Bing Bang n°40 oct/nov 2009
Bing Bang n°40 oct/nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Edibang

  • Format : (245 x 320) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 16,6 Mo

  • Dans ce numéro : 13 macarons sucrés et des résultats qui ne manquent pas de sel.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 l’agenda éclectique 07 théâtre, musique, festivals : sortez prendre l’air ! La famille en collectif Un spectacle qui soit visible sur la durée, c’est rare. Autant dire que c’est même exceptionnel, les salles de spectacles dijonnaises ne pouvant que rarement se permettre de programmer plus de trois à quatre fois une pièce. Pourtant, cela permet au spectacle de se « faire », de trouver son public, tout comme au bouche-à-oreille de fonctionner. C’est l’une de ces exceptions qui se produit cet automne. Le collectif 7’, fondé par Elisabeth Barbazin, comédienne, et Marion Golmard, scénographe, propose sur une quinzaine de dates Mi Familia, soit « ma Famille ». Cette pièce, écrite par l’auteur contemporain urugayen Carlos Liscano nous raconte avec un humour souvent grinçant une drôle d’histoire de famille. Dans cette fable, on n’hésite pas à vendre les enfants, lorsqu’il s’agit d’acheter un frigidaire, par exemple. Quitte, par la suite, à retourner au marché chercher de nouveaux enfants en vue d’une fête de famille et cette fois se débarrasser des grands-parents... Théâtre mêlant démence et humour, dénonciation et cocasserie, Mi Familia interroge avec une forme de tendresse et d’ironie nos idées sur la famille et ses prétendues valeurs... Voilà certainement l’une des raisons pour lesquelles le Collectif 7’, compagnie à la mixité artistique assumée, a décidé de s’attaquer à ce texte contemporain. Mi Familia nous offre une création énergique, traversée par l’esthétique déployée par une équipe conjuguant le dialogue entre les arts au singulier : pour chacun de ses spectacles, l’équipe s’attache à réunir vidéos, musiques et jeux sur un même espace. Le plateau devient un lieu de respiration et de dialogues croisés. Avec Mi Familia, la dizaine d’artistes réunis entend, une fois de plus, nous faire découvrir un auteur contemporain, tout en contribuant à la diffusion des arts vivants sur le territoire régional. Caroline Châtelet Mi Familia : Chenôve, Espace Culturel François Mitterrand, jusqu’au 29 octobre, les mardis et jeudis à 20h/Dijon, Bâtiment G du parc de la Toison d’Or, du 23 au 28 novembre La danseuse Martine Roch Têtes chercheuses Le festival Labomatique investit Dijon d’ici peu, histoire de nous inviter à réinventer ensemble la conception des arts visuels. À Dijon, lorsqu’un nouveau projet se prépare, on en parle. C’est le propre des villes à taille humaine : l’information circule, tourne et retourne, tant et si bien qu’elle prend parfois des proportions folles... Tenez, prenez par exemple l’association les Derniers Hommes. Cette jeune équipe, emmenée par Charlotte Kaminski et Romain Moretto organise cette année la première édition de son festival Labomatique. L’événement, qui aura lieu du 12 au 22 novembre investira, outre l’atheneum, la bibliothèque municipale et la Vapeur, le théâtre Mansart. Le théâtre Mansart, c’est la belle salle de spectacles située en lisière du campus universitaire, qui après moults rebondissements s’apprête à reprendre d’ici quelques mois. Et bien Labomatique se déroulant, donc, au théâtre Mansart, certains bruits ont circulé annonçant la reprise du lieu par la jeune équipe... Rien que ça ! Ça a même, paraît-il, discuté sec autour de cette nouvelle « direction »... Si des rumeurs courent encore, Les Derniers Hommes – et ils ont bien raison – préfèrent, eux, s’amuser de la chose, tant elle est énorme. D’autant qu’avec l’approche du festival, l’équipe a fort à faire. Déjà connus pour leurs créations
