Belles Régions de France n°1 avr/mai 2010
Belles Régions de France n°1 avr/mai 2010
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°1 de avr/mai 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 71,9 Mo

  • Dans ce numéro : la Bourgogne.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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En Côte d’Or, Je me souviens du passé… La controverse Selon le consensus scientifique actuel et à la suite des fouilles initiées par Napoléon III, c’est à Alise-Sainte-Reine (en Côted'Or) qu'est situé le site d'Alésia. Toutefois, la localisation d'Alésia en Bourgogne a été longtemps contestée, en raison des divergences réelles ou alléguées entre le site d'Alise-Sainte- Reine et les informations données par les textes anciens : en premier lieu le récit de César, mais aussi un passage tardif de Dion Cassius qui situe clairement Alésia chez les Séquanes, peuple habitant à l'est de la Saône. UN VIEUX DÉBAT 62 - Belles Régions de France 5 Les controverses sur la localisation d'Alésia se sont véritablement développées au XIXe siècle, époque qui vit les progrès de l'archéologie scientifique, mais aussi de son instrumentalisation. De nombreuses raisons expliquent la persistance et la durée du débat : le patriotisme local et la volonté de rattacher sa région à un épisode majeur de l'Histoire, des raisons politiques dont l'opposition au pouvoir central, le nom de Napoléon III restant attaché aux fouilles d'Alise-Sainte-Reine, la difficulté méthodologique qu'il y a à concilier la lecture d'une source écrite (principalement César) qui peut être partielle et subjective, avec des vestiges archéologiques qui doivent être révélés et interprétés. Si plusieurs centaines de sites ont été proposés comme emplacement d'Alésia, au cours du dernier quart du XXe siècle, la querelle a principalement porté, au niveau universitaire, scientifique et médiatique, sur deux sites : le site d'Alise-Sainte-Reine en Côte d'Or et Chaux-des- Crotenay/Syam dans le Jura, la localisation à Alise étant la localisation la plus largement acceptée. Depuis le début des années 2000, un consensus clair et solide s'est formé en faveur d'Alise dans la communauté des archéologues et historiens, et plus aucune publication scientifique ne mentionne un autre site qu'Alise depuis les fouilles qui y ont été menées dans les années 1990. La publication en 2006 par une équipe internationale de chercheurs et d'archéologues d'un corpus des fortifications militaires romaine en Gaule et en Germanie a consacré l'abandon de toute hypothèse alternative à Alise et de tout doute quant à la localisation de la bataille et la datation des trouvailles d'Alise. Celles-ci prennent désormais place dans une typologie de mieux en mieux connue des travaux de l'armée romaine. Il n'en reste pas moins que localement, et en dehors des cadres académiques et scientifiques, un certain nombre d'autres sites (outre Chaux/Syam) sont proposés par des particuliers : Salinsles-Bains dans le Jura, Alaise-Eternoz et Pont-de-Roide, dans le Doubs, Izernore dans l'Ain et Guillon dans l'Yonne. Aucun toutefois ne peut justifier de publications scientifiques et reconnues tant au niveau historique qu'archéologique, ni ne peut avancer un ensemble de découvertes archéologiques aussi pertinentes que celles d'Alise. La persistance d'un tel débat si loin de l'état actuel des publications et connaissances scientifiques peut surprendre, et justifie le constat de Michel Reddé : « à Alésia l'archéologie rencontre l'imaginaire ». Petite histoire d’une statue peu ordinaire Evocation monumentale de la défaite d’Alésia, la statue de Vercingétorix érigée sur le Mont-Auxois scandalisa de nombreux contemporains. Le choix du sujet et son interprétation furent critiqués. « C’est Vercingétorix durant cette nuit fatale où il délibère avec lui-même, après la perte de la 6 7
En Côte d’Or, Je me souviens du passé… bataille immense qui a décidé du sort de la Gaule », expliqua l’historien Henri Martin qui souhaitait voir élever à Gergovie la statue d’un Vercingétorix « vainqueur de César ». Charles Lecomte de Nouy se montra très sévère pour Millet « saisi d’une ambition supérieure à ses moyens ». Animé par des sentiments antibonapartistes, Théophile Thoré fut plus catégorique encore : « ce long tuyau de cuivre ne signifie rien du tout… La vérité est que la grande et patriotique figure du défenseur de la Gaule contre l’empire romain n’a pas été sentie poétiquement par Millet ». Un convoi exceptionnel Une fois terminée, la statue d’Aimé Millet fut exposée au Palais de l’Industrie puis quitta Paris par les Champs Élysées et Charenton pour prendre la direction de Melun, Sens puis Montbard. Pas très lourde mais très haute, elle avançait debout sur un fardier attelé à six chevaux de trait, sous la surveillance de trois charpentiers convoyeurs. Arrivée à Alise- Sainte-Reine, on adjoignit plusieurs paires de bœufs du Morvan pour gravir les dernières pentes du Mont-Auxois. L’itinéraire avait été préparé avec soin. Il présenta pourtant quelques difficultés, surtout avec les fils télégraphiques qui longeaient les voies ferrées et présentaient une gêne sérieuse aux passages à niveau. En frottant sur la figure du chef gaulois l’un d’eux lui tordit le nez ; un ouvrier dut se glisser à l’intérieur de la statue pour le redresser à coup de marteau. De partout, on accourait sur son passage. L’Écho de l’Auxois raconte même que certaines bonnes femmes se mettaient à genoux et se signaient, croyant qu’il s’agissait d’un saint Gétorix. 8 Une représentation romantique de Vercingétorix Près d’un siècle et demi s’est écoulé. L’accueil mitigé de la statue d’Aimé Millet par la critique parisienne n’est plus d’actualité. La critique contemporaine ne retient plus que les nombreux anachronismes du costume de cette représentation romantique du héros national. Les moustaches tombantes, les longs cheveux hirsutes et le collier de perles sont de pure fantaisie. La cuirasse et l’épée en bronze sont inspirées par des exemplaires de l’âge du Bronze, période terminée huit siècles avant la conquête de la Gaule. Les bandelettes qui enserrent les braies appartiennent au début du Moyen-Age… Quant au visage, qui se souvient qu’il emprunte à Napoléon III des traits idéalisés ? Á la lumière de ce que nous pouvons savoir aujourd’hui, il est vraisemblable au contraire que Vercingétorix était glabre et non point moustachu, avec une chevelure courte soignée. Aimé Millet, l’auteur de l’Apollon de l’Opéra Aujourd’hui, le sculpteur Aimé Millet (1819-1891) est surtout connu pour son Vercingétorix colossal. D’origine bourguignonne, il fut l’élève de David d’Angers avant de débuter au Salon en 1847. En 1857, il obtint une première médaille avec Ariane. Essentiellement créateur de monuments publics, il reçut de nombreuses commandes sous le Second Empire et la IIIe République. Il est notamment l’auteur de l’Apollon qui couronne l’Opéra de Paris. 9 Belles Régions de France - 63



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