BIZweek n°45 18 mai 2015
BIZweek n°45 18 mai 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de 18 mai 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Capital Publications Ltd

  • Format : (260 x 370) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,9 Mo

  • Dans ce numéro : Navin Ramgoolam en état d'arrestation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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A C T A P U B L I C A 12 davantage de propositions de pays industriels et de pays émergents. S’il estime qu’il y a, pour la conférence ministérielle de Nairobi, un engagement beaucoup plus important que lors de ces sept dernières années, le temps fait toutefois défaut. « Il y a le niveau d’engagement nécessaire, mais il y a aussi la date butoir du 31 juillet. Que se passera-t-il passé ce délai ? » s’interroge-t-il. Affirmant que « nous avons besoin d’une direction », il juge ainsi que « juillet demeure une question clé. » LA FAUTE AUX NÉGOCIATEURS Pour parvenir à un résultat, il faudra que le ‘Doha Round’se termine mieux qu’il n’a jusqu’ici été. « Ça fait longtemps qu’on en parle, mais on n’arrive à rien », estime Nicolas Imboden, directeur exécutif d’Ideas Centre, à Genève. Selon lui, il faut revoir les ambitions à la baisse, car on n’a plus le choix. Il estime d’ailleurs que le cycle de Doha, qui est censé être un cycle de développement, ne le sera pas véritablement, car beaucoup de pays « en développement » sont devenus trop forts. On parle ici, bien entendu, de la Chine, Le Directeur général de l'OMC entouré des journalistes africains francophones de l’Inde, du Brésil… « Ils ont raison de dire qu’ils sont des pays en développement (PED), mais ils sont aussi des pouvoirs économiques. Aussi longtemps que ce problème n’est pas réglé, le cycle n’aboutira pas », fait-il comprendre. Et si, par le passé, les membres de l’OMC ont éprouvé des difficultés à parvenir à un accord, c’est, à son avis, la faute à nos négociateurs « qui ont toujours de grandes théories. » Or, il est impératif, selon lui, d’oublier le jeu de pouvoir des petits contre les grands. « Il y a beaucoup de travail à accomplir, mais vos délégations sont assez mal équipées. Vous êtes donc sur la défensive. Il faut proposer des alternatives lors des négociations », ajoute Nicolas Imboden. Ce dernier va plus loin et lance, en référence à l’Afrique, que « vos pays sont nuls dans les règles de l’OMC. Vous utilisez de mauvais arguments. » Il s’agit donc de présenter « nos » arguments et non pas d’attaquer l’organisme qu’est l’OMC. Enfin, avoir un marché régional, le développer et le protéger est un ‘must’pour l’Afrique. Conclusion de Nicolas Imboden : il faut en finir au plus vite avec le cycle de Doha. Quant au directeur général de Vue du conseil général du 5 mai SAMEDI 16 MAI 2015 BIZWEEK ÉDITION 45 Bassirou Sene, Ambassadeur représentant permanent du Sénégal à Genève « LES GOUVERNEMENTS DOIVENT RENFORCER LEURS CAPACITÉS D’OFFRE » Les défis de l’Afrique dans le système commercial mondial ne sont pas des moindres. Intervenant sur le sujet au siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) la semaine dernière, Bassirou Sene, Ambassadeur représentant permanent du Sénégal à Genève, a laissé comprendre qu’il faut avant tout que les pays africains identifient ces défis importants auxquels le continent africain fait actuellement face. Il s’agit, entre autres, d’avoir une meilleure intégration aux chaînes de valeur mondiale (CVM), une bonne appréhension des défis systémiques (par un soutien au système multilatéral), une nouvelle approche de négociation et une aide au commerce adaptée. Pour Bassirou Sene, « les gouvernements doivent, avant d’exporter, renforcer leurs capacités d’offre, diversifier la production et créer de la valeur ajoutée. » Plusieurs ministres et autres délégués des différents pays étaient au rendezvous, à Maurice, le 5 mai dernier, dans le cadre d’un séminaire axé sur l’OMC, l’Accord de facilités des échanges (AFE) et le Doha Development Agenda (DDA). L’occasion pour le ministre mauricien de l’Intégration régionale et du Commerce international, Etienne Sinatambou, d’exhorter les délégués à