BIZweek n°45 18 mai 2015
BIZweek n°45 18 mai 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de 18 mai 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Capital Publications Ltd

  • Format : (260 x 370) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,9 Mo

  • Dans ce numéro : Navin Ramgoolam en état d'arrestation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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A C T A P U B L I C A 6 Bonne gouvernance. Voilà bien des termes qui sont répétés dans divers ateliers de travail, et encore davantage maintenant que des scandales financiers se succèdent. Il est très facile d’organiser des séminaires et d’inviter les CEO et les hauts cadres à y assister. Mais encore faut-il que les principes de bonne gouvernance soient respectés dans la pratique. Ce qu’ils ne sont pas toujours à Maurice. C’est ainsi qu’en juin 2014, Capital Publications/BIZweek s’est intéressé au cas d’ENL Land Limited, en y consacrant une enquête. C’est cet article que Transparency Mauritius a récompensé, le 4 mai dernier, en nous décernant l’Investigative Journalism RELATED PARTYTRANSACTIONS d'omission d'ENL Land Ltd L'un des directeurs d'ENL Land a bénéficié, en 2011, d'une option pour l'acquisition de plusieurs arpents de terrain évalués à Rs 70 millions, appartenant à la compagnie. Une transaction qui avait figuré dans les rapports annuels de 2011 et 2012, sous l'item de `related party transactions.'Mais il s'avère qu'aucune mention n'en est faite dans le rapport de 2013. Que peut-on conclure ? Ii s'agit d'un « oubli », nous répond ENL Land INFORMATION L"option on Land Sale'a été offerte au Group Chief Executive d'ENL, Hector Espitalier-Noël HERRSHA LUTCHMAN- BOODHUN es conférences et les multiples ateliers de travail sur la bonne gouvernance et la transparence s'enchainent â Maurice depuis quelques années. Un rapport dans ce sens, â savoir le National Code on Corporate Governance, a même été rendu public en 2003-04. Il est, en somme, question de bonnes pratiques, tant au niveau de la gérance des compagnies privées qu'au niveau des rapports financiers rendus publics sur une base régulière. Afin de juger si la greffe a bien pris, Capital Publications a passé en revue plusieurs rapports de compagnies listées. C'est ainsi que notre attention a été attirée par celui d'ENL Land Ltd, plus particulièrement sur l'item'Related Party Transactions', soit des transactions entre parties liées. Par définition, il s'agit de transactions par des personnes ayant un intérêt direct dans la compagnie de par leur position hiérarchique ou en tant qu'actionnaire, et qui sont directement ou indirectement liées à celle-ci (la compagnie) par des transactions commerciales. Dans les rapports de 2011-2012 d'ENL Land Ltd, mention est faite, sous l'item des transactions entre parties liées, de la transaction suivante : ANNÉE 2011 Note 41 : RELATED PARTY TRANSACTIONS Option on Land Sale to Director : Rs 70, 000, 000 ANNÉE 2012 Note 41 : RELATED PARTY SAMEDI 16 MAI 2015 BIZWEEK ÉDITION 45 BIZweek récompensé par Transparency Mauritius Award 2015 dans la catégorie ‘Print’. Notre enquête – paru en trois parties dans nos éditions du 16 juin 2014, 23 juin 2014 et 17 janvier 2015 – a permis de souligner que les ‘Related Party Transactions’sont choses courantes, comme le prouve d’ailleurs le cas BAI. Mais certaines de ces transactions sont, des fois, omis des rapports annuels. Ainsi, en feuilletant le rapport 2012 d’ENL Land, on est tombé sur une ‘Option on Land Sale to Director’. Mais l’option n’apparaît pas dans le rapport de 2013. Pour quelle raison ? Et pourquoi un seul directeur a bénéficié de cette option ? La compagnie en question devait nous informer que c’était un « oubli », et l’auditeur qui a signé le rapport de 2013 a laissé comprendre que l’omission relevait d’une « erreur ». S’en est ensuivi des échanges de correspondance entre BIZweek et ENL Land pour tenter d’y voir plus clair. La dernière réponse du département de communication de la compagnie nous demandait d’attendre le rapport de 2014… Ce que nous avons fait. « Hector Espitalier-Noël renonce à 11 arpents à Bagatelle », article paru en janvier, devait marquer la fin de notre enquête. Nous reproduisons ci-dessous l’article primé par Transparency Mauritius : TRANSACTIONS Option on Land Sale to Director : Rs 70, 000, 000 l'identité du directeur en question ri est toutefois pas révélée. Cependant dans le rapport de 2013, on note que l'option en question n apparais plus, ce qui, implicitement, laisse â comprendre que l'option aurait été exercée ou annulée. Sollicité pour des éclaircissements, le département de communication d'ENL Land précise qu'il s'agit d'une omission « de bonne foi. » L'option, qui n'a donc pas été exercée, serait donc toujours exerçable. Il ressort aussi de cette communication que le directeur en question est Hector Espitalier-Noél, actuellement le Group Chief Executive du groupe ENL. « L'option en question a été accordée par le conseil d'administration de la compagnie ENL Land Ltd à M Hector Espitalier-Noël qui habitait les lieux depuis de nombreuses années. La transaction a fait l'objet de toutes les déclarations requises par la législation en vigueur et le rapport annuel de l'exercice dos k 30 juin 2011 en fait dûment état », nous a-t-on expliqué. ENL Land s'explique également sur la transaction en question et son omission du rapport de 2013. « Du fait qu'il n'y a aucun changement dans le statut de l'option, il n'était pas nécessaire de déclarer à nouveau l'option comme'related party transaction'au titre des années suivantes. Toutefois, l'insertion d'une simple note à l'effet qu'elle est toujours