BIZweek n°268 29 nov 2019
BIZweek n°268 29 nov 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°268 de 29 nov 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Capital Publications Ltd

  • Format : (260 x 370) mm

  • Nombre de pages : 7

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : 2019, croissance la plus basse depuis la crise financière.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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VENDREDI 29 NOVEMBRE 2019 BIZWEEK ÉDITION 268 Laurence Boone, Cheffe économiste de l’organisation, met en avant ses arguments dans son éditorial dans la publication du 21 novembre, soit ‘Les Perspectives Économiques de l’OCDE, Volume 2019 Numéro 2’. Ces deux dernières années, la croissance mondiale et les perspectives futures n’ont cessé de se détériorer, sur fond d’incertitudes persistantes sur la direction des politiques publiques et de faiblesse des flux d’échanges et d’investissement. Nous estimons la croissance du PIB mondial à 2.9% cette année et autour de 3% en 2020-21, une croissance inférieure aux 3.5% prévus il y a un an, et la plus basse depuis la crise financière. Les perspectives à court terme varient d’un pays à l’autre selon l’importance des échanges pour leurs économies. Aux États-Unis, la croissance du PIB devrait ralentir à 2% à l’horizon 2021, tandis qu’au Japon et dans la zone euro, elle devrait se situer respectivement à 0.7% et 1.2%. En Chine, la croissance continuera de fléchir vers 5.5% d’ici 2021. Les autres économies émergentes devraient connaître une reprise modeste, sur fond de déséquilibres dans un certain nombre d’entre elles. D’une manière générale, les taux de croissance sont en deçà des niveaux potentiels. Le dosage entre politique monétaire et politique budgétaire est mal équilibré. Les banques centrales ont, à juste titre, assoupli leur politique monétaire, compensant en partie les effets négatifs des tensions commerciales et empêchant une nouvelle détérioration rapide des perspectives économiques. Ainsi elles permettent d’engager des réformes structurelles et des projets d’investissement public audacieux pour élever la croissance potentielle, notamment dans des infrastructures nécessaires à la transformation numérique et la lutte contre le changement climatique. Cependant, sauf dans quelques pays, la politique budgétaire ne soutient guère l’activité économique, et en particulier peu l’investissement, alors que les prix des actifs augmentent fortement. Mais notre préoccupation majeure est que les perspectives continuent de se dégrader, traduisant moins un choc cyclique que des évolutions structurelles qui demandent une réponse. Le changement climatique et la transformation numérique sont des évolutions profondes de nos économies. L’ordre multilatéral qui prévalait depuis les années 1990 pour réguler les échanges et les équilibres géopolitiques change. Ce serait une erreur stratégique de considérer ces évolutions comme des facteurs temporaires auxquels la politique monétaire ou budgétaire pourrait apporter des réponses  : ces évolutions sont structurelles. En l’absence d’orientations stratégiques claires sur ces quatre sujets, le climat d’incertitude continuera de régner, compromettant les perspectives de croissance. L’absence de cap stratégique face aux questions liées au changement climatique pèse sur l’investissement. Les événements climatiques extrêmes sont de plus en plus nombreux et le manque d’action des pouvoirs publics pourrait en accroître encore la fréquence. Leur multiplication pourrait, à court terme, perturber gravement l’activité économique, et causer des dommages durables aux infrastructures et à l’environnement, et entraîner des migrations désordonnées. Les plans d’adaptation au changement climatique n’en sont qu’à leurs balbutiements, tandis que les politiques d’atténuation, avec l’abandon des combustibles fossiles, notamment sous la forme de mesures comme la taxation du carbone, se sont révélées techniquement et politiquement délicates. Les pouvoirs publics se doivent d’agir vite  : faute d’orientations claires sur la tarification, les normes et la réglementation du carbone et en l’absence des investissements publics nécessaires, les entreprises différeront leurs décisions d’investissement, avec des répercussions directes sur la croissance et l’emploi. La révolution numérique transforme la finance, les modèles économiques et les chaînes de valeur en passant essentiellement par trois canaux  : l’investissement, les compétences et les échanges. Pour l’heure, il semble que seules quelques entreprises aient su exploiter l’important potentiel de gains de productivité offert par les technologies numériques, ce qui explique en partie pourquoi la transformation numérique n’a pas suffi