Aviation Civile n°389 jan/fév/mar 2020
Aviation Civile n°389 jan/fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°389 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Babel

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : le drone prépare sa révolution industrielle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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• #389 • Janvier 2020 10 DIALOGUE dialogue Airbus Helicopters investit dans la mobilité aérienne urbaine - Par François Blanc © D. Bascou/DGAC Bruno Even, président-directeur général d’Airbus Helicopters, répond aux questions de Pierre Moschetti, sous-directeur de la construction aéronautique, à la direction du transport aérien. PIERRE MOSCHETTI, SOUS-DIRECTEUR DE LA CONSTRUCTION AÉRONAUTIQUE, À LA DIRECTION DU TRANSPORT AÉRIEN Le H160, dernier né d’Airbus Helicopters, devrait être certifié bientôt. Pourriez-vous nous présenter l’appareil et ses principales innovations ? Bruno Even : Le H160 met en œuvre des solutions techniques très innovantes, au point de matérialiser une véritable rupture sur le marché. Sa première spécificité porte sur sa polyvalence, poussée à un niveau jamais atteint jusqu’alors. Sur le segment « medium » (6 tonnes), le H160 est destiné à remplir une large palette de missions, en transport public, mais aussi dans le domaine militaire. Il a en outre vocation à augmenter le niveau de la sécurité des vols, le confort des passagers et les performances attendues d’hélicoptères de cette catégorie. Parmi les innovations dont il bénéficie, citons les pales « blue edge » – elles engendrent un gain de 50 % des émissions sonores –, la réduction de 15 % de la consommation de ses moteurs par rapport à ceux de la génération précédente, ou encore la baisse des coûts de maintenance. On parle beaucoup de mobilité aérienne urbaine, mais elle existe déjà avec les © L. Fabre hélicoptères. Comment voyez-vous l’évolution des usages urbains des hélicoptères ? B.E. : La première réponse à ce besoin de mobilité aérienne urbaine sera effectivement l’hélicoptère. Cette solution s’est déjà développée un peu partout dans le monde, plus particulièrement sur le continent américain et en Asie. Pour développer l’hélicoptère en zone urbaine, il faut continuer à travailler sur son acceptabilité et, par conséquent, sur ses niveaux d’émission de bruit et sa consommation. Par ailleurs, des perspectives se dessinent pour des appareils hybrides où l’électricité jouera un nouveau rôle dans la motorisation. Tout cela vaut pour le court et le moyen terme. Sur le long terme, nous œuvrons au développement de nouveaux modes de déplacements aériens urbains plus vertueux pour l’environnement. Airbus croit en ce marché futur et souhaite s’y positionner, fort de ses compétences en termes d’expérience, de certification et de maîtrise des briques technologiques que sont l’autonomie, l’électrification et la connectivité. C’est précisément l’objet de notre démonstrateur City Airbus, dont la
campagne de tests en vol va démarrer d’ici à la fin de l’année 2019. Les prises de commande 2018 sont supérieures à celles de 2017. Doit-on y voir un signe de reprise du marché des hélicoptères civils ? Quelle est votre vision de ce marché ? B.E. : Nous ne pouvons pas dire que nous assistons véritablement à une reprise du marché. Au terme de quatre années de baisse, 2018 fait état d’une situation encore fragile. La reprise des commandes, en revanche, traduit peut-être l’arrivée à un point bas. Elle montre par ailleurs que les ventes d’hélicoptères connaissent une période de transition, entre l’existence de marchés historiques occidentaux matures, en partie soutenus par le renouvellement des flottes, et des perspectives de croissance dans des pays émergents, notamment en Asie. Or cet essor asiatique tarde pour l’heure à prendre le relais, en raison de freins réglementaires, d’infrastructure et de formation. Enfin, le fait que le nombre de commandes soit aujourd’hui supérieur à celui des livraisons, y compris en valeur, tend à montrer Le H160 matérialise une rupture sur le marché. Sa première spécificité porte sur sa polyvalence, poussée à un niveau jamais atteint jusqu’alors. » BRUNO EVEN, président-directeur général d’Airbus Helicopters qu’Airbus Helicopters continue à prendre des parts de marché et que son business model est robuste. L’impact environnemental des aéronefs est un sujet de plus en plus débattu. Sur quoi travaillez-vous pour réduire celui des hélicoptères ? B.E. : Il s’agit d’un enjeu majeur. Concrètement, le premier axe de travail concerne l’intensification de la recherche d’une moindre consommation de carburants d’origine fossile. Il porte aussi sur des architectures de propulsion de plus en plus hybrides. À l’horizon 2021, nous avons d’ailleurs une démonstration prévue, dans le cadre du programme européen Clean Sky, sur la base de notre démonstrateur « Racer ». Nous poursuivons enfin les recherches en matière de réduction des émissions sonores, afin d’aller au-delà des résultats déjà obtenus, entre autres, avec les pales « blue edge » qui équipent le H160. Airbus a fait part de ses ambitions en matière de développement des activités de service : comment est-ce décliné au sein d’Airbus Helicopters ? B.E. : Les services sont à la base de la satisfaction de nos clients. La tendance actuelle voit les exploitants se recentrer sur leur cœur de métier. Ils attendent donc des hélicoptéristes qu’ils fassent évoluer leurs services de manière à favoriser la disponibilité et la compétitivité de leurs appareils. Par ailleurs, quelque 2 000 aéronefs d’Airbus Helicopters sont actuellement sous contrat de maintenance avec nous, sur un total de 12 000 machines en service dans le monde. Il y a là un gisement de croissance pour nos activités de service. J’ajouterais un troisième axe de développement, qui concerne le potentiel sans limite des données techniques générées par nos hélicoptères. Aujourd’hui, un peu moins de 1 000 hélicoptères sortis de nos usines sont connectés à notre plateforme « HCare Services ». Sous trois ans, nous prévoyons de passer à 3 000, l’idée étant de permettre aux exploitants d’anticiper les actions de maintenance, d’éviter des déposes et d’analyser des vols avec des pilotes et des mécaniciens.• • #389 • Janvier 2020 11 DIALOGUE



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