Aviation Civile n°377 jun à nov 2016
Aviation Civile n°377 jun à nov 2016
  • Prix facial : 3,05 €

  • Parution : n°377 de jun à nov 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Babel

  • Format : (200 x 267) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : améliorer la sécurité !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Biocarburants Des résultats prometteurs pour Lab’line for the future Promouvoir l’utilisation des biocarburants dans le secteur aérien  : tel a été l’objectif majeur de l’opération Lab’line for the future d’Air France. Après un an d’expérimentation, la compagnie fait le bilan et publie un livre blanc. En octobre 2014 a eu lieu le premier vol hebdomadaire entre Toulouse et Paris-Orly réalisé dans le cadre de l’opération Lab’line for the future d’Air France (voir Av iat ion Civile n°373). Un vol particulier, puisque l’avion a été alimenté avec 10% de biocarburant. « L’objectif de ce projet était de mobiliser tous les acteurs sur la maîtrise des émissions de CO 2 dans le secteur de l’aviation, notamment grâce à l’utilisation de biocarburants, explique Nathalie Simmenauer, directrice Environnement et développement durable chez Air France. Il s’agissait également de développer l’innovation au service du voyage responsable de demain. » Sur un an, le projet Lab’line for the future s’est donc concrétisé par 54 vols entre Toulouse et Paris-Orly, avec l’utilisation d’un biocarburant issu de la fermentation de sucres de canne, le farnésane, biocarburant certifié et respectant les critères de durabilité les plus exigeants, et cela, à raison de plus de 3 000 litres par vol. Des vols opérés avec le même appareil afin de pouvoir réaliser une analyse technique fiable. De plus, l’opération comportait la mise 22 PERFORMANCE Aviation Civile magazine n°377Juin 2016 EN MAI 2016, la Lab’line a été déplacée à Nice, et 24 vols utilisant du biocarburant ont desservi Orly et Roissy à l’occasion du Festival de Cannes. en œuvre de technologies, de produits et de services innovants  : vitrine des innovations en salle d’embarquement, mini-série diffusée sur les réseaux sociaux et auprès des clients de la ligne, etc. Des études techniques concluantes L’initiative désormais achevée, Air France publie un document, Lab’line for the future – Saison 1 – Livre blanc. Il a pour objectif de réaliser un bilan des actions et de sensibiliser les acteurs du secteur aérien, mais aussi les institutionnels et les pouvoirs publics sur le sujet. Dans le cadre de cette expérience, 14 partenaires, industriels et institutionnels, dont la DGAC, se sont mobilisés. Safran Aircraft Engines, l’un d’eux, a conduit les études techniques  : « L’objectif était de s’assurer que l’utilisation de ce carburant alternatif certifié ne présentait à l’usage aucune différence avec celle du carburant fossile, explique Olivier Penanhoat, coordinateur R & T pour les émissions et l’environnement chez Safran Aircraft Engines. L’une des interrogations était, en effet, de vérifier que l’usage de ce biocarburant n’avait pas d’effet observable en termes de performances, et si cela générait un besoin en maintenance accru ou, au Photos  : J.-C. Couvez/Air France
contraire, réduit. » Le motoriste a donc, tout au long de l’année, récupéré les enregistrements du vol Toulouse-Paris Orly concerné, mais aussi ceux du vol, utilisant du carburant fossile, effectué le jour précédent. Cela lui a permis de disposer de données moteur pertinentes, en particulier le débit de carburant ou la température des gaz en sortie de turbine haute pression, et ce, pendant différentes phases de vol dont le décollage et la croisière. Des endoscopies de la chambre de combustion et de la turbine ont été réalisées au début de l’expérimentation, puis après six et douze mois. Par ailleurs, des analyses de filtres de carburant ont également été effectuées au départ et au bout de douze mois. Enfin, les paramètres moteur en stabilisé et en transitoire ont été passés au crible. « L’analyse de ces données nous a permis de constater que les effets des deux types de carburant étaient indifférenciables, souligne Olivier Penanhoat. Ceci dit, notre étude porte sur 40 vols, ce qui est à la fois beaucoup et peu, notamment pour juger des effets sur le long terme. Si l’expérimentation devait être répétée, il faudrait refaire l’exercice avec une proportion de biocarburant plus importante afin que, sur un an, le volume brûlé par le moteur soit plus conséquent. » Bientôt une saison 2 ? Outre la dimension technique, l’opération Lab’line for the future a aussi été l’occasion de mettre en place, en collaboration avec la DGAC, « ON PEUT DIRE QUE LE BIOCARBURANT AVIATION UTILISÉ PENDANT LE PROGRAMME A PERMIS D’ÉVITER L’ÉMISSION DANS L’ATMOSPHÈRE DE 25 TONNES DE CO 2. » PHILIPPE MARCHAND/directeur biotechnologies de Total Énergies Nouvelles (Source  : Lab’line for the future – Saison 1 – Livre blanc). une étude sociétale sur la connaissance, l’intérêt et l’acceptabilité des passagers aériens par rapport aux biocarburants. Ainsi, 60% des personnes interrogées estiment que l’utilisation des biocarburants dans le transport aérien est plutôt une bonne, voire une très bonne initiative. Un bilan positif, donc, qui incite Air France à poursuivre son action. « Nous ne pensons pas en rester là, souligne Nathalie Simmenauer. Pour nous, cette Lab’line for the future était une saison 1 qui nous invite à passer à la saison 2. Au mois de mai, nous avons d’ailleurs déplacé la Lab’line à Nice. Quatre jours durant, un total de 24 vols utilisant du biocarburant ont desservi Orly et Roissy à l’occasion du Festival de Cannes, validant ainsi la faisabilité opérationnelle sur un autre aéroport. » En 2016, la compagnie aérienne conduira d’autres expérimentations sur de nouvelles destinations et travaillera autour des deux thématiques fondamentales de la Lab’line  : les biocarburants et l’innovation responsable. « Nous devons poursuivre les investigations sur la filière biocarburant et les partenariats engagés, pourquoi pas dans le cadre d’un green deal à la française », conclut Nathalie Simmenauer. PAR Régis Noyé L’ANALYSE du cycle de vie et de la durabilité du biocarburant farnésane a conclu que son utilisation pouvait réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 80% par rapport au kérosène d’origine fossile. o > Pour en savoir plus sur le partenariat DGAC-Air France et l’utilisation des biocarburants. En vue Ini-FCA, un réseau pour le développement des carburants alternatifs _Dès 2007, la France, sous l’égide de la DGAC, a créé le réseau Initiative pour les futurs carburants aéronautiques (Ini-FCA) regroupant les acteurs privés et institutionnels concernés par ces types de carburant. De cette instance ont émergé différents projets de recherche visant à encourager le développement de carburants alternatifs, et en particulier l’opération Lab’line. « La DGAC a soutenu financièrement les projets de recherche techniques lancés dans le cadre d’Ini-FCA, explique Anne-Laure Gaumerais, du bureau de la politique de soutien à la recherche aéronautique, à la Direction du transport aérien (DTA). Aujourd’hui, les travaux s’orientent sur la production et l’utilisation de ces carburants. » Aviation Civile magazine n°377Juin 2016 23



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