Bing Bang n°43 jui/aoû/sep 2010
Bing Bang n°43 jui/aoû/sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de jui/aoû/sep 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Edibang

  • Format : (245 x 320) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 10 Mo

  • Dans ce numéro : cuisines et dépendances... Crozes-Hermitage 2007 Yann Chave.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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02 C dans l’air Tout garder, tout jeter et réinventer ? C’est la phrase choc de l’été, le titre de l’exposition montée en commun par les différents musées municipaux dijonnais sur l’objet, le déchet, la réforme, le rebut. Partie intégrante de cette grande manifestation « Utopies et innovations « organisée par seize villes de l’est, appartenant à la nouvelle Métropole Rhin- Rhône, qui devrait donner une impulsion à toute la région, en attendant le TGV. Alors, c’est de l’Art ou du cochon ? On aimerait bien répondre du cochon car dans le cochon, tout est bon, y a rien à jeter… Une expo commune, hors du commun Direction le musée de la vie bourguignonne, où s’est installée l’exposition principale. Sous le cloître flottent des étendards de plastique, recyclage de bouteilles. Le son est claquant, comme des haubans sur des mats. Les reflets au sol sont chatoyants, c’est une vision assez poétique. Assez rêvé, entrons dans le vif du sujet. L’exposition ressemble à un grand bazar, un véritable capharnaüm, une caverne d’Ali Baba et en plus on joue. Mettre des mots sur des objets, trouver le nombre de couches utilisées par bébé, euh… c’est beaucoup plus ! Ensuite on classe les objets que l’on garde, ceux que l’on archive, qui entrent au musée, ceux qu’on jette ou que l’on recycle. À chaque pièce une ambiance différente, un décor ou des matériaux qui changent, la découverte est ludique. L’expo avance, c’est moins drôle, ça devient un peu visite avec la Maîtresse d’école, moins de jeux, on doit apprendre. Le recyclage c’est moins fun ? Dommage, vite on ressort retrouver la féerie du cloître. Le bémol c’est qu’on aimerait bien continuer à se croire Alice et prendre un thé dans la cour, seulement voilà… la jolie terrasse ombragée, elle n’existe que dans nos rêves. Toute la ville en parle (variante) Et puis, pour répondre à la question que vous n’allez pas tarder à poser : oui, c’est de l’Art et tout le monde s’y met. Le Consortium installe six œuvres d’artistes contemporains dans des lieux publics. Objets détournés, contenus surprenants, accumulations vous attendent dans une cour ou un jardin. Nü Köza enguirlande le cloître du musée et le Frac a sorti pour l’occasion son Mr Bondieu, de Patrick Van Caeckenbergh qui semble tout droit venu d’Emmaüs. Le musée des Beaux- Arts organise des ateliers sur l’art du recyclage et des visites spéciales « objet, œuvre d’art ». Le jardin des sciences invite la Fée Folie et sonorise l’Arquebuse. Latitude 21 expose les photographies de Philip Roussin sur l’enfer de Dandora, même la Fnac s’y colle avec des ateliers fun sciences pour les enfants. Et il y en a encore beaucoup d’autres : le lycée Le Castel, la Tour Elithis, le festival Dièse, au total 20 partenaires, 100 rendez-vous, si vous passez à côté, c’est que vous êtes bon à jeter… Rendez-vous en 2012 Deux femmes, deux vies, deux livres « La Galerie des Brumes » de Laurence Gaud : les ados vont se régaler ! Lorsqu’une attaque cérébrale l’a obligée à rester tranquille pendant plus de quatre mois, cette prof dijonnaise hyperactive a eu besoin de se défouler par l’écriture. Raconter sur papier une aventure dont l’action se déroulerait dans « Le trou sans fond » (titre de son premier roman, paru en mai 2009) était un bon compromis ; le lieu existe vraiment, près de Blaisy-bas, au beau milieu de la forêt. Pas besoin d’y retourner, elle le connaît depuis l’enfance. Le mystère de ce gouffre dont les spéléologues n’ont jamais pu venir à bout, elle a choisi de le raconter, avec un plaisir gourmand, à ses propres enfants, puis aux autres. Son second roman, paru en avril dernier, se passe à nouveau dans le trou sans fond, c’est » la galerie des brumes », et elle est en train d’écrire le 3ème, « l’île du bout du bois ». Une aventure d’un autre temps, d’un autre monde, à lire au coin d’un bois, pour s’évader. www.edilivre.com Alors justement qu‘est-ce qu’on jette ? Nos vieilles habitudes, bébé avec l’eau du bain et ses couches mais pas grand chose de tout ce qu’on a vu pour l’instant. On réinvente ? Le sens de circulation en allant visiter les autres villes, direction Grand Est, jusqu’à Bâle. On dépoussière ? La ville et ses acteurs culturels ont montré une cohésion exemplaire