à compenser le ralentissement de la productivité totale. Pour recueillir pleinement les fruits des technologies numériques, il faut investir dans les logiciels et les données mais aussi dans la R-D, l’organisation des entreprises et la formation, ce qui reste encore un défi pour de trop nombreuses entreprises. La transformation numérique touche également les individus et l’emploi. Elle confère un grand avantage à ceux dont les principales tâches exigent des compétences cognitives et créatives, mais pénalise ceux dont le travail comporte une forte composante de tâches répétitives, tout en générant de nouvelles modalités contractuelles qui échappent à la protection sociale classique. Or, les politiques publiques ne se sont pas adaptées assez rapidement, dans les domaines de la valorisation des compétences, la protection sociale, l’accès aux infrastructures de communication, le développement des plateformes numériques, la concurrence sur les marchés ou la réglementation des flux de données transnationaux, si bien qu’il est difficile de recueillir pleinement les fruits de la transformation numérique. L’économie chinoise est en pleine mutation structurelle, marquée par un rééquilibrage en faveur de la consommation et des services au détriment des exportations et de l’industrie manufacturière. L’autosuffisance croissante en produits intermédiaires destinés à certains secteurs manufacturiers reflète la volonté de privilégier la production nationale plutôt que des technologies importées. La réorientation de la consommation d’énergie en vue de lutter contre la pollution et la montée en puissance des services affectent également la demande chinoise d’importations. La contribution traditionnelle de la Chine à la croissance des échanges mondiaux devrait baisser et changer de nature. La croissance de l’Inde devrait rapidement s’accélérer ; toutefois, son modèle de croissance est différent de celui de la Chine et sa croissance ne lui permettra pas de se substituer à elle comme moteur mondial des activités manufacturières. Les échanges et l’investissement sont aussi en pleine évolution structurelle, avec l’avènement du numérique et la montée en puissance des services, mais aussi en raison des ACTA PUBLICA LAURENCE BOONE, CHEFFE ÉCONOMISTE DE L’OCDE - 21 NOVEMBRE 2019 2019  : Croissance «la plus basse depuis la crise financière» La croissance du Produit intérieur brut (PIB) mondial devrait s’établir à 2,9% cette année, soit son niveau le plus faible depuis la crise financière, et se maintenir à 2,9% - 3% en 2020 et l’année suivante. Ainsi, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a abaissé, le 21 novembre dernier dans ‘Les Perspectives Économiques de l’OCDE, Volume 2019 Numéro 2’, sa prévision de croissance de l’économie mondiale. Elle reproche aux États de ne pas prendre en compte les changements structurels tels que la numérisation et le changement climatique MONDE Prévisions du PIB réel Total, Taux de croissance annuel (96), 2012 — 2021 3.7 36 35 3.4 32 3.1 311 Monde 2012 2013 2014 2015 2018 2017 2016 2019 2020 2021 » OCDE 4 risques géopolitiques. Le durcissement des restrictions commerciales n’est pas nouveau. Depuis la crise financière internationale de 2008, quelque 1 500 nouvelles restrictions aux échanges ont ainsi été instaurées par les économies du G20. Mais ces deux dernières années ont été marquées par une forte hausse des mesures restreignant les échanges et par une érosion, dont les racines sont profondes, du système commercial mondial fondé sur des règles. Conjuguée à l’augmentation des aides publiques à un large éventail de secteurs, cette évolution entraîne des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et un redéploiement des activités entre les pays, autant de facteurs qui pèsent sur la demande actuelle en réduisant les incitations à investir et compromettent la croissance à moyen terme. Dans ce contexte, il est urgent que les États prennent des mesures plus audacieuses afin de redynamiser la croissance, et ils ont une marge d’action pour le faire. Réduire l’incertitude liée à l’action publique, repenser les politiques budgétaires et agir vigoureusement pour faire face aux enjeux nés de la transformation numérique et du changement climatique sont autant de mesures qui pourraient contribuer à inverser la tendance alarmante actuelle et permettre de relever à l’avenir la croissance et les niveaux de vie. Premièrement, une orientation claire des politiques de transition vers une croissance durable, sur fond de révolution numérique et de défis liés au climat, enclencherait une accélération marquée de l’investissement. Les gouvernements devraient ne pas se focaliser exclusivement sur les bienfaits à court terme d’une relance budgétaire, mais garder en vue ses avantages