Bubble mag n°12 sep/oct 2009
Bubble mag n°12 sep/oct 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de sep/oct 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : best of blog.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Brad Pitt propos recueillis par Franck Rousseau, à Los Angeles Pour les femmes, il incarne le Barbie mâle aux pectoraux lisses, la sensualité à l’état brut. Pour les hommes, c’est LE cauchemar récurrent. Pour les médias, c’est un phénomène : une icône vivante, qui se situe quelque part entre James Dean et Robert Redford. Mais, à la ville, Monsieur Brad est surtout un homme simple qui a su donner – avec sa compagne, l’actrice Angelina Jolie –, un vrai sens à sa vie. Père de six enfants, celui qui était jadis un acteur immature et centré sur lui-même s’est métamorphosé en véritable papa responsable. Pour Bubblemag, Brad nous livre cette interview qui « Pitt-ille » ! Dans votre dernier film L’Étrange Histoire de Benjamin Button, votre personnage retourne en enfance, au sens littéral du terme, puisque, au lieu de vieillir, Benjamin Button rajeunit au fil des ans. Votre fontaine de Jouvence à vous, c’est quoi ? Mes six enfants ! Croyez-moi, il faut avoir la santé pour élever une telle tribu. Angelina et moi, nous sommes en mouvement perpétuel et c’est ce qui nous maintient en forme ! Dans cette œuvre, vous êtes grimé et maquillé. Je ne sais pas si votre « tribu » est venue vous rendre visite sur le plateau, mais, si c’est le cas, comment a-t-elle réagi en vous voyant en vieillard ? J’ai beaucoup hésité avant d’accepter qu’ils viennent me faire un petit coucou. Je me suis dit que j’allais les traumatiser, ainsi maquillé. En fait, du plus petit aux plus grands, ils n’ont fait aucun commentaire. J’ignore si c’est parce qu’ils sont habitués à me voir jouer, mais je n’ai vu aucun étonnement dans leur regard. Que papa n’ait plus de cheveux et ait pris cinquante ans, cela leur est passé complètement au-dessus de la tête ! Le film se déroule en partie dans un hospice. Est-ce un lieu que vous avez fréquenté activement pour mieux « habiter » votre personnage ? Non. En revanche, j’ai des membres de ma famille qui y résident. J’ai aussi un ami qui travaille dans un hospice et il m’a dit qu’à chaque fois qu’il discutait avec des gens proches de la mort, ces derniers ne parlaient pas de leur carrière, de leurs trophées, du livre qu’ils ont écrit ou de leur réussite professionnelle, mais de leurs regrets et des êtres qu’ils ont aimés et dont ils n’ont pas suffisamment « profités ». Le film de David traite 16 Franck Rousseau également de la disparition des gens que l’on aime et de la manière dont nous gérons leur départ vers d’autres cieux. Avez-vous conscience, Brad, d’être aujourd’hui le papa le plus séduisant du monde ? Pour l’anecdote, Dustin Hoffman a dit de vous : « Comparés à Brad Pitt, tous les pères ressemblent à de vulgaires oignons » … C’était peut-être vrai avant que je devienne papa de six enfants (rire) ! Se réveiller 10 fois au milieu de la nuit parce que vos bébés sont en pleurs, ça vous ruine un sex-appeal en un rien de temps ! Vous avez vu mes cernes ? Si les filles qui rêvent devant mon poster me voyaient le matin au réveil, elles déchanteraient sûrement. Bref, vous l’aurez compris : j’ai un monstrueux déficit de sommeil. Après Shiloh, les jumeaux nous font des irritations aux fesses à répétition. Au début, c’était par périodes, mais maintenant cela s’est aggravé. Vous ne connaîtriez pas, en France, la marque d’une crème pour soigner les érythèmes fessiers, par hasard ? Je suis preneur (rire) ! Comment la paternité a-t-elle chamboulé votre emploi du temps, votre quotidien et votre mode de vie ? Si je prends encore plaisir à travailler, à tourner des films ou