Bubble mag n°12 sep/oct 2009
Bubble mag n°12 sep/oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de sep/oct 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : best of blog.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Soins en néonatologie À la naissance les organes de l’enfant prématuré n’ont pas tous eu le temps de se développer jusqu’à leur terme. C'est pourquoi l'enfant nécessite une prise en charge et des soins spécifiques plus ou moins longs. Quand, après l'accouchement, on découvre son enfant pour la 1 re fois, celui-ci est, dans la majorité des cas, bardé de tuyaux en tout genre. Une image souvent impressionnante, mais dont l'impact psychologique disparaît au fur et à mesure que l'on comprend l'utilité de chaque instrument. La thermorégulation Le prématuré ne sait pas encore réguler sa température. Il est ainsi très souvent placé dans un incubateur (couveuse) qui maintiendra sa température à 37 °C. Cela permet également d'éviter qu'il se déshydrate, grâce à une atmosphère très humide. L'enfant en sortira le jour où il sera capable de maintenir sa température, et non, contrairement à ce que l'on croit, à partir d'un poids ou d'un âge donnés. Immaturité hépatique Les prématurés ont, presque tous, un ictère (jaunisse) dû à l'immaturité d'une des fonctions du foie : le métabolisme et l'élimination de la bilirubine. La conséquence est l'accumulation de bilirubine dans le sang, dont une partie est toxique, notamment pour le cerveau. On prévient très aisément cette pathologie grâce à la photothérapie : l'enfant est exposé, nu et les yeux protégés par un bandeau, à l'action des rayons d'une lampe bleue qui va accélérer l'élimination de la bilirubine. Immaturité digestive L'enfant prématuré n'a pas toujours assez de force pour téter. Il est donc « gavé » au moyen d'une sonde gastrique – un petit tube en plastique relié à une pompe, qui arrive directement dans l'estomac. Ce tube est maintenu au niveau de la lèvre supérieure à l'aide d'un sparadrap appelé « moustaches ». Si, à première vue, cette technique semble barbare, elle est en réalité relativement anodine, car l'enfant a le réflexe d'avaler la sonde naturellement ; la pose est donc très simple. Si l'immaturité est plus sévère et concerne également la digestion, il est alors nécessaire de poser un cathéter – un tuyau très fin, introduit dans une veine, et qui permet de nourrir l’enfant par voie intraveineuse. Immaturité du système nerveux central Cette immaturité nécessite une surveillance spécifique qui s'effectue en pratiquant régulièrement des électroencéphalogrammes et des échographies cérébrales au cours du 1 er mois de vie. Elle justifie également un suivi prolongé de ces enfants par les néonatologistes. 40 Immaturité pulmonaire Celle-ci se traduit par l’absence d’une substance indispensable dans le poumon : le surfactant, qui tapisse la surface des alvéoles pulmonaires. Lorsqu'un accouchement prématuré de moins de 34 SA est prévisible, on administre à la mère des corticoïdes afin d'accélérer la maturation des cellules qui fabriquent le surfactant. En cas de détresse respiratoire durant les toutes premières heures de vie du nouveau-né, un surfactant artificiel peut lui être administré par l'intermédiaire d'une sonde d'intubation. Ces méthodes ont révolutionné le traitement des détresses respiratoires. Immaturité du rythme cardio-respiratoire Les prématurés font fréquemment des pauses respiratoires (apnées) qui peuvent entraîner une diminution de la quantité d'oxygène transporté par les globules rouges et des ralentissements de la fréquence cardiaque (bradycardies). Ils sont donc, dans un premier temps, systématiquement reliés à un appareil (scope) qui mesure en continu la quantité d’oxygène transporté par les globules rouges, les fréquences cardiaque et respiratoire ainsi que la tension artérielle. La mesure du taux d'oxygénation se fait à l'aide d’un capteur lumineux indolore placé au niveau de la main ou du pied ; celle des fréquences cardiaques et respiratoires, par des électrodes placées sur la peau (3 en général), et celle de la tension, par un brassard à tension. Dans les cas plus sévères, il est parfois nécessaire d'assister, voire de prendre en charge la respiration de l'enfant (ventilation assistée ou artificielle). Celui-ci est alors relié à un respirateur au moyen de canules nasales (sondes) qui sont introduites dans les narines sur 1 cm, ou au moyen d’une sonde d’intubation – un tuyau introduit par une narine jusque dans la trachée de l’enfant. Immaturité immunitaire Cette immaturité est source d'infections plus ou moins fréquentes et graves. C’est pourquoi, dans les services de néonatologie, les précautions d’asepsie sont draconiennes : port de masque, utilisation d’une blouse spéciale, lavage fréquent des mains avant et après chaque manipulation, asepsie des soins, des prélèvements, des gavages... et interdiction pour l'entourage, en dehors des parents, d'approcher l'enfant (ce qui est parfois frustrant pour l'entourage proche, qui devra attendre que l'enfant soit suffisamment stable pour qu'il puisse quitter momentanément le service de néonatologie). Cependant, dans certains services, les frères et sœurs peuvent être autorisés à faire de courtes visites.
