Bing Bang n°47 jun/jui/aoû 2011
Bing Bang n°47 jun/jui/aoû 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de jun/jui/aoû 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Edibang

  • Format : (245 x 320) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... dernier été entre nous !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 C’dans l’air 02 4 I : *. Après le Jacquemart, la Chouette et le Bareuzai, un nouveau personnage fétiche pour la ville, qui ne prendra pas les Dijonnais de haut, celui-là. Dernier été entre nous ! Rencontre avec Antonin Dujardin, philosophe belge et gastronome en culotte courte. Venu de Bruges pour découvrir l’ancienne capitale des Ducs de Bourgogne, il nous a livré une interview exclusive. Antonin a reçu fin juin la médaille de la Ville pour avoir été le 10 000ème touriste à nous rendre visite malgré les travaux en cette année 2011, dernière année de l’ère glacière dijonnaise avant le réchauffement climatique des esprits. C’est à Bruges que j’ai fait la connaissance de cet étrange personnage qui cachait derrière un sourire jovial une grande lassitude. Il en avait assez de voir les touristes le photographier autant que le jardin des Biguines ou le tombeau de Marie de Bourgogne. Son compagnon de vie, avec qui il partageait une petite maison donnant sur un de ces canaux qui ont fait la réputation de la ville, m’avait servi de guide. Entre deux visites de monuments, Jérémie avait proposé de me laisser travailler en paix dans son jardin, le temps de remettre à jour mes infos sur les Flandres. Lui parti, et comme j’en avais assez de voir les touristes nous prendre en photos, Antonin et moi, j’ai commencé à échanger quelques mots avec lui. Comme il est petit pour son âge, certains ont cru que je parlais tout seul. Antonin m’a raconté sa vie. Son maître l’avait trouvé en fait au marché de Wazemmes, à Lille, un lieu de vie que j’aimais beaucoup, je lui ai dit. Je l’ai même comparé au marché de Chenove, près de Dijon, en plus grand. J’avais pas compris pourquoi son maître me l’avait présenté comme le ch’ti Antonin. Je croyais à du racisme, je lui ai expliqué qu’on n’avait pas le droit de se moquer de la taille, du sexe (j’espère que le maquettiste va garder la virgule, sinon, Antonin va rougir), de la couleur de la peau, des opinions religieuses. Philosophe, il se moque qu’on le traite de ch’ti ou de flamand, il est au-dessus de ça. D’apprendre que je vivais à Dijon a resserré les liens entre nous. Lui ne m’a pas parlé de moutarde, ni de ban bourguignon. Il aime l’idée de la Bourgogne, Antonin, et s’est moqué d’une conservatrice de musée flamand qui, sachant d’où je venais, évoqua ‘la Flandre qui allait de Dijon à la Hollande’. Chacun réécrit l’histoire à sa façon… Difficile d’en vouloir aux Flamands, qui sont bien les seuls à vous accueillir les bras ouverts (s’ils ne vous prennent pas pour un touriste ou un wallon, car ils n’aiment ni les uns ni les autres) quand vous dites le mot magique : Bourguignon. Ils parlent même d’atmosphère à la bourguignonne pour expliquer que dans tel resto il n’y a pas de Hollandais ni de culs-coincés, on croit rêver ! Tout ça pour vous dire que je n’ai pas pu dire NON quand son maître m’a demandé d’accueillir Antonin quelques jours à Dijon pendant qu’il allait lui à Beaune assister à la remise de la médaille du tourisme d’une de ses copines. Au début, on s’est fait un peu remarquer, certains l’ont pris de haut, Antonin, et c’est là que les ennuis ont commencé, car il avait son mot à dire sur tout, et comme certains ont fait semblant de ne pas comprendre, je me suis dit que c’était bien de l’écrire, pour vous amuser, cet été… ▀ Gérard Bouchu t