à les produire, je dois admettre néanmoins que je m’épanouis plus, désormais, en passant du temps avec mes enfants à la maison. Avant, lorsque je partais de chez moi, je me disais : « Quel est mon emploi du temps aujourd’hui ? » Dorénavant, ça serait plutôt : « À quelle heure vais-je finir ma journée ? » Vous saisissez la nuance (rire) ? Et même si je n’ai aucun regret sur mes rôles passés, je fais maintenant davantage attention aux personnages que j’interprète, car je sais que mes enfants tomberont un jour sur ma filmographie. Et, vous vous en doutez bien, je n’ai nullement envie de les décevoir... Laisseriez-vous entendre qu’avoir des enfants rendrait les stars moins égocentriques et plus responsables ? C’est l’évidence ! Et pas seulement les gens connus ! Lorsque vous avez des enfants, vous ne dites plus « je », mais « eux » ou « nous ». Devenir papa a littéralement changé mes perspectives et mes priorités, ce qui me fait un bien fou. J’étais tellement fatigué de ne songer qu’à ma petite personne ! Mes enfants m’ont poussé à me « désacraliser », en quelque sorte. Pendant le tournage de Sept ans au Tibet, les moines bouddhistes m’avaient déjà fait comprendre que, pour accéder à une forme de pureté éternelle, il fallait faire abstraction de la beauté, de la gloire et de la fortune. Dans l’univers dans lequel j’évoluais, j’étais plutôt mal barré ! Avec les enfants, je suis passé à la vitesse supérieure, en m’asseyant définitivement sur mon ego (rire) !
À ce propos, comment réagit Maddox, votre fils aîné, lorsqu’il voit votre tête sur des affiches géantes ou en couverture des magazines ? Nous avons eu une grande discussion à ce sujet. Il a finalement compris qu’il était préférable de voir en couverture des médecins, des pompiers, des découvreurs, des individus qui font quelque chose de concret pour rendre notre monde meilleur, des types qui sauvent des gens, qui se sacrifient pour une belle cause. Ce sont eux, les vrais héros. Moi, il faut bien l’admettre, je ne fabrique que du vent… Je n’ai pas non plus envie d’être perçu comme un monument, comme une icône ou de devenir une statue sur laquelle les pigeons déféqueront (rire). Entre nous, j’ai plutôt l’impression d’être un mec normal, pris au piège dans le corps d’une star de cinéma. Les acteurs sont traités comme des personnes très spéciales. Du coup, certains de mes confrères vivent dans le mensonge permanent. Ils s’imaginent être « élus », différents, voire supérieurs, et c’est le piège. J’aurais pu moimême être pris à ce piège si je n’avais pas eu autour de moi des amis ou des membres de ma famille – et surtout mes enfants ! – pour me faire redescendre sur terre. À travers eux, je me suis réinventé. Et que pensez-vous leur apporter ? L’équilibre, la joie de vivre, l’envie de s’épanouir, de se construire. J’adore leur faire découvrir la nature. En ce qui me concerne, vivre en harmonie avec l’environnement, c’est bien meilleur que de carburer au Prozac ! Je m’efforce surtout de leur trouver de nouveaux jeux ou challenges, tous les jours. Et, croyez-moi, il faut avoir de l’imagination et aussi la santé, car s’il y a bien quelque chose que ne supportent pas mes enfants, c’est la routine ! Quel enfant était William Bradley Pitt alias Brad Pitt ? Intrépide, très sportif et toujours partant pour faire des bêtises (rire) ! Une vraie terreur. Je ne tenais pas en place. Il fallait que ça bouge. Au départ, je voulais être grand reporter-photographe, puis j’ai eu ma période « disco ». Je rêvais, en effet, de ressembler à John Travolta et de faire des génuflexions comme lui dans La Fièvre du samedi soir. Son costume avait beau être tarte, j’étais véritablement fan du monsieur. Dans les interviews que vous donnez, vous ne parlez pratiquement jamais