Bubble mag n°10 fév/mar 2009
Bubble mag n°10 fév/mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de fév/mar 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'anglais et les kids

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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*ConciLiabulle INTERVIEW PEOPLE Will Smith Roi des blockbusters qui dépotent, Will Smith, 40 ans, est aujourd’hui la star la plus rentable du star system. Une belle revanche sur la vie pour ce solide gaillard issu d’un milieu modeste. Mais la vraie richesse, à ses yeux, est ailleurs. Et cet « ailleurs », ce sont ses trois enfants : Willard « Trey » Smith III, 16 ans, né d’un premier mariage, Jaden Christopher, 10 ans, et Willow Camille, 8 ans, qu’il a eus avec sa femme, Jada Pinkett. Vous nous avez ému aux larmes dans À la recherche du bonheur. Ce film a été pour vous l’occasion de donner la réplique à votre propre fils, Jaden, dix ans aujourd’hui. C’est vous qui l’avez poussé à devenir acteur ? C’est surtout Jaden qui m’avait convaincu qu’il pouvait assurer comme une bête (rire) ! Il est pratiquement né sur un plateau de cinéma. Attention : j’ai dit « né », pas conçu (rire) ! Il était tellement naturel qu’il m’a quasiment volé la vedette. Les gosses, de nos jours, n’ont décidément plus aucun respect pour leurs parents (rire) ! Il n’a jamais paniqué ni ressenti une quelconque pression ? Jamais ! Rien ni personne ne peut perturber Jaden. Avec lui, la première prise était généralement la bonne. Il y a deux ans, nous l’avions emmené visiter le Taj Mahal, en Inde. Je lui ai raconté l’histoire de l’empereur Shah Jahan, 28 Will Smith et son fils Jaden qui construisit ce palais pour émerveiller sa femme, la sublime Mumtaz Mahal. Vous savez ce qu’il m’a répondu ? « J’espère que ce mec n’a pas construit tout ça tout seul, parce que Mumtaz, à la fin, elle devait être vachement vieille ! » Jaden ne tourne jamais autour du pot (rire) ! Will Smith en tant que père, vous le définiriez comment ? Je suis un père exigeant, mais pas un tyran. Quand l’un de mes enfants fait une bêtise, je ne me pose pas en donneur de leçons, ni en moralisateur, car je sais que des bêtises, j’en ai fait aussi. Se présenter à eux comme une personne qui ne détient pas la grande vérité, cela permet de créer un dialogue. Dans quel état d’esprit étiez-vous à la naissance de vos deux derniers enfants ? La naissance de Jaden et de Willow, c’était quelque chose de magique, vous savez. par Franck Rousseau Franck Rousseau Pour mon premier enfant, je ne pouvais pas me concentrer, tellement j’étais terrifié à l’idée que l’accouchement puisse mal se passer. Là, j’ai pu me décontracter, j’ai même coupé le cordon ombilical. Willow était divinement belle. Quant à Jaden, j’avais l’impression d’avoir un petit extraterrestre devant moi. Il braillait, avec toutes ses amygdales déployées ! Jaden est déjà un comédien expérimenté et très demandé. Comment le protégezvous face au cirque médiatique et à ce milieu si superficiel que l’on appelle « Hollywood » ? Je tiens à ce qu’il respecte ses maîtres et qu’il se conduise bien en classe. Qu’il ait conscience de l’autorité des adultes et qu’il ait surtout de meilleurs résultats scolaires… Parce que, de ce côté, ce n’est pas folichon. Je ne voudrais pas que Jaden s’imagine qu’il suffit de dire « je m’appelle Jaden Smith »
