Bing Bang n°50 mar/avr/mai 2012
Bing Bang n°50 mar/avr/mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de mar/avr/mai 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Edibang

  • Format : (245 x 320) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 13,7 Mo

  • Dans ce numéro : le vent de la rumeur souffle sur le tram.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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52 Culture on rase gratis ! En matière culturelle, difficile de ne pas faire dans le rasoir, je l’ai constaté en parcourant 49 numéros de BBM. Heureusement, l’humour fait passer pas mal de choses. Pas comme un livre blanc ou un colloque, et on a connu les deux, à Dijon. En ce numéro anniversaire, la parole est à Jean Maisonnave, un homme que j’ai osé critiquer à mes débuts de journaleux quand il mettait en scène des pièces qui ne nous faisaient pas toujours marrer, pour l’Estivade, mais qui ne nous endormaient jamais et nous faisaient parfois réfléchir, ce qui était un exploit, paraît-il, dans mon cas. Un quart de siècle après, ma propension à aller vers le léger, le divertissement le navre toujours autant. Que Dijon ait perdu son vieux théâtre, son Opéra de bon papa, avec son décor hors du temps, ses tournées d’acteurs célèbres, ses créations à grand spectacle, il s’en moque. Ou fait semblant. Seul le mot auditorium continue, douze ans après, à le mettre hors de lui. Et il s’en explique, en pesant ses mots. On n’a pas touché une ligne. François Rebsamen nous donnera peut-être enfin, grâce à ça, une réponse aux lettres ouvertes qu’on lui a envoyées, au fil des ans, concernant les choix culturels faits dans cette ville. Lui ou son successeur, s’il devient ministre. Ministre de la culture, me demande-t-on ? J’ai cru que ma voisine, qui lisait derrière mon épaule, faisait de l’humour. Mais non. Pour elle, la culture, à Dijon, c’est le Consortium, le Zénith, les festivals dans les fonds de cour, les appartements ou sur une péniche, tout ça, elle adore. Elle aurait rêvé d’aller avec les pleurants à New York, avec Mitterrand au Consortium, avec Hollande au Zénith (elle a confondu avec Canteloup, en écoutant la radio !) … En douze ans, on est passé de l’enthousiasme à une résignation certaine, d’un trop plein de spectacles à une crise non moins spectaculaire. Les plus jeunes y ont trouvé leur compte, à travers l’émergence de nouveaux moyens d’expression. Le gâteau a été découpé en plein de petits morceaux, quant aux grosses parts, elles sont allées à ceux qui savaient se faire entendre, au milieu de tout ce brouhaha culturel. Ajoutez les travaux du tram, et vous comprendrez que l’heure n’était pas à la sérénité. J’irais bien me relaxer à l’auditorium, mais si c’est pour entendre les choristes se plaindre qu’on n’a pas soutenu l’opéra ou voir Jean Maisonnave commencer à détruire, avec sa perceuse, ce monument aux morts de la culture, non, c’est vraiment pas le moment ! Gérard Bouchu BB50 CULTURE > EDITO
CULTURE > PARTI PRIS PAR JEAN MAISONNAVE Faut-il raser l’auditorium ? Inauguré jadis en grande pompe il continue de pomper. La culture et notre chroniqueur. Walkyrie et Jean qui râle. Mardi, je suis allé promener le chien aux Grésilles. Drôle d’idée. Je voulais comprendre, et je me suis étonné de voir avec quel brio cette ville était sortie du moyen âge. Du coup, je me suis demandé pourquoi il avait fallu tant d’années de cécité électorale avant d’en arriver à ça, un projet généreux pour une population. Mercredi, je suis allé faire pisser le chien autour de l’auditorium, et je me suis demandé combien d’années de cécité culturelle il avait fallu pour en arriver à ça, ce sarcophage un peu chic dont l’aspect avenant n’est pas sans évoquer la citadelle de Besançon, à ceci