Bubble mag n°13 noël 2009
Bubble mag n°13 noël 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de noël 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : Astro Boy

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Thibault Branquart Bulle d'oxygène SPORT par Alexandra Baccara et Sophie Zieleskiewicz Bubblemag : /Comment est née votre passion pour l’aventure ? Nicolas Vanier/Ce n’est pas une passion pour l’aventure, mais pour la nature et les espaces sauvages. Mon grand-père m’a initié très tôt à la vie sauvage, chez moi, en Sologne. Cela m’a donné envie de marcher pendant des heures, des jours, des semaines… B/Quelle a été votre enfance ? NV/J’ai grandi en Sologne, dans la ferme de mon grand-père, que j’ai toujours, où je vivais au milieu de la forêt et des sangliers. Tous mes souvenirs d’enfance viennent de là. Cette ferme était remplie d’animaux, de vaches, de cochons, de moutons, et nous avions une cinquantaine d’hectares de cultures. Mon grand-père était debout tous 40 Nicolas Vanier C’est lors du passage de la Grande Odyssée Savoie Mont-Blanc – la plus grande course européenne de chiens de traîneaux dans la vallée de la Haute Maurienne Vanoise –, à Val-Cenis, que nous avons rencontré son directeur de course : Nicolas Vanier, célèbre aventurier habitué aux longues traversées dans le froid polaire du Grand Nord. les matins à 5 heures, et je l’accompagnais souvent, dès l’aube, voir les bêtes et regarder le blé pousser. B/Vous avez traversé les Rocheuses et le Yukon à cheval et en traîneau à chiens, en plein hiver, avec votre femme et votre fille Montaine, quand elle était petite. Racontez-nous cette belle aventure… NV/Montaine avait un an et demi quand nous sommes partis, et deux ans et demi à notre retour. Elle ne disait pas un mot en partant et elle parlait couramment en revenant. Pendant un an, elle n’a croisé ni route, ni âme qui vive. Tout son vocabulaire était lié à ce qu’elle avait vécu : la voiture, par exemple, c’était un camion qui roule ; une maison, une grande cabane ; une route, une rivière gelée – elle ne comprenait pas qu’il puisse y avoir du macadam ! Cette aventure a été extraordinaire. Cela n’a pas été difficile, bien qu’il y eût des contraintes en raison de son âge. Quand on est seul, on prend des risques que l’on ne prend plus lorsqu’on a un trésor – le plus grand que l’on puisse imaginer. B/Cela ne s’improvise pas d’affronter des températures extrêmes avec un bout de chou… NV/J’étais bien préparé, car, quand je suis parti avec ma fille, cela faisait déjà 15 ans que je baroudais dans le Grand Nord. J’ai vécu pendant un an avec des nomades, en Sibérie, qui m’ont montré comment apprivoiser les animaux avec les nouveau-nés et comment gérer des températures descendant jusqu’à – 50 °C.
B/Votre plus beau souvenir avec Montaine ? NV/Elle était exaltée lorsqu’elle voyait des animaux. Des petits, des moyens, des grands, des loups, des ours, des oiseaux... Ce qui est extraordinaire avec les loups, c’est qu’ils cherchent à vous répondre. J’ai un très beau souvenir à ce sujet : une meute de loups rôdait très près de notre tente ; Montaine hurlait et les loups lui répondaient. Elle éclatait de rire – c’était un jeu pour elle, à tel point qu’il a fallu lui dire : « Maintenant, il faut arrêter de parler avec les loups. » J’ai passé des heures avec elle à regarder des castors fabriquer un barrage… c’était formidable ! En tant que père, j’ai pris un plaisir fou à la voir découvrir le monde animal avec ses yeux d’enfant. B/Comment s’est passé le retour de Montaine en France ? NV/C’était merveilleux. En voyant un village en pierre, ses yeux étaient émerveillés. Elle était ravie de pouvoir enfin être en contact avec des enfants. Face à un poste de télévision, c’était une petite fille sauvage, et cela se manifestait à la fois par de la curiosité et de la crainte. La première fois qu’elle a aperçu une voiture, elle a d’abord été contente, pensant que c’était un animal, mais quand elle a vu la tête de celui-ci, elle a vraiment pris peur ! Elle a très bien vécu le retour, et, même si elle était en décalage total avec ce qu’elle avait vécu pendant un an, son adaptation s’est faite naturellement. B/Et son intégration scolaire ? NV/Sans trop de difficulté. Le contact avec d’autres enfants lui manquait : elle n’était qu’avec ses parents, et les amis de son âge étaient des chiens… B/Avez-vous fait d’autres voyages avec Montaine ? NV/Quand elle avait 6 ans et son petit frère Loup, 6 mois, nous sommes partis dans le Yukon. C’est elle qui lui a expliqué la vie dans le Grand Nord, avec ses mots et sa propre expérience. Dès cet âge, Montaine était déjà en charge d’un traîneau. Elle a fait ainsi plusieurs courses dans le Yukon. Elle a 17 ans aujourd’hui : c’est une grande fille maintenant ! B/On sait que vous menez à bien des projets pédagogiques et écologiques… NV/J’ai monté une opération avec le minis- tre de l’Éducation nationale pour donner la possibilité à toutes les générations – y compris nos enfants – de faire des propositions concrètes sur les problèmes environnementaux qui se posent, que ce soit à l’échelle locale, régionale ou mondiale. Il y a déjà des camps (lieux d’échange d’idées et de projets autour de l’environnement et de la nature) au Liban, en Roumanie et prochainement en Chine et au Japon. Actuellement, il y a plusieurs millions d’enfants avec leurs professeurs qui font des propositions au travers du site Internet www.lecoleagit.fr. Celles-ci seront analysées par un comité de spécialistes, dont Claudie Haigneré. Une quinzaine d’entre elles pourront alors être mises en œuvre. B/Pouvez-vous nous parler de LOUP, à la fois votre livre, sorti le 6 octobre 2008 aux éditions XO, et le film que vous venez de réaliser ? NV/LOUP raconte l’histoire d’un jeune nomade, éleveur de rennes en Sibérie, qui se lie d’amitié avec des louveteaux, sachant, en principe, que le loup est l’ennemi juré de ces hommes. Le film est l’adaptation du roman. Le tournage s’est effectué à l’extrême nord-est de la Sibérie, à des températures de – 50 °C… Le film sortira le 9 décembre 2009. La Grande Odyssée La Grande Odyssée Savoie Mont- Blanc (LGO) est, depuis sa première édition en janvier 2005, la course internationale de chiens de traîneaux la plus difficile au monde de par la topographie des montagnes qu’elle parcourt. Elle réunit chaque année 25 « mushers » parmi les meilleurs du monde. En compagnie de leurs chiens husky, ils parcourent 800 km et grimpent plus de 25 000 m à travers la Savoie et la Haute-Savoie. www.grandeodyssee.com En savoir plus Retrouvez tous les exploits (expéditions, livres, films…) de Nicolas Vanier sur son site Internet : www.nicolasvanier.com. Bulle d'oxygène SPORT « Montaine, l’enfant des neiges. » 41



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