Bing Bang n°47 jun/jui/aoû 2011
Bing Bang n°47 jun/jui/aoû 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de jun/jui/aoû 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Edibang

  • Format : (245 x 320) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10,2 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... dernier été entre nous !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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02 C’dans l’air 12 Bridget et Carla font le marché ! Bio, bo, bobo et bon à la fois Bio, bo, bobo et bon à la fois, on se croirait dans une chanson de Brel. Il y a de tout le samedi aux Halles, directement amené par camion frigorifique des marchés de Rungis, la plupart du temps, mais aussi souvent de petits métayers de la région ou des meilleurs faiseurs de la ville. Avec l’avènement du bio et de l’agriculture raisonnée, de nouveaux paysans apparaissent, piercés et coiffés avec de magnifiques dreadlocks et revêtus de leurs plus belles tuniques en lin non traité (j’adore les ouaouaches de Bourgogne). C’est gonflant de faire la queue devant les étalages des 3 ou 4 producteurs bio pur jus ou chez le boulanger qui ne fait que du pain avec de la farine meulée à la main, mais bon, la bonne santé se mérite et son prix est la patience… la belle vie du bobo a ses contraintes ! Prenez la copine Nadine de Bridget. Elle a toute la panoplie. Écolo et techno en même temps, toujours à la pointe de ce qui se fait : « Tu comprends, moi, avec l’Ipad, je reste en contact, en permanence j’ai le monde dans mon sac, les amis, les infos… » Elle va deux fois au marché dans la semaine, une fois le samedi vers les midis sous les halles à Dijon : « parce k F `. Il est désormais avéré que les oiseaux sont des cons. Surtout le grèbe conjoint ; et huppé, pour être précis. Il faut attendre le printemps pour aller voir ça, au moment des amours, dans la Brenne ; j’en suis revenu. Contrairement à la plupart des enfants comme à beaucoup de marchands de biens, je n’ai jamais souhaité voler et je comprends mal l’estime portée aux oiseaux par maintes mythologies. Fi du complexe d’Icare. Pourquoi en effet, vouloir s’élever au-dessus du monde ? Si c’est pour mieux le considérer, on voit très bien d’ici que c’est lui qui bat de l’aile et si c’est pour se rapprocher des dieux, la moindre fusée sera plus efficace. Reste le point de vue esthétique. Mais Arthus-Bertrand a déjà tout filmé, et il y a d’autres moyens pour planer, surtout si on s’avise que le prix à payer est qu’il faut picorer des choses aussi répugnantes que de la graine, des vermisseaux ou du crottin. Sauf le crottin de Chavignol qui est excellent avec un Sancerre de chez Crochet. La Brenne se situe au Sud-Ouest de Chavignol, BILLETS DE RETOUR 5 Où l’on voit que le roi des cons est un drôle d’oiseau. Chronique romanesque. enfin pas très loin, j’espère que vous suivez. C’est le paradis du grèbe huppé, du butor étoilé, de la fauvette pitchou, ou encore des pipits, bruants et traquets qui constituent avec la mouette rieuse et le pelodyte ponctué la grande attraction de la région. Ajoutons-y, car on y mange bien, une variété de vaches presque aquatiques, -c’est « le pays des mille étangs » - ayant la propriété de transformer un carré de toundra en dix kilos d’entrecôtes. Au printemps donc, on sort les jumelles de l’étui pour aller mater le grèbe du haut de casemates lacustres spécialement aménagées. C’est la saison des amours, qui transforme les paisibles joncheraies en bordels vibrionants. Le spectacle est lamentable. On y voit la grébette s’agiter la huppe en entonnant des gammes, soit dit sans vouloir offenser quiconque, très délétèrement melliflues ; ça rend fou l’autre crétin, il vole en tous sens, il ramène des tonnes de bouts de bois, il entasse, il ahane, il fait des grâces pendant que l’autre se lisse les plumes sans même le regarder, alors il continue, il que là tu vois j’achète mes légumes bio, chez un tel je prends mon comté 36 mois et chez Machin, y a pas meilleur jambon persillé. Après, hop, un petit café et une ptite clope au Quentin avec les potes sous le chauffage s’il fait frisquet. » Déjà là, stop, me dit Bridget ! La clope, le truc qui chauffe dehors : ça sert à rien d’acheter bio vu ce que tu te