Bing Bang n°44 oct/nov 2010
Bing Bang n°44 oct/nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°44 de oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Edibang

  • Format : (245 x 320) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 15,3 Mo

  • Dans ce numéro : petits moments de bonheur entre amis !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 24 - 25  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
24 25
03 Cuisines et dépendances 24 Dans la série, « petites rencontres entre amis des bons produits » SLOWFOOD : Cool, Hype, mais encore ? Au pays de Musset et de Carême, l’association ne badine pas avec la bouffe L’automne sera slow. Un partenariat avec le festival Alimenterre, festival de films documentaires sur les désordres alimentaires mondiaux, qui se tiendra les jeudis à l’Eldo jusqu’au 15 novembre. Un « Terra Madre Day » le 10 décembre, manifestation internationale qui donnera lieu à Dijon à diverses animations autour de la cuisine sincère et des produits agricoles menacés. Sans oublier les activités pédagogiques ordinaires de l’association, tel fin octobre le célèbre et exemplaire Salone del Gusto de Turin à ce jour la plus passionnante, éducative et festive manifestation qui se fasse au monde autour de l’alimentation, de la production à la consommation. Ainsi va la vie de Slowfood. Une toute autre vision de la mondialisation, dans la conscience que tout se tient, la disparition d’une cressonnière locale et l’exploitation des ouvriers agricoles brésiliens ; la perte du blé ancien de la vallée de la Saône et les saloperies des lobbys alimentaires. Lentement, Slowfood gagne du terrain dans le monde entier. Partie de rien : le basta de deux-trois piémontais transfuges du PC italien, elle a gagné l’Europe, et maintenant, plus ou moins, 130 pays. En Italie, c’est une force concrète. En Californie aussi. Ailleurs moins, vu les faiblesses structurelles, mais ça avance tout seul parce que le besoin est réel, et le ras-le-bol de plus en plus clair. « On devient ce qu’on mange ». Raison de plus pour ne pas laisser transformer en gogos, au nom de l’universel et souverain pognon qui aspire ouvertement à nous faire avaler n’importe quoi. Il aurait pu se faire que Dijon organise le national salon du Goût. Ça ne s’est pas fait ; c’est la ville de Tours qui en profite. En tout cas cet automne nous a paru propice à une discussion avec la présidente de Slowfood Dijon, Laurence Fermont. JM : Slowfood, le titre, ça sonne bizarre, non ? LF : C’est un clin d’œil. Le fondateur, Carlo Petrini n’a pas bien supporté de voir un Mac Do s’installer au beau milieu de la Rome historique. Il fallait réagir. Il a donc lancé un mouvement anti fast food qu’il a tout logiquement intitulé Slowfood. La lenteur d’ailleurs, est une donnée qui nous paraît avoir du sens, celle des saisons par exemple. Nous militons pour les productions proches et saisonnières. JM : On lit dans votre charte, je résume, que vous voulez une nourriture bonne, propre et juste. Bonne, je vois. Propre, on saisit que ça a trait à la santé. Mais juste ? LF : Propre, ça veut dire aussi : morale. C’est aussi que la production doit respecter la nature, les lieux, les cycles. Nous appuyons par exemple la production bio, mais pas seulement les modes de production soucieuses de l’environnement. Nous nous préoccupons aussi du producteur, nous voulons qu’il puisse vivre de son travail. Ça, c’est un vrai sujet alors que les agriculteurs, les petits surtout, vivent de plus en plus difficilement de leur travail. Tout le monde le sait, mais ah ! C’est politique. Nous nous en occupons par le petit bout, peut être, mais concrètement. JM : Exemple ? LF : Nous participons, avec le soutien de la Région, au collectif « Bourgogne Action Citoyenne OGM ». Nous organisons des rencontres régulières avec les producteurs qui s’attachent à remettre au jour des produits, voire des graines, menacés, quoique bons, parce que pas forcément rentables. Dans l’Yonne le coco de chéu. Mes volailles de race ancienne près de Bligny sur Ouche. Des plantes aromatiques et médicinales à Baume la Roche. A l’échelle nationale, le porc noir de Bigorre qu’on retrouve dans les bons restaurants (et même à Métro, NDLR), il a vraiment failli disparaître. Comme notre seule cressonière, tout près d’ici. JM : Et juste, alors ? LF : On y est ! Au fond, l’enjeur majeur de notre action, c’est la souveraineté alimentaire, qui doit aller de pair avec la biodiversité. Nous nous donnons quatre missions : repérer les producteurs locaux et les produits exceptionnels. Participer à l’événementiel local, comme ce fut le cas avec la BIAC 2007, comme ce sera le cas en novembre (du 6 au 9) dans le cadre du festival des saveurs d’automne, au Jardin des Sciences à Dijon. Travailler à la préservation de la biodiversité, en participant à la création du collectif « Urgence bio 21 », qui veut créer une ceinture maraîchère bio autour de Dijon. Il y a plein de clients pour ça. Et enfin, tout faire pour l’éducation du goût des plus jeunes. JM : C’est pas gagné. LF : Non, mais c’est fondamental. C’est la question de la Haute Qualité Alimentaire que défend Slowfood, en oeuvrant avec les structures de restauration collective, à commencer par les cantines scolaires. A Millau, à Bègles, c’est une affaire qui tourne. JM : Et à Dijon ? LF : On espère que ça se fera. Pour y aider, nous avons nous-même besoin de nous structurer. Slowfood Dijon, c’est une cinquantaine de personnes, mais comme pas mal d’associations, nous avons besoin de membres actifs, et de temps. JM : C’est un appel ? LF : Si vous voulez. C’est plutôt agréable comme travail, non ? JM : Absolument, et utile. Dernière question : qu’est ce que c’est le coco de chéu ? LF : Un haricot. JM : Comme mot de la fin, on ne pouvait rêver mieux… Voici comment, partant d’un haricot, on se retrouve à faire de la politique ; ça peut mener loin, la simple attention à ce qui nous nourrit, à tous les sens du verbe. Bien plus loin en tout cas que le gadget pour bobos de pays riches qu’on pourrait voir en Slowfood.