exerçable aurait dû figurer dans les rapports annuels 2012 et 2013 mais a été omise de bonnefoi par la compagnie. Cette omission n'a pas été relevée par les auditeurs qui ont confirmé par ailleurs que leur opinion sur les comptes n'était nullement affec- tée du fait de cette omission... », faitelle ressortir. Qu'en est-il de l'« accuracy and due fairness » de ce même rapport, officiellement signé par la firme d'audit BDO ? Dans la réponse d'ENL Land, on explique que ce n'est pas Jacques Pougnet qui a signé le document mais Rookaya Ghanty. « Yacoob Ramtoola est le signing partner des comptes 2011, alors que Mme Rookaya Ghanty est le signing partner des comptes 2012 et 2013. M. Jacques Pougnet n'intervient pas en tant que signing partner sur les comptes de ENL Land Ltd », nous a fait comprendre le département de communication d'ENL Land. Du côté de BDO, Rookaya Ghanty, qui a répondu â nos questions, le confirme : « Vos questions adressées à Jacques Pougnet m'ont été référées en tant que'signing partner'd'ENL Land Ltd Lomission du'related party transaction', nous a assuré Rookaya Chant » ne change d'ailleurs en rien l'opinion de BDO sur l'état financier d'ENL Land Ltd. « Vous comprendrez que nous ne sommes pas autorisés à discuter des affaires de nos clients par voie de presse. Nous pouvons cependant apporter un éclaircissement concernant votre deuxième question, puisqu'elle se refere à notre cabinet ; le fait qu'aucune mention n'ait été faite de l'option en question dans les comptes de 2013. Il s'agit, sur la base des informations dont nous disposons, d'une omission involontaire de la part du client, et qui n'a pas été relevée lors de l'exercice d'audit. Cette omission n'affecte en aucune façon notre opinion sur la sincérité des états financierss, affirme le `signing partner'. Explication de bonne foi, comme l'affirment nos interlocuteurs...
Q & A SAMEDI 16 MAI 2015 BIZWEEK ÉDITION 45 7 YUSUF ABDOOLLAH, PARTNER - RISK ADVISORY SERVICES, BDO « In Mauritius, we rebrand external auditors into internal auditors » Forensic is very much in the limelight right now. During the African Congress of Accountants, which took place during the week, Yusuf Abdoollah, Partner of audit firmBDO, talked about the forensic approach of the firmwhen it comes to accounting. He also talked about the internal auditors, and how the profession has not been given a boost in Mauritius. He finds it surprising the country does not have many Certified Internal Auditors Mi. NYou talked about mixing funds with other types of money, which makes it difficult to go back to the original assets. Do you think it will be as difficult in the BAI case ? It will be very tricky. Obviously, I don’t have all the information, but as I explained during my presentation, the task of the forensic auditor gets extremely complicated once you start mixing funds. That is once you start mixing policy holders’funds with investors’funds, or preference shareholders’funds and own capital injection funds… It becomes tricky to say this bit has been used to acquire X assets in that jurisdiction. In big corporate cases, you have to investigate a minimum of 10 years. You can imagine the amount of transactions and records you need to inspect. We can say many things in the press. But when it comes to the court, it’s a different ball game. NIn light of the financial scandals, can we talk of a ‘laisser-aller’on behalf of internal auditors ? The issue we have in Mauritius is that the profession has not been given a huge boost. Here, people are primarily ACCA, ACA or CFA, but not many are CIA (Certified Internal Auditor). What we do in Mauritius, especially when we look at companies, is to rebrand external auditors into internal auditors. An internal auditor requires different skills. I am very surprised Mauritians do not embrace that profession since it is highly rewarding, both professionally and financially. I come from the UK and US, and I’ve seen how big the demand is for internal auditors and compliance professionals. I am surprised Mauritius is lagging behind on this. NDuring the presentation, you said that the term‘Ponzi scheme’used by the pressin the BAI case is misleading. Which term(s) would be more appropriate ? I think the way it’s being used is quite misleading. And the reason why I say that is because primarily, what has been described in the press, or what we’ve heard or seen so far, relates more to a financial statements fraud. To establish whether a fund is Ponzi, there needs to be a lot of investigative work. You need to trace the funds, you need to follow the money. For example, an investor puts his money in Bank A, which belongs to fund Y incorporated in company Z. The money was transferred to another bank account, and eventually endedup in the shareholders’or directors’pockets. You can’t do the tracing and the link just by looking at the financial statements. It requires a detailed investigation and examination. In the Mauritian context, when we talk of Ponzi, people only think of Sunkai, Whitedot, etc. where those who invested haven’t got their money back. NEnron, Madoff, Worldcom, Satyam, BAI… Would it be fair to ask where the auditors were ? If we look at Enron, it was obvious Arthur Andersen was at fault. They had to dissolve the whole company because it would not have been able to survive the numerous civil litigations against it. Each case is different. When you say external auditors, their job is not to go and look for fraud. That’s To establish whether a fund is Ponzi, there needs to be a lot of investigative work. You need to trace the funds, you need to follow the money



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