à long terme, et pour cela repenser leurs cadres d’action pour l’investissement. La mise en place de fonds d’investissement nationaux axés sur l’avenir pourrait par exemple les aider à remédier au déficit d’investissement venant des dysfonctionnements du marché, en tenant compte des externalités positives de ces investissements pour la société dans son ensemble. Un certain nombre de pays se sont déjà dotés de fonds dédiés de ce type, mais leur gouvernance pourrait être améliorée afin d’assurer de meilleurs retours sur investissement, en termes économiques et sociaux. Deuxièmement, une plus forte prévisibilité et une plus grande transparence de la politique commerciale joueraient un rôle majeur pour réduire l’incertitude et redynamiser la croissance. Il est par exemple nécessaire de rendre plus transparentes les nombreuses formes d’aides publiques qui faussent le fonctionnement des marchés internationaux et de se mettre d’accord sur des règles mondiales permettant d’assurer la transparence et la prévisibilité de ces aides, mais aussi d’en réduire le nombre ou d’en empêcher la propagation. Troisièmement, les politiques fiscales et monétaires peuvent être actionnées plus efficacement en étant coordonnées. Les stabilisateurs automatiques peuvent être renforcés pour préserver le revenu et la consommation des ménages. Une coordination active dans toute la zone euro contribuerait à favoriser la croissance dès maintenant. De plus, si la dégradation des perspectives devait être plus forte que nous ne le prévoyons, une relance coordonnée des politiques budgétaires et monétaires au sein des pays du G20, même compte tenu de la marge d’action limitée de certaines banques centrales, serait un moyen efficace d’éviter une récession, surtout parce que cette coordination aurait pour effet de raffermir la confiance. Face à la stabilisation actuelle, à de faibles niveaux, de la croissance économique, de l’inflation et des taux d’intérêt, l’heure n’est pas au relâchement de l’action publique. La situation reste intrinsèquement fragile, et les enjeux structurels – révolution numérique, échanges, changement climatique, inégalités persistantes – sont redoutables. Nous avons devant nous une unique fenêtre d’opportunité pour éviter une stagnation qui serait préjudiciable au plus grand nombre  : il faut d’urgence restaurer un climat de certitude et investir au bénéfice de tous ».
VENDREDI 29 NOVEMBRE 2019 BIZWEEK ÉDITION 268 NJ Ayuk est le PDG de Centurion Law Group et le président de la Chambre africaine de l’énergie. Son expérience dans la négociation d’accords sur le pétrole et le gaz lui a permis d’acquérir une connaissance approfondie du paysage énergétique africain. Il est l’auteur de « Des milliards en jeu  : L’avenir de l’énergie et des affaires en Afrique » week ADMINISTRATION ! esse Bappaya MARKETING ET PUBLICITÉ Emell : hie eek.mareting « gmail.com 5. Antonio Street. Port Louis TOI  : P-23012111744,2111743 I Fax : +23012137114 Email bilveak.radactioregmail.com POST SCRIPTUM NJ AYUK, PDG DE CENTURION LAW GROUP EN AFRIQUE Arrêtez de nous aider, ça nous tue ! Regarder l’Afrique et ne faire que demander de l’aide n’est pas dans l’intérêt des Africains. Il s’agit de l’ego des élites et des intellectuels qui croient avoir les solutions pour expliquer la pauvreté du continent Alors que la population et les économies de l’Afrique augmentent, les possibilités de développement se multiplient, les sociétés changent et les aspirations des Africains exigent de plus en plus une attention urgente. D’autre part, la transition énergétique en Allemagne prévoit à l’avenir un système énergétique beaucoup plus efficace et interconnecté, un système qui, je le crois, permettra aux jeunes entrepreneurs africains en nouvelles technologies de tirer des enseignements et d’accélérer la croissance du secteur de l’énergie en Afrique. Alors que de nombreuses start-ups concevant des solutions durables émergent sur tout le continent, en particulier dans le secteur de l’énergie, l’Allemagne a une opportunité de se familiariser davantage avec l’Afrique pour mieux comprendre comment y investir. Elle devrait notamment proposer à l’Afrique ses solutions énergétiques et technologiques, et permettre aux entrepreneurs africains d’adopter des produits allemands qui peuvent remodeler et restructurer les économies énergétiques africaines. Bien que les économies de certains pays de notre continent se soient considérablement développées ces dernières années, en raison notamment des développements du secteur de l’énergie, de la diversification de l’économie et des investissements étrangers soutenus, force est de constater que l’Afrique a encore beaucoup de chemin à parcourir. Cela pose la question de savoir comment l’Afrique parviendra à la