pour obtenir tout ce qu’il désire. Lui mettre en tête qu’il est un élu, un enfant différent des autres, ce serait la pire des choses. Avec ma femme, nous essayons de lui inculquer des valeurs qui nous sont chères, comme le respect d’autrui, la persévérance, l’intégrité et l’écoute des autres. Certes, Jaden sait qu’il est tombé dans une famille aisée, mais il sait aussi que nos destins peuvent très vite basculer... Je lis pas mal d’ouvrages sur ceux qui héritent de beaucoup d’argent, afin d’essayer de comprendre les effets que cela risque d’avoir. Ce n’était pas le cas pour vous, lorsque vous aviez l’âge de Jaden ? Lorsque j’étais gosse, je n’avais qu’une paire de baskets à me mettre aux pieds. Mes parents attendaient qu’elles soient usées jusqu’à la corde avant de me les changer. Quand mon ballon de basket crevait, on n’allait pas m’en racheter un autre sur-lechamp : je devais attendre Noël ou mon anniversaire pour le remplacer. Qui était votre héros préféré lorsque vous aviez une dizaine d’années ? Superman ! Voler était en effet mon grand fantasme à l’époque. J’ai même cru, un temps, qu’avec mes oreilles de Dumbo je pourrais être capable d’un tel prodige ! « Quand l’un de mes enfants fait une bêtise, je ne me pose pas en donneur de leçons, ni en moralisateur, car je sais que des bêtises, j’en ai fait aussi. » Plus sérieusement... Sans hésiter, Nelson Mandela et mon père. Sa vie n’a pas été facile, mais il ne s’est jamais plaint. J’apprécie les personnes qui ont de l’endurance et une vision. Comme Obama, par exemple. Il va avoir un énorme impact chez les jeunes Afro-Américains. Jusqu’à présent, une certaine Amérique les percevait comme de la graine de vauriens. Obama va permettre à ces « kids » de briser l’image d’éternel basketteur ou rappeur qui leur colle à la peau. Ces mômes n’avaient jamais envisagé que l’un de leurs frères de sang puisse aller si haut, si loin. En assistant à la fulgurante « success story » d’Obama, ils ont compris que rien n’est impossible pour celui qui ne baisse pas les bras ! D’ailleurs, vous verrez, dans les années à venir, on ne dira plus « Afro-Américain », mais « Américain » tout court ! Parlez-nous justement de votre père. Je crois savoir qu’il avait un sacré tempérament... C’était un colosse qui ne mâchait pas ses mots. Sous la férule de mon père, je filais doux. Je me suis pris des tapes sur les fesses dont vous n’avez même pas idée ! Ces punitions corporelles ne m’ont pas pour autant traumatisé. Bien au contraire. Mon père a fait de moi un soldat à même d’affronter les aléas de la vie. Il m’a forgé le caractère... et blindé accessoirement l’arrière-train ! Quel métier exerçait-il ? Frigoriste et installateur de climatiseurs. Lorsqu’il bossait et que je n’étais pas à l’école, il m’obligeait à venir avec lui. Je me revois à 5 ou 6 ans, dans les sous-sols des supermarchés, l’aider à brancher des congélateurs industriels. On ne sentait plus nos mains à cause du froid, mais ce sont des moments que je n’oublierai jamais. Pour me récompenser, papa me préparait ensuite un bon chocolat chaud et me filait quelques dollars que je m’empressais de glisser dans ma tirelire ! Quid de votre mère ? Même moule ! Elle avait – et a toujours – t une autorité naturelle. Il suffisait qu’elle me regarde droit dans les yeux pour me faire passer le message. Un matin, je suis sorti de la voiture, j’ai marché quelques mètres, puis j’ai poussé la porte d’un building. Je pensais que ma mère me suivait. Pensez donc, elle était toujours assise ! J’ai rebroussé chemin et, une fois arrivé au niveau de la vitre, j’ai compris mon erreur : j’avais omis de lui ouvrir la porte. Un regard a suffi pour me faire passer l’envie de recommencer ! Vous venez de passer le cap des quarante ans. Dur-dur ? Quarante ans ! Pffff ! ça ne me fait rien. C’est juste un chiffre. Un changement de dizaine. Par contre, ce qui me fait comprendre que je ne rajeunis pas, c’est lorsque je suis assis dans une voiture conduite par Willard, mon fils aîné âgé de seize ans. Là, vous prenez un vrai coup de vieux. Surtout quand votre gamin vous aide à mettre correctement la ceinture de sécurité et vous demande à tout bout de champ si vous n’avez pas mal au cœur ! Comme si j’étais déjà grabataire (rire) ! 29 Franck Rousseau



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