Bubble mag n°13 noël 2009
Bubble mag n°13 noël 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de noël 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : Astro Boy

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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*ConciLiabulle INTERVIEW PEOPLE Marcia Cross, pas si désespérée que ça… propos recueillis par Franck Rousseau, à Los Angeles Depuis 2004, cette rousse flamboyante, diplômée en psychologie, incarne le cordon-bleu, la diva de la couture, l’impératrice du dépoussiérage… alias Bree Van De Kamp dans Desperate Housewives. Marcia est également la maman de Savannah et Eden, des jumelles qui ont vu le jour en février 2007… Cette fois-ci, c’est la vraie vie. Le quartier où vous avez grandi ressemblait-il à celui de Wisteria Lane ? Oui ! D’une certaine manière. Marlborough (Ndlr : une petite bourgade du Massachusetts, située à une soixantaine de kilomètres de Boston), où j’ai passé pratiquement toute mon enfance, avait une dimension humaine. Nous nous connaissions tous. Le weekend, nous nous rendions chez Untel pour un barbecue, un goûter ou tout simplement pour aider à repeindre une barrière ou faire du baby-sitting ! La grosse différence avec « Desperate », c’est que nos voisins étaient TOUS nos amis et parfaitement équilibrés. Il n’y avait pas de jalousie ou de rivalité entre nous. La solidarité, la cohésion sociale fonctionnaient à merveille. Contrairement à Wisteria Lane, la seule histoire de meurtre – à l’échelle locale, j’entends – dont nous avions entendu parler dans le secteur était celle d’un vieux chien involontairement écrasé par le camion du livreur de lait (rire) ! Quels métiers exerçaient vos parents ? Mon père (82 ans) était directeur du personnel, ma mère, professeur de mathématiques. J’ai été élevée dans la pure tradition catholique irlandaise. Nous étions trois filles à la maison. Très tôt, mes parents nous ont appris à devenir indépendantes et responsables de nos actes. Lorsque je suis partie de la maison pour suivre les cours d’art dramatique de la Juilliard School, à New York, je n’avais que dix-huit ans. C’était l’époque où je dormais dans un YMCA (Ndlr : une auberge de jeunesse catholique) et où je regardais à deux fois avant de me payer une séance de cinéma… 38 ABC Buena Vista Television Quel enfant étiez-vous ? J’étais une petite rousse parfois très effrontée. À l’école, on se fichait de moi à cause de mes taches de rousseur ! Dans la cour de récré, les enfants me disaient : « Mais c’est quoi, ces boutons sur ton nez ? T’es malade ? Ça s’attrape ? » Je répliquais en lançant des vannes encore plus vachardes (rire) ! Comment l’envie de devenir actrice vous est-elle venue ? Tout simplement à l’école primaire, en jouant dans le théâtre de mon établissement. Et comme je prenais plus de plaisir à jouer qu’à étudier les maths, la physique ou l’anglais, j’ai tout plaqué, au grand dam de mes parents qui m’auraient bien vu plaider dans la peau d’une avocate. Je me suis donc rendue à New York. Pour manger à ma faim, j’ai collectionné les petits jobs. Je me souviens que j’en ai même exercé trois d’un coup ! Est-il vrai que lorsque Mark Cherry, le créateur de Desperate Housewives, vous a proposé de jouer le rôle de Bree, vous l’avez envoyé paître ? Je ne l’ai pas envoyé sur les roses, car je suis quelqu’un de trop bien élevé (rire) ! Non, je lui ai simplement fait savoir que c’est le rôle de la narratrice qui me plaisait. Bree ne m’attirait pas du tout. Je la trouvais cassante. Froide. Trop coincée. Mark est alors revenu à la charge. Cette fois-ci pour me proposer de jouer Edie (Nicolette Sheridan). Là, je lui ai répondu qu’il passait d’un extrême à l’autre (rire !) Et puis, telle une girouette, je suis revenue sur ma décision en acceptant d’incarner Bree. Seulement, entretemps, on avait offert le rôle à quelqu’un d'autre qui finira également par changer d’avis et c’est ainsi que je me suis retrouvée dans la peau de Bree Van De Kamp ! Bree Van De Kamp, votre personnage dans « Desperate », est une (trop) parfaite femme d’intérieur. Et vous ? Ça va un peu mieux depuis que j’ai des enfants. J’ai pris quelques cours de cuisine. Ce qui me sauve, c’est que mes filles ne sont pas très regardantes pour le moment. Je n’ai pas à leur préparer, vu leur âge, des plats très évolués. Pour l’heure, ça serait plutôt purée de carottes, de brocolis, de petits pois ou compote de pomme. Le genre de cuisine que n’importe qui peut réussir sans avoir pris de leçons de cuisine !