Si je vois la ville grandir ? Quelle question idiote ! BingBang Antonin, bienvenue à Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne. Toute l’équipe t’attendait hier, mais tu as passé la nuit à Paris. C’était prévu ? Antonin Dujardin J’ai voulu rendre visite à des cousins Disney qui vivent à Marne-la-Vallée, dans une grande communauté où on ne voit pas le temps passer. C’est une fête continuelle, je me demande ce qu’ils prennent, comme médicament, pour être aussi euphoriques… M BB Tu m’aurais dit ça, je t’aurais rejoint là-bas, les retrouvailles n’ont pas du être tristes. = AD J’aurais du prendre un TGV direct pour Dijon. J’ai cru que je m’étais trompé de gare, je ne la voyais pas comme ça, ta ville. Vous n’avez pas encore fini de tout reconstruire, depuis la guerre ? Je trouve les Flamands plus courageux. Chez nous, tout le monde s’y est mis, et personne ne voit la différence. Toutes les façades ne sont pas d’époque, mais personne ne le dit. On a besoin des touristes pour vivre. Vous pas, apparemment, j’ai vu la pub dans le métro… = BB Je doute que tu aies pu voir la pub dans le métro... AD Jérémie m’avait confié à un ami qui m’avait glissé dans son sac à dos. Mon porteur s’est arrêté devant un panneau géant où l’on voyait écrit : ‘Il n’y a pas de touristes en Bourgogne’… C’est pas parce que vous êtes des sauvages, c’est parce que vous aimez choisir ceux qui viennent vous voir, c’est ça ? BB C’est un peu ça, on voudrait qu’on nous aime comme on est, qu’on vienne pour nos vins, nos fromages, nos maisons, nos monuments, notre philosophie de la vie, notre esprit… AD Tu as fumé quoi, en m’attendant ? Je te signale que ça fait une heure que je suis arrivé, je n’ai vu que des panneaux indiquant des interdictions de stationner, de passer, de traverser… La ville est un grand chantier, tu n’as pas arrêté de rouspéter parce que tu ne pouvais pas avancer, ta voiture est garée dans une rue sinistre où tu as failli me déposer sur une crotte de chien, il y a des sacs poubelles éventrés partout… On est où, là ? Tu ne vas pas me dire qu’on est près de chez toi ? BB Panique pas, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Tiens, là, tu vois la fleuriste, elle sourit, en face, le gros monsieur en tablier qui te propose de boire un verre, il a une bonne tête, non ? On a passé le poste frontière, tu es arrivé dans le centre ancien, regarde autour de toi, il y a des maisons anciennes… AD Tu rigoles, ils sont où, les jardins ? Je ne suis pas tombé de la dernière pluie, j’ai lu ce que tu avais écrit dans le routard Bourgogne, tu parles d’une ville verte, calme, avec des hôtels particuliers, des maisons moyenâgeuses, des Halles comme autrefois… M BB Montre-moi ton guide. Evidemment… tu as pris une édition d’il y a dix ans. Je te ferai lire ce que j’ai mis dans la prochaine, sur l’ordi. Depuis, on a changé de millénaire, de maire et de politique de la ville. AD Il n’est plus à droite, le maire ? = = = Texte : GB Photos : RP BB Non, mais il est adroit. Il a su y faire avec les Dijonnais. AD L’autre était resté des décennies, comme les Ducs, vous n’aimez pas le C’dans l’air 02 Dijon revu par… Antonin Dujardin, homme de petite taille mais de haute moralité. (Part one) changement par ici. Vous en prenez pour combien de temps, cette fois ? BB Difficile à dire, tout dépend de ce qui va se passer demain une fois les travaux terminés. J’ai du te le dire, on a un tram en chantier, en ce moment… AD J’aurais cru que vous creusiez pour un métro, vu l’ampleur des dégâts. Tu me montreras les plans ? BB Si ça t’amuse, on pourras même aller jusqu’à la Toison d’Or pour suivre la future ligne ! AD Je ne savais pas que vous aviez conservé un palais qui porte le nom de mon collier vénéré. J’ai rien vu dans ton guide. J’espère qu’il y a un musée digne de ce nom et que le tram permettra de voir la cité des Ducs sans avoir à marcher, quand je reviendrai. Quand on a visité Vienne, avec Jérémie, on a passé du temps à admirer le trésor des Ducs. Vous allez le rapatrier, le collier de la Toison d’Or, à la fin des travaux ? BB Tu sais, ici, on ne fait plus vraiment dans la nostalgie des grandes heures, on est dans le pragmatisme. Même la cité des Ducs, le tram la contourne, l’ignore même totalement. Il ne traverse que des quartiers sans grand intérêt architectural, sauf peut-être aux yeux des architectes du futur. Et la Toison d’Or, c’est un centre commercial comme un autre… AD C’est là que tu vas faire tes courses ? Tu m’emmèneras, sur ton caddie, j’aime bien voir la tête des gens dans les grandes surfaces. Ils ne font pas attention à moi, ils me prennent pour un jouet. BB Je vais t’emmener plutôt voir les commerçants du centre, je ne prends plus la voiture depuis que les travaux ont commencé, comme beaucoup de Dijonnais. C’est plus sympa, comme ça. C’est moi qui fait fuir tout le monde ? Venez, c’est ma tournée ! 5



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