prendre avantage des règlements et des mécanismes de l’OMC. Il déplore en effet que durant les Le Directeur général de l'OMC en compagnie du porte parole Keith Rockwell L’autre défi majeur est celui de l’intégration régionale au niveau du continent. Certaines économies enclavées, ainsi que les États insulaires (Seychelles, Maurice, Comores, Madagascar) ne tirent pas avantage de la concurrence et des effets d’échelle. En outre, la prolifération d’accords de libre-échange est en train de créer un système commercial mondial de plus en plus fragmenté. Pour les membres africains, au vu de la diversité d'économies relativement plus faibles qui les composent, il est donc important de soutenir un cadre commercial multilatéral fort. « Je reste convaincu que pour être crédible, l’Afrique doit mieux produire et diversifier son offre avec les services. Pour être compétitif, son énergie doit aussi être plus durable et moins cher. Cette aptitude améliorera nettement nos arguments de négociations », a soutenu l’Ambassadeur. Etienne Sinatambou, Ministre de l’intégration régionale et du commerce international « PRENDRE AVANTAGE DES MÉCANISMES DE L’OMC » 20 années d’existence de cette organisation, il n’y a pas eu les effets escomptés sur l’Afrique. Le ministre a également souligné que bien que les exportations mondiales aient augmenté de 364% depuis la création de l’OMC, soit deux fois et demie le Produit intérieur brut mondial, l’Afrique ne représente que 3%. « Il nous faut en tirer des leçons et observer comment les autres tirent bénéfice des mécanismes de l’OMC », a-t-il lancé.
A C T A P U B L I C A SAMEDI 16 MAI 2015 BIZWEEK ÉDITION 45 13 Pour parvenir à un résultat, il faudra que le ‘Doha Round’se termine mieux qu’il n’a jusqu’ici été. « Ça fait longtemps qu’on en parle, mais on n’arrive à rien », estime Nicolas Imboden, directeur exécutif d’Ideas Centre, à Genève. Selon lui, il faut revoir les ambitions à la baisse, car on n’a plus le choix. l’OMC, Roberto Azevêdo, il a soutenu que la conférence ministérielle de Nairobi sera le moment fort de l’année 2015, et que le programme de travail de juillet devra servir de tremplin. Il s’est aussi appesanti sur le fait que l’Afrique aurait tout à gagner si le cycle de Doha aboutissait. L'OMC, tout d’abord, serait renforcée, ce qu’il estime être très important pour l'Afrique à une époque où les initiatives méga-régionales se multiplient. L’OCCASION POUR L’AFRIQUE Deuxièmement, des avantages économiques directs sont en jeu. L'agriculture, qui est une priorité africaine, est par exemple l'une des questions les plus Examen des politiques de Maurice en octobre 2014 LES POINTS IMPORTANTS importantes sur la table des négociations. À ce sujet, Bassirou Sene, Ambassadeur représentant permanent du Sénégal à Genève, se dit optimiste, parce qu’il « croit en l’Afrique. » Il est impératif, selon lui, que l’Afrique s’en sorte, en décembre, avec ce qu’elle veut obtenir comme résultat. « Il est évident que la 10e conférence ministérielle va être l’occasion pour l’Afrique de parler plus haut. Il est important de soutenir un cadre multilatéral fort. Nicolas Imboden, Directeur exécutif d'Ideas Centre, en compagnie des journalistes africains francophones Nous ne changerons pas notre manière de négocier. Il s’agit juste d’adopter une stratégie de négociation différente », explique-t-il. VISION COHÉRENTE L’Afrique ne peut pas, à elle seule, redynamiser le système multilatéral, poursuit Bassirou Sene. Mais avant de convaincre les autres, le continent ne doit pas, lui-même, être divisé en allant à Nairobi. « Notre force, au sein du groupe Depuis son adhésion à l’OMC, Maurice a participé, contrairement aux autres pays africains, aux quatre examens des politiques commerciales des pays membres. Le dernier exercice en date, effectué en octobre 2014, a souligné les éléments suivants : Les résultats du pays sont constamment parmi les meilleurs d'Afrique. Son régime d'investissement est ouvert et transparent. Au cours de la période à l'examen, divers plafonds à la participation étrangère ont été supprimés dans le secteur du tourisme, même s'ils subsistent pour la télédiffusion, les entreprises sucrières