BIZweek n°73 27 nov 2015
BIZweek n°73 27 nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°73 de 27 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Capital Publications Ltd

  • Format : (260 x 370) mm

  • Nombre de pages : 18

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : avec Business Mauritius, j'ai peur que...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Q & A 6 On a très peu de terrains disponibles. On est également restreint au niveau de la démographie. L’Afrique a un énorme potentiel, et avec l’avènement d’un marché commun, les choses seront encore plus intéressantes. D’ailleurs, près d’une quinzaine d’entreprises mauriciennes se sont déjà positionnées pour tirer bénéfice de l’Afrique. On pourra s’attendre à des échanges de business et de transactions pour donner un boost au commerce Maurice-Afrique baisse était-elle réellement nécessaire ? Je ne suis pas économiste, mais avec le peu d’expérience que j’ai dans le domaine, je peux essayer de répondre à la question. L’économie mauricienne a évolué positivement depuis quelques années, surtout pendant la période de 2008-2009 où on a enregistré des ‘record growths’. Après, en raison des événements et évolutions globaux, les choses ont changé. Aujourd’hui, bien que la croissance soit moindre, il n’empêche qu’elle est là. En tant qu’entrepreneurs ou directeurs d’entreprises, nous sommes concernés par le bon roulement de l’entreprise, les profits. Le taux directeur, qui est resté stable à 4,65 points depuis juin 2013, nous a beaucoup aidés. Nous travaillons tout en étant exposés aux défis externes. En tant qu’exportateurs, nous devons nous assurer de notre compétitivité face à l’évolution du marché global. Deux facteurs nous ont causé d’énormes problèmes. En premier, il y a la parité roupie-dollar. Le dollar a apprécié considérablement et cela nous a causé préjudice surtout parce que nous importons plus de 60% de nos produits en dollars. En deuxième lieu, il y a eu la baisse de l’euro. Cela a impacté sur le secteur du tourisme, les exportateurs, et certaines grosses boîtes. C’est là que le taux directeur a joué son rôle en restant stable. Par contre, il n’a pas aidé à attirer beaucoup d’investissements et d’épargne. Donc, une baisse du taux directeur, à mon avis, ne va pas non plus aider à attirer les investissements et l’épargne. Je pense que si la Banque centrale l’avait maintenu à 4,65 points, cela aurait pu continuer à avoir un effet positif sur l’investissement, bien que minime. NVous avez parlé du dollar et de l’euro. Comment accueillez-vous le fait que le Fonds Monétaire International (FMI) envisage d’intégrer la monnaie chinoise dans le même panier de devises réserves que le dollar, l’euro, la livre sterling, et la monnaie japonaise ? Vous savez, la monnaie chinoise a toujours évolué de façon indépendante. On ne savait donc pas la force du yuan par rapport au dollar, à l’euro ou la livre sterling. Donc, je trouve que c’est une bonne initiative de la part du FMI. Les exportations chinoises ont envahi le monde parce que les autorités chinoises jouaient avec le yuan. Mais aujourd’hui, en établissant une parité avec les autres devises, on saura mieux à quoi s’attendre. Par exemple, la parité de la roupie et le yuan ; Il était difficile pour nous de voir notre monnaie apprécier ou déprécier, face au yuan, sans savoir pourquoi. Les récents événements sur la bourse de Shanghai, le débalancement de l’économie chinoise démontrent clairement qu’il est désormais difficile d’évoluer de façon indépendante. NCela veut-il dire qu’il nous faut maintenant faire plus d’affaires en yuan/renminbi ? Auparavant, notre choix se limitait à trois devises principales, le dollar, l’euro et la livre sterling. Maintenant, si la monnaie chinoise fait partie du panier international, on aura plus de choix. N’oubliez pas qu’on travaille également avec le COMESA-SADC pour une monnaie unique pour tous les pays d’Afrique. On était restreint au dollar et à l’euro majoritairement, et quelques monnaies africaines qui souhaitent que leurs monnaies deviennent le ‘common denominator’ ; maintenant on pourrait choisir le yuan, par exemple. NJustement, vous