Aviation Civile n°375 jan/fév/mar 2016
Aviation Civile n°375 jan/fév/mar 2016
  • Prix facial : 3,05 €

  • Parution : n°375 de jan/fév/mar 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Babel

  • Format : (200 x 267) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,1 Mo

  • Dans ce numéro : vers un nouveau cadre réglementaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ESCALE L’aviation s’active pour la COP21 Des acteurs clés du domaine de l’aéronautique ont profité de la conférence mondiale sur les changements climatiques pour évoquer les avancées et présenter les axes de recherche dans leur secteur. 2% des émissions de CO 2 sont imputables à l’aviation dans le monde. 2% par an Objectif annuel de gain en efficacité énergétique fixé par l’OACI. 2020 Date à laquelle l’OACI fixe la stabilisation des émissions de CO 2 du transport aérien. 30 Aviation Civile magazine n°375 Janvier 2016 Dans le cadre de la COP21 *, qui s’est tenue à Paris-Le Bourget du 30 novembre au 11 décembre dernier, trois rendez-vous ont donné l’occasion à des représentants du secteur aéronautique de revenir, face aux enjeux, sur les progrès accomplis en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le premier, organisé le 2 décembre par l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), a permis au secrétaire d’État chargé des transports de rappeler l’importance d’aboutir à un accord lors de l’assemblée de l’OACI de septembre 2016 sur un dispositif mondial de régulation des émissions de CO 2 de l’aviation. Le deuxième renvoie à la journée Transports du 3 décembre, où des représentants du domaine de l’aviation ont participé à l’agenda des solutions de la COP21. « Les COP ne consistent pas seulement à rechercher des accords interétatiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elles permettent aussi de mettre en avant les initiatives et réalisations publiques et/ou privées dans différents domaines – l’énergie, le bâtiment, les transports, etc. C’est dans ce contexte que les avancées dans l’aviation ont été abordées », explique Aline Pillan, sous-directrice du développement durable à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Le troisième rendez-vous, en date du 11 décembre, a pris la forme d’une table ronde intitulée « Transport aérien et développement durable ». Bien que l’aviation en tant que telle ne fasse pas partie de l’accord recherché au cours de la COP21, « La DGAC a proposé cette rencontre, en partenariat avec le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (le Gifas), dans le pavillon de la France, car il importait que le secteur soit présent et participe activement aux exposés », reprend Aline Pillan. Le Corac et l’Enac dans la boucle Au cours de cette table ronde, les exemples de projets lancés, mais aussi d’axes de recherche, se sont surtout fondés sur les travaux pilotés par le Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac). Les réalisations dans les domaines de la propulsion (moteurs), de l’énergie à bord des avions (l’électricité est appelée à y prendre une place dominante), des matériaux utilisés, de l’avionique, des aérostructures, ont ainsi permis de prendre la mesure des avancées technologiques et techniques. « Au cours des cinq dernières décennies, rappelons que la consommation des avions, par passager kilomètre transporté, a baissé de 70 à 80%. Les efforts doivent se poursuivre dans ce sens », conclut la sous-directrice du développement durable à la DGAC. En amont de la COP21, mais dans le périmètre de l’événement, l’École nationale de l’aviation civile (Enac) de Toulouse a organisé les Assises de l’aéronautique et du développement durable. L’idée  : « Réunir des spécialistes du développement durable et du climat, des industriels de l’aéronautique, des aéroports, des opérateurs aériens, des prestataires de services de navigation aérienne, des étudiants de l’Enac et de l’université de Toulouse pour des discussions et des échanges autour du développement durable et de l’aéronautique. Cela permettra une appropriation croissante de cette problématique », résume Marc Houalla, directeur de l’Enac. Une initiative reconductible, qui a vocation, entre autres, à « faire connaître les activités de recherche de l’Enac en faveur du développement durable », ajoute-t-il. Par François Blanc * Conference of the Parties (conférence des parties), 21 e du nom. Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
Crédit photo  : DGac/D ; Bascou Questions à Aline Pillan/sous-directrice du développement durable à la DGAC « Chaque acteur doit participer à la lutte contre le réchauffement climatique. » Comment se situe le transport aérien au niveau de son empreinte environnementale par rapport aux autres modes de transport ? Aline Pillan  : À l’échelle mondiale, on admet que le transport aérien contribue à hauteur de 2% aux émissions totales de gaz à effet de serre imputables aux activités humaines. Cette donnée peut encore être affinée  : le seul secteur des transports, tous modes confondus, génère quelque 14% des émissions précitées. Or le transport aérien contribue à ce taux dans une proportion de l’ordre de 12%. On constate par conséquent que le transport aérien demeure un contributeur minoritaire au total des émissions – par comparaison, le transport routier alimente pour plus de 10% le bilan carbone mondial. Cela explique pourquoi les autres modes de transport travaillent eux aussi activement à réduire leurs émissions gazeuses ; et pourquoi la COP 21 les inscrit dans son périmètre de discussion, alors que pour le secteur du transport aérien, l’ONU responsabilise l’OACI sur ces questions. Le transport aérien doit-il accroître son engagement dans la lutte contre le changement climatique davantage que d’autres secteurs d’activité ? A. P.  : Il doit bien sûr poursuivre et accroître son engagement dans ce sens, ne serait-ce que parce qu’il participe à Les ruptures technologiques de L’AVION DU FUTUR Fuselage sustentateur Aile à grand allongement Propulsion électrique distribuée Moteur à grand taux de dilution Moteurs enfouis/Ingestion de couche limite 2025 2030 2035 2040 la production globale d’émissions de CO 2 ; et qu’on ne comprendrait pas pourquoi il devrait s’affranchir de ce devoir. Doit-il s’y astreindre plus que d’autres secteurs ? Tout ce que l’on peut objectivement dire à ce sujet, c’est qu’en tant que secteur industriel en croissance – de l’ordre de 5% par an –, le transport aérien endosse une certaine responsabilité par rapport à d’autres domaines d’activité. Dans la mesure où nul n’envisage de brider son développement, où le nombre de mouvements et de passagers transportés augmente et où chaque acteur doit participer à la lutte contre le réchauffement climatique, la mobilisation de l’industrie du transport aérien se doit d’être forte sur le sujet. C’est d’ailleurs pour cet ensemble de raisons que l’OACI est chargée du dossier et prévoit, dans le cadre de son assemblée de 2016, de finaliser des accords qui porteront, notamment, sur l’adoption d’une norme en matière d’émissions de CO 2 des avions et d’un système économique de compensation pour les émetteurs à l’échelle mondiale. 2045 2050 Aviation Civile magazine n°375 Janvier 2016 31 Crédit photo  : Gifas



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