de votre maman... (rire) Parce qu’on ne me pose jamais la question… Je vous la pose, alors. Comment vous a- t-elle éduqué ? Ma mère, qui était « High School Councelor » – conseillère d’orientation dans un établissement scolaire –, a toujours été le ciment de la famille, celle qui se décarcassait – et qui se décarcasse toujours, d’ailleurs – pour qu’il y ait une vraie cohésion entre nous. C’est une femme chaleureuse et dévouée. Une maman à l’écoute, surtout. Je la revois venir dans ma chambre et parler des heures avec moi. Elle en faisait de même avec Doug et Julie, les cadets. Elle savait très vite déceler ce qui n’allait pas et n’avait pas son pareil pour me redonner le sourire... Et papa Pitt ? Il n’a jamais été un grand bavard. Et les rares fois où il parlait, nous l’écoutions religieusement tant il nous impressionnait ! Il était directeur d’une société de transports routiers. Un métier rude et très prenant. Depuis que vous vivez sous le même toit qu’Angelina Jolie, avez-vous le sentiment d’avoir changé ? Comme vous le savez, Angelina est très impliquée dans l’humanitaire. C’est une mission qui lui tient à cœur et, croyez-moi, elle s’y investit à fond. J’avais déjà un certain regard sur ce monde en folie, mais je dois avouer qu’Angelina m’a véritablement ouvert les yeux. À son contact, je pense avoir pris une dimension plus « humaine », et surtout moins nombriliste. Chaque matin en me levant, je me demande ce que nous pourrions faire pour que cette Terre tourne un peu plus rond. Angelina m’a, en quelque sorte, insufflé une conscience ! Vous donnez l’impression d’être sur un petit nuage… Au contraire, je n’ai jamais été si terre à terre ! Avec des enfants, vous n’évoluez pas dans l’abstrait, mais dans le concret. Un enfant, c’est un petit être qui doit être encadré, structuré. Par conséquent, vous ne pouvez pas passer votre vie à regarder en l’air. Même si j’ai une passion pour l’observation des étoiles (rire) ! Vous êtes très impliqué dans l’environnement et les associations caritatives. Parleznous d’une de vos actions les plus récentes. J’essaie d’intervenir là où le besoin s’en fait cruellement sentir. Mais pas seulement dans les pays du tiers-monde. Grâce à des organisations caritatives comme Global Green USA, nous avons pu aider à la construction de 10 000 maisons écologiques dans le comté de Ninth Yard, l’un des plus touchés par le cyclone Katrina. Pour ma part, j’ai lancé un concours d’architecture à l’échelle planétaire. Trois mille candidats ont répondu à l’appel, l’objectif étant de dessiner une maison qui respecte l’environnement, qui soit économique, fonctionnelle et qui s’intègre dans le paysage… J’ai cru comprendre que vous étiez également très concerné par l’éducation scolaire aux États-Unis ? Oui ! J’ai toujours autant de mal à me faire à l’idée que le pays le puissant de la planète – ce pays où je suis né – verse des salaires de misère aux instituteurs censés encadrer les jeunes générations. Je trouve ça d’autant plus absurde que, en ne donnant ni les moyens ni des rémunérations décentes à ces formateurs, nous nous dessinons un avenir au rabais. Il paraît que, grâce à vos connaissances en architecture, vous seriez le champion des papas pour ériger des tours en Lego ? J’ai bien essayé de construire quelques édifices en Lego ou en cubes avec Maddox, mais, pour l’heure, il semble plus intéressé par le base-ball ! Plus tard, vous voyez-vous en papy gâteau ou plutôt en papy grognon ? Avec le tas de petits-enfants que j’aurai, je ne pourrai qu’être un papy hyper cool ! Quand je me projette dans le futur, je me vois très bien avec mes petits-enfants, au coin d’un feu crépitant, et me faire appeler « papy Brady » (rire)… 17



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