Belles Régions de France n°3 aoû/sep/oct 2010
Belles Régions de France n°3 aoû/sep/oct 2010
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°3 de aoû/sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 77,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial Bretagne, une magie intacte.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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En Bretagne, Je me souviens du passé... populaires. Dans les campagnes de Basse-Bretagne en particulier, la vie devient moins facile à partir des années 1660. De fait, les seigneurs locaux imposent de fortes taxes sur les denrées produites par les paysans et restreignent leurs marges. En 1675, le peuple rennais se rebiffe contre une nouvelle mesure fiscale : le Papier Timbré, qui taxe indirectement tous les actes officiels. Le Parlement soupçonné de mollesse doit être transféré à Vannes pour ne pas céder aux injonctions de la foule. Durant ce même temps, la révolte des Bonnets Rouges, éclate en Basse-Bretagne opposant les paysans aux collecteurs de taxes. Dès cette époque, et compte tenu des difficultés rencontrées par les ruraux, les migrations urbaines s'intensifient. Le visage de la province bretonne évolue et devient plus citadin. Bretagne des Lumières : l’émergence d’un monde citadin Comme le reste du royaume, les villes bretonnes du XVIIIe siècle bénéficient d'un regain de leurs activités économiques. Le commerce triangulaire fait la fortune de Nantes, mais aussi de Saint-Malo et de Lorient : des toiles de coton imprimées acheminées en Afrique, sont échangées contre des esclaves, ces hommes sont ensuite vendus aux Antilles pour l'achat du café, du tabac et surtout du sucre. La capitale rennaise, qui se remet très vite de l'exil du Parlement et d'un immense incendie en 1720, continue son ascension. Les campagnes bretonnes sont, quant à elles, loin de bénéficier de ce dynamisme : les plantes fourragères et la pomme de terre ne sont pas encore parvenues jusqu'à elles et certains hivers sont rudes pour les paysans, particulièrement en Basse-Bretagne. Au XVIIIe siècle, l'administration du royaume de France devient de plus en plus présente sur le territoire breton. Si les États de Bretagne tentent parfois de résister à cette omniprésence, ils ne parviennent pas réellement à asseoir leur autorité. À son arrivée sur le trône en 1774, Louis XVI intensifie sa politique de guerre économique. La Bretagne est mise au premier plan de sa stratégie militaire. La petite ville de Brest, devient arsenal du Ponant, remodelée par l'architecte Vauban en 1694, haut lieu de la construction navale. Du fait des disparités sur le territoire breton, la Révolution de 1789, est vécue bien différemment au travers de la Bretagne. Nantes, si proche de la chouannerie vendéenne, fait l'objet de toutes les attentions. La mobilisation des Nantais contre une grande attaque le 29 juin 1793 sauve la ville et préserve la République. Malgré cet acte de bravoure, la France en guerre craint la contre-révolution et la réprime durement : comme en juillet 1795 quand Hoche fait fusiller des centaines de prisonniers après le débarquement anglo-émigré à Quiberon. La méfiance des Bretons vis-à-vis de l'administration centrale persiste. Le concordat conclu avec l'église en 1801 est le signe annonciateur d'un retour à la paix. Pourtant, l'intensité des combats, les disparités toujours plus croissantes entre villes et campagnes, entraînent une certaine désillusion de la population bretonne. QUELQUES DATES À RETENIR 23 décembre 1720 : un incendie ravage la ville de Rennes et détruit presque la totalité de sa vieille ville, y compris son Parlement. La ville est ensuite reconstruite conformément aux conceptions des urbanistes du XVIIIe siècle. Mars 1793 : les ruraux de l'ensemble du Pays nantais, d'une large partie du Morbihan, du Léon et de quelques autres petits pays refusent la mobilisation pour l'armée. Lors d'une révolte à Machecoul, cinq cents républicains sont assassinés. 29 juin 1793 : face à l'attaque des Vendéens, la ville de Nantes résiste et prend le parti de la République française. Fôret de Brocéliandre et ses mystères.. Rumengol
En Bretagne, Je me souviens du passé... Bretagne contemporaine : le temps des épreuves Au XIXe siècle, les campagnes bretonnes commencent à bénéficier des avancées majeures de la Révolution Industrielle. Si les conditions de vie des paysans sont donc moins astreignantes, l'effondrement de l'industrie textile entraîne l'émigration de milliers de Bretons qui fuient la misère des entreprises en déclin. Dès les années 1850, on compte près de vingt mille départs par an. Paris devient un lieu d'émigration privilégié pour ces anciens ouvriers bretons. La Première Guerre mondiale défait la Bretagne de ses forces vives : 200 000 jeunes soldats bretons sont tués sur le champ de bataille. Déjà amoindrie, la Bretagne peine à se relever, d'autant que la