Jean Maisonnave y regarder d’un peu plus près et expériences à faites, ce radieux Eldorado n’est peut-être pas lui-même exempt de nuages, même si les hautes pressions touristiques ont partiellement maintenu l’anticyclone en place. Certains professionnels ont souffert, pas toujours les moins bons. D’autres estiment que le gâteau n’étant pas extensible, la part de chacun sera moindre. En clair, le bassin de clientèle restant à peu près le même, vieille problématique des temps sans croissance, il faut guerroyer avec des armes qui n’ont pas toujours à faire avec la cuisine, sa justesse, sa sincérité, son nécessaire professionnalisme. L’emplacement prépondère, le fameux concept, l’apparence et surtout les tarifs. Et ça, c’est la porte ouverte aux faux-semblants, au nivellement par le bas. C’est la grande bataille autour des menus à douze euros et des plats du jour à huit ; à treize quatre-vingt tu meures, à onze tu te frottes les mains ; alors tu te démerdes, n’est-ce-pas, en rusant sur le produit, ou plus gravement, la Arrêtez vos salades La chronique du ronchon qualification. Tu peux ouvrir un resto avec une camionnette pour aller à Métro. Il est plus seyant d’avoir un décorateur à la page, un concept original, qu’un vrai cuisinier. Je n’ai pas le goût des noires prophéties ; la baisse des prix c’est extra, une déco qui claque aussi. Mais, pour faire symbole, j’en ai aussi ma claque de ces salades mal assaisonnées, surmontées de n’importe quoi qui fasse spectacle et repas, qui laissent des marges confortables et la sensation irritante de tomber dans la rumination indifférenciée. J’exagère ? Oui, parce que j’aime la salade ; parce que je parle là, ni plus, ni moins, sans aucunement invoquer la dite gastronomie, de l’avenir de la cuisine française et parce que je sais bien qui sortira vainqueur de la bataille : la confuse banalité et l’industrie agroalimentaire. Pas cool, ça. C’est un autre genre de salade qui, début soixante dix, représenta la rupture avec la vieille cuisine : la salade folle de Michel Guérard ; « Les petits poissons se mettent à table ! » Confier ses pieds à des poissons, ça peut paraître étrange comme idée. Et pourtant l’exercice est réel et très simple : plonger ses pieds dans un bassin et attendre… Attendre que les 500 insatiables Garra Rufa fassent leur travail : vous débarrasser de vos peaux mortes. Comment ? Soyez rassurés, pas avec leurs dents ! Ce petit poisson qui mesure seulement entre 3 et 5 cm se contente d’aspirer les cellules épithéliales mortes. En outre, comme remerciement à ce maigre butin, il dépose une précieuse enzyme qui ralentit le processus de repousse. Un vrai poisson-docteur qui guérit depuis des siècles psoriasis et eczéma. A faire seule ou avec une amie, cette expérience est inédite et absolument relaxante. Humeur de table 03 La crise, quelle crise ? J’arrive à Dijon et qu’est ce que je vois, des restos qui poussent partout. Une champignonnière. Des petits, des moins petits, des speeds, des lounges, des trendys et des terrasses un peu partout. Quand je pense que cette ville, il y a moins d’une décennie, offrait un visage certes historique mais à peu près aussi enjoué qu’un avis d’imposition... C’est bien simple, dès qu’un truc ferme au centre ville, tu peux être sûr d’y retrouver un resto ou une succursale de supermarché. On voit le progrès : à un moment, c’étaient des agences bancaires. Choses, le lecteur en conviendra, bien moins vivantes, sinon, au fond plus inquiétantes. iconoclaste, mille fois copiée, et très méditée. Rien à voir avec les brouteries cumulatives. Ultime histoire de la salade. J’habite un quartier excentré, plutôt agréable mais pas bien vivant. Des pavillons à jardinets, surtout. Et là au milieu, inexplicables, précieux et collés, un boucher et un maraîcher. On y va parfois. Pas assez. Le boucher aime bien la viande, on discute onglet et pied de cochon. Le maraîcher aime les produits de proximité. Il reçoit ses salades de la plaine, des patates, des œufs aussi, le miel. Rien d’extraordinaire à ça ? Essayez de trouver l’équivalent au centre. Carrefour et Casino réinvestissent le marché, c’est le nouveau terrain de jeu. Vous avez constaté. C’est pratique. Allez y discuter les mérites comparés de l’onglet et de la hampe, de la sirtéma et de la charlotte, de la chicorée et de la feuille de chêne, vous comprendrez. Ce n’est pas le commerce qui revient au centre, c’est la marchandise. Pas pareil… ▀ Jean Maisonnave Fish Pédicure : 35 € - et vernis : 40 € - et massage : 49 € - et massage + vernis : 53 € Fish and Spa - L’Onglerie 9 Place Emile Zola - Dijon Tél. 03 80 30 68 44 1) 11: !..1.crie 25



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :