n’arrives pas à attraper la boîte de céréales ? » À ce moment-là, j’ai compris que James avait une drôle de perception de moi. J’ai surtout senti que je lui manquais. Du coup, nous avons passé un accord. Je lui ai promis que je serais à la maison pour le border dans son lit au moins 4 soirées par semaine. Un soir, histoire de me détendre, j’ai voulu sortir au théâtre avec mon mari (Ndlr : l’acteur Matthew Broderick). J’allais m’éclipser lorsque j’ai vu mon gamin sortir de sa chambre et me balancer : « Maman, ça suffit ! Tu enlèves cette robe et tu restes avec moi ! » C’est lui qui avait raison. Une promesse, c’est sacré pour un enfant. En attendant, la penderie de Sarah Jessica Parker, ça doit être quelque chose, non ? Étant donné que je garde tout, j’ai dû louer récemment une sorte de mini-entrepôt dans mon immeuble. J’y stocke les manteaux, les chaussures et les accessoires que j’ai récupérés depuis des années sur les plateaux. Comme je suis une vraie nostalgique, j'ai beaucoup de mal à me débarrasser de tel ou tel truc. Tenez, l'autre jour, j'ai failli jeter des « sweaters » que m'avait offerts mon mari quand j'étais enceinte de James. Même chose avec cette jupe que Matthew m'avait achetée. Un truc horrible. Mal coupé et d'une couleur douteuse. Mais comme c'était un cadeau de mon homme, je n'ai pas pu la mettre à la poubelle ! Vous vous doutez donc que, pour les vêtements de mon fils, je fonctionne de la même manière. À mes yeux, chaque petit pantalon, chaque body me fait « revivre » les bons moments passés avec lui… « Mon but est de faire comprendre à mes enfants qu’en les gâtant je risque de briser leurs ambitions, leurs rêves, leur envie de se dépasser. » Pourriez-vous nous décrire votre maison ? C’est un appartement à plusieurs niveaux. Nous avons les mêmes meubles et les mêmes peintures depuis des années. Un petit coup de fraîcheur serait nécessaire. Mais, avec la naissance des enfants, nous repoussons sans cesse, car nous ne voulons pas qu’ils respirent des produits chimiques. Sur nos murs, il y a beaucoup de photos de Matthew et moi, enfants. Beaucoup de toiles aussi. Ainsi que des centaines de bouquins. Nous sommes passionnés par l’histoire de l’art. Et vous trouvez dans quasiment toutes les pièces des pots remplis de bonbons ! J’avoue qu’avec James, c’est notre péché mignon. Nous avons un gros faible pour les confiseries anciennes. Les sucres d’orge, les caramels mous, les sucettes bariolées… J'ai lu quelque part que vous n'achèteriez que des vêtements usagés à votre fiston ? Je ne les achète pas. On me les donne. James a des cousins plus âgés. Du coup, je récupère pas mal de fringues encore en bon état. La seule chose que je lui achète, ce sont des chaussures. Parce que c'est plus hygiénique, déjà, et ensuite parce que nous avons tous des pieds différents. Seriez-vous une maman pingre ? Pingre, non ! Mais consciente de la valeur de l’argent, oui ! J’ai grandi dans une famille pauvre de huit enfants. Je sais ce que signifient les mots « privation » et « frustration ». Mais qu’on ne se méprenne pas sur mon compte : mon but est de faire comprendre à mes enfants qu’en les gâtant je risque de briser leurs ambitions, leurs rêves, leur envie de se dépasser. Personnellement, si j'avais évolué dans un environnement privilégié, je ne serais pas la bosseuse que je suis devenue. Aviez-vous amené avec vous vos jumelles sur le tournage de Sex and the City, qui, rappelons-le, s’est déroulé au Maroc ? Non ! Déjà, je produisais ce film. Et quand vous produisez un film de ce budget, vous êtes en immersion constante. L’autre difficulté, c’était de faire venir nos filles au Maroc alors qu’elles ne pouvaient pas être vaccinées. Notamment pour la grippe H1N1. Trop jeunes, d’après mon pédiatre. J’ai donc mis les bouchées doubles pour pouvoir rentrer le plus vite à New York. Ce départ lointain aura été, finalement, très enrichissant. Ce fut en effet pour moi l’occasion de me familiariser avec Skype. James, qui va sur ses huit ans, commence déjà à bien se servir d’un ordinateur. Son grand plaisir, c’était de prendre le portable et de se déplacer avec dans la maison ! Jusqu’à ce que l’une des petites se mette à lécher la caméra. À cause de la bave, je voyais mes filles toutes floues ! 27



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