Pour aller plus loin… Les unités Kangourou La technique des mères Kangourou – maintenir le bébé contre sa poitrine et son ventre, ou peau à peau – est née à Bogota (Colombie), en 1978, pour pallier un manque de couveuses. En France, certains services de néonatologie possèdent une unité Kangourou, appelée « unité mère-enfant », où la couveuse de l'enfant est installée dans la chambre de la mère, et où les soins y sont également réalisés. Les soignants se déplacent vers la mère, et non l'inverse comme dans les services de néonatologie classique, où c'est à la mère de se rendre à pied (ou en chaise roulante si elle est encore trop affaiblie par l'accouchement) en service de néonatologie où sont regroupés les prématurés. Lactarium L'alimentation des grands prématurés commence le plus souvent avec du lait naturel maternel, car celui-ci diminue les risques d'intolérance et de complications digestives, d'où la création, en 1947, des premiers lactariums – ou banques de lait. « Peau à peau » Autrefois, la mère se sentait souvent exclue des soins prodigués à son enfant, car l'on pensait que seule l'équipe médicale était à même de s'en occuper. Aujourd'hui, il est largement admis que la présence du père et de la mère auprès de l'enfant est essentielle à son développement et que la chaleur dégagée par le corps maternel ou paternel vaut largement les bénéfices d'une couveuse. Si l'état de l'enfant est stable, les parents sont donc plus qu'encouragés à prendre leur enfant contre eux, « peau à peau », aussi souvent qu'ils le souhaitent. La manipulation (sortir l'enfant de la couveuse et le glisser sous les vêtements des parents) est parfois un peu rocambolesque – le nouveau-né devant rester branché à tous ses « fils » – mais reste toujours un moment privilégié. Si vous désirez faire un don de lait, n'hésitez pas à vous renseigner au lactarium de votre région, car les besoins en lait maternel ne sont pas toujours comblés. L'âge corrigé Lorsqu’on compare les acquisitions psychomotrices d’un prématuré à celles d’un nourrisson né à terme, le pédiatre tient compte de « l’âge corrigé » et non de l’âge réel. Lorsqu’un prématuré est né à 7 mois de grossesse, on peut dire qu’il a 2 mois d’avance. Lorsqu’il sera âgé civilement de 10 mois, il n’aura en réalité que 8 mois d’âge corrigé. Il faut donc le comparer aux performances d’un nourrisson de 8 mois et non pas à celles d’un nourrisson de 10 mois. Il n'y a pas de règle pour dire à quel âge la différence disparaîtra. Tout dépendra du développement de l'enfant. Les services de néonatologie Les maternités sont réparties en 4 types : • les maternités de type I sont sans hospitalisation néonatale ; • les maternités de type II A ont un service de pédiatrie néonatale ; • les maternités de type II B ont un service de soins intensifs ; • les maternités de type III ont un service de réanimation néonatale. 41



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