Belles Régions de France n°3 aoû/sep/oct 2010
Belles Régions de France n°3 aoû/sep/oct 2010
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°3 de aoû/sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 77,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Bretagne, une magie intacte.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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En Bretagne, Je me souviens du passé... Fier de ses couleurs ! Le Gwennha Du, le drapeau breton Le drapeau de la Bretagne, plus connu sous le nom de Gwennha Du également orthographié Gwenn-ha-Du (littéralement « Blanc et Noir » en breton), est de facto le drapeau et le pavillon de la région Bretagne et de la province historique de Bretagne. Son nom en gallo est Blanc e Neirr. Il se compose de neuf bandes horizontales noires et blanches d’égales largeurs, disposées alternativement et d’un canton supérieur (côté mât) de couleur blanche parsemé d'une multitude de mouchetures d'hermine. Le premier Gwennha Du est créé en 1923 par Morvan Marchal, architecte et militant nationaliste breton. Le nombre de mouchetures d'hermine et leur forme n'est pas fixé, la version la plus répandue comprend onze mouchetures arrangées selon trois rangées horizontales. Le Gwennha Du est le drapeau moderne de la Bretagne, cependant l'histoire vexillologique de cette région ne se limite pas à ce drapeau ; d'autres drapeaux, bannières et pavillons ont existé pour représenter les ducs, leurs flottes et armées, les ports, les régiments bretons ainsi que les villes et pays historiques bretons. Quelques-uns sont parfois encore utilisés. Origine et signification Avant le Gwennha Du Parmi les emblèmes utilisés en Bretagne et permettant d'illustrer la naissance du Gwennha Du, la première référence évoque un « vert étendard aux sept saints de Bretagne » qui aurait été arboré à la fin du haut Moyen Âge d'après une version de la chanson de Roland du XIe siècle. Mais les emblèmes attestés sont les suivants : les souverains bretons utilisaient probablement un drapeau blanc traversé d'une bande rouge. Ce dessin est une simplification du dragon rouge sur fond blanc. Peu d'élément nous sont parvenus sur ces bannières. Toutefois, ce dessin se retrouve dans les villes royales de Lanmeur et Acigné. Les princes bretons utilisent également dans leur grande majorité ces mêmes couleurs. Le drapeau à croix noire, appelé Kroaz du en breton, a fait l'objet de diverses interprétations ces dernières années. Considéré à tort comme le seul drapeau historique breton, il fait partie comme d'autres des drapeaux ayant marqué l'histoire de la Bretagne sans en être toutefois l'unique représentant. Certains auteurs récents attribuent son origine à la Troisième croisade 18 - Belles Régions de France (1188). Le Kroaz Du n'est attesté qu'au XVe siècle dans la documentation écrite comme dans l'iconographie. Elle est cousue sur les vêtements des soldats bretons pour les distinguer au combat aux XVe et XVIe siècles et les Montfort l'utilisent sur leurs étendards. Plusieurs ports bretons font usage d'un pavillon à croix noire simple ou semé de mouchetures d'hermine (ou de divers autres éléments) du XVIe siècle au moins jusqu'au XVIIIe siècle. Mais c'est surtout comme emblème maritime que ce drapeau a été utilisé. Le Kroaz Du Le Kroaz Du est systématiquement associé aux mouchetures d'hermine comme on le voit sur des portulans du XVIe siècle, sauf sur quelques illustrations où il apparaît en petite taille. Ceux utilisés au XVIe siècle font apparaître un canton d'hermine (dont le nombre de mouchetures diffère selon les versions) à plusieurs variantes en usage dans les ports de Brest, Nantes ou Saint-Malo. La fin de l'indépendance bretonne et la création d'une flotte française sous un autre emblème (à croix blanche) démonétise les pavillons à croix noire qui disparaissent petit à petit. D'autres drapeaux plus récents ont repris certains aspects de son symbole et de sa couleur tels que le drapeau de la