et les centres de plongée. Les cabinets juridiques étrangers peuvent seulement pratiquer le droit étranger ou international, ou fournir des services juridiques en ce qui concerne des procédures non judiciaires ; on envisage de libéraliser davantage les services juridiques. La participation étrangère fait elle aussi l'objet de restrictions. Les efforts entrepris pour améliorer l'environnement du commerce et de l'investissement sont, entre autres, des mesures visant à accélérer le traitement des demandes de permis pour les grands projets d'investissement, ainsi que le renforcement de la protection juridique des investisseurs Au moment de son accession à l'OMC, Maurice a pris des engagements dans les secteurs agricoles, industriels et des services. La moyenne simple des droits consolidés est de 119,7% pour les produits agricoles et de 22,1% pour les produits industriels. Dans le secteur des services, Maurice a inscrit des engagements concernant les télécommunications, les services financiers et le tourisme. Dans le cadre du Cycle de Doha, Maurice a également présenté son offre initiale concernant les services comptables et les services informatiques et services connexes. Malgré sa petite taille et ses ressources limitées, Maurice a fait des efforts considérables pour mettre en application les Accords du Cycle d'Uruguay. Afin d'accroître la transparence de son régime commercial, Maurice a, dans une très large mesure, rempli ses obligations de notification. La politique commerciale est définie en concertation avec diverses parties prenantes des secteurs public et privé. Par ailleurs, les points d'information en ce qui concerne les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS), les obstacles techniques au commerce (OTC) et le commerce des services sont opérationnels depuis 1995. Maurice croit en un système commercial multilatéral juste et fondé sur des règles, aspirant à des résultats qui sont équilibrés, inclusifs et équitables. Elle a participé activement à toutes les Conférences ministérielles de l'OMC depuis le Cycle d'Uruguay et est actuellement très impliquée dans les négociations du Cycle du développement de Doha, y compris pour ce qui est du programme de l'après-Bali. En tant que petit État insulaire en développement, Maurice est vulnérable en raison de l'exiguïté de son marché, de son isolement géographique, de sa prédisposition aux catastrophes naturelles et de son exposition aux chocs commerciaux, entre autres. À cet égard, Maurice a joué un rôle de premier plan en ce qui concerne l'élaboration d'un programme de africain, sera d’avoir une vision cohérente, et non plus voir qu’un pays préfère s’aligner à un autre groupe que le groupe africain, comme dans le passé », affirme-t-il. « C’est nous, l’Afrique, qui devons faire en sorte que Nairobi réussisse. C’est à nous de mener les négociations ! » Se penchant sur l’avenir de l’OMC, il abonde dans le même sens que les autres intervenants. C’est-à-dire que même si la 10e conférence ne se pas conclut pas positivement, cela ne fera pas éclater l’institution internationale. travail pour les petites économies, ainsi que le prévoit le paragraphe 35 de la Déclaration ministérielle de Doha. Maurice défend ardemment le traitement spécial et différencié, y compris le développement de dispositifs de soutien pour permettre aux petites économies vulnérables de participer pleinement au commerce international et de s'intégrer dans le système commercial multilatéral. Elle a joué un rôle capital dans les efforts visant à faire de l'Aide pour le commerce une composante majeure du Cycle du développement de Doha et a tenu un rôle actif au sein de l'Équipe spéciale de l'OMC chargée de l'Aide pour le commerce en tant que coordonnateur du groupe de pays concerné. Maurice reste attachée au système commercial multilatéral et continuera de jouer un rôle actif en tant que Membre de l'OMC et participera activement aux négociations du Cycle de Doha afin de garantir un résultat positif, équilibré, juste et équitable qui tienne pleinement compte des préoccupations des petits pays insulaires en développement.



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