théâtrales (Une Saison en enfer autour de Rimbaud et Il n’y a plus rien, spectacle basé sur des textes de Léo Ferré), leur revue d’art graphique en ligne et en version papier (Querelle), les Derniers Hommes franchissent ici une nouvelle étape, avant le lancement d’un portail numérique courant 2010 (soit un centre de ressources sur internet consacré aux arts de la scène et aux nouveaux médias). Prévu à un rythme biennal, Labomatique s’annonce comme un temps fort, fenêtre ouverte sur les arts vivants et leur multiples possibilités d’existence. Ce festival hybride entend, en effet, accueillir des spectacles ‘saute-frontières’, qui se baladent allègrement entre théâtre, vidéo, musique, danse, arts plastiques, et même poésie, se moquant bien des querelles de chapelles culturelles. Labomatique nous promet donc une promenade festivalière originale, dont le seul mot d’ordre serait la rencontre entre multimédia et médiums. On pourra, ainsi, découvrir une petite dizaine de spectacles ou concerts (coup de cœur personnel d’ailleurs sur le duo Battling (((...))) versus la musicienne Christelle Séry), en savoir plus sur la façon dont les arts de la scène s’approprient les nouveaux médias en Europe, ou encore s’essayer à un stage autour de la danse et des arts numériques. Tout ça à des tarifs carrément abordables, seul le concert à la Vapeur dépassant les 10 euros (les autres rendez-vous étant plus proches des 5...). Et comme l’événement ne se reproduira pas avant deux ans, et que d’aucuns disent déjà que les Derniers Hommes seront à ce moment-là directeurs de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles) Bourgogne, il s’agit d’en profiter ! Caroline Châtelet Labomatique, arts de la scène et nouveaux médias du 12 au 22 novembre à Dijon www.lesderniershommes.com www.labomatique.com On ne badine pas avec Lorenzaccio ! Du grand théâtre… à l’Opéra ! Par pitié, ne vous laissez pas influencer par les notes d’intention du metteur en scène ni par tout ce que vous pourrez lire ici ou là car vous risqueriez de vous décourager. Aller à l’essentiel sur le papier n’est pas le fort des gens de théâtre. Juste pour situer l’action : on est à Florence, en Italie, au XVIe siècle. Charles Quint et le Pape Paul III ont la main mise sur la Cité, dirigée d’une main de fer par Alexandre de Médicis, dont la débauche et les débordements scandalisent toute la péninsule. Qui est ce Lorenzo, dont la personnalité mystérieuse attire les moqueries et les quolibets ? Quelle morale, quels idéaux, quelle conscience guide l’ancien étudiant vertueux devenu courtisan dépravé ? Tous les ingrédients du théâtre élisabéthain se retrouvent dans Lorenzaccio. Musset ne prétend pas décrire un monde juste ni faire l’apologie du meurtre, n’allez pas lui faire dire ce que Frédéric Mitterrand n’aurait jamais raconté : il raconte la recherche éperdue d’un bout de lumière, et à quoi peut mener cette recherche quand elle est poussée vers la folie. La modernité de Lorenzaccio est dans le renoncement à la possibilité d’avoir un alibi. Les jeudi 12, vendredi 13, samedi 14 novembre à 20h, le dimanche 15 novembre à 15h, au Grand Théâtre Goûter : Lorenzo e Lei ! Venez admirer de près les marionnettes utilisées dans Lorenzaccio et entrevoir l’univers de la pièce en compagnie de ses comédiens le temps d’un mini-spectacle autour de Musset ! Un goûter vous sera offert à l’issue de cette rencontre, samedi 14 novembre, à 16h, au Grand Théâtre. GB Adieu l’ami Retranché derrière sa moustache et sa caméra, il regardait le monde avec scepticisme et indulgence. Chez les gens vraiment bien, l’un peut conduire à l’autre. Camus appelait ça la lucidité : c’était notre culture. On savait juste qu’il s’agissait, grosso modo, de regarder les choses en face pour essayer de leur donner un sens. Toute sa vie a été marquée par le regard. En khâgne déjà, il m’épatait par sa clairvoyance. Il entra au Grenier de Bourgogne avec « Orphée » … Il y fonda même un cinéclub. Puis la critique de cinéma, la grande affaire pour ce rêveur matérialiste. Pour FR 3, journaliste cameraman ; autre regard sur le monde, mais toujours indulgent, même dans l’ironie. Il avait aussi cette intelligence-là. l’agenda éclectique 07 12. LABOMATIQUE croquis_lorenzaccioDamien_Caille-Perre Autre pilier de notre culture, Godard écrivait à peu près que filmer, c’est toujours filmer la mort au travail. Bravo la mort, beau travail. Yves Penquer a posé son vélo, son chapeau et sa caméra le 11 octobre. Sa moustache, le cancer la lui avait déjà bouffée. Celui-là aussi, il l’avait vu venir. La dernière fois qu’on a rigolé, c’était de conclure qu’il fallait boire nos vieilles bouteilles sans attendre. Une seule chose est sûre, c’est qu’on ne les boira plus ensemble. Merci, Monsieur. Ce fut un privilège que d’être votre ami. A Bernadette, à Jérémie, notre confrère et collègue, à Aurélien, à la famille, la rédaction présente ses condoléances. Jean Maisonnave 27



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