À 20 ans, vous vous imaginiez maman à plus de 40 ? Beaucoup de mes amies ont eu des enfants à 20 ans ! Moi, j’étais l’exception. Mais, bizarrement, le jour où j’ai su que j’étais enceinte, j’ai eu le sentiment que mes 20 ans ne me paraissaient pas si éloignés que ça. En définitive, c’est comme si je venais de m’offrir une super cure de Jouvence ! Et puis, vous savez, je ne suis pas sûre que j’aurais fait une bonne mère à 20 ans. À cet âge, on est tellement absorbé par soi-même, on a tellement de comptes à régler... Vous aviez 45 ans lorsque vous avez eu vos jumelles. Croyez-vous qu’une femme mûre a plus de chances d’être une meilleure mère ? J’imagine que l’expérience de la vie doit jouer un rôle important. Une quadra aura toujours un « vécu » plus riche qu’une jeune femme de vingt ans. Une manière plus rationnelle de gérer des situations de crise. Mais ne généralisons pas. Vous avez des femmes plus mûres qui appellent le 911 (le numéro des urgences américaines) dès que leur progéniture a un érythème fessier ! Vous savez, il n’y a aucune certitude en matière de maternité. Je pense surtout qu’il faut d’abord s’assurer que l’on est prêt mentalement à consacrer une bonne partie de son temps à ces petits êtres. Que vous a apporté concrètement le fait de devenir maman ? La privation de sommeil ! C’est évident (rire) ! Figurez-vous d’ailleurs que, juste après notre interview, je file chez un spécialiste pour qu’il me remette d’aplomb. Je suis tellement vidée que je pourrais dormir sur le carrelage du balcon de cet hôtel ! Du jour au lendemain, on se sent investi d’incroyables responsabilités. On a beau tourner la chose dans tous les sens, rien ne sera plus comme avant. Qu’on ne se méprenne pas : je le dis sans la moindre frustration. Pour moi, le fait d’être mère me conforte dans l’idée que je sers à quelque chose, que j’ai une fonction utile. Le jour de leur naissance, j’ai ressenti comme un déclic. Au lieu de me centrer sur moi-même, je me suis focalisée sur leur bien-être. Le « je » est d’ailleurs de moins en moins utilisé dans ma bouche : maintenant, c’est « nous ». Lorsque vous parlez de vos filles, vos yeux s’illuminent comme des « sunlights » … C’est incroyable, non ? Lorsque j’étais enceinte de mes jumelles, je me demandais sans cesse : « Mais comment vais-je faire pour partager mon affection, mon amour ? » Et puis elles sont nées et, à cet instant-là, j’ai compris que je ne devais pas « partager », mais « multiplier » mon amour, tout bêtement. Au fait, comment gère-t-on des jumelles ? Pour être franche, quand j’ai su que j’attendais des jumelles, j’étais terrifiée : je craignais de ne pas être une bonne mère pour deux enfants à la fois et que l’une d’elles se sente rejetée. Ma grande inquiétude tenait à ce que les spécialistes appellent la « stratégie égalitaire ». Je m’explique. Les parents de jumeaux veulent à tout prix donner la même chose à leurs deux enfants, d’un point de vue matériel et affectif. Mais c’est impossible, pour la simple et bonne raison que ces deux petits êtres n’ont pas les mêmes besoins. J’ai appris récemment que les jumeaux se construisent l’un par rapport à l’autre ; leurs personnalités sont en interaction permanente. Élever des jumeaux n’est donc pas une mince affaire ! Comment faites-vous pour ne pas vous laisser déborder par leurs caprices ? Le seul moyen fiable, d’après moi, c’est de donner l’exemple. Si vous voulez que vos enfants vous respectent, il faut déjà commencer par LES respecter. Cela étant, on ne sait jamais comment les choses peuvent évoluer. L’éducation, c’est une chose ; la génétique, une autre et l’environnement, encore autre chose ! Et puis il est difficile de contrôler la manière dont se comporte sa progéniture lorsqu’elle est à l’école ou avec des amis. Ce qui est certain, c’est que je ne veux être ni une mère étouffante, ni une maman-copine ! De quelle manière habillez-vous vos jumelles ? Je sais que beaucoup de parents font ça. Nous, non. Personnellement, je préfère qu’elles aient chacune leur caractère. Qu’elles se distinguent et QU’ON les distingue l’une de l’autre. En habillant des jumeaux Conciliabulie* INTERVIEW PEOPLE de la même manière, c’est clair, vous ne favorisez pas leur épanouissement identitaire. Pour se construire, un enfant a besoin de confrontations et non pas d’un miroir humain qui reflète sa propre image ! Et quelle est l’erreur que vous ne voudriez absolument pas commettre dans les années à venir ? Élever mes enfants à Hollywood ! Je viens d’une famille de la « middle class » américaine. J’ai été élevée avec des valeurs fortes et simples. Je ne pense pas qu’à Los Angeles on puisse donner à sa progéniture des bases saines. Lorsque je vivais sur la côte Est avec mes parents, nous nous fichions de savoir si la personne avec qui nous avions sympathisé lors d’une kermesse était riche ou pauvre. Un jour, je pense que je renouerai avec mes racines. Et à part jouer et materner, vous avez un autre centre d’intérêt ? Oui ! La psychologie. Durant ma traversée du désert et après le décès d’un ami proche (Ndlr : le comédien Richard Jordan, décédé d’un cancer au cerveau), j’en ai profité pour passer une maîtrise de psychologie. Que j’ai décrochée... Et avez-vous eu le temps de pratiquer ? Oui ! J’ai eu l’occasion d’analyser quelques patients ! J’ai toujours aimé décrypter les êtres humains. Savoir comment ils fonctionnent intérieurement. Et comme j’ai également étudié le bouddhisme – une religion qui, comme vous le savez, est très ouverte sur les autres – j’ai pu acquérir un certain potentiel sur le pouvoir de l’esprit ! Rassurez-nous : vous n’êtes pas aussi psychorigide, voire maniaco-compulsive que Bree au quotidien ? C’est tout le contraire. Imposer ses choix, faire preuve d’inflexibilité, manquer de souplesse, c’est un handicap, car ces comportements vous isolent des autres. Au fond, la psychorigidité est un mécanisme de protection face à un monde considéré comme hostile. La « raideur » des psychorigides n’est ni plus ni moins qu’un moyen de fuir leurs propres émotions. Ce sont des anxieux chroniques et pathologiques. Je préconise donc le dialogue ! 39



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