près que les meurtrières donnent sur des escalators. On passe dessous, on s’y élève en mécaniques processions, on s’y égare, cette machine tient moins de l’outil de travail que de l’instrument de pouvoir. Un pouvoir déjà dépassé au moment de sa glorieuse érection, mais qui continue à plomber la politique culturelle de cette ville, dans la mesure où elle se poserait comme un projet généreux pour une population. Postérité - Voracité - Tsoin tsoin Sept millions d’euros, minimum. Voilà ce que dévore ce moloch, bon an mal an, bon gré mal gré. Je parle de la seule ville, ajoutez y le reste, état, région, toutim... Attention, il ne faudrait pas que ce constat puisse servir d’alibi à quoi que ce soit, ce serait peu honnête. Ajoutons que sans cet équipement, nous aurions été privés peut-être de beaux spectacles qui nous ont fait bien plaisir, sans compter l’enrichissement personnel. Mais enfin, on est en devoir de constater - sauf à estimer que nous vivons dans une sphère magique où il y a assez de pognon pour tout faire - qu’il appartient aux politiques publiques de dégager des priorités publiques et que dans ce contexte, la priorité imposée par la seule présence de cet équipement-là est tout bonnement nuisible à une politique culturelle indépendante, dans la mesure où il en réduit de fait les alternatives. Sauf, peut-être, en matière de spectacles. Manquet-on de spectacles ? J’ajoute que ce genre de monument infère assez souvent des comportements assortis. Genre dix plombes de trompettes pour asseoir une renommée. Je veux parler du « Ring » de Wagner¹, monstre tétracéphale que le directeur a choisi pour s’inaugurer metteur en scène. C’est son droit absolu, la création, le génie, tout ça. Mais sans vouloir critiquer, l’entreprise est osée, dans le contexte. Chéreau a attendu d’avoir mis en scène une quarantaine de spectacles avant de s’attaquer à ce subventivore. Ce sera peut-être le chef d’œuvre du siècle, j’aurai l’air fin. Sauf que ce n’est pas le propos et qu’en toute hypothèse, je n’ai pas envie de payer le contre-ut des fidèles et les gougères de la presse. Oh ! le radin ? Non, je veux bien payer plus, par exemple, pour les activités pédagogiques des musées. On y reviendra. On objectera non sans raison : mais le renom du grand Dijon, la beauté de l’opéra, la création ! Ou même : et le Zénith alors ? S’agissant du renom, les capacités promotionnelles de l’art en général, sont à la fois incontestables et très suspectables. C’est de la com. Elles incitent les pouvoirs à s’intéresser, mais consécutivement à contrôler. On sait depuis Platon où ça peut mener : pouvoir assis, artistes couchés. L’opéra ? J’avoue, sans y être tout-à-fait hermétique, qu’il ne me fait guère frétiller que sous ses espèces pâtissières bien qu’elles soient moins copieuses. Le truc, c’est qu’économiquement, c’est un monde hors du monde. La création ? bien sûr. Mais comment j’existe, demande l’étoile au petit prince, si personne ne me regarde ? Ce qui peut faire réfléchir à la nécessité de créer d’abord des publics, sauf à penser que le spectacle y suffit, ce qui est très loin d’être le cas. L’ignorer, c’est tricoter de la séparation au lieu de tisser du lien ; pas bon, ça. Autant poser l’art comme un bouquet de fleurs sur le coffre-fort fermé et la culture comme le pipeau de la sinécure. Mais attention, attention : ces marchandises-là peuvent faire vendre toutes les autres, on voit ça partout. Quant au Zénith, on sait bien clairement ce dont il s’agit : un supermarché. On y trouve beaucoup de camelote, c’est plus cher qu’à l’opéra, mais ça reste une affaire entre clients et négociants dans la mesure où il ne coûte rien au contribuable. Paraît même qu’il rapporte.> 53



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