avez évoqué la zone COMESA-SADC, et la zone de libreéchange tripartite (COMESA- SADC-EAC) a été lancée cette année. Mais le commerce vers l’Afrique est encore faible alors qu’on parle de l’Afrique comme l’avenir. Comment devons-nous nous y prendre ? Ça a été proposé dans le Budget. La création de l’Africa Fund est une bonne initiative. Cela va inciter les investisseurs locaux à la découverte de l’Afrique et les opportunités qui sont offertes. Maurice est quand même restreint quant à la capacité d’agrandir le business dans n’importe quel domaine. On a très peu de terrains disponibles. On est également restreint au niveau de la démographie. L’Afrique a un énorme potentiel, et avec l’avènement d’un marché commun, les choses seront encore plus intéressantes. D’ailleurs, près d’une quinzaine d’entreprises mauriciennes se sont déjà positionnées pour tirer bénéfice de l’Afrique. On pourra s’attendre à des échanges de business et de transactions pour donner un boost au commerce Maurice-Afrique. VENDREDI 27 NOVEMBRE 2015 BIZWEEK ÉDITION 73 L’avantage des pays africains est qu’ils ont beaucoup de ressources naturelles ; alors que nous n’en avons rien comme tel. Mais nous avons d’autres avantages. Nous avons acquis une expérience. Nous sommes bien positionnés au sein de l’Afrique, si on se réfère aux classements. Notre expérience sera à la portée de l’Afrique, ainsi que le capital. L’Afrique nécessite beaucoup de capital pour émerger comme il faut. Par ailleurs, le marché africain représente des milliards de consommateurs. Donc nous avons un marché à exploiter. NQuittons l’Afrique pour le Good Governance and Integrity Reporting Bill. Qu’est-ce que vous en pensez ? Franchement, je n’ai pas trop suivi tout le débat autour de ce projet de loi. Mais je peux dire que la bonne gouvernance a toujours fait partie des engagements du secteur privé. Je vais parler de façon plus générale sans faire allusion au Bill qui est principalement au niveau du gouvernement. Il faut de la transparence dans tout ce qu’on fait. Je gère une entreprise. Je dois présenter mes comptes audités qui sont d’ailleurs disponibles au Registrar of Companies. De l’autre côté, un individu qui ne possédait rien devient riche du jour au lendemain, ou après quelques années seulement ; et on ne sait pas comment il a fait fortune. A- t-il contribué à la taxation, comme je l’ai fait ? On ne sait pas. Les questions sont là, et la bonne gouvernance et la transparence sont essentielles pour n’importe quel pays. La bonne gouvernance s’applique au sein d’une maison également. Si vous gagnez de l’argent, et les membres de votre famille ne savent pas ce que vous faites, comment vous l’obtenez, il y a un problème. Mais en règle générale, que tout soit rédigé dans l’intérêt de tout un chacun. NSingapour ou Dubaï. Lequel vous préférez comme modèle pour Maurice ? Maurice a toujours été inspiré par Singapour, car il nous ressemble. J’aime les deux pays, Dubaï et Singapour. J’y ai beaucoup voyagé. Entre ces deux pays, Singapour est quand même un ‘brand’. Dubaï commence à le devenir. Le Singapour a attiré des investissements étrangers en mettant en place un système pour encourager les gens à venir travailler à Singapour. Dubaï a fait presque la même chose, quelques années après. La différence est que Dubaï était parrainé par tous ses confrères du pétrole, et il y a eu un développement très rapide. Je préfère qu’on se sert de Singapour comme modèle pour Maurice bien que notre pays ait sa propre identité. L’essentiel est qu’on prend uniquement le modèle pour se développer et renforcer notre propre identité au lieu de devenir un autre Singapour ou un autre Dubaï. On doit revoir certains aspects à Maurice. Par exemple, les jeunes ont-ils facilement accès à la finance pour lancer leur entreprise ? Si demain vous voulez lancer un journal et avez besoin de l’argent pour mettre en place les infrastructures, aurez-vous facilement un prêt bancaire ? Je pense que la Vision 2030 du Premier ministre est une bonne initiative. Il faut établir un cahier de charges et procéder étape par étape. Sinon après 5 ou 6 ans, personne ne saura ce qui a abouti ou pas.