prospérité. La réponse – sûrement pas avec de l’aide monétaire. Dans mon livre, « Des milliards en jeu  : L’avenir de l’énergie et des affaires en Afrique », j’examine de manière très détaillée le thème de l’aide étrangère en tant que solution aux problèmes de l’Afrique car trop longtemps, des entités étrangères bien intentionnées sont intervenues pour nous fournir de l’aide et, ce faisant, nous ont piétinés par inadvertance. Et cela est principalement dû au fait que les pays donateurs et les institutions étrangères ne comprennent pas suffisamment ce dont nous avons besoin et comment nous fonctionnons. L’aide n’est pas une solution pour l’Afrique. L’Afrique a besoin d’un soutien établi et durable. Nous avons besoin de développement des compétences, d’infrastructures clés, d’environnements viables et propices qui conduisent à des résultats et nous devons construire des économies énergétiques dynamiques qui apporteront des changements durables bénéfiques aux femmes et aux hommes africains. Déterminé à promouvoir la coopération avec l’Afrique, à augmenter les investissements sur le continent et à améliorer le niveau de vie, le Sommet du Pacte du G20 avec l’Afrique de 2019 a débuté à Berlin cette semaine. Je pense que cette initiative de la chancelière Angela Merkel peut être efficace et profiter à la fois à l’Afrique et à l’Allemagne. Cependant, l’Allemagne (et d’autres pays étrangers regardant le continent) doit comprendre que l’Afrique est un véritable partenaire de développement et qu’en plus d’établir des relations avec les gouvernements, les entreprises africaines doivent également être impliquées. Elles sont également essentielles au développement. Nous devons aller au-delà de l’aide Au fur et à mesure de l’émergence de l’Afrique sur la scène mondiale, elle profitera non seulement de ses relations avec l’Allemagne, mais pourra également contribuer aux objectifs de l’Europe occidentale, présentés par le Sommet Compact with Africa. Alors que le continent compte près de 600 millions d’habitants sans accès à l’électricité, les défis de l’Afrique semblent insurmontables, alors même que le développement de l’accès à l’électricité peut libérer de nombreuses opportunités. Mais il y a de l’espoir. Alors qu’un certain nombre de pays africains développent et lancent des projets d’énergie renouvelable à grande échelle, d’autres tels que la Guinée équatoriale, le Sénégal et le Mozambique développent du gaz et lancent des projets de GNL classe mondiale. Le continent est déterminé à transformer et à diversifier son bouquet énergétique, prouvant qu’il est un partenaire digne, en particulier pour l’Allemagne. Plus tôt cette année, le Forum des entreprises Allemagne-Afrique (GABF) a annoncé son engagement dans un fonds de plusieurs millions d’euros en faveur d’investissements dans des start-ups énergétiques allemandes axées sur l’Afrique. Cet engagement permet de financer des start-ups allemandes exposées à des projets énergétiques africains. Le rôle que ces entreprises allemandes du secteur privé peuvent jouer pour l’Afrique est de plus en plus mis en évidence. Les sociétés allemandes ESC Engineers et Noordtec, par exemple, ont collaboré avec Elite Construcciones en Guinée équatoriale sur le projet Akonikien – la première usine de stockage et de regazéification de gaz naturel liquéfié (GNL) de la région, en cours d’installation. Faisant partie de l’initiative « GNL Pour l’Afrique » (LNG2Africa) lancée par le gouvernement équatoguinéen, ce projet a renforcé les efforts du pays pour monétiser les ressources en gaz par la création d’une infrastructure nationale de conversion du gaz, un secteur qui présente des opportunités majeures pour le secteur privé en Afrique, que ce soit pour la production d’électricité, de produits pétrochimiques ou d’engrais. C’est un véritable exemple de l’expertise allemande qui sert les meilleurs intérêts de l’Afrique. La chancelière Angela Merkel a déclaré mardi qu’elle considérait l’investissement dans la croissance et le développement de l’Afrique comme une solution gagnante pour toutes les parties et a encouragé le gouvernement à ne pas parler de l’Afrique mais à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour coopérer avec l’Afrique ». Je suis d’accord avec ce point de vue, le continent a beaucoup à offrir et la collaboration est essentielle pour l’avenir de l’Afrique. Nous n’avons pas besoin de solutions rapides, nous avons besoin de capitaux et de technologies reposant sur un travail acharné, une diligence pointue et une exécution solide pour avoir un impact. Nous ne pourrons y parvenir que par la reconnaissance et la collaboration, et non par les mêmes stratégies éprouvées d’aide qui n’ont pas été très utiles. 5

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