sur ce projet. On peut i Bondieu ! Mais c’est bien sur ! remettre ça tous les trimestres pour qu’enfin Dijon ait une véritable identité culturelle, une image novatrice ? Qu‘est-ce qu’on garde ? La biennale des musées de la métropole Rhin- Rhône avec un second rendez-vous en 2012… Et la petite phrase de François Rebsamen pour l’occasion : « Dans la crise que le monde traverse aujourd’hui, l’Art reste le meilleur des civilisations qu’il soit révolte ou utopie, car il est porteur d’espoirs. La création est une nécessité : parce qu‘elle est signe de vie, parce qu’elle est dépassement permanent. » ▀ Bridget P Toutes les infos sur www.utopinov.com « Ne pas se pencher au dehors », par Pascale Corbin : pour adultes seulement Ex-dijonnaise, Pascale Corbin fait partie de ces personnages dont on se dit qu’elle manque au paysage urbain. Enfermée devant son écran, dans sa banlieue parisienne, cette mère de trois enfants écrit des manuels de sexologie et de bien-être qui ne doivent pas être tristes, vu le ton de son premier ouvrage très personnel, contant fleurette à sa façon, directe, drôle, décalée. Un livre de nouvelles pour les femmes qui ont envie de changer d’air et de mari, cet été, court, décapant, aux éditions du Sextant. Elle en prépare un autre sur le Dijon des années 60 qui ne risque pas d’être triste non plus. Pour le style, à vous de juger. On ne sait pas s’il faut la prendre au second ou au quinzième degré, ce qui est tout à son honneur. En tous cas, elle se défend pour sa promo, demandez à votre libraire, il a du avoir sa visite.
Rien a foot Vive le Foot. Et la Coupe du Monde, parce que c’est une période privilégiée pour nous les femmes. Enfin, pas toutes. Chez nous, il n’y a pas que des blondes, il y a aussi les supportrices. Des pintades mimétiques qui se peinturlurent la hure, endossent des maillots bariolés et braillent avec un enthousiasme qu’on croyait réservé, jusqu’à des temps récents, à leurs éructants conjoints, lesquels ne portent jamais si bien leur nom qu’en ces circonstances d’érection nationale. Quant au foot, pardonnez-moi, mais sans être foncièrement antisportive, j’estime que cette discipline manque cruellement de dignité. D’abord parce qu’elle ne se pratique, en principe, qu’avec les pieds. Ensuite parce qu’elle est de toute évidence totalement assujettie au pognon, avec tout ce que cela comporte de perversions, de faux semblants, de prévarications, de bassesses. Comme « école sociale », excusez, on peut faire mieux. Cela dit, je ne partage pas la sévérité de certains. Comment s’étonner que des mômes, sélectionnés dès l’enfance pour leur aptitude à la baballe et consécutivement voués à une décisive inculture, puissent ultérieurement claquer leur argent à s’acheter des 4x4 chromés et des putes platinées. Il paraît que ça fait rêver, que les gosses s’identifient… justement, dis-je, à quoi ? C’est ça qui me laisse rêveuse. J’ajoute que d’un point de vue plus féminin, je ne vois pas comment on peut s’identifier à des gladiateurs qui se tortillent au moindre choc comme des fusilis toxicomanes avec des grimaces de masques kabukis, ou qui s’empilent au moindre but comme des bouses extasiées. Passons. Le gros intérêt de cette coupe du monde, pour nous, c’est que c’est la libération de la femme. On peut planter nos gros devant la télé, on les incite même à inviter leurs copains, on est prêtes à leur fournir le maillot, le carton de pizza (voir plus loin), le pack de cannettes ; on y ajoute même une bouteille de Pernod afin qu’ils n’aient plus à se lever que pour aller aux toilettes (à la mi-temps) et on sort entre nanas. w, rw.k,+r bib.49.23,11347.dry Le monde est beau pendant les matchs. Les rues sont plus sûres, certains restos font des prix spéciaux, certains cinés aussi, on en profite, on va au musée et comme il reste plein de place aux terrasses, on sirote des guignolets en parlant d’autre chose que de gloire ridicule et d’idoles sponsorisées. On ne perçoit rien des clameurs inquiétantes. On ne sait rien de la consternation qui suit les penalties. Et peut-être même qu’on va rencontrer l’Homme. Rescapé des décervelants pilonnages médiatiques. Comme il n’aura pas de 4x4, il m’emportera sur le cadre de son vélo. On jouera à l’extérieur. Sûrement jusqu’aux prolongations, voire jusqu’aux tirs au but ; je ne vois rien là qui puisse effrayer. On est même prêts à rejouer le match, on gagnera toujours tous les deux. Et d’ailleurs, on n’en a strictement rien à foot : on leur laisse la coupe, on a juste besoin de nos lèvres. ▀ Eva Nosiam C dans l’air 02 NOUVEllE adresse NOUVEaU propriétaire 5, rue charrue 21000 diJoN



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