A C T A P U B L I C A VENDREDI 27 NOVEMBRE 2015 BIZWEEK ÉDITION 73 7 VOLS DE DONNÉES BANCAIRES DES PRÊTS FINANCIERS SUSPECTS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX « Bonjour les amis, Finissez vos soucis financiers ». Vous avez dû certainement croiser, un jour, un de ces messages sur Facebook vous promettant un prêt bancaire. Des fois, c’est un certain Monsieur Bidasse qui travaille pour BNP Paribas, ou alors une certaine Shelina qui prend contact avec vous, en envoyant une requête d’amis, qui soutient travailler pour la Société Générale de France. BIZweek s’est prêté au jeu pour voir plus clair ORNELLA THATHIAH 10h15, le 9 octobre. C’est une journée plutôt relaxante après la parution du journal. On ne résiste pas à l’envie de vérifier le désormais célèbre réseau social Facebook. Entre 21 heures hier (heure à laquelle on a décroché de la plateforme) et 10 heures ce jour-là, on a eu cinq requêtes d’amis. Trois d’anciennes connaissances et deux inconnus. On accepte les trois et jette un coup d’œil rapide aux profils des deux autres. Rien d’anormal, donc on accepte également. Même pas deux minutes se sont écoulées que notre boîte de messagerie affiche le p’tit numéro en rouge. « Vous parlez français ou créole ? » C’est Shelina, un des deux inconnus dont on vient d’accepter la requête d’amitié. La demande d’ami de Shelina, qui est sans conteste un faux profil, est suivie, quelques minutes plus tard, par celle d’Annabelle. Cette scène, qui en premier lieu n’a rien de louche, semble faire pourtant partie intégrante d’un vaste réseau d’escroquerie. Nombreux sont les utilisateurs de Facebook à avoir vu ces messages  : « Bonjour les amis, Finissez vos soucis financiers. Moi je rends grâce à Dieu d’avoir mis sur mon chemin ce monsieur Gédéon Pierre BIDASSE. Qui a cru un moi et m’a donné la joie de vivre, en m’octroyant un prêt de 800.000rs… » Ce message est placardé sur les profils de plusieurs personnes et serait l’œuvre des hackers. D’autres, comme Shelina, établissent un contact direct avec une personne en particulier, par voie de messagerie, pour tenter de la piéger. Ainsi, lors de nos échanges, Shelina se présente comme « … une Mauricienne résidant en France depuis quelques mois déjà. » Cette dernière prétend travailler pour une importante banque française, la Société Générale. Pour prouver ses dires, elle poste également un lien redirigeant vers le site web de la société en question. « Nou cav coz kreol si ou le », ajoute-t-elle comme pour prouver qu’elle est bien Ali 60% 20:32 Gedeon Pierre bidasse littps://rn.-Pacel9ook.com/friends, Il Accueil Profil Retrouver des amis Messages Motifications(1) Discussion instantanée(l1) Menu Gedeon Pierre aidasse Annuler la demande Travaille chez Expert-comptable et F kli" Paribas A étudié a Panthéon Sorbonne Habite a Lens Morié(e) i) Lii9e, Centre, France Afficher le profil Recherche Installer Facebook sur votre ealaxy S III pour naviguer plus rapidement Mauricienne et qu’elle « essaye d’aider ses compatriotes. » Il s’agit de la première approche. Après avoir brisé la glace, confiante d’avoir gagné la confiance de son interlocuteur, Shelina commence par poser plusieurs questions personnelles. Lieu de résidence, statut marital, nombre d’enfants, lieu de travail, projets d’avenir… Tout y passe. Elle nous envoie même un formulaire à remplir pour l’obtention d’un prêt d’un montant à partir de Rs 100 000. Elle reste toutefois floue quant au montant maximal qu’on peut obtenir. L’optique de cet interrogatoire virtuel est de tirer un maximum d’informations dans le but d’utiliser les données collectées pour pirater les comptes et de s’approprier l’identité de la personne. Après avoir obtenu ce qu’elle recherchait, Shelina exige que sa victime lui fournisse des informations sur son compte bancaire pour, selon elle, poursuivre les démarches auprès du « directeur de la banque » en question. Elle tombe pourtant dans son propre piège, et dévoile son jeu, lorsqu’elle se trompe sur le nom du « directeur de la banque ». Elle nomme Charles Desjardins, alors que le véritable directeur est Frédéric Oudéa. Devant notre réticence à fournir les informations qu’elle recherche, et après avoir été inondée de questions, Shelina perd patience et joue son va-tout. « Si vous ne me croyez pas, vous pouvez toujours demander à ma cousine Annabelle. Elle est dans votre liste d’amis sur Facebook. Nous lui avons offert un prêt quand elle avait fait une demande. » Enter Annabelle, la cousine ! Cette dernière confirmera les dires de sa « cousine » en nous livrant, malencontreusement, des informations que l’on avait fournies uniquement à Shelina. Ce qui porte à croire que l’astuce est bien huilée. Que les deux sont complices et qu’Annabelle lit les messages qu’on partage avec Shelina pour ensuite tenter de nous convaincre. Mais devant notre scepticisme et face à nos questions persistantes, elles choisissent de nous bloquer immédiatement sur Facebook. Toutefois, leurs profils sont toujours actifs, probablement en quête de nouvelles victimes. On n’en saura pas plus de Shelina. Mais on a envoyé un courriel à la Société Générale – pour laquelle Shelina affirme travailler – afin de vérifier son histoire. Si pour l’heure on n’a rien reçu comme réponse, on croit difficilement que cette société française, très réputée globalement, peut s’impliquer dans une telle affaire. Le vol de données bancaires est néanmoins courant. Y a-t-il donc une fin à ce genre de problème ? Non ! nous répond catégoriquement Pravesh Behari de la Cybercrime Unit du CCID. Mais il précise que nous pouvons diminuer les cas en sensibilisant les Mauriciens. AUCUNE PLAINTE À MAURICE Les prêts bancaires via Facebook est, selon Pravesh Behari, un type de fraude parmi tant d’autres. Il explique que le premier type de fraude du genre était le Nigerianemails scams. Des gens recevaient des courriels les informant qu’ils ont gagné à la loterie et la cagnotte est de plusieurs millions de dollars. Il ajoute que SUITE EN PAGE 8



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