En Bretagne, Je me souviens du passé... Cornouailles au Royaume-Uni (la croix de Saint Piran blanche sur fond noir), qui en est l'inverse parfait mais qui elle est très récente (créée ou popularisée en 1950 par Helena Charles, une des fondatrices du parti politique Cornish Nationalist Party). Il n'y a par contre aucun lien avec le drapeau à croix germanique au blason de l’ordre Teutonique. Aujourd'hui, le Kroaz Du, herminé ou non, se voit de-ci de-là, surtout en mer. L’échiqueté de Dreux Pierre de Dreux, cadet de sa famille, se vit attribuer une brisure fréquente chez les princes voués à la cléricature : un francquartier d'hermine. Ce prince fut imposé en 1212 par le roi de France Philippe Auguste comme époux à la duchesse Alix. Celle-ci ne disposant pas d'armoiries, Pierre Mauclerc usa de ses propres armes comme baillistre de Bretagne et ses successeurs firent de même. Pendant un siècle (de 1213 à 1316), les écus et les bannières des princes bretons portent l'échiqueté de Dreux d'or et d'azur au franc-quartier d'hermine. Il est figuré avec ou sans bordure rouge, selon les représentations. Le duc de Bretagne étant aussi comte de Richmond, du moins quand le roi d'Angleterre lui reconnaissait la jouissance de cet Honneur of Richmond (« fief de Richemont »), les armoiries de ce comté furent identiques à celles du duché. La bannière d’Hermine En 1316, quatre ans après son avènement, Jean III abandonna l'échiqueté de Dreux, pour le semer de mouchetures d'hermine, dit en héraldique française « bannière d'hermine plain ». Elle sera utilisée jusqu'au XVIe siècle. Les raisons de cette modification tardive (les changements d'armoiries étaient rares au XIVe siècle chez les grands princes) et remarquable sont assez complexes : ▪ Jean III entretenait d'exécrables relations avec sa marâtre Yolande de Dreux (mère de son demi-frère Jean de Montfort) et était en procès avec elle au sujet de l'héritage de son père le défunt duc Arthur II. Yolande, issue de la même famille de Dreux que Jean III, portait les mêmes armes que lui. Or, l'héraldique médiévale était un élément du droit. Porter les armoiries ducales signifiait partager l'autorité et les propriétés ducales. Jean III ne pouvait l'accepter de sa marâtre et puisqu'il ne pouvait lui interdire le port des armes de Dreux, il aurait décidé d'en changer lui-même. ▪ Le fait que ces armoiries de Dreux étaient brisées (la bordure de gueules) et surbrisées (le franc-quartier d'hermine) signalait qu'elles étaient les armes d'un cadet, peu convenables pour une grande principauté. Elles faisaient aussi de la Bretagne une dépendance héraldique du petit comté français de Dreux. Des armes simples qui lui soient propres étaient souhaitables pour la Bretagne de ce point de vue. ▪ Les couleurs de l'échiqueté d'azur et d'or indiquaient au XIIIe siècle le cousinage capétien avec les rois de France, élément alors valorisant. Mais au XIVe siècle, les fleurs de lys étant devenues l'élément central de l'héraldique royale française, l'échiqueté avait perdu son prestige initial. ▪ La fourrure d'hermine avait gagné en valeur du XIIIe siècle au XIVe siècle, et doublé celle du Vair (ou petit-gris), auparavant plus cotée. L'hermine était désormais perçue comme la fourrure des rois et des juges. Surtout l'hermine, sorte de « semé de mouchetures d'hermine » répondait, esthétiquement et symboliquement, au semé de fleurs de lys des rois de France. Autres étendards ▪ Lors de la guerre de succession (1341-1364), les deux prétendants utilisent des flammes différentes, reprenant les couleurs aujourd'hui utilisées par le drapeau breton. Il s'agit pour le cas de Jean de Montfort des flammes noires et pour celui de Charles de Blois et Jeanne de Penthièvre de flammes blanches. Ils utilisaient, par ailleurs, tous deux la bannière herminée, symbole ducal par excellence à l'époque. C'est à partir de cette époque que le blanc et le noir commencent à être utilisés par les Bretons et leurs souverains. Le Gwennha Du s'inspire de cette tradition. ▪ Les régiments bretons des rois Bourbon marchent de 1721 à 1791 sous un drapeau colonel carré blanc portant une cartouche baroque à l'écu ovale d'hermine, couronné, supporté par deux rameaux croisés et surmonté d'une banderole à la devise Potius mori quam faedari. Le drapeau d'ordonnance était différent : une croix blanche semée de queues d'hermines, les quatre mots Potius, mori, quam, faedari étant répartis sur chacun des bras de la croix. La croix cantonne le drapeau en 4 quartiers aurore et noirs. ▪ Du XVIe au XVIIIe siècle, l'amirauté de Bretagne conserve le pavillon de la flotte bretonne, une croix noire avec quatre puis un seul quartier d'hermine ; les bâtiments bretons arboraient également des flammes de guerre hachurées verticalement de blanc et de noir. Aux XIXe et XXe siècles, différentes versions du drapeau d'hermine sont employées avant d'être progressivement remplacées par le Gwennha Du. Belles Régions de France - 19



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