Seconde Guerre Mondiale, quelques dizaines d'années plus tard, freine toutes tentatives de reconstruction. C'est en 1941, sous le régime de Vichy, que la Loire-Inférieure est séparée du reste de la Bretagne. Ce choix s'inspire du découpage en archevêchés entrepris par l'Église Catholique en 1859, mais aussi de la répartition administrative des régions économiques créées en 1938. Les villes de Brest, Saint-Nazaire et Lorient sont, durant cette même période, totalement détruites par des bombardements alliés. Cinq cents déportés juifs de Bretagne meurent à Auschwitz et près de cinq mille victimes de la répression nazi sont fusillés en Bretagne, constituant dès lors l'assise d'une mémoire résistante fondatrice. En effet, dans la France libérée d'après 1944, la Bretagne a acquis le statut de province républicaine et française. En souvenir de l'exécution de quarante-huit otages à Nantes, victimes des représailles à l'encontre des résistants communistes, la ville obtient le titre de Compagnon de la Libération. Cette reconnaissance de la participation de la Bretagne à l'effort de guerre, constituera le terreau de sa reconstruction en révélant la richesse de sa culture. Bretagne moderne : concilier identité et ouverture À la Libération, la Bretagne doit répondre à deux impératifs : reconstruire les villes décimées par les bombardements alliés et combler le retard économique du siècle passé. Le Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons, le CELIB, composé d'élus de presque tous les partis, est un acteur majeur de la reconstruction. Reconnu en 1955 comme interlocuteur officiel de l'État français sur les questions relatives à la Bretagne, le CELIB obtient, un an plus tard, l'adoption d'un Programme d'action régionale. Durant cette même période, des réalisations innovantes sont initiées en Bretagne : le radome de Pleumeur-Bodou en 1962, l'usine marémotrice de la Rance en 1966, ou encore le plan routier breton en 1968 grâce auquel plusieurs centaines de kilomètres de 4 voies gratuites sont construites en Bretagne. Pour la première fois en 1960, la population urbaine dépasse, en nombre, l'effectif des campagnes. La Bretagne rurale change de visage : les agriculteurs se tournent vers les cultures maraîchères (choux-fleurs, artichaut…) et vers l'élevage. La création de coopératives agricoles, qui deviennent de grandes puissances économiques, est l'un des outils majeurs de la restructuration. En 1975, la Bretagne redevient, pour la première fois depuis un siècle et demi, une terre d'immigration et le demeure depuis. À la même période, le quotidien rennais Ouest France devient le journal le plus diffusé en France. Autre signe de l'ascension bretonne : l'expansion des établissements de l'enseignement supérieur et la construction d'une université à Brest dès cette époque. Les prises de position des Bretons ont souvent eu depuis des échos nationaux : la grève en 1972 à l'entreprise du Joint Français de Saint-Brieuc pour la reconnaissance de la valeur du travail des ouvriers bretons, la solidarité devant le désastre écologique de l'Amoco Cadiz en 1978, ou encore l'affrontement autour de la centrale nucléaire de Plogoff en 1980-81… sont autant d'événements marquants qui ont jalonné son histoire. La Bretagne a appris depuis à valoriser les différentes facettes de son identité. Elle est devenue tout à la fois terre d'innovation, de recherche et d'excellence scolaire. Sans nier son passé, elle s'inscrit désormais dans une culture résolument contemporaine et parvient dès aujourd'hui à concilier identité et ouverture. QUELQUES DATES À RETENIR 1899 : procès en appel du capitaine Dreyfus à Rennes. 1914-1918 : 200 000 soldats bretons sont tués sur le champ de bataille, laissant une Bretagne décimée, amoindrie de ses forces vives. 1940 : départ pour l'Angleterre de résistants de l'Île de Sein. 1941 : séparation de la Loire Atlantique du reste de la Bretagne sous le régime de Vichy. 21 octobre 1941 : après l'assassinat du militaire allemand KarlHotz, une proclamation indique qu'au moins 50 otages seront fusillés si les tireurs ne se livrent pas. Deux jours plus tard, 48 personnes sont abattues en représailles. Costume traditionnel vers 1920 QUELQUES DATES À RETENIR 10 mai 1945 : après 277 jours de siège, le général allemand Fahrmbacher et les soldats de la poche de Lorient, se rendent aux troupes américaines du Général Kramer. 1951 : création du CELIB, Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons, interlocuteur privilégié des intérêts bretons avec l'administration centrale et force de proposition concernant l'aménagement du territoire régional. 1959 : création du Collège Scientifique Universitaire, premier établissement d'enseignement supérieur à Brest. 1972 : première liaison par car-ferry avec l'Angleterre (Brittany-Ferries ou BAI). Bateau ostréicole Belles Régions de France - 17



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