mets comme saloperies dans le sang direct, ni d’être locavore si tu consomme de l’énergie fossile qui vient de Russie ! Nadine, elle continue : « le dimanche je vais à Chenôve parce que quand même l’ambiance est top et les fruits sont pas chers. » Oui ma chérie, va donc t’encanailler couleur locale avec ta grosse voiture pour acheter des cerises amenées par camion à prix de gros ! Le plus sympa, en fait, c’est d’arriver tout déchenaillé et pas réveillé pour foncer prendre son café au soleil, quand il y en a, avant d’aller acheter trois quatre trucs quand la foule est passée. On va reluquer entre copines le plus beau marchand de quatre saisons de la ville (sous les Halles, au milieu...) et lui poser plein de questions en battant des cils sur sa production, boire son petit blanc pour se remettre de la soirée de la veille debout à la buvette ou avachi en terrasse, mais toujours l’air digne. Les clans se réunissent par point cardinaux, on croise des inconnus, des collègues ou des personnalités dans le même état et on prend enfin le temps de vivre… loin des supermarchés ! Sinon, pour se dépayser un peu, il y a les marchés dans les bourgades alentours, comme Messigny et Longvic, familiaux et sereins ou les Grésilles et Chenôve, sympas, pas chers et dépaysants (non, pas des paysans, ça manque, ça les marchés paysans. Enfin, si on est d’humeur aventureuse, reste le grand marché de Beaune, qui vaut vraiment le détour pour faire le plein de produits de grande qualité, dans une ambiance pas si snob que ça : poulets fermiers, huiles artisanales, produits maraîchers... Enfin, pas prol non plus, vous vous en doutez ! ▀ Carla Garfield s’exténue, ça dure toute la journée, on revient après l’entrecôte, le nid n’est pas assez haut, la mijaurée s’impatiente, il redouble jusqu’au soir où enfin, jugeant l’édifice à sa mesure, la femelle consent à se hisser, très fière et stridulente, cependant que l’autre con, positivement abruti par le boulot et les heures supplémentaires, considère d’en bas la belle indifférente, sans prétendre accéder à la couche nuptiale. Un spectacle disions-nous lamentable. Mais édifiant aussi, à bien des titres. On m’objectera que c’est un exemple isolé, que cette grébette n’était peut-être qu’une pétasse, que ce grèbe était sans doute d’un tempérament particulièrement valétudinaire. Peut-être. N’empêche que sans misogynie ou prétention fabulistique, on doit tirer la morale de cette histoire vécue. Et cette morale, c’est que plus on leur en donne, plus elles nous regardent de haut. Ceci dit pour l’édification de tous, tant il est vrai que le grèbe, même huppé, n’a pas l’apanage de la connerie. ▀ Jean Maisonnave
Nouvelle carte été Animation musicale 1 fois par semaine BRUNCH LE SAMEDI MIDI TOUT L’ÉTÉ EN TERRASSE Les œnophiles se mettent au vert ! Du verre au vert, il n’y a qu’un pas, surtout si l’on connaît ses classiques.Voulez-vous surprendre amis ou touristes en quête de terrasses cachées ? En voici une que les amoureux de beaux hôtels particuliers, et les amoureux tout court connaissent déjà : le jardin des Oenophiles rue Sainte-Anne, si calme, si beau. Entièrement refait, avec un espace pour se lover dans des canapés, au milieu des clients de l’hôtel, heureux de trouver ce bar sous les étoiles pour boire un verre, et plus si affinités. Belle carte privilégiant la fraîcheur et le respect des produits, pour prolonger l’instant, côté table. Et si la soirée fraîchit, prenez les chemins de traverse pour rejoindre l’Autre Entrée qui, comme son nom l’indique, donne sur la rue Berbisey. Un lieu chaleureux où l’on peut se poser dans des fauteuils couleur taupe, sur fond de musique jazzy. Mieux vaut réserver si vous voulez une table en terrasse. Un lieu secret qui, tout comme la cuisine, a pris les couleurs du temps. Les Œnophiles 18 rue Ste Anne. Tél. : 03 80 30 73 52 restaurant-lesoenophiles.com L’Autre Entrée 19 Rue Berbisey. Tel. : 03 80 30 53 55 www.lautreentree.com Tlj sf dim, lun soir et sam midi Autre ambiance, autre entrée… Univers plus décontracté à l’Autre Entrée. Venez découvrir nos Soirées « les mercredis autrement » tout l’été, dehors, dedans, entre amis, en musique. L’autre Entrée 03 80 30 53